‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 32 sur 110 · IL. — Unité des lésions anatomo-pathologiques · texte numérisé non relu

IL. — Unité des lésions anatomo-pathologiques

Les lésions anatomo-pathologiques semblent opposées : thyroïdite hypertrophique et vasculaire sans formation tumorale d'une part, existence d’une tumeur indépendante et encapsulée de l’autre ; d’un côté hyper-. plasie épithéliale étendue à la totalité de la glande, de l’autre lésions restant localisées à l’adénome et laissant indemne le parenchyme voisin.

En réalité, aucun de ces termes n’a une valeur absolue.

4° Si l'hypertrophie parenchymateuse diffuse est la modification spécifique du vrai Basedow, cependant la présence de formations encapsulées peut y être notée et chez certains malades qui offrent un tableau typique avec exophtalmie, souffles vasculaires, l'examen des pièces de thyroïdectomie montre au milieu du tissu glandulaire des adénomes que lon peut énucléer. L'existence de ces formations en général solides et de petit volume, indique limpossibilité de reconnaître à

la présence de noyaux encapsulés la valeur d'un {est anatomique de caractère différentiel certain. Car, ou bien, on considère ces cas comme de véritables adénomes toxiques, mais alors c'est reconnaître que l’adénome peut réaliser un syndrome clinique typique de . Basedow, ou bien on les envisage comme des goitres exophtalmiques essentiels admettant ainsi que l’hyperplasie basedowienne peul s'accompagner de productions encapsulées. Quelle que soit l'interprétation, un fait reste, la difficulté de donner un critérium anatomique de certitude absolue. ï

2° Au point de vue histologique surtout, rien ne permet de conclure à la diversité des lésions.

Il est indiscutable que dans le goitre basedowifié les lésions ne demeurent pas cantonnées à l’adénome; le tissu glandulaire qui l'entoure ne reste pas intact, mais présente des modifications qui sont sensiblement analogues à celles. que l’on rencontre dans le Basedow.

Cette notion de l'existence de lésions parenchymateuses coexistant avec la présence de l'adénome est de date ancienne et semble avoir été introduite par Poncet. Pour lui, le syndrome toxique survenant au cours de l’évolution d’un goitre n’est pas engendré par lui de façon directe, mais provient de modifications de la sécrétion du tissu glandulaire qui l'entoure. Le noyau agit non pas par sa sécrétion propre, mais par l'irrilation du parenchyme voisin qu'il produit: il est « basedowifiant ». Delore, Alamartine reprennent celte fhéorie et estiment que le goitre agit à la façon d'une « épine irritative » et finit par entraîner dans le reste

de la glande des lésions analogues à celles du goitre exophtalmique primitif.

Admettre cette théorie était déjà reconnaître implicitement l'identité du substratum anatomique dans les deux cas. Mais pendant longtemps ces idées restèrent à l'état d’hypothèse, car il leur manquait le contrôle anatomo-pathologique. Ce contrôle devait forcément faire défaut tant que l’on se contenta d’énucléer simplement les nodules adénomateux, car ces opérations limitées rendaient impossible l'examen histologique du parenchyme voisin. Peu à peu on fit des opérations plus larges, véritables thyroïdectomies au lieu d’énucléations simples. Dès lors, le résultat des recherches microscopiques vint montrer la réalité de ce qui avait été avancé et donner une base indiscutable à la théorie de Poncet. Ce sont Roussy et Clunet en 1913, Roussy et Huguenin en 191%, qui, les premiers, mirent en évidence ces faits d’un intérêt primordial. De l’examen de goitres basedowifiés, ils concluent qu'à côté des lésions banales de goitres, on retrouve des lésions d'image histologique identique au Basedow et caractérisées ici encore par l'hyperplasie épithéliale (cellules hautes, cylindriques, tendant à former des végétations et proliféralions papillaires). Ces lésions n’en diffèrent qu'en ce que, au lieu d’être diffuses et généralisées à toute la glande, elles sont, en général, disséminées et groupées en îlots dans le parenchyme qui entoure l’adénome et variables dans leur étendue et intensité. Depuis ces recherches initiales, les travaux ultérieurs les ont pleinement confirmées et toujours dans les goitres dits basedowifiés on retrouve en cer-

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tains points des lésions histologiques basedowiennes (Zander, Boothby, Holst). M. le Professeur agrégé Dunel, sur les pièces de goitres devenus secondairement toxiques, opérés à la clinique de M. le Professeur Bérard, à retrouvé de façon constante des modifications analogues.

Il est logique de penser que l'apparition d’un syndrome de Graves dans le cas de goitre, signifie qu'une formation hyperplasique s'ajoute dans le parenchyme thyroïdien à la lésion banale que représente le goitre. Ces faits donnent ainsi une explication anatomique de la basedowification et appuient sur des bases solides l’ancienne théorie de Poncet.

Il n’y a pas de barrière entre Basedow et goitre base- . dowifié; il y a, au contraire, relation étroite et les légères différences notées (lésions moins accentuées et non diffuses, mais en îlots dans l’adénome toxique) ne sont que des questions de degré mais non de nature. Roussy a montré que ces lésions sont d'importance variable et il serait intéressant de noter le parallélisme entre leur degré de diffusion et l'intensité des signes cliniques.

En définitive, on peut conelure à l'identité du substratum anatomique du syndrome hyperthyroïdien, et que l’hyperplasie soit survenue primitivement ou secondairement, il n’y a pas lieu de séparer deux types

qui ont pour support la même lésion,

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