IV. — Ses lésions histologiques
En ce qui concerne les modifications histologiques, l'évolution des idées s’est faite progressivement. Alors. qu'autrefois on ignorait les lésions thyroïdiennes, on sait aujourd'hui que le corps thyroïde présente des altérations caractéristiques qui peuvent être considérées comme le substratum anatomique de l'hyperthyroïdisme.
Joffroy et Achard (1893), Langhans; pensaient que les lésions étaient banales et non spécifiques ; ils décri-
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Vaient de modifications diverses, distension kystique des vésicules où au contraire vacuité de celles-ci avec présence d’amas cellulaires pleins et tendance à la néoformation adénomateuse, enfin sclérose légère. Pour eux, le corps thyroïde des basedowiens ne répondait à aucun type structural spécifique el loutes les variétés de goitres pouvaient s'y rencontrer.
Plus tard, le fait qui attira l'attention fut Faugmentation du tissu conjonctif de soulien. J. Renault décrit une thyroïdite interstilielle à laquelle il attribue un rôle dans la pathogénie des accidents, pensant qu'elle met obstacle à la circulation Iyÿmphatique et empêche l'issue des produits de sécrétion dans la circulation. Alamartine, dans sa thèse, s’est fait le défenseur de cette théorie conjonctive : « le goitre exophtalmique n'est pas caractérisé par la néoformation d'éléments glandulaires mais bien par une lésion diffuse présentant tous les caractères d'une thyroïdile, c'est-à-dire d'une inflanmation de la glande. La lésion essentielle de la maladie de Basedow est une cirrhose hypertrophique, il s’agit d'une thyroïdite scléreuse interstilielle ».
Mais, aujourd’hui, les lésions doivent être considérées comme différentes : les altérations épithéliales, autrefois reléguées au second plan, sont essentielles. Dès 1909, Wilson, de Rochester, insiste sur les modifications de l’épithélium, dont il fait la marque de l’hyperactivité fonctionnelle de la glande. En France, Rubens-Duval, dans la thèse de Bodolec (Paris, 1909), Simmonds et Kocher, en Allemagne et en Suisse, abou-
üssent eux mêmes aux mêmes conclusions. Mais ce sont
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suriout Roussy el Clunet qui, dans une série de remaï:' quables travaux, montrent que les lésions du goitre exophtalmique sont pour ainsi dire spécifiques et caractérisées avant tout par l’hyperplasie épithéliale. M. le Professeur agrégé Dunet à confirmé ces données et a toujours retrouvé ces lésions sur les pièces opératoires de la clinique de M. le Professeur Bérard.
Nous reproduisons ici en substance les conclusions du rapport de Roussy au XXIVe Congrès des Médecins aliénistes et neurologistes de France (Strasbourg, 1920).
1° Les lésions hislologiques de la maladie de Basedow sont des lésions d'hyperplasie épithéliale et portent sur trois éléments. |
Les acinis sont plus nombreux et irréguliers ; ils sont tassés les uns contre les autres ; leur cavité diminue ou disparait complètement ; ils présentent des végétalions papillaires intra-acineuses. Aussi, les coupes présentent-elles souvent un aspect caractéristique, homogène, compact, solide ; fréquemment on trouve des travées pleines à côté des acinis, des boyaux compacts de cellules.
Les cellules épithéliales, au lieu d'être cubiques ou aplaties comme sur une glande normale, s’hypertrophient et évoluent vers le type cylindrique. Les noyaux en sont volumineux. Le protoplasma est chromophobe et la desquamation ceilulaire fréquente.
La colloïde est beaucoup moins abondante el présente aussi des modifications’de qualité : plus fluide, elle est pâle, prend mal les colorants, est fragile, se fendille et se creuse de vacuoles.
20 A ces lésions épithélialés essentielles il faut ajou-
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ter la fréquence d'ilots éosinophiles formés de grandes cellules à protoplasma granuleux el d'amas lymphoides qui souvent contiennent de véritables centres clairs. Ces deux derniers caractères, sans être constants, sont fréquents et semblent assez palthognomoniques du Basedow.
8°Fait important, ces lésions sont étendues à la totalité ou à la presque totalité de la glande et cette diffusion des lésions est la caractéristique de la maladie de Basedow vraie.
En somme, l’homogénéité de la préparation contraste avec la diversité de structure sur divers points dans le goitre banal. « On peut faire le diagnostic de Basedow type sur une coupe histologique sans aucun renseignement de clinique ou d’analomie macroscopique, pourvu que la préparation soit d’une étendue suffisante. » (Roussy.) |