‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 13 sur 110 · I. — Ses caractères étiologiques · texte numérisé non relu

I. — Ses caractères étiologiques

Un fait spécial est la fréquence de Finfection qui joue un rôle capital et est souvent à l’origine du syndrome basedowien. Depuis que Roger et Garnier, en 1899, eurent les premiers attiré l'attention sur des lésions du corps thyroïde au cours des maladies infectieuses, on vit que, dans bon nombre de cas, la maladie de Basedow apparaît nettement comme une thyroïdile, et que l’on peut retrouver à sa base une infection subaiguë ou torpide. La nature en est d’ailleurs variable : fièvre typhoïde, grippe, scarlatine. Dans nos observafions, nous relevons dans les antécédents de nos malades 2 fois la typhoïde (obs, 6 et 48), 3 fois la grippe

Ju GE

(obs. 1, 21, 26). Dans un cas, la grippe s’est accompagnée d'une poussée de congeéstion thyroïdienne à la suite de laquelle s'est développée la maladie de Basedow.

Le rhumatisme articulaire aigu a été surtout incriminé depuis que Vincent a montré la fréquence de la (hyroïdite rhumatismale plus ou moins larvée (tuméfaction thyroïdienne avec douleur à la pression). L'Ecole lyonnaise, avec Mouriquand, Bouchut, Froment, confirme cette notion et montre de plus le rôle du rhumatisme dans l’évolution de la maladie de Basedow, vers des acidents asystoliques graves du fait des lésions cardiaques organiques qu'il provoque. Nous n'avons relevé que deux fois le rhumatisme (obs. 20 et 51), mais l’histoire est souvent typique, en montrant l'installation, progressive du syndrome basedowier dans les années qui suivent l'attaque rhumatismale.

La tuberculose est l'infection’ dont l'influence causale a été le plus souvent incriminée. La fréquence d’antécédents ou de lésions tuberculeuses chez les basedowiens, la coexistence d'un certain état d'hyperthyroidisme chez les bacillaires avérés, établissent des rapports cliniques étroits entre ces deux affections. Trois de nos malades {obs. 4, 36, 50) présentaient des antécédents bacillaires nets ; chez l’un, le syndrome s'établit deux ans après une poussée de bacillose pulmonaire ayant nécessité un séjour au sanatorium d’Hauteville ; chez Pautre, un an après une pleurésie {nberculeuse. Mais l'absence de lésions thyroïdiennes spécifiques restant la règle, la nature tuberculeuse ne peut, le plus souvent, s'expliquer que par la notion de tuber-

culose inflammatoire, défendue à plusieurs reprises

ra

dans la genèse du goilre exophtalmique par Poncet et Leriche (Thèse de Dumas, 1907. Communication à l'Académie de Médecine, 1909) et par Alamartine. La présence de formations histologiques spécifiques esi rarissime. Alamarline, dans sa thèse, ne cite qu’un cas de Gilbert et Castaigne où le microscope mit en évidence sur les coupes, de nombreux bacilles de Koch. Au cours de nos recherches bibliographiques, nous n'avons retrouvé aucune observation analogue. Aussi considé- Jons-nous Comme exceptionnelles les constatations faites sur la glande thyroïde enlevée chez la malade de Pobs. 50 : Ancienne pleurétique, tuberculeuse avérée, elle présenta lardivement, après la ménopause, un syndrome basedowien typique à évolution rapide ; l’examen histologique montra des lésions tuberculeuses évidentes avec follicules et cellules géantes et c'est manifestement à cette tuberculose thyroïdienne qu’il faut rapporter l’origine de ce goitre exophtalmique d'apparence un peu anormale, évoluant chez une malade de 54 ans. MM. Bérard et Dunet ont eu l’occasion de faire des constatations analogues chez une malade qui ne figure pas dans notre statistique.

Se basant sur de nombreux faits cliniques et sur les bons résultats du traitement spécifique, Schulmann confirme l'origine syphilitique, longtemps insoupçonnée, de la maladie de Basedow, qui peut survenir à une époque quelconque de l’évolution, soit à la période secondaire, soit tardivement à la période tertiaire. De l'étude de sa statistique personnelle de 82 cas, il estime à 50 p. 100 des cas l’origine syphilitique, reconnaissant d'ailleurs que cette proportion certainement trop élevée

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