CAT NE OBSERVATION XVI
Communiqués par M. le professeur agrégé Vautrin
Endométrite chronique — Curettage et électrotyse — Guérison
À... B..., blanchisseuse, âgée de 93 ans.
Il y a deux ans, cette jeune fille était accouchée normalement et les suites des couches avaient été bonnes. Elle s’était levée et au bout d’une huïtaine de jourselle avait été forcée dereprendre le lità cause de douleurs dans le ventre. À ce moment, dit la malade, le ventre était ballonné, on lui avait parlé de péritonite. Lorsqu'elle fut guérie, elle remarqua qu’elle perdait constamment en blanc, mais ses régles revenaient à.intervalles à peu près fixes. Elle perdait très abondamment pendant huit jours. [Il y a cinq mois environ, les pertes devinrent plus fréquentes et reparurent tous les quinze jours environ. La malade très affaiblie fit appeler un médecin : les moyens anodins ne servirent à rien, ergotine sous forme de bonbons, d’injections, glace sur le ventre, etc.
Je fus appelé alors pour des pertes que les injections froides, chaudes, perchlorurées, etc., ne purent arrêter; seuls quelques cachets de seigle ergoté apportèrent un peu de soulagement, mais quelques jours après, les pertes de sang se renouvelaient en dépit des injections astringentes perchlorurées, etc.
L’anémie était prononcée et devenait inquiétante : la malade me suppliait de la guérir : je lui proposai le curettage qui m'avait déjà donné de bons résultats : elle accepta et entra à l'hôpital.
J'examinai cette jeune fille et ne trouvai aucune trace d’inflammation chronique persistante dans le bassin, la matrice était à peine un peufixe, plus grosse qu’à l’ètat normal et un peu sensible.
Etat général de la malade, très bon : les parents se portent bien.
Femme très nerveuse, menant une vie accidentée.
Opération le 14 août 1889, sous le chloroforme. La malade a pris un bain : lavages intra-vaginaux au sublimé. Je procède à une désinfection complète de la voie vaginale,puis je saisis chacune deslèvres du colavec une pince à griffes : j’abaisse l’organe, tandis que deux aides écartent les parois opposées du vagin.
A l’hystéromètre 9 cent. 112.
Il y a donc un peu d'augmentation de la cavité utérine ; légères traces
de déchirures latérales: col atrésié : avec un bistouri. j'incise sur les
deux côtés du col etje fais un lavage intra-utérin. J’introduis ensuite la curette pleine et je la promène vigoureusement sur toute la surface de la cavité utérine. Je fais ainsi sortir des lambeaux entiers de muqueuse et quand tout me semble abrasé, je fais un lavage à l’acide borique froid.
Peu de sang s'écoule. J’introduis ensuite un peu de gaze iodoformée dans le col et dans le vagin, me proposant de faire dès le lendemaiïn un lavage intra-utérin : ce lavage est fait pendant huit jours; en outre, linfirmière faisait des lavages intra-vaginaux.
Pas d'accidents : pas de fièvre : la température reste en plateau entre 37% et 375 :le ventre est fort peu douloureux à la pression. Les tampons de gaze iodoformée ne sont laissés que jusqu’au 4e jour.
Le 1% jour la malade se lève : quelques taches rouges reparaissent et durent quelques jours. Je fais alors des lavages intra-utérins et l’écoulement s’arrête.
Vers le 15 septembre, au moment où je croyais la malade guérie, une nouvelle perte se reproduit, peu abondante, mais chose remarquable, depuis le moment de l’opération, il n’y a plus eu de pertes blanches.
Je fais alors une seule séance d’électrolyse intra-utérine avec une intensité de 70 milliampères : depuis ce moment, la malade n’a plus vu reparaitre d'hémorragies.
Depuis la fin de septembre jusqu'aujourd’hui, les règles sont normales et ont une durée de 5 jours.
‘ette femme vers la fin de septembre prend la variole et guérit dans le temps normal : pendant tout le temps de sa maladie et de sa convalescence, aucune perte utérine.
La guérison s’est maintenue jusqu'aujourd’hui.
OBSERVATION XVII Communiquée par M. le Professeur agrégé Vautrin. Endométrile fongueuse. — Curettage. — Guérison
Une jeune femme de 39 ans vient à la consultation de l'hôpital le 27 septembre 1888 pour une métrite qui durait depuis plusieurs années. Aux anciens écoulements blancs se sont surajoutés depuis quelques mois des pertes de sang abondantes revenant très fréquemment; la leucorrhée est très forte, au point que la malade est très débilitée et a l’as-
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pect d’une femme anémiée par les hémorragies que causent les polypes ou les cancers utérins : c’est le diagnostic que Je pose (polype ou cancer). Elle ressent des douleurs continues dans le ventre, urine péniblement. Chaque fois qu’elle fait un effort ou reçoit un petit choc sur le ventre, une légère perte de sang suit rapidement. Cette femme est mariée et n’a pas d'enfants. Menstruation très abondante, peu douloureuse. Elle vient demander un soulagement à ses douleurs et je la fais entrer à l'hôpital le même jour.
Le 28 septembre je la fais chloroformer et j’examine la matrice.
A l’hystéromètre, 8 cent. 112.
Matrice grosse, assez épaisse: Le col est large, étalé, ulcéré sur ses deux lèvres qui saignent au moindre contact. La longueur est très faible comme si l'inflammation durait depuis longtemps; j'avais vérifié par le toucher qu’il était un peu douloureux à la pression. Pas de périmétrite, car l’utérus est mobile et se laisse facilement attirer en bas par deux . pinces à griffes placées sur chacune des lèvres.
Une fois l’utérus abaissé, je dilate l’orifice interne en écartant violemment les deux branches d’une pince et j'introduis la curette pleine de Freund : je trouve la cavité utérine élargie, mpelleuse au contact de l'instrument. Il s'écoule une certaine quantité de sang noir ; le curettage ramène des lambeaux de muqueuse très molle, épaisse, infiltrée, œdématiée: par places, il y a même des végétations æœdémateuses. Vers le fond de la matrice et à gauche, je trouve des débris de muqueuse spacelés que j’attire au dehors avec la curette.
Après avoir curetté les parois de tous côtés, sans oublier le col, je fais un lavage intra-utérin au sublimé à 172 pour 1000, je place un tampon iodoformé contre le col et je laisse la malade au lit.
Pas de fièvre le soir, cathétérisme vésical: aucune douleur dans le ventre ; la matrice est cependant légèrement douloureuse à la pression.
Le deuxième jour, lavage intra-utérin au sublimé; j'entraine encore par le courant d’eau des débris de muqueuse.
Matin et soir pendant huit jours des lavages sont exécutés dans le vagin : pendant six jours lavages intra-utérins.
Le 6 novembre, plus aucune douleur à la pression et comme la malade n’a pas eu la moindre fièvre, je lui donne son exeat.
Le col est à peu près cicatrisé, il n’y a plus de pertes blanches et le quatrième jour après son opération, la malade a eu ses règles sous forme
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de taches de sang qui ont apparu pendaut deux jours: c'était le moment correspondant à ses époques.
Etat excellent au moment de la sortie.
Après 15 jours, la malade se représente à l'hôpital: le col est cicatrisé, les pertes sont nulles ; n’a pas été revue depuis.
OBSERVATION XVIII Communiquée par M. le professeur agrégé Vautrin
Endométrite chronique. — Ecouvillonnage. — Guérison
M... C..., 95 ans, m’estenvoyée pour une affection de la matrice: cette jeune fille éprouve des douleurs assez vives dans le ventre, des phénomènes gastriques, des irradiations douloureuses dans les cuisses. Elle se plaint surtont de ne pouvoir se livrer à aucun travail de la campagne.
Fille d'ailleurs très bien constituée sous tous les rapports: parents très sains.
Au spéculum, je constate un col de nullipare, gros, un peu tuméfié, légèrement douloureux à la pression: muqueuse très rouge. Les culsde-sac vaginaux sont libres, sauf le gauche: en repoussant ce dernier, on sent la matrice légèrement déviée de côté. Notons que les douleurs dans la cuisse gauche sont beaucoup plus intenses que dans la cuisse droite. Cette jeune fille perd en blanc depuis deux ans: on a fait sur le col des cautérisations au nitrate d'argent et des applications astringentes. Le fond de la matrice est très gros et l'organe est beaucoup plus volumineux qu’il ne devrait l’être chez une nullipare de cet âge.
Je fais le cathétérisme de l'utérus : cavité, 8 cent. 172.
L’exploration est douloureuse: le col est atrésié : je fais d’abord la dilatation en poussant dans le col pendant plusieurs jours de suite une tente de gaze iodotormée.
Huit jours après le début du traitement, toutes les douleurs disparaissent, mais l'écoulement persiste.Je laisse passer les règles qui reviennent à ce moment, durant 4 jours, abondantes, puis je constate alors la réapparition de l’écoulement blanc: je me décide alors à faire l’écouvillonnage de l'utérus.
J’ai eu soin de maintenir la dilatation du col et av2c un simple écouvillon, je pénètre dans la matrice : j’écouvillonne vigoureusement dans
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tous les sens. La perte de sang est assez abondante. Je fais ensuite un lavage intra-utérin au sublimé à 112 pour 1000 et je place un tampon . d’iodoforme sur le col.
Pendant 6 jours lavages intra-utérins réguliers, suivis chaque fois de l'application d'un tampon iodoformé.
Au bout de 15 jours, je cesse les lavages vaginaux que l’on pratiquait deux fois chaque jour. Alors je constate l'absence d'écoulement utérin.
La malade à quitté l'hôpital le 18 octobre ne perdant plus et n’éprouvant plus aucune douleur ni dans le bas-ventre, ni dans les cuisses.
J’ai eu de ses nouvelles récemment et j'ai appris que les écoulements blancs étaient entièrement disparus, mais que les douleurs, tenant apparemment à la déviation, étaient presque aussi fortes qu'auparavant.
ORSERVATION XIX
Personnelle
Endométrile. — Curettage
G... À..., bonne, âgée de 19 ans, entre à l'hôpital le 26 août 1889 pour une endométrite, blennorrhagique selon toutes les probabilités. Depuis un mois, pertes blanches très abondantes, sensation de brûlure en urinant, douleurs légères au bas-ventre: arthrite carpo-métacarpienne au niveau du poignet droit apparue quelques jours après l’écoulement.
Femme de forte constitution : fièvre typhoïde à 15 ans. Réglée à 13 ans, époques toujours régulières durant 4 jours en moyenne. N'a pas eu d'enfants.
À l’examen, le vagin et le col sont très rouges, douloureux quand on introduit le spéculum : col enflammé, un peu tuméfié, écoulement verdâtre, abondant ; douleur à la palpation de l'abdomen, surtout au niveau des trompes : à la pression le méat urinaire laisse échapper une goutte de pus.
L'utérus est mobile, pas de périmétrite.
Le poignet malade est immobilisé dans un appareil. Pendant plusieurs jours de suite on pratique des irrigations intra-utérines au moyen de la sonde à double courant : Le liquide employé est d’abord du sublimé
.à 112 pour 1000, puis du permanganate de potasse à 20 ceutigrammes pour 1000 gr. Ce traitement ne donne aucun résultat.
M. Vautrin propose alors le curettage à la malade qui accepte l’opération. |
Dilatation préalable du col utérin pendant trois jours avec des tiges de laminaire trempées dans une solution d’éther saturée d’iodoforme : lavages antiseptiques de la cavité vaginale.
Opération le 20 septembre 1889. — Pas d’anesthésie. La malade est placée dans le décubitus sacro-dorsal. Les deux valves de Sims étant en place, on fait un lavage complet avec le permanganate de potasse: une pince de Museux fixée dans la lèvre antérieure du col abaisse et maintient l’utérus. M. Vautrin introduit alors dans la cavité utérine la curette pleine de Freund, qui pénètre facilement, et procède à l’abrasion de la muqueuse du corps et du col: les débris sont retirés, il s'écoule à peine la valeur d’une cuillerée de sang.
Une injection intra-utérine et intra-vaginale est alors faite avec la solution au sublimé : tampon iodoformé sur le col.
La malade a peu souffert pendant l’opération : elle est reportée dans son lit et l'infirmière reçoit l’ordre de faire deux fois par jour des lavages de la cavité vaginale avec le permanganate.
23 septembre. — La malade se plaint de douleurs au bas-ventre, douleurs qui s'irradient aux lombes et aux cuisses et qui sont surtout accusées du côté gauche. Elle a eu quelques frissons. On apprend alors que l’antisepsie vaginale n’a pas été faite, malgré les ordres donnés.
Les jours suivants, même état.
La malade n’a pas bénéficié de l'opération.
M. Vautrin se propose de pratiquer un nouveau curettage à la fin du mois d'octobre : mais à ce moment il est obligé de quitter le service et la malade reste dans le même état.