‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 45 sur 110 · STONE · texte numérisé non relu

STONE

Revue le 22 décembre 1921 : Grosse amélioration des symptômes basedowiens. La malade est plus calme, le tremblement a diminué.

Revue le 16 juillet 1928 : A la suite de l'intervention s’est produite une amélioration nette. Mais actuellement et depuis un an, la malade se plaint à nouveau de palpitations revenant par crises déclanchées par des efforts de faible intensité, de troubles vaso-moteurs, de diarrhée, d’asthénie. La malade qui . avait engraissée, maigrit à nouveau depuis six mois.

A l’examen : Exophtalmie modérée. Léger tremblement. Pouls à 100. La palpation de la région thyroïdienne donne à droite une sensation de vide due à l’ablation du lobe correspordant; mais du côté gauche, le lobe laissé en place s’est progressivement hypertrophié et actuellement fait une tuméfaction du volume d’une petite mandarine, lisse, régulière, molle.

En somme : Après amélioration par hémithyroïdectomie droite, récidive actuelle sur le lobe gauche. On propose une thyroïdectomie qui est refusée.

Os, 12. — « Maladie de Basedow. .. Hémithyroidectomie droite. Amélioration ».

Mme P... R…., 50 ans. ; Histoire de la maladie : Au cours d’une grossesse à l’âge de 25 ans, la malade constate pour la première fois que son cou augmentait de volume. Mais c’est surtout depuis la ménopause survenue depuis deux ans qu’elle fait nettement attention à son goitre, d’autant plus qu’à cette période se niontrent divers troubles qui vont en s’accentuant. Crises de tachycardie avec palpitations, amaigrissement.

Examen : Hyÿpertrophie thyroïdienne prédominante sur l’isthme et le lobe droit, de consistance molle, de surface régulière. On est frappé par l'aspect du visage, la vaso-dilatation des joues et du front, la fixité du regard, l’état d’instabilité, l’agitation continuelle de la malade et l'intensité de ses réactions motrices en rapport avec le plus léger

bruit. Le poul est à 110. Tremblement en masse de Ja main et des doigts.

Intervention le 25 avril 1922 (Professeur Bérard) : Incision en cravate, valcularisation considérable des plans cutanés et musculaires. Thyroïdectomie du lobe droit et de l’isthme en laissant une lame glandulaire postérieure. On ne touche pas au lobe gauche qui est peu augmenté de volume.

Suites opératoires : Simples. La malade quitte le service lé 10 mai 1922.

Revue le 16 avril 1928 : La majorité des symptômes notés

avant l’opération ont disparu. La malade ne se plaint plus que de palpitations revenant à de rares intervalles et de fati gue facile, lui interdisant un travail un peu pénible.

A lexamen : Disparition du tremblement. Regard normal. Pas de récidive de l’hypertrophie thyroïdienne. Le pouls reste à 90.

En somme : Amélioration incomplète.

Obs. 13. —— 4 Maladie de Basedow récente. Hémithyroidectomie. Amélioration. »

Mme P..., 53 ans.

Histoire de la maladie : La malade dit avoir depuis longtemps un corps thyroïde un peu volumieux, mais depuis trois mois, elle est frappée de ce qu’elle maïigrit progressivement en même temps qu’elle souffre de palpitations, de crises sudorales, de dyspnée, d'effort. Depuis quelque temps le corps thyroïde a subi un accroissement de volume.

Examen : Exophtalmie modérée. Tremblement intense. Tachycardie à 110. Hypertrophie thyroïdienne diffuse, prédominante sur le lobe gauche, élastique, de surface régulière, animée de battements.

Intervention le 27 mars 1923 (Docteur Santy) : Incisior transversale. Luxation du lobe gauche qui est le plus volumineux et hémithyroïdectomie gauche.

Suites simples.

Revue le 20 avril 1928 : IL y a amélioration, mais il persiste quelques troubles de la série basedowienne. Les palpitations se sont atténuées, mais subsistent, revenant par intervalles, lors des fatigues et émotions. Etat de nervosité calmé. La malade a engraissée mais se plaint toujours de sensation d’asthénie.

Examen : Tremblement nul. Le pouls reste à 95. L’exophtalmie est minime. La palpation de la région thyroïdienne donne une sensation de vide à gauche, mais permet de sentir le lobe droit qui n’est pas augmenté de volume.

En somme : Grosse amélioration mais non guérison absolue du fait de la persistance de palpitations et de tachycardie. De plus, la capacité de travail reste incomplète.

Os. 14. —— « Maladie de Basedow datant de deux ans. Hémithyroïdectomie. Guérison. »

Mme D..., 50 ans.

Histoire de la maladie : L’affection a débuté il y a deux ” ans à la suite d’une grossesse. Apparition de l’hypertrophie thyroïdienne qui s’est développée rapidement et atteint presque d'emblée son volume actuel, Dès le début, le symdrome basedowien fut au complet et la malade se plaint de palpitations, dyspnée d’effort, agitation, sudation abondante l’obligeant à se changer plusieurs fois la nuit, asthénie l'ayant obligée à cesser son travail de couturière. En deux ans. l’amaigrissement a été considérable, 40 kilos au dire de la malade.

Examen : Goitre de petit volume, diffus, mais prédominant sur le lobe droit, mou, très vasculaire, animé de battements et d'expansion présentant un souffle systolique à l’auscultation. Exophtalmie. Tremblement accentué mettant la malade dans l’impossibilité de coudre et de faire son ménage. Tachicardie à 135.

Intervention le 8 octobre 1924 (Professeur Bérard) : Large hémithyroïdectomie droite sans incidents. Le lobe gauche étant peu augmenté de volume, on le conserve,

Ce fa

Suites opératoires simples : Quitte l'hôpital le dixième jour.

Revue le 13 novembre 1928 : A la suite de l'intervention, la malade a ressenti une amélioration d’abord légère qui est allée en s’accentuant. La malade ne s’estime guérie que depuis un an. En fait, la disparition des troubles fonctionnels est complète : plus de palpitations et de dyspnée, sommeil normal. À engraissé de 20 kilos.

A l'examen : Exophtalmie a rétrocédé. Plus de tremblement et la malade a repris son emploï de couturière dans un grand magasin qu’elle avait dû abandonner. Pouls à 80. Au niveau de la ‘région thyroïdienne, cicatrice souple : la palpation donne une sensation de vide à droite où le lobe a été enlevé: à gauche, le lobe restant est perçu non augmenté de volume.

En somme : Guérison complète.

Ogs. 15. — « Maladie de Basedow datant de sept ans. Hémithyroïidectomie. Résultat incomplet. »

Mme P..., 46 ans.

Histoire de la maladie : Rien dans les antécédents. C’est en 1918 que la malade s’aperçut de l’existence d’un goitre qui augmente peu à peu de volume. Progressivement s’installèrent dans la suite les symptômes basedowiens : palpitations, tremblement, amaigrissement de 10 kilos au cours. des deux dernières années.

Examen : Hypertrophie thyroïdienne portant sur les deux lobes. Exophtalmie prononcée. Pouls à 140. Tremblement rapide des extrémités. Malade instable et très agitée.

Intervention Le 18 avril 1925 (Docteur Wertheimer).

1° A droite, on trouve un kyste thyroïdien dont on fait lénucléation simple ;

2 A gauche, il s’agit d’un goitre charnu et on pratique sur ce lobe une hémithyroïdectomie gauche typique.

Suites : Simples.

Le 30 octobre 1925 : La malade a engraissé de 12 kilos et présente un état général meilleur. L’exophtalmie est moins

marquée. Le pouls est à 104,

ne

Le 11 mai 1928 : La malade raconte avoir eu au cours de l’année passée des crises douloureuses abdominales s’accompagnant de diarrhée et de vomissements. Actuellement, elle se plaint de palpitations et d’insomnie. L’exophtalmie est marquée. Le pouls est à 80.

Le 14 novembre 1928 : Malade agitée, se plaignant d’insomnie. Pouis à 108. On remarque la présence d’une légère hypertrophie thyroïdienne médiane et latérale droite.

Ogs. 16. — « Maladie de Basedow. Hémithyroïdectomie. Amélioration immédiate suivie de récidive des accidents d'hyperthyroïdisme. »

Mlle Cr, 34 ans.

Histoire de la maladie : À l’âge de 14 ans, on s’aperçoit que la malade présente une légère hypertrophie thyroïdienne pour laquelle elle suit, à 18 ans, un traitement radiothérapique. À diverses reprises, depuis l’âge de 22 ans, accidents nerveux graves avec agitation. Un neurologiste consulté trouve la réaction de Wasserman positive et institue un traitement spécifique. Mais évolution progressive des troubles.

Examen : Goïtre exophtalmique typique. Exolphtalmie très marquée, Diarrhée et sudation. Caractère irritable. Tremblement. Hypertrophie thyroïdienne modérée.

Intervention le 19 avril 1925 (Professeur Bérard): On libère un goitre développé surtout aux dépens du lobe droit. Après ligature préalable des deux arthères thyroïdiennes droites, on pratique une hémithyroïdectomie droite. Le lobe est de petit volume.

Suites opératoires : Simples.

Revue en décembre 1925 : Amélioration progressive. La malade à pu reprendre à peu près sa vie normale. Pouls à 70. Exophtalmie minime. Mais les troubles nerveux sont tenaces et la malade est sujette aux crises de dépression.

Revue le 5 mars 1928 : La malade a été améliorée jusqu’en juin 1926. Mois de juin 1926 à février 1927, s’est déroulée une crise d’hyperthyroïdisme analogue à celles existant avant

l'intervention : amaigrissement, palpitations, tachycardie, troubles nerveux.

Depuis six mois, nouvelle amélioration avec reprise de poids de 6 kilos. Actuellement, la malade a un aspect satisfaisant, cependant garde de l’exophtalmie avec un éclat brillant et inquiet du regard; le pouls est à 110.

En somme : Persistance de l’intoxication thyroïdienne.

Ogs. 17. — « Maladie de Basedow datant de douze ans et s’accompagnant de troubles cardiaques graves. Hémithyroidectomie. Mort un an après d'accidents cardio-aortiques. »

M. B.., 53 ans.

Histoire de la maladie : Le début de la maladie date de 1913 et s’est fait par un développemAat progressif mais rapide du cou; depuis cette époque, tachycardie, palpitations, essoufflement, exohptalmie. En 1914, le malade est réformé pour maladie de Basedow. En 1919, aggravation nette du fait de l'apparition de troubles cardiaques graves. L’essoufflement continu empêche tout travail, la tachycardie est extrême, le malade présente des douleurs précordiales et des phénomènes angineux avec crises parfois dramatiques. L’hypertension croît progressivement et est de 28-12 au moment de l’intervention.

Le malade a suivi un traitement médical sévère (quinine à hautes doses. Hématoéthyroïdine) et deux traitements radiothératiques à six mois de distance. Aucune amélioration, mais aggravation progressive.

Intervention le 16 septembre 1925 (Professeur Bérard) : Incision en cravate. Ligature préalable des deux artères thyroïdiennes inférieures, avec section de tous les filets sympathiques accessibles. Puis hémithyroïdectomie droite.

Suites opératoires : Très simples. Le malade quitte la clinique le quinzième jour très soulagé. Le pouls est ralenti à 80, 90.

Suites éloignées : L'amélioration se continue pendant trois mois, Puis les troubles cardiaques et angineux réapparais-

sent, le malade est obligé de garder le lit et meurt brusque-

ment en octobre 1926, soit un an après l'intervention.

Ogs. 18. — « Maladie de Basedow datant de huit ans. Hé-

mithyroïdectomie. Amélioration. »

Mme B. G.…, 30 ans.

Histoire de la maladie : Maladie de Basedow ayant débuté sans cause apparente en 1918 et s'étant aggravée de façon progressive sans périodes nettes de rémission et d’exacerbation. A subi à intervalles espacés divers traitements radiothérapiques sans amélioration.

Examen : Maladie de Basedow typique. Hypertrophie thy-roïdienne diffuse prédominante sur l’isthme et le lobe gauche. Exophtalmie marquée. La malade est très émotive et se plaint d’autre part de diarrhée et de crises sudorales. Au moment de l’examen, le pouls est à 115.

Intervention le 17 avril 1926 (Professeur Bérard) : le corps thyroïde est très adhérent aux plans superficiels en raison vraisemblablement de la radiothérapie. Sa capsule est très vasculaire. L’isthme et le lobe gauche sont surtout hypertrophiés, à capsule très épaisse, en voie d’évolution fibreuse; on en pratique la résection en laissant une lame parenchymateuse postérieure. Suture hémostatique, mais l’hémostase est difficile et la perte de sang a été abondante.

Suites opératoires très simples.

Revue le 10 avril 1928 : Malgré une amélioration notable, il persiste encore des signes nets d’hyperthyroïdisme : la malade se plaint de palpitations survenant par crises, de bouffées de chaleur, de diarrhée continuelle, sensation de fatigue. Malade très irritable. #

A l'examen : Lobe thyroïdien droit, régulier mais un peu hypertrophié et douloureux à la pression. Exophtalmie non influencée. Tremblement minime. Pouls à 100.

En résumé : On a l’impression que l’exérèse thyroïdienne a été trop parcimonieuse et qu’il s’agit d’une continuation de la maladie. La malade rentre chez elle pour quelque temps

avec un traitement médical (1 gramme de quinine et X gouttes de lugol alternés).

Revue le 20 septembre 1928 : Sous l'influence du repos et du traitement médical, amélioration notable : cessation de la diarrhée. La malade ne ressent plus actuellement la sensation de fatigue dont elle se plaignait au dernier examen et exécute facilement les travaux de son ménage, A engraissé de 20 kilos depuis l’intervention, soit en l’espace de deux ans,

Cependant, on ne peut parler actuellement de guérison complète, car on note la persistance d’un état anormal de nervosité, de crises, de palpitations assez fréquentes, de tremblement et le pouls reste à 100.

En résumé : Amélioration allant en progressant, mais n’équivalant pas à un état de guérison.

O8s. 19. — « Maladie de Basedow datant de un an. Thyroidectomie partielle. Amélioration. >

Mlle S.., 31 ans.

Histoire de la maladie : Début il y a un an par du tremblement, tantôt localisé aux doigts, tantôt généralisé à tout le membre supérieur. Dès cette époque apparaît un léger goitre avec des alternatives d'augmentation de volume lors des époques menstruelles, des émotions.

Examen : Malade d’assez bon état général, mais ayant maigri de 5 kilos en quatre mois. Eclat spécial du regard, mais avec exophtalmie modérée. Hypertrophie thyroïdienne prédominante à gauche, de consistance molle et élastique, lisse, avec phénomènes vasculaires et souffle systolique perçu à son niveau. Tremblement très marqué. Tachycardie à 108.

Traitement préopératoire : Traitement au lugol qui, au bout de huit jours, a donné une amélioration fonctionnelle notable avec abaissement de la tachycardie à 80.

Le métabolisme basal est de + 41 pour 100 au-dessus de la normale.

Intervention le 25 novembre 1926 (Professeur Bérard) : Anesthésie locale. Incision transversale. Comme il semble

plutôt s’agir d’un goitre nodulaire, on essaye de l’enlever sans ligatures préalables par énucléation. On ne trouve pas de noyau encapsulé et on pratique une thyroïdectomie partielle.

Suites opératoires : Simples.

Revue le 4 juillet 1928 : La malade déclare avoir retiré une grosse amélioration de l'intervention. A engraissé de 6 kil, a repris ses forces et fait facilement son travail, ne souffre plus de palpitations, a le sommeil facile, ne présente aucun trouble vaso-moteur. Le seul symptôme résiduel est un état d’excitation nerveuse accentué.

A l’examen : le tremblement a diminué, mais persiste, pouls à 90 ; au niveau de la région thyroïdienne, corps thyroïde perceptible, mais de volume normal.

Le métabolisme basal n’est plus que de + 10 pour 100 audessus de la normale.

‘ En résumé : Amélioration, sans que l’on puisse cependant parler de guérison totale.

Ogs. 20. — « Maladie de Basedow datant de deux ans. Thyroidectomie partielle, Guérison. »

Mme P..., h1 ans.

Histoire de la maladie : Rhumatisme articulaire aigu en 1912. Début de la maladie en 1925 par du tremblement et l’augmentation de volume progressive du cou. En janvier 1927, à la suite d’une émotion violente, la maladie s'aggrave du fait de l'apparition de palpitations, dyspnée d’effort, bouf- - fées de chaleur.

A l'examen : Regard fixe et brillant, mais exophtalmie modérée. Tremblement très marqué. Goitre diffus, élastique, lisse, conservant la fore générale de la glande, animé de battements, siège d’un souffle systolique. Troubles vaso-moteurs avec congestion et sudation abondante de la face. Tachycardie à 108.

Traitement préopératoire : Repos au lit pendant 10 jours au cours desquels on donne de la quinicardine.

Intervention le 11 juin 1927 (Professeur Bérard) : le goitre se présente comme un goitre charnu très vasculaire, on fait une thyroïdectomie atypique très laborieuse du fait de lPabondance de l’hémorragie et des difficultés de l’hémostase.

La pièce enlevée présente une coloration rouge chair, est sans formation nodulaire.

Suites opératoires : Simples : la température ne s’élève pas au-dessus de 38°.

Revue le 14 septembre 1928 : Depuis l'intervention, la malade se reconnaît très améliorée. Beaucoup de troubles dont elle souffrait ont disparu, tels la diarrhée, les troubles sudoraux. La malade a engraissé de 17 kilos; l’asthénie dont elle se plaignait n’existe plus et la malade qui, lors de l’intervention, avait de la peine à supporter la station debout prolongée, fait actuellement sans peine le travail de cultivatrice. Cependant, il faut noter la persistance de palpitations revenant facilement à l’occasion d’émotions et de fatigue, et d’un certain degré de dyspnée d’effort.

A l’examen : L’exophtalmie a diminué et actuellemert es yeux sont presque normaux; plus de tremblement ; pouls régulier à 82; cicatrice thyroïdienne légèrement adhérente à la trachée, mais pas de récidive de l’hypertrophie thyroidienne.

En résumé : Amélioration fonctionnelle qui a débuté dans les trois mois qui ont suivi l'intervention, a progressé pendant un an, s’est stabilisée actuellement et équivaux sensiblement à un état de guérison complète avec capacité de travail

intégrale.

Ogs. 21. — « Maladie de Basedow datant de un an. Hémithyroïdectomie. Guérison fonctionnelle, mais persistance d’un léger ‘état d’hyperthyroïdisme. »

M. B..., 38 ans, employé au P.-L.-M.

Histoire de la maladie : La maladie de Basedow a débuté il y a un an, de suite après une grippe compliquée de mastoïdite et de septico-pyohémie avec localisations purulentes

He

au niveau des membres. Le premier symptôme remarqué par le malade fut l'augmentation de volume du cou qui grossit régulièrement et progressivement, Dans la suite, apparition de l’exophtalmie et des palpitations. Le malade maigrit et reconnaît être devenu de plus en plus nerveux et irritable. Evolution régulièrement progressive, sans périodes d’accalmie et d’exacerbation.

Examen : Hypertrophie thyroïdienne prédominante sur le lobe droit de surface régulière, de consistance élastique, très vasculaire et animée d’expansion. Exophtalmie très marquée avec saillie et éclat brillant des yeux; l’occlusion complète des paupières est impossible. Tachycardie à 110. Tremblement vibratoire des extrémités.

Le métabolisme basal est de + 58 pour 100 au-dessus de la normale.

Intervention le 9 juillet 1927 (Professeur Bérard) : Anesthésie régionale. Hémostase laborieuse des plans sous-cutanés. Le lobe droit est le plus augmenté de volume et a le volume d’une mandarine. On pratique une hémithyroïdectomie droite.

Examen de la pièce : Goitre charnu parenchymateux, sans formation nodulaire. :

Suites opératoires : Très simples.

Revu le 25 octobre 1927 : Le malade se déclare très amélioré, ne souffre presque plus de palpitations, n’a ni bouffées de chaleur, ni transpiration, a engraissé de 8 kilos.

Mais l'examen montre la persistance d’une légère tachycardie à 95 du tremblement. L’exophtalmie a diminué, mais l'occlusion complète des paupières reste encore impossible.

Le métabolisme est encore de + 44 pour 100 au-dessus de la normale.

Revu le 6 juillet 1928: L’amélioration s’est accentuée. Actuellement, le malade se déclare normal et assure un travail pénible au P.-L.-M. Il a engraissé et retrouvé ses forces. Le seul symptôme dont il se plaigne est l'apparition de palpitations, mais seulement à l’occasion de très grosses fati-

gues.

A l’examen : L’exophtalmie persiste en partie, mais l’occlusion des paupières est possible. Le tremblement est très léger. Le pouls est à 85 au moment de l’examen. Au niveau de la région thyroïdienne, on perçoit le lobe gauche qui ne semble pas augmenté de volume.

En somme : Amélioration fonctionnelle énorme ayant donné au malade une capacité de travail complète. Mais persistance de signes physiques d’hyperthyroïdisme.

Revu le 18 octobre 1928 : Même état que précédemment. Le métabolisme basal est en décroissance, mais est encore

à + 36 pour 100 au-dessus de la normale.

Ogs. 22. — « Maladie de Basedow datant de huit mois. Hémithyroïdectomie. Enorme amélioration. »

Mme B.., 45 ans.

Histoire de la maladie : Début spontané et sans cause occasionnelle par des palpitations qui s’exagèrent au moindre effort et lors des émotions. Sensation d’étouffement avec crises de suffocation et angoisse nocturnes. Troubles vasomoteurs et sécrétoires de la face intenses. Crises passagères de diarrhée. Depuis six mois, la malade reconnaît les grandes modifications qui sont survenues dans son caractère, elle est irritable, pleure à la moindre contrariété. Amaigrissement régulier, de 20 kilos en huit mois. Du fait d’une grande asthénie, la malade a dû cesser tout travail.

A l'examen : Malade amaïigrie, à réactions motrices vives, pleurant facilement. L’exophtalmie est accentuée, mais pas de troubles de la musculature oculo-palpébrale. Tremblement vibratoire des extrémités. Tachycardie de 98 au repos, mais avec accélération après la marche où le pouls atteint 130. Hypertrophie thyroïdienne modérée, diffuse, dessinant les contours normaux de la glande, molle, lisse, mais peu vasculaire.

Le métabolisme est de + 71 pour 100 au-dessus de ?à normale.

Traitement préopératoire : Pendant onze jours, décubitus

complet. Deux comprimés de 0 gr. 25 de quinicardine par jour. Traitement au Lugol (X gouttes pendant un jour, XV pendant deux, puis XXX gouttes les jours suivants). La malade accuse une sensation de bien-être, est confiante, le pouls est à 90.

Intervention le 24 mars 1928 (Professeur Bérard) : Anesthésie locale. Après ligature préalable de lartère thyroïdienne inférieure droite, on pratique une hémithyroïdectomie droite complète de haut en bas en laissant le minimum de tissu glandulaire sur la face postérieure, Au cours de l’opération, le pouls s'élève à 150, la malade est un peu anxieuse. Aussi on décide de ne pas toucher au lobe gauche qui, par ailleurs, est peu volumineux.

Suites opératoires : Pendant trois jours, réactions violentes avec agitation, angoisse, pouls à 160 et arythmie, sudation abondante, température à 39°2 et augmentation considérable de l’exophtalmie. |

Après un traitement énergique (XX gouttes de Lugol, quinine, sérum sous-cutané, applications glacées), ces phénomènes s’amendent en lysis.

La malade sort le quinzième jour, en se déclarant déjà très améliorée au point de vue fonctionnel.

Le 7 décembre 1928 : Nous recevons la réponse de son médecin à notre questionnaire :

Disparition complète de troubles fonctionnels; plus de palpitation ni de suffocation; disparition des troubles sudoraux et des bouffées de chaleur. Il persiste uniquement quelques vertiges et un peu de diarrhée à de rares intervalles. La malade a engraissé de 19 kilos en huit meis et a récupéré une capacité de travail complète (la malade, cultivatrice, a pu faire tous les travaux des champs cet été).

A l'examen : Pas d’hypertrophie thyroïdienne perceptible. Pas de tremblement. Pouls à 82. L’exophtalmie persiste cependant,

En somme : À part quelques symptômes résiduels, la guérison est complète au point de vue fonctionnel.

2° Dans 11 cas, l'hémithyroïdectomie a été combinée à un autre mode (thérapeutique : 5 fois à la ligature d'une seule artère du lobe opposé ; 3 fois à la ligature des deux artères opposées ; 1 fois à la sympathectomie: 1 fois à un traitement curiethérapique ; 1 fois à des interventions multiples (sympathectomie, ligature opposée, curiethérapie).

O8Bs. 23. — « Maladie de Basedow datant de trois ans. Hémithyroïdectomie droite avec ligature des artères du lobe gauche. Excellent résultat. »

Mme D...

Histoire de la maladie : Maladie de Basedow ayant débuté

brusquement il y a trois ans à la suite d’une émotion. Syn-

drome basedowien typique avec palpitations, dyspnée d’effort, diarrhée, nervosité et insomnie. Amaigrissement et asthénie rendant toute marche impossible. Exophtalmie très marquée, tremblement, pouls à 120.

Intervention le 31 janvier 1916 (Professeur Bérard) : Incision transversale. Les deux lobes thyroïdiens sont hypertrophiés, mais le droit plus que le gauche.

1° A droite : Large hémithyroïdectomie laborieuse en raison des difficultés de l’hémostase. Le tissu réséqué a le volume d’une petite mandarine.

2 A gauche : Ligature de l'artère thyroïdienne inférieure et d’une branche de division de l’artère thyroïdienne supérieure.

Suites opératoires : Réaction post-opératoire violente ; le lendemain de l'intervention, état d’agitation extrême, tachycardie paroxystique, température à 40°. Ces accidents s’amendent en lysis. Quitte la clinique le douzième jour.

Revue le 13 mai 1916 : A repris 12 kilos, est calme, dort bien, n’a plus d’étouffement. Mais souffre encore de palpi-

tations.

Revue le 18 octobre 1928, soit 12 ans après l’intervention.

PE 1e

Enorme amélioration fonctionnelle et générale. La dyspnée, les crises de diarrhée, les bouffées de chaleur et les troubles sudoraux dont elle souffrait auparavant ont cessé. Sommeil parfait. À engraissé de 16 kilos. L’asthénie a Cisparu et actuellement capacité de travail complète (la malade est employée aux P. T. T.). Sensation de bien-être général. Les deux seuls symptômes dont se plaigne encore la malade sont un léger état de nervosité et des palpitations passagères revenant à l’occasion d’émotions.

A l'examen : Pas de tremblement. Regard brillant sans exophtalmie, Pouls à 80. La palpation de la région thyroïdienne donne une sensation de vide à droite et le lobe gauche est à peine perceptible.

En somme :Amélioration telle qu’elle équivaut pratiquement à une guérison.

Os. 24, —— « Maladie de Basedow datant de six ans avec albuminuie. Hémithyroïidectomie droïte avec ligature de l'artère thyroïdienne supérieure gauche. Décès post-opératoire. »

Mme T..., 47 ans.

Histoire de la maladie : Début il y a six ans par l’augmentation de volume du vorps thyroïde et des palpitutions. Mais c’est surtout depuis janvier 1920 que la maladie s’est aggravée. Augmentation de volume du goitre, dyspnée d’effort, crises paroxystiques de tachycardie, tremblement, exophtalmie. Il existe, d’autre part, une forte albuminurie.

Traitement préopératoire : Sévère en raison de l’albumi- ‘nurie. Repos au lit, régime lacté. Digitale.

Intervention le 4 mai 1920 (Professeur Bérard) : Hémithyroïdectomie droite typique. Le lobe gauche est moins volumineux et on se contente de pratiquer la ligature de l'artère thyroïdienne supérieure gauche. Suture. Drainage.

Suites opératoires : Mort brusque dans la nuit qui suit l’intervention.

ÉAIDO EL

O8s. 25. — « Maladie de Basedow datant de six mois. Hémithyroidectomie droite et ligature de l'artère thyroïdienne inférieure gauche. Amélioration immédiate. Récidive. »

Mme S.…., 30 ans.

Histoire de la maladie : La malade dit avoir eu toujours le cou un peu volumineux, mais en mai 1921, à la suite d’un accouchement, s’est constitué de façon brusque un syndrome basedowien typique, d’allure progressive et sévère. Depuis cette époque, diarrhée, vomissements revenant par période, amaigrissement, modifications du caractère.

A l'examen : Malade d’une émotivité considérable. Le pouls qui est à 110 au repos, devient incomptable pendant les périodes d’agitation. Exophtalmie prononcée, Le tremblement est tel qu’il arrive fréquemment à la malade de lâcher les objets. Hypertrophie thyroïdienne vasculaire prédominant à droite. |

Traitement préopératoire : Pendant un mois, repos au lit, hémato-thyroïdine, digitaline ; ce traitement donne une reprise de poids de 3 kilos et surtout une sédation des phénomènes nerveux.

Intervention le 10 décembre 1921 (Professeur Bérard) : On libère le lobe droit qui est très adhérent et on pratique une large hémithyroïdectomie droite en ne laissant qu’une mince couche postérieure.

On se contente à droite de lier l’artère thyroïdienne inférieure.

Suites simples.

Revue le 11 décembre 1928 : La malade a eu une grosse amélioration qui s’est maintenue jusqu’à ces deux dernières années. Elle a eu deux grossesses normales s’accompagnant chaque fois d’un retour de la tuméfaction thyroïdienne. Elle a engraissé de 17 kilos, a repris ses forces et mène une vit normale.

Depuis ces derniérs temps, le lobe gauche s’est hypertro: phié et la malade accuse à nouveau quelques malaises.

A l’examen : l’exophtalmie subsiste, le pouls est à 120, la

malade reste très nerveuse, L'examen de la région thyroiïdienne donne une sensation de vide à droite; mais à gauche existe une tuméfaction faisant saillie, de la grosseur d’une noix, vasculaire (il s’agit vraisemblablement d’une formation nodulaire).

En somme : Récidive actuelle sur le lobe laissé en place.

Le 5 janvier 1929 (Professeur Bérard) : Incision sur l’ancienne cicatrice. Le corps thyroïde adhère à la face profonde de la peau. Il s’agit d’une formation kystique du volume d’une noix développée sur le lobe gauche. On fait la résection du kyste en laissant la partie postérieure du lobe.

Ogs. 26. — « Maladie de Basedow rebelle. Echec d'un traitement curiethérapique. Interventions multiples. Hémithyroidectomie droite. Ligature de la thyroïdienne supérieure ga che. Sympathectomie bilatérale. Grosse amélioration. »

Mme B.…., 40 ans. Mariée à 24 ans. Deux enfants bien portants.

Histoire de la maladie : Le début s’est fait en 1922 à la suite d’une grippe grave par l'apparition progressive de tachycardie, tremblement, diarrhée, exophtalmie. En même temps, augmentation régulière de volume du cou avec sensation de constriction pharyngée.

A l’examen : Malade très amaigrie, ne pesant que 39 kilos. Faciès vultueux avec réactions vaso-motrices intenses. Exophtalmie très marquée. Pouls à 140.

Après un traitement médical (quinicardine, salycylate de soude) on décide de pratiquer tout d’abord des ligatures artérielles. Mais le seul fait d’entrer dans la salle d’opération déclanche de tels troubles nerveux et une telle émotivité qu’on renonce à tout acte opératoire,

Le 22 septembre 1922 : Application de radium : 11 aiguilles, chacune de 10 microcuries-heure dans un appareil moulé au-devant du cou au niveau des deux lobes également hypertrophiés. Après une application de 36 heures, se déclanchent des accidents d’hyperthyroïdisme aigu avec diarrhée incoercible, délire d’excitation, tachÿcardie incomptable, Ces

accidents cessent au bout de quelques jours avec l’emploi de calmants et d'applications de glace.

Le 17 octobre 1922 : Intervention (Professeur Bérard) : Hémithyroïdectomie droite d’un lobe très congestionné et adhérent. Opération sans incident. {

Suites simples.

Après l'intervention, il y a eu une légère amélioration; mais les troubles persistent.

Le 15 décembre 1922 : Sous anesthésie régionale, angioneurectomie du pédicule thyroïdien supérieur gauche.

L'amélioration fut cette fois plus accentuée, surtout en ce qui concerne les troubles sécrétoires, la tachycardie et lamaigrissement (poids 46 kgs). Les règles qui étaient supprimées depuis un an reparaissent. La malade reprend quelques occupations, mais aussitôt les troubles recommencent.

Le 15 avril et le 30 juin 1923 : On fait deux applications de radium, chacune pendant 12 heures, représentant 3 millicuries détruites, dose faible.

Les effets sont à peu près nuls : il persiste une exophtalmie considérable et une tachycardie réveillée par le moindre mouvement; on décide une opération nerveuse complémentaire.

Le 3 et le 7 juillet 1923 : Résection du ganglion sympa- thique cervical supérieur gauche, puis droit.

Dans les jours qui suivent, la saillie des yeux s’atténue beaucoup et le cœur se ralentit.

Revue le 25 octobre 1923 : La malade se trouve très amé- - liorée : Etat général excellent, a engraissé (poids, 50 kgs), n’a plus de sensation d’étouffement et de spasme pharyngien, aucun trouble vaso-moteur ou sécrétoire. Mais la malade accuse encore une sensation d’asthénie notable rendant impossible toute marche de plus de dix minutes.

A l'examen : Les yeux restent un peu saillants et brillants. Le pouls à 80, en temps ordinaire est instable et s'élève à 120 à la moindre émotion.

Revue le 23 février 1928, soit 4 ans ct 6 mois après la pre-

mière intervention,

Amélioration considérable des troubles fonctionnels et de l'état général; disparition des palpitations, de la gêne rcspiratoire, des bouffées de chaleur. Plus de troubles sudoraux, ni diarrhée. Règles régulières. Sommeil normal. La malade a engraissé de 20 kgs depuis la première intervention en 1922 et pèse actuellement 60 kgs. Il persiste cependant un état de nervosité marqué, la malade est agitée, bouge sans cesse, reste irritable et supporte mal les contrariétés. De plus, la capacité de travail reste incomplète. Fatigue facile, impossibilité de faire tout travail pénible. Mais cette sensation de fatigue tend à disparaître et la malade se sent de plus en plus forte. :

A l’examen : Il n’y a plus aucun tremblement. L’exophtalmie après avoir régressé après la sympathectomie, est restée: stationnaire et les yeux sont encore actuellement un peu saillants, Le pouls reste instable et atteint 95 lors de l’examen. Les cicatrices cervicales sont souples, toute tuméfaction thyroïdienne a disparu, les battements carotidiens ne sont pas amplifiés.

Le métabolisme basal à cette époque n’est plus que de + 9 pour 100 au-dessus de la normale.

En résumé : Malade très améliorée, mais non complètement guérie. Mais la marche de l’amélioration a été progressive et actuellement la malade a l’impression que cette amélioration continue toujours, car elle se sent mieux qu’il y a six mois.

OBs. 27. — « Maladie de Basedow datant de sept ans. Traitement curiethérapie. Hémithyroïdectomie. Guérison. »

Mme C..., 34 ans.

Histoire de la maladie : L’affection a débuté en 1915 et très rapidement s’est installé un syndrome basedowien typique.

À l'examen : Au mois de mai 1922, on est en présence d’une malade très amaigrie, irritable; cet état d’amaigrissement et de nervosité se serait beaucoup accentué à la suite d’un traitement iodique intensif suivi par la malade en 1921, Les

yeux sont saillants et brillants. Le pouls à 110 au repos, atteint 140 après la marche. Le corps thyroïde est hypertrophié; surtout aux dépens du lobe droit; il s’agit d’un goitre charnu, de surface régulière, très vasculaire.

Première application de radium, le 11 mai 1922 : Application en surface de 11 aiguilles de 2 milligrammes de radium pendant 48 heures.

La malade est revue le 22 juin 1922 et se dit améliorée.

Seconde application de radium, le 29 août 1922 : Même dose pendant 36 heures.

La malade est revue le 8 mars 1923; elle garde une tachycardie à 130. Le corps thyroïde n’est pas modifié de volume. Les troubles fonctionnels persistent, Devant l’inefficacité du traitement curiethérapique, on décide l'intervention.

Int: rvention du 22 janvier 1924 (Professeur Bérard) : Incision en cravate. Le corps thyroïde est congestionné et l’hyper- | trophie prédomine nettement sur le lobe droit. On pratique une hémithyroïdectomie droite sans incident.

Suites opératoires : Très simples. La malade quitte la clinique le dixième jour.

Revue le 20 octobre 1929 : Au point de vue fonctionnel et général, la malade est considérablement améliorée. Les palpitations ont disparu. Pas de diarrhée, pas de troubles vasomoteurs. Le sommeil est normal. La malade a engraissé de 7 kilos et fait facilement son travail. ;

À l’examen : Pas de tremblement, L’exophtalmie a diminué mais persiste. Il y a encore un léger degré d’éréthisme cardiaque avec pouls.à 90. Au niveau de la région thyroiïdienne, cicatrice souple, pas de récidive de lhypertrophie thyroïdienne. ,

En somme : Amélioration équivalent pratiquement à une

guérison.

OBs. 28. —— « Maladie de Basedow. Hémithyroïdectomie gauche et ligature des deux artères thyroidiennes droites,

Guérison,

— Hire

. Mme J..

Histoire de la maladie : Le début de la maladie est difficile à préciser. Mais l’affection s’est .aggravée très nettement au moment de la guerre à la suite d'émotions violentes, la malade habitant en pays bombardé. En 1922, un traitement médical donne des résultats temporaires.

Examen : Hypertrophie thyroïdienne légèrement vasculaire et prédominante sur le lobe gauche. Exophtalmie marquée. Tachycardie à 110. Palpitations douloureuses. Bouffées ‘de chaleur. Irrégularité des règles. Insomnie, Enorme amaigrissement s’accompagnant de perte des forces. La malade est très agitée et émotionnable.

Intervention le 1e avril 1924 (Professeur Bérard) :

1° Ligature préliminaire des deux artères thyroïdiennes gauches puis hémithyroïdectomie gauche typique;

2° A droite on se contente de faire la ligature des deux artères thyroïdiennes.

Suites : Simples.

En 1925 : Grosse amélioration. La malade a pu reprendre sa vie normale, mais garde quelques palpitations et un peu de dyspnée. |

En octobre 1927: La malade donne de ses nouvelles qui sont excellentes. À part quelques céphalées et névralgies, elle se considère comme à peu près guérie.

Le 6 octobre 1928 : Son médecin nous fait la réponse suivante au questionnaire que nous lui avons adressé :

Disparition complète des troubles fonctionnels (palpitations et troubles vaso-moteurs), La malade a engraissé et repris sans fatigue sa vie normale. À lexamen, pouls à 80, disparition complète de l’exophtalmie et pas de trace de récidive de l’hypertrophie thyroïdienne. Le médecin conclut à une guérison complète et déclare qu’il n’a plus eu à la soigner depuis l'intervention.

OBs. 29, — « Maladie de Basedow datant de un an. Sympathectomie et hémithyroïdectomie., Amélioration,

Mme P..., 45 ans.

Histoire de la maladie : La malade entre en janvier 1926 dans le service de M. le Docteur Gallavardin « avec tous les attributs d’une maladie de Basedow fruste. Tachycardie entre 140 et 155 sans lésions cardiaques. Tremblement, sensation de chaleur, sueurs, hypertrophie thyroïdienne prédominante sur le lobe droit ». On institue un traitement à la quinine qui ramène le pouls à 100. La malade tolérant mal la quinine, on lui propose une intervention qu’elle refuse. Elle quitte le service.

Examen : Hypertrophie thyroïdienne portant surtout sur le lobe droit, sans formation nodulaire. Tachycardie extrême à 160. Tremblement marqué. Eclat brillant et fixité du regard. sans exophtalmie véritable. Amaigrissement progressif.

Intervention le 11 mars 1926 (Professeur Bérard) : Anesthésie locale. :

1° Incision le long du bord postérieur du sterno-cléidomastoïdien droit. Résection du ganglion sympathique supé-

zieur.

2° Hémithyroïdectomie du lobe droit hypertrophié. Suites opératoires : Simples. Ralentissement rapide du pouls à 100,

Revue le 20 mai 1926 : Amélioration subjective. Syndrome de CI. Bernard-Horner typique du côté droit du fait de la section du sympathique. Le malade se plaint de phénomènes douloureux dans le membre supérieur droit et l’evamen révèle une paralysie du spinal avec diminution de voiume du sterno-cleido-ntastoïdien et paralysie du trapèze (Docteur Froment). |

Revue en avril 1928 : Malade très améliorée au point de vue fonctionnel. Disparition presque complète des palpitations, de la diarrhée, de la sédation. Nervosité caimée. Sommeil normal. Reprise de poids de 7 kilos. Mais la malade se plaint toujours d’asthénie lui interdisant tout travail un peu pénible, A l’examen : Plus ‘de tremblement. Exophtalmie stationnaire. Cicatrice cervicale souple; pas d’hypertrophie du lobe gauche restant. Pouls à 85, La paralysie du nerf spinal

droit persiste totale avec épaule tombante, avec mouvements d’élévation du bras très gênés et incomplets.

Os. 30. —— « Maladie de Basedow datant de six ans. Liga tures des artères thyroïdiennes droites. Puis hémithyroïdectomie gauche. Résultat incomplet. »

Mme U..

Histoire de la maladie : Début par l’apparition d’une tuméfaction thyroïdienne qui, de suite, s'accompagne de troubles fonctionnels (palpitations, tremblement, amaigrissement) mais qui restent légers pendant plusieurs années.

Dans la suite, aggravation malgré un traitement médical. * La malade subit à Genève, en 1916, une première intervention qui consista en la ligature des artères thyroïdiennes droites. Dans la suite, le lobe droit cessa de grossir mais le lobe gauche s’hypertrophie progressivement et parallèlement les papitations augmentent, la malade devient très asthénique, de plus en plus irritable.

A l'examen: Syndrome basedowien typique mais de moyenne intensité.

Seconde intervention le 4 février 1918 (Professeur Bérard). . Comme le lobe droit a été le siège de ligature, on aborde le lobe gauche. Après ligature préliminaire de ses deux artères, on en fait la résection subtotale en laissant une lame posté- ‘rieure et le pôle supérieur du parenchyme. Suture hémostatique.

Suites : Un peu mouvementées avec pendant deux jours température à 39° et agitation. La malade quitte la clinique le quatorzième jour.

Le T décembre 1928 : Nous recevons la réponse suivante de son médecin : Disparition des principaux troubles fonctionnels (palpitations, insomnie, troubles sudoraux). Mais il persiste encore des crises intermittentes de diarrhée et de bouffées de chaleur. De plus, nervosité très marquée avec crises de dépression psychique. |

A l'examen : Pas de tuméfaction thyroïdienne évidente,

* L’exophtalmie peu accentuée sur l'œil gauche, persiste nettement sur l’œil droit. Le pouls est à 90.

En somme : Malade améliorée mais non guérie, La capacité de travail n’est que partielle.

O8s. 31. — « Maladie de Basedow récente. Hémithyroïdec-

{tomie droite et ligature de l'artère thyroïidienne inférieure

gauche. Amélioration. »

Mme M... 45 ans.

Histoirè de la maladie : L’affection a débuté, il y a trois mois, par une augmentation rapide du volume du cou, s’accompagnant de palpitations intenses, de dyspnée d’effort et de suffocation nocturne. La malade devient très nerveuse et voit ses règles s’arrêter totalement. Diarrhée profuse par périodes. Sensation de fatigue considérable l'obligeant à cesser tout travail.

À l'examen : Malade amaïigrie ayant perdu 15 kilos en trois mois, agitée par un tremblement intense, Exophtalmie de moyenne intensité. Tachycardie à 160. Hypertrophie thyroïdienne diffuse mais modérée, très vasculaire avec battements

| et souffle.

Le métabolisme est de + 74 pour 100 au-dessus de la

| normale.

Traitement préopératoire : Repos : Lugol pendant neuf

| jours, l’amélioration étant marquée, on intervient.

Intervention le 17 mars 1928 (Professeur Bérard) : Anesthésie locale excellente.

1° Après ligature des deux artères thyroïdiennes droites, on pratique une large résection de ce lobe, en laissant en

| arrière le minimum de parenchyme.

2° Le lobe gauche est de plus petit volume; on se borne à faire la ligature de l’artère thyroïdienne inférieure de ce côté sans résection glandulaire.

Suites opératoires : Réaction post-opératoire légère, avec exagération momentanée du tremblement, température à 38°6,

HN pouls à 150. Mais rapidement la malade se déclare améliorée.

SNS N

Au 14° jour, le métabolisme a diminué et est de +36 p. 100 au-dessus de la normale.

Le 8 décembre 1928 : Nous n’avons pu revoir la malade, mais son médecin envoie ia réponse suivante à notre questionnaire :

Diminution des palpitations, des bouffées de chaleur et des sueurs mais qui persistent en partie. Plus de diarrhée, Les règles sont redevenues régulières. La sensation de fatigue a. en partie disparu et la malade s'occupe de son ménage et a même pu faire sans trop de peine les travaux des champs cet été. Reprise de poids de 11 kilos.

A l’examen : On perçoit toujours le lobe gauche laissé en place. Le tremblement a diminué mais non disparu. L’exophtalmie subsiste légèrement. Le pouls reste rapide à 129,

Eu somme : amélioration générale et subjective avec capacité de travail partielle. Mais persistance des signes physiques de basedowisme. Son médecin qui suit la malade estime que l’état reste actuellement stationnaire et ne s’est guère amélioré depuis ces derniers mois.

O8s. 32. — « Maladie de Basedow datant de deux ans. Hérmithyroïdectomie droite et ligature de l'artère thyroïdienne inférieure gauche. »

Mme R..., 44 ans.

Histoire de la maladie : Début il y a deux ans par l’apparition de troubles nerveux (insomnie, irritabilité) et de tremnhlement. Peu après, apparition de l’hypertrophie thyroïidienne et des autres signes basedowiens (crises de palpitations, périodes de diarrhée séreuse, amaigrissement de 12 kilos). Un traitement médical par l’hémato-éthyroïdine et la quininé donne une amélioration temporaire et une reprise de poids de 5 kilos. Ces derniers temps, aggravation et apparition de symptômes d'insuffisance cardiaque avec œdème des jambes, oligurie, dyspnée. ù

A l'examen : Exophtalmie modérée; tremblement intense; tachycardie à 110; hypertrophie diffuse du corps thyroïde,

vasculaire et animée de battements. Le ‘métabolisme est de + 30 pour 100 au-dessus de la normale,

Traitement préopératoire : Sévère pendant onze jours XXX gouttes de Lugol par jour et repos au lit; au bout de cette période, la malade se trouve subjectivement très améliorée, la diurèse est normale, le pouls à 85. Le métabolisme n’est plus que de +8 p. 100 au-dessus de la normale.

Intervention le 11 juin 1928 (Professeur Bérard) : Ligature préalable des deux thyroïdiennes inférieures. Puis on fait la ligature de la thyroïdienne supérieure droite; au bout de . quelques minutes, cette ligature lâche et il se produit une grosse hémorragie dans la profondeur, l’artère s’étant rétractée très haut; on fait une incision verticale sur le bord antérieur du sterno-mastoïdien et on lie l’artère à son origine vers la carotide externe. On pratique ensuite une large résection du lobe thyroïdien droit.

Le lobe gauche est peu augmenté de volume et comme la malade paraît assez choquée, on n’en fait pas la résection.

Suites opératoires : Réaction violente pendant trois jours avec pouls à 140, température à 39°8, agitation. Ces phénomènes s’amendent après un traitement au Lugol et à la digitaline.

La malade quitte le service le 20° jour; elle se sent améliorée et le métabolisme n’est plus que de +8 p. 100 au-dessus de la normale. :

Revue le 10 décembre 1928, soit six mois après. Actuellement, il y a une disparition presque complète des troubies fonctionnels. Plus de palpitation, plus de diarrhée, plus de troubles vaso-moteurs. Mais il persiste une sensation de con- triction laryngée allant parfois jusqu’à la suffocation.

La malade a engraissé de 15 kilos et travaille facilement.

A l’examen : Plus de tremblement. Exophtalmie reste très modérée. Pouls à 84. La palpation de la région thyroïdienne permet de sentir le lobe gauche laissé en place qui est peutêtre un peu volumineux.

En somme : Grosse amélioration équivalent à peu de chose

près à une guérison.

Ons. 33. —— « Maladie de Basedoiw datant de deux ans. Hémithyroïdectomie droite et ligature de l'artère thyrotdienne inférieure gauche. »

Mme F.…, 48 ans.

Histoire de la maladie : La première crise de basedowisme s’est faite en avril 1926, par l’apparition de tachycardie à 120, d’exophtalmie, d’un amaigrissement de 12 kilos. Le métabolisme à cette époque était de + 83 p. 100. Un traitement médical à l’hémato-éthyroïdine, quinicardine et salycylate de soude arrête la crise.

Au printemps 1928, nouvelle poussée d’hyperthyroïidisme, l’exophtalmie s’accentue et l’état général s’altère.

En août 1923, troisième crise plus violente. Le syndrome basedowien est au complet avec palpitation, insomnie, amaigrissement de 9 kilos.

A l'examen : Exophtalmie très marquée mais avec une prédominance nette du côté droit. Pouls à 120. Tremblement. Par contre l’hypertrophie thyroïdienne est très peu accentuée; un seul mal le corps thyroïde.

Le métabolisme est de +72 p. 100,

Traitement préopératoire : Repos au lit. Quinicardine. Lugol pendant les cinq derniers jours).

. Intervention le 20 septembre 1928 (Professeur Bérard). Découverte et ligature préalable des deux artères thyroïdiennes inférieures par la technique de De Quervain. La glande thyroïde est relativement peu augmentée de volume : on pratique une large hémithyroïdectomie droite, en laissant une très mince couche postérieure; on ne touche pas au lobe gauche estimant suffisante la ligature de la thyroïdienne inférieure de ce côté.

Examen histologique : « Tissu thyroïdien adénomateux et hyperplasique avec travées cellulaires épaisses; les vésicules thyroïdiennes sont de petites dimensions. Pas de réaction inflammatoire importante. »

Suites opératoire : Simples. La malade quitte le service le

13° jour. À ce moment, le métabolisme est encore de +55 p. 100.

til

Revue le 11 décembre 1928 : La malade se dit très améliorée : les palpitations sont moins violentes et reviennent à intervalles très espacés ; disparition de la diarrhée et des bouffées de chaleur; sommeil normal. La malade se sent forte et fait son ménage sans fatigue.

A lexamen : Plus de tremblement; pouls à 80; l’exophtalmie subsiste inchangée et prédomine beaucoup sur l'œil gauche. Cicatrice cervicale normale.

En somme : Amélioration subjective et générale. Mais en partie persistance des signes physiques. Le métabolisme est en voie de décroissance et n’est plus que de 21 p. 100 audessus de la normale.

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