‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 47 sur 110 · PER · texte numérisé non relu

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Mme Jj., 34 ans.

Histoire de la maladie : La malade a toujours eu un corps thyroïde un peu volumineux soumis à des alternatives de variations de volume avec poussées au moment des grossesses. En 1924, apparition des premiers symptômes basedowiens. Altérations du caractère, qui devient émotif et irritable, insomnie, asthénie, sensation d’étouffement avec angoisse nocturne. En 1925, apparition -de l’exophtalmie. En 1926, lors d’une grossesse, tous ces troubles s’accentuent, la malade devient très irritable, perd ses forces et maigrit progressive- Trent." ee

Intervention le 25 janvier 1927 (Professeur Bérard) : Après ligature préliminaires des deux artères thyroïdiennes inférieures, on pratique une lobectomie bilatérale typique en laissant une lame giandulaire postérieure. Malgré les ligatures préalables, l'opération est très hémorragique et l’hémostase difficile.

Suites opératoires : simples.

Revue en décembre 1927 : Pas de récidive de l’hypertrophie thyroïdienne. Amélioration notable mais le syndrôme

basedowien persiste encore dans une certaine mesure. L’exo-

phtalmie n’a pas regressé; amaigrissement et insomnie persistent et le caractère reste irritable.

Novembre 1928 : Actuellement, il y a régression des symptômes physiques, L’exophtalmie est réduite définitivement, pas de récidive locale, plus de tremblement.

Mais la malade conserve des troubles psychiques avec ten dance à l’anxiété sur lesquels l’intervention semble avoir eu peu d’action.

Ogs. 43. — « Maladie de Basedow datant de huit mois, à

évolution rapide et grave. Thyroïdectomie subtotale d'emblée. Excellent résultat. »

Mme C..., 22 ans. 4

Histoire de la maladie : L’affection a débuté il y a huit mois à la suite d’un accouchement. Apparition d’une hypertrophie thyroïdienne qui subit des alternatives d’augmenta-

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tion de volume et de régression en rapport surtout avec les périodes menstruelles, les émotions. Palpitations violentes, troubles diarrhéiques intenses (15 à 20 selles par jour), dyspnée au moindre effort et sensation d’étouffement nocturne, tremblement continuel. La malade s’énerve et s’irrite facilement, s’agite sans cesse. Amaigrissement de 25 kilos en huit mois.

Examen : Globes oculaires saillants avec regard fixe et brillant. Hypertrophie diffuse du corps thyroïde, à prédominance isthmique, de consistance élastique, de surface lisse et régulière, Pouls à 116. A ce moment, le métabolisme est de + 51 p. 100 ‘au-dessus de la normale.

Traitement préopératoire : Pendant une semaine, X, puis XX gouttes de Lugol par jour. Au bout de:huit jours, rémission des troubles, le pouls est à 80.

Intervention le 12 juillet 1927 (Professeur Bérard) :Incision en cravate, Malgré ladhérence de la glande thyroïde aux muscles on la libère. Résection totale du lobe droit qui est le plus volumineux en laissant une lame postérieure pour protéger parathyroïdes et récurrent. A gauche, résection plus partielle du lobe gauche qui est moins volumineux. Suture. Un drain.

Suites opératoires : Réaction opératoire légère avec tempé-

rature à 38°8 et pouls à 120. Mais au troisième jour, tout est :

rentré dans l’ordre.

Le 30 juillet 1927 : La malade quitte l'hôpital. À ce moment cessation complète des phénomènes diarrhéiques. Pouls à 80. Le métabolisme n’est plus qu’à + 17,5 pour 100 au-dessus de la normale.

Revue le 9 juillet 1928 : L’amélioration fonctionnelle est considérable. La malade ne présente plus ni diarrhée, ni troubles vaso-moteurs, a engraissé de 15 kilos. A repris actuellement son travail qu’elle exécute facilement. Le seul symptôme dont elle se plaigne encore est un état de nervosité très marqué. À l’examen : éclat brillant du regard sans exophtalmie vraie. Pouls à 80. Cicatrice thyroïdienne normale sans trace

- de récidive.

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Revue le 20 septembre 1928 : L’état de guérison se-maintient identique. Le métabolisme fait à nouveau montre qu'il décroit progressivement et qu’il n’est plus qu'à + 10 pour 100 au-dessus de la normale.

En résumé: Amélioration équivalente à un état de guérison,

si ce n’est la persistance de l’état de nervosité.

OBs. 44. — « Maladie de Basedow datant de 3 ans. Echec de la radiothérapie. Thyroidectomie subtotale d'emblée, Excellent résultat ».

Mme N... 31 ans. -

Histoire de la maladie : Rien dans les antécédents. Les symptômes basedowiens évoluent depuis trois ans, palpitations, agitation, insomnie, tremblement. Ses troubles se sont nettement exagérés depuis 18 mois à la suite d’un accouchement. Le traitement médical n’ayant donné aucune sédation, on a essayé la radiothérapie qui amena une amélioration de courte durée. Une seconde tentative de radiothérapie resta inefficace.

Examen : Malade très amaigrie ne pesant que 38 kilos. Très nerveuse et instable avec état psychique dépressif. Troubles vaso-moteurs et sudoraux. Diarrhée fréquente. Exophtalmie prononcée. Instabilité du pouls qui de 80 au repos, monte à 140-160, à la moindre émotion. Hypertrophie des deux lobes thyroïdiens très vasculaire avec thrill et souffle.

Le métabolisme basal est de + 36 pour 100 au-desus de la normale.

Intervention le 19 août 1927 (Professeur Bérard) : Au début de l’opération le pouls s’affole et monte à 160, mais il redescend rapidement à 110 ce qui permet de continuer l’intervention. Du fait de la radiothérapie la glande adhère énormément et sa libération est très hémorragique, On pratique une thyroïdectomie subtotale en ne laissant que les deux pôles thyroïdiens supéricurs et une petite lame de la face postérieure des lobes. Hémostase laborieuse. L’interven- .

tion est remarquablement supportée et le pouls à la fin de la séance est à 90.

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Suites opératoires: Réaction légère temporaire avec température à 38°8. ke

Le 10 octobre 1927 : La malade est revue, très améliorée. Exophtalmie très réduite. Pouls régulier mais restant à 100. La malade a engraissé de 3 kilos, n’a plus ni diarrhée, ni troubles fonctionnels graves et commence à reprendre une vie normale.

Le 3 octobre 1928 : Nous n’avons pu revoir la malade mais nous avons obtenu de l’obligeance de son médecin de Paris les renseignements suivants : Amélioration considérable avec reprise de poids de 10 kilos. Les règles sont redevenues régulières ; appétit et sommeil normaux. L'état de nervosité îe - la malade s’est amendé,

A l'examen : Exophtalmie, actuellement très atténuée, plus de tremblement, tachycardie légère.

En somme : Enorme amélioration équivalent presque à une guérison.

Ogs. 45.— « Maladie de Basedow datant de 3 ans et aggravée par une grossesse au début. Thyroïdectomie subtotale. Accidents asphyxiques au cours de l'intervention nécessitant

une trachéotomie. Tétanie post-opératoire ».

Mme V.., 43 ans.

Histoire de la maladie : Début il y a 3 ans à la suite d’une grande frayeur par l’apparition brusque du tremblement et de l’exophtalmie en même temps que s’installe lhypertrophie . thyroïdienne. Puis la malade devient enceinte et au troisième mois de la grossesse apparurent des troubles graves marqués par des signes d’excitation nerveuse intense : bouffées de chaleur et troubles congestifs de la face, accidents spasmodiques avec crises de dyspnée et d’étouffement de plus en plus fréquentes et accentuées.

A l'examen : malade dans un état d’agitation extraordipaire, se plaignant de palpitations, d’angoisse respiratoire. Tremblement violent. Les yeux sont exorbités, fixes, brillants. Pouls à 130. Le corps thyroïde est hypertrophié en

masse, frémit au palper.

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- Malgré ces conditions peu favorables et la grossesse au début, mais en raison des accidents occasionnés par l’état gravidique on décide l'intervention.

Traitement préopératoire : Pendant sept jours, repos somnifère, Lugol.

Intervention le 10 octobre 1927 (Professeur Bérard) : Incision en cravate, on pratique d’abord la ligature des deux artères thyroïdiennes droites et la résection subtotale du lobe droit qui est laborieuse en raison des adhérences. Le lobe gauche est un peu moins volumineux; on en fait également la résection. … À - ;

Vers la fin de l'intervention se produisent brusquement des phénomènes spasmodiques avec dyspnée et tirage. La révision rapide des ligatures montre que les récurrents ne sont pas lésés. Mais les accidents persistent si menaçants que l’on décide à faire immédiatement une trachéotomie et dès que la canule-est dans la trachée la respiration redevient calme. On termine par une suture partielle de la plaie.

Les suites opératoires : Furent très accidentées pendant quelques jours avec température à 40°, agitation extrême et délire. Au quatrième jour, tout rentre dans l’ordre. La canule de trachéotomie est enlevée et la plaie se cicatrise normalement.

Mais au cours de la convalescence apparurent des phénomènes de tétanie caractérisés au début par des contractures de mains et des pieds et des crampes dans les membres inférieurs. Malgré un traitement calcique per cs ces contractures s’accentuent au niveau des membres rendant très difficile la marche et les mouvements des membres supérieurs :; la maladé se plaint de crampes très douloureuses dans les

épaules, les mains, les jambes. Les muscles masticateurs con-

tracturés entretiennent un trismus très général pour la pa

et l’alimentation.

Durant le dernier mois de la grossesse ces accidents tétaniques prennent une intensité extraordinaire et irréductible par le traitement calcique. Les crises se multiplient et sont . Variables comme siège, tantôt contractures des muscles ocu-

lairés, tantôt contracture des machoires ou des membres à trois reprises elles furent généralisées s’accompagnant de chute. ;

Le 17 mars 1928, la malade accouche normalement. Depuis l’accouchement ces accidents tétaniques sont en régression nette, les crises sont de plus en plus espacées et d’intensité moindre.

Revue le 9 juin 1928 : Cn trouve encore une contracture assez marquée des mâchoires qui gêne la parole. Mais il n’y a pas de contractures des membres et des extrêmités. La percussion du facial et des troncs nerveux ne déclanche pas de phénomènes tétaniques mais seulement quelques spasmes fugaces. Re Les yeux sont encore un peu saillants et gardent un éclat brillant mais l’exophtalmie a beaucoup rétrocédé. Le pouls . est à 100,

La cicatrice thyroïdienne adhère fortement à la trachée au niveau de l’ancienne plaie de trachéotomie, mais il n’y a pas de recède de l’hypertrophie thyroïdienne.

Le 16 décembre 1928 : En réponse à notre questionnaire Ja maladé nous dit avoir eu encore deux légères crises tétaniques en juillet; qui ne se sont plus reproduites depuis. Actuellement elle se sent améliorée en ce qui concerne les palpitations et les troubles vaso-moteurs. Mais elle garde une sensation de fatigue constante avec capacité de travail pres-

que nulle.

Os. 46. — « Maladie de Basedow datant de cinq ans. Thyroïdectomie subtotale d'emblée. Excellent résultat ».

Mlle L.., 26 ans, cultivatrice.

Histoire de la maladie : Rien dans les antécédents. La maladie a débuté il y a cinq ans par des palpitations et une hypertrophie légère du corps thyroïde pour lesquelles la malade entre à l'hôpital où on institue un traitement médical (3 cachets dé 0 gr. 40 de quinine pendant 10 jours et hématoéthyroïdine). La malade rentre chez elle, mais malgré ce

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