CONCLUSIONS
En définitive, la maladie de Basedow n'est pas une maladie au sens propre du mot, car une maladie vraie se définit par une cause essentielle qui lui est propre, revêl une allure symplomatique toujours identique. La soi-disant maladie de Basedow est un ensemble de symptômes variables, par conséquent un syndrome. Ce syndrome est {hyroïdien mais les altérations du parenchyme de la glande diffèrent dans leur origine et ne reconnaissent pas une cause univoque. Et à ce point de vue, il n’y a pas lieu d’opposer les goitres basedowifiés et la vraie maladie de Basedow, car, séparées par une notion étiologique suivant que la toxicité s’est développée sur une glande entièrement saine ou malade, ces deux formes se confondent en ce qu’elles relèvent de lésions identiques dans leur essence, reconnaissent une pathogénie univoque et sont susceptibles d'une thérapeutique à directives analogues.
Il est difficile de donner une classification satisfaisante quand on considère les diverses appellations qui ont été employées jusqu'alors. Avec le temps, et à mesure que l’on a décrit des formes nouvelles, elles ont perdu de leur valeur et sont devenues souvent de signification assez vague. Les termes de goitre exophtalmique, de goitre basedowifié sont défectueux parce que de compréhension trop étroite, n’englobant qu'une catégorie de cas et parce que ni l’exophtalmie ni la présence d'un goitre ne sont des critériums de valeur absolue. Celui de maladie de Basedow, plus général, à cependant l'inconvénient de ne faire allusion qu’à un cer-
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{ain groupe de malades. De même celui de goitre toxique peut prêter à confusion en ce qu'il semble présumer de l'existence d'un goitre antérieur.
Le plus logique actuellement serait d’englober toutes les manifestations du syndrome hyperthyroïdien sous le nom général d'hyperthyroïdisme ou thyrotoxicose et de distinguer suivant les notions étiologiques et le mode d'apparition :
1° L’hyperthyroïdisme ou thyroxicose primitive qui apparaît chez un malade indemne de toute lésion thyroïdienne ;
2° L'hyperthyroïdisme ou thyrotoxicose secondaire qui s'établit sur une glande déjà atteinte de formation goitreuse banale.
Cette distinction uniquement étiologique a l’avantage de ne pas établir de différences clinique, pathogénique ou thérapeutique entre ces deux variétés qui restent identiques dans leurs grandes lignes.
Cependant, pour rester dans la tradition des données admises jusqu'ici, nous ne baserons notre étude thérapeutique que sur les cas qui répondent nettement à ce qu’il est convenu d'appeler « goitre exophtalmique ». notre excellent camarade et ami, M. Roland, ayant, de son côté, étudié les goitres basedowifiés et adénomes toxiques. Nous ferons remarquer que ce partage n’a pas toujours été chose facile. En dépouillant la statistique de notre Maître, M. le Professeur Bérard, et en observant les malades, nous nous sommes rendu compte à chaque instant, combien se chevauchent ces deux variétés et sur quelles données fragiles reposent leur distinction,
Nous nous sommes basés pour établir cette sélection sur un triple critérium :
1° Critérium étiologique : Absence de goitre antérieur ;
2° Critérium anatomique : Absence de formation nodulaire encapsulée, contrôlée à l'intervention ;
3° Critérium clinique : Présence d'un tableau basedowien net, avec hypertrophie thyrcidienne, exophtaimie, tachycardie, tremblement, tous ces signes étant! le plus souvent graves, durables, récidivants.