‹ Du Traitement Chirurgical: De l'Endométrite ChroniqueChapitre 22 sur 41 · I. — Le curettage et l’écouvillonnage · texte numérisé non relu

I. — Le curettage et l’écouvillonnage

I]. — La galvano-caustique chimique.

Curettage et Écouvillonnage de l’Utérus.

Historique.

L'historique du curettage a été fait tout au long ces quatre dernières années, dans un mémoire de Doléris, publié dans les Archives de Tocologie de 1887 (1), dans les thèses de Desmoulins (thèse de Paris, 1887), de Despréaux (thèse de Paris, février 1888), de Boureau (thèse de Paris, mars 1888) : c'est dans cette dernière que se trouvent les détails les plus

(4) DoLéris. — De l’Endométrite et de son traitement. Archives de Tocologie, 1887.

RS ON e ee ;

précis et les plus nombreux sur les origines et les vicissitudes du curettage utérin.

C'est à ces travaux que nous empruntons les matériaux nécessaires pour donner un court aperçu de la question.

En 1846, Récamier pratiqua pour la première fois l’abrasion de la muqueuse utérine à l’aide de la curette qu’il créa pour la circonstance : il ne publia rien à cette époque, mais on trouve dans les Annales de Thérapeutique (août 1846) quelques lignes écrites par Leclerc, un des rédacteurs du journal: Leclerc ne parle de cette opération que pour la critiquer.

La même année, Robert se déclare partisan convaincu de la méthode de Récamier. Voici comment il s'exprime (1) : « L’abrasion des fongosités, conseillée par M. Récamier, est rationnelle et appuyée, par ce qu’on observe sur la membrane conjonctive de l’œil où l’on voit quelquefois des végétations tellement volumineuses, qu’on ne pourrait les détruire avec le caustique seul, et qu'il faut préalablement les ébarber avec l'instrument tranchant. »

Et il ajoute : « Bien que douloureux, le curage de l’utérus n’est Jamais ou presque jamais suivi d'accidents sérieux. Il est suivi d’un léger écoulement d’abord sanguinolent, puis séro-sanguinolent, qui se supprime au bout de 3 à 4 jours. Quelques jours après, on peut recourir à de nouvelles tentatives d’abrasion, si la première a été supposée incomplète. »

Guérineau (2), dans sa thèse (1847), cite l'observation d’une malade âgée de 59 ans, atteinte d’endométrite depuis 4 ans, qui fut guérie par le curage : Lisfranc pratiqua l’opération

(1) ROBERT. — Bulletin de Thérapeutique, tome XXI. (2) GUÉRINEAU. — Thèse de Paris, 1847.

après avoir abaissé l'utérus à l’aide de deux pinces-érignes fixées dans le col : c’est la première publication qui signale lPabaissement de Putérus entrepris en vue de faciliter le curettage.

En 1850, paraît la thèse de Babu (1), qui relate deux cas d’endométrite chronique, dans lesquels l’abrasion de la muqueuse utérine donna les plus heureux résultats.

Juteau (2), Gaillard de Poitiers (3) emploient également avec succès la méthode de Récamier,

Cest à la même époque, en juin 1850, que l'inventeur du eurage publie dans l’Union Médicale un mémoire dans lequel il annonce avoir obtenu la guérison radicale de 16 malades atteintes d’endométrite.

En 1853, Nélaton (4), Nonat (5), Robinet (6) se montrent partisans de la eurette.

Plus tard, en 1855, la question fut portée devant la société de chirurgie : il s’ensuivit une discussion très vive, danslaquelle Maisonneuve, Robeït, Follin soutinrent Récamier, en opposition avee Michon, Cloquet et Lenoir. |

Rouyer (7), dans une thèse inspirée par Nélaton, rapporte 18 observations dans lesquelles l’endométrite céda au grattage de la muqueuse utérine.

Le curettage, on le voit, compte de nombreux partisans à son origine : dès cette époque, il a ses détracteurs.

(1) BaBu.— Thèse de Paris, février 1850.

(2) JuTEAU. — Thèse de Paris, avril 1850.

(8) GAILLARD. — Gaz. méd. de Paris, 1850, no 1. (4) NÉLATON. — De l’emploi de la curette de Récamier, Gaz. des Hôpitaux,

5) NonaT. — Gazette des Hôpitaux, 1853, no 93. 6) ROBINET. — Thèse de Paris, 1858.

(7) RouYER. — Thèse de Paris, 1853.

Page 1