‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 43 sur 110 · III. — Observations de ligatures artérielles · texte numérisé non relu

III. — Observations de ligatures artérielles

Dans quatre cas, les ligalures artérielles ont été pratiquées isolément et ont constitué toute la thérapeu-

tique.

OBs. 5. — « Maladie de Basedow récente. Ligature des deux artères thyroïdiensnes droites, Amélioration partielle ».

Mme G.., 42 ans, cultivatrice.

Histoire de la maladie : La maladie a évolué rapidement. Le début s’est fait en juin 1921 par des palpitations et une sensation de lassitude extrême. Progressivement, aggravation et apparition de nervosité, amaigrissement, troubles digestifs. ;

A l’examen : Syndrome basedowien avec exophtalmie très nette. Hypertrophie thyroïdienne diffuse. Tachycardie à 115.

Intervention le 19 septembre 1921 (Professeur Bérard) : Le corps thyroïde est de volume moyen et très vasculaire. On se contente de faire la ligature des deux artères thyroïdiennes droites.

Revue le 4 octobre 1928 : A la suite de l’intervention les symptômes se sont amendés progressivement : la malade a engraissé de 6 kilos, a repris en partie ses occupations.

Mais on ne peut parler de guérison, car elle se plaint encore de palpitations, de sensation de fatigue. L’exophtalmie per-

siste atténuée. Le pouls reste à 95.

ere

Oss. 6. « Maladie de Basedow datant de six mois. Ligature de trois artères thyroidiennes. Décès 18 mois plus tard

par diabète et coma ».

M. B..., 29 ans.

Histoire de la maladie : Fièvre typhoïde à 17 ans. Le goitre exophtalmique a débuté il y a six mois par la tachycardie et les palpitations. Peu après le malade remarque qu’il tremble lors de l’exécution de mouvements nécessitant une certaine précision. Le goitre n’est reconnu que plus tardivement. Dans la suite, apparition de crises de diarrhée et d’un amaigrissement progressif de 16 kilos.

Examen : On est en présence d’un malade ayant conservé un assez bon état général maïs très émotif, présentant une perpétuelle agitation. L’exophtalmie est très marquée. Tremblement vibratoire et rapide. Tuméfaction thyroïdienne diffuse dessinant les deux lobes et l’isthme de la glande, molle, uniforme, sans nodule perceptible et dont la palpation montre des phénomènes vasculaires intenses. Pouls à 116.

Intervention le 2 août 1922 (Docteur Santy) : Anesthésie générale à l’éther. Découverte des artères thyroïdiennes droites par une incision le long du sterno-cleido-mastoïdien. Ligature et section de l'artère thyroïdienne inférieure très profondément au contact du sympathique et ligature-section de l’artère thyroïdienne supérieure. À gauche, on pratique une section entre deux ligatures de l’artère thyroïdienne supérieure. Suites opératoires très simples.

Revu le 18 septembre 1922 : Le malade se déclare très amélioré. À engraissé de 6 kilos. L’exophtalmie a nettement rétrocédé.

Le 15 février 1923 : Après une améliroation de quelques mois, le malade revient dans le service avec des symptômes de diabète grave. Amaigrissement énorme, polyurie de 7 litres par jour, glycosurie et acétonurie.

Décès 18 mois après l'intervention par coma diabétique.

PA pe

O8s. 7. — « Maladie de Basedow datant de deux ans. Ligature des deux pédicules thyroïdiens droits. Décès au quarantième jour par asystolie ».

Mme C.…., 51 ans.

Histoire de la maladie : Début il y a deux ans par une augmentation de volume du corps thyroïde qui grossit progressivement. Depuis six mois : troubles fonctionnels très marqués et d’allure grave. Palpitations continues et empêchant tout sommeil, Crises sudorales, amaigrissement de 10 kilos, perte des forces obligeant la malade à cesser tout travail.

Examen : Goitre peu volumineux, renittent, de surface lisse. Exophtalmie moyenne, Pouls à 120. Tremblement intense des extrémités.

Intervention le 3 mai 1923 (Professeur Bérard) : Section entre deux ligatures de l’artère thyroïdienne inférieure droite et angio-neurectomie du pédicule thyroïdien supérieur droit.

Suites : Au bout de trois semaines, apparition de symptômes de décompensation cardiaque. Mort le 15 juin 1923 à la suite de phénomène d’asystolie.

Os. 8. — « Maladie de Basedow datant de trois mois. Ligature en deux temps de trois artère thyroïdiennes. Améliora- ‘tion immédiate suivie de récidive rapide des troubles ».

Mlle R. C., 39 ans.

Histoire de la maladie : Rien de spécial dans les antécédents. C’est, il y a trois mois, que la malade s’est aperçue de l’augmentation de volume de son cou. Peu après, se plaint de palpitations et surtout de sudation très accentuée, de bouffées de chaleur, de troubles vaso-moteurs de la face. Amaïigrissement progressif et rapide.

Examen : Regard fixe et brillant. Petit goitre diffus indolore, élastique, sans nodule perceptible. Tachycardie à 120. Tremblement très marqué des doigts.

Première intervention le 13 avril 1926 (Professeur Bérard): Incision le long du bord antérieur du sterno-cleido-mastoidien gauche : on arrive sur l’artère thyroïdienne inférieure

que l’on sectionne entre deux ligatures ; on sectionne en avant de l’artère des filets nerveux qui sont vraisemblablement des nerfs cardiaques. Puis on pratique l’angio-neurectomie du pédicule thyroïdien supérieur gauche.

Le lendemain de l'intervention : Le pouls est à 90.

Seconde intervention le 24 avril 1926 (Professeur Bérard): On intervient du côté droit et l’on sectionne entre deux ligatures l’artère thyroïdienne inférieure. Mais on ne touche pas l’artère thyroïdienne supérieure. |

Le 11 mai 1926 : La malade est certainement améliorée. Au moment où elle quitte l'hôpital, les troubles vaso-moteurs ont disparu, elle a déjà engraissé de 3 kilos, le pouls ne bat plus qu’à 90. L’exophtalmie a diminué, mais le goitre n’a pas varié de volume. : |

Revue le 10 juin 1928 : A la suite de l’opération, la malade avait ressenti une grosse amélioration qui s’est maintenue pendant six à huit mois. Maïs, actuellement, elle déclare souffrir à nouveau des troubles primitifs qui vont en s’accentuant, Palpitations par crises de plus en plus fréquentes. Dyspnée d’effort. Sudation.

A l’examen : Malade très irritable, Corps thyroïde hypertrophié et très vasculaire malgré les ligatures pratiquées. Exophtalmie non rétrocédée. Tremblement rapide. Pouls à

En résumé : Après l’amélioration passagère qui a suivi les ligaturcs, la maladie a repris son évolution. On propose à la malade une thÿroïdectomie, mais elle la refuse énergiquement.

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