II. — Son anatomie pathologique
Les lésions rencontrées à l'intervention sont tellement connues que nous ne voulons qu'en rappeler les grandes caractéristiques.
‘Il ne s’agit pas en réalité d’un goitre, car il n'y a pas de formation tumorale anatomiquement isolée. C’esi une véritable thvroïdite hyperplasique, une augmenta- {ion en masse, diffuse, de toute la glande. En général symétrique, cette hypertrophie peut prédominer sur un lobe, le lobe droit dans la majorité des cas. Le volume du corps thyroïde est d’ailleurs sujet à variations: alors que chez certains opérés la thyroïdectomie subtotale permet. d'enlever des lobes de la grosseur d’une grosse figue fraîche, chez d’autres la glande apparaît comme sensiblement normale ou atteinte d'hypertrophie discrète,
Le corps thyroïde basedowien est avant tout vasculaire : artères volumineuses, flexueuses sont presque toujours rencontrées à l'intervention et l’on voit parfois les artères thyroïdiennes inférieures atteindre un vojume énorme ; artères très friables surtout qui coupent sous le fil( se rompent à la traction et rendent si dangereuses les manœuvres de luxation des lobes, si difficile l’hémostase,
Très caractéristique est la présence de réaction seléreuse qui éveille l'idée d’une inflammation chronique. La capsule du corps thyroïde est épaissie et toute inter-
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venlion montre des adhérences unissant la glande aux muscles sous-hyoïdiens, adhérences le plus souvent lâches et facilement clivables, parfois serrées et gênant beaucoup les manœuvres de dégagement et d’extériorisalion du goitre el pouvant rendre impossible la liga- Lure préventive de l'artère thyroïdienne inférieure. Tout récemment, M. le Professeur Bérard trouva des adhérences tellement serrées entre le corps thyroïde et le paquet carolidien qu'il jugea plus prudent de commencer en dedans de lui la résection (hyroïdienne plutôt que d’en tenter la libération.
Enfin, lorsqu'on examine les pièces opératoires, on constate presque toujours le même aspect. La surface de section n'a pas une apparence lisse el unie, elle est grenue, un peu lobulée, formant cependant une masse unique sans présenter de nodules encapsulés et énucléables. Le tissu thyroïdien est de consistance ferme, élastique. Sa coloration rouge sombre est analogue à celle
du tissu musculaire.