‹ Du Traitement Chirurgical: De l'Endométrite ChroniqueChapitre 35 sur 41 · OBSERVATION XIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIV

(Communiquée par M. le professeur agrégé Vautrin.)

Endométrile fongueuse — Curettage — Guérison

Th. M..., âgée de 39 ans, se présente à la consultation pour des douleurs dans le ventre et des pertes blanches abondantes. Cette femme mariée a eu 5 enfants, mais elle s’est toujours négligée. Etant jeune fille elle avait déjà des flueurs blanches et depuis quelques années les pertes n'ont fait qu'augmenter malgré des injections prises d’une façon intermittente.

A son entrée, la malade accuse des douleurs dans le bas-ventre, des mictions fréquentes et des pertes abondantes. L'état général laisse à désirer : teint jaunâtre, misère physiologique.

Dans le pli de laine droite, on trouve un ganglion en voie de suppuration, c’est ce qui a décidé la malade à entrer dans le service ; par la position du ganglion on peut juger qu’il a pour cause une affection de la zône génitale.

Le spéculum appliqué, on constate que la matrice est en antéversion le corps est en avant. le col en arrière. Sur les deux lèvres du col, on trouve une ulcération étendue, rougeâtre, saignante avec grains rouges, exubérants, du pus s'écoule à l'orifice externe ; les lèvres du col sont effacées et ce dernier se continue directement avec les culs-de-sac vagi-

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uaux ; il est large, dur, étalé ; en écartant ses lèvres, on voit que la muqueuse est rouge et fongueuse.

La sonde enfoncée péniblement à cause de l’artéversion accuse une hauteur de huit centimètres.

Opération le 15 septembre 1888, sous le chloroforme. — L’utérus est abaissé à l'aide de deux pinces à griffes appliquées sur chacune des lèvres du col. Je dilate le canal cervical avec mon dilatateur ordinaire, je puis alors introduire la curette pleine, puis la curette évidée de Freund. Il s'écoule de l’utérus une bouillie rougeâtre, pulpeuse; après avoir curé toute la surface du col et du corps, je pratique un lavage intra-utérin à l'acide borique; lavage vaginai au sublimé: tampon de gaze iodoformée sur le col.

Le jour suivant, pas de fièvre, ai de douleurs au ventre ; on donne des lavements pour obtenir des selles régulières ; on fait le cathétérisme vésical.

Le surlendemain, changement du tampon vaginal: lavages antiseptiques.

Comme l’utérus est en antéversion, je ne puis faire de lavages intrautérins ; au bout de 5 jours la malade, se trouvant bien, quitte l'hôpital malgré mes ordres ; le col est alors en bonne voie de cicatrisation.

Après 8 jours, elle revient avec un nouveau ganglion volumineux suppuré, toujours dans laine droite ; le col est comme à la sortie : cette femme ne se faisait même plus d'injection. Elle rentre au service et sous l'influence de lavages antiseptiques, tout rentre dans l’ordre et le col est à peu près guéri dans les premiers jours de novembre ; les règles durent pendant 4 jours ; il n’y a plus d'écoulement purulent.

En août 1889, j'ai des nouvelles de cette femme: elle est entièrement guérie, n’a plus d'écoulement ; ses règles sont normales.

OBSERVATION XV (Communiquée par M. le professeur agrégé Vautrin.)

Endométrite tuberculeuse. — Curetlage ulérin — Guérison

Mme P..., de Saint-Nicolas, âgée de 29 ans, n'ayant jamais eu d'enfants, était depuis quelques mois visiteuse assidue de la clinique pour une

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maladie chronique de la matrice; amélioration peu notable, malgré les pansements fréquents. Sur mes conseils, la malade entre à l’hôpital le 28 août 1888. |

A ce moment, on trouve sur le col utérin et sur la lèvre postérieure une ulcération fongueuse que les cautérisations n’avaient pu détruire ; cette ulcération se prolonge dans l’intérieur du col et probablemement dans l'intérieur du corps de l'utérus.

La malade avait des pertes blanches qui l’épuisaient beaucoup ; elle éprouvait dans les reins et dansles fosses iliaques des douleurs intenses ; la matrice n’avait pas augmenté de volume; l’état général laissait un peu à désirer : anémie profonde. Je soupçonnai une endométrite tuberculeuse et proposai le curage. La véracité du diagnostic se trouva confirmée dans la suite.

Opération le 30 août sous le chloroforme. — Je dilate le col utérin extemporanément avec le dilatateur de Péan (destiné à introduire un drain dans une plaie), mais je ne puis le faire assez pour franchir lorifice interne avec la sonde de Budin: j’introduis le bistouri et débride des deux côtés l’orifice interne. La sonde peut alors être introduite et je fais la désinfectfon de la matrice au sublimé. |

Je pratique le curettage avec la curette pleine de Freund et je ramène des fongosités en assez grand nombre. Le curettage une fois fait et la muqueuse du corps enlevée, je n'applique à curer le col et l’ulcération visible à sa surface.

Deux lavages successifs intra-utérins au sublimé et l'application d’un tampon iodoformé contre le col terminent l’opération.

Le soir et le lendemain. légères douleurs dans le bas-ventre, surtout au niveau de la fosse iliaque gauche ; pas de fièvre. La malade sort le douzième jour n'ayant plus aucune perte. Les règles manquèrent la fois suivante et reparurent dans la suite.

Jusqu'aujourd'hui, j'ai revu cette malade, elle est phtisique à l'heure qu'il est; depuis deux mois seulement, un léger écoulement blanc a réapparu.

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