PA SE RE
traitement elle continue à maigrir (6 kilos en 20 jours) et.
revient à l'hôpital.
Examen: Malade très nerveuse, agitée, considérablement amaigrie (poids 43 kilos). Goitre diffus, très vasculaire, siège de thrill et de souffle systolique net. Les vaisseaux sous-cutanés sont dilatés et le goitre est animé de battements perçus par la malade. Exophtalmie modérée. Tremblement marqué des extrémités, Tachycardie à 110. Température subfébrile
entre 37°5 et 38°.
Devant cette évolution progressive, on décide l’interven-
tion.
Traitement préopératoire : Pendant huit jours : XX gouttes de Lugol par jour. Amélioration. Le métabolisme basal est de + 68 pour 100 au-dessus de la normale.
Intervention le 20 octobre 1927 : Incision en cravate. Ligature des deux artères thyroïdiennes inférieures par la technique de De Quervain. On fait d’abord la résection du lobe gauche qui est le plus volumineux en ayant soin de ménager une lame postérieure de tissu thyroïdien. Puis on fait une résection du lobe droit mais moins étendue.
Examen de la pièce : La masse enlevée représente le volume d’une demi-aubergine, est charnue, de couleur musculaire, de consistance élastique, sans formation nodulaire.
Suites opératoires : Normales au point de vue local malgré une légère suppuration entretenue par l’élimination de débris sphacélés. Mais au dixième jour après l’intervention le pouls s'élève à 140, la température s'élève, l’état général s’aggrave. A l’auscultation, on trouve un gros foyer de souffle et de râles à la base gauche. On hésite entre un foyer de pneumonie banale et une sSpléno-pneumonie tuberculeuse de la base gauche. La malade quitte le service sur sa demande dans un état de cachexie impressionnant.
Revue le 5 mars 1928: La malade a été véritablement transformée par l'opération. Elle a actuellement un aspect
floride et a engraissé de 30 kilos en quatre mois. La plupart
des troubles ont disparu, ou se sont améliorés :; plus de su dation, les règles sont revenues de suite après l'intervention
et sont régulières, sommeil normal, modifications considérables du caractère qui est beaucoup plus calme. Cependant il persiste encore une légère dyspnée d’effort, quelques palpitations et une sensation de fatigue facile,
A l'examen: L’exophtalmie a régressé, mais le regard garde un éclat brillant. Plus de tremblement. Pouls à 90, La palpation de la région thyroïdienne montre l'existence d’une saillie régulière siégeant du côté gauche. Le métabolisme reste de + 44 pour 100 au-dessus de la normale.
Revue le 8 mai 1928 : Guérison fonctionnelle presque intégrale avec persistance d’un léger état d’éréthisme cardiaque. La tuméfaction thyroïdienne persiste et on pense à une légère récidive du goitre que l’on décide d’enlever.
Sous anesthésie locale, excision de l’ancienne cicatrice, On s’aperçoit que la petite saillie est constituée non pas par du tissu thyroïdien mais seulement par les muscles sous-hyoidiens qui n’avaient pas été suturés et s’étaient rétractés. Ré-
fection des divers plans musculaires et cutanés.
Le 23 décembre 1928 : La malade nous écrit se sentir pres-
Ë que ‘complètement guérie et avoir repris sa vie normale. Elle
- se plaint encore d’un léger état d’agitation et garde un pouls rapide.
Ogs. 47. —— « Maladie de Basedow datant de huit ans. Thyroidectomie subtotale. Grosse amélioration. »
Mme R.., 33 ans.
Histoire de la maladie : C’est en 1920 à la suite d’une gros- | sesse qu’apparait l’hypertrophie thyroïdienne de suite suivie de phénomènes toxiques modérés au début (tachycardie et palpitations). [1 y a sept mois, à la suite d’une fausse couche, ayant nécessité un curettage, les troubles prennent une allure aiguë. Augmentation rapide du goitre, avec troubles cardiaques, tels que la. malade abandonne tout travail et garde | fréquemment le lit.
A l'examen : Malade au faciès anxieux, avec yeux brillants | et exorbités, tremblement marqué. Hypertrophie thyroïdien-
ne portant sur les deux lobes, prédominante à gauche, molle, animée de battements. Pouls à 140 et de plus très arythmique.
Traitement préopératoire : Repos absolu au lit. Quinicardine, hydrothérapie.
Intervention le 4 février 1928 Pres Bérard) : Après incision des muscles, on trouve les deux lobes très adhérents à leur face profonde; on a de la peine à procéder à la ligature préliminaire des deux artères thyroïdiennes inférieures qui s'effectue cependant correctement. Puis, on pratique la résection étendue de chaque lobe en ménageant le pôle supérieur et une lame postérieure de tissu. Suture hémostatique. Drain.
Suites opératoires : La malade a supporté parfaitement l’opération. Dans les 3 jours qui suivent l’arythmie s’accentue, puis le cœur se régularise. Quand la malade quitte la clinique au quatorzième jour, le pouls est à 85 et régulier.
Revue en novembre 1928 : La malade a engraissé de 12 “kilos, a un état général parfait et ne présente plus de palpitations. De plus a retrouvé une capacité de travail complète et même une vie normale.
A l'examen: Il persiste un peu d’instabilité nerveuse. L’exophtalmie est en voie de régression mais subsiste, Pas de tremblement. Le pouls est à 75, mais encore instable, atteignant 100 avec facilité. Pas de récidive locale. La malade a d'autre part conservé une raucité de la voix mais qui existait avant et qui est due à une laryngite chronique et l’examen laryngoscopique ne décèle aucune paralysie récurrentielle.
Er somme : Enorme amélioration. Persistance de troubles légers. Mais intégrité de la capacité de travail.
OBs. 48. — « Maladie de Basedow ancienne. Thyroïdeetomie subtotale d'emblée. Grosse amélioration ».
Mme J..., 39 ans.
Histoire de la maladie : Fièvre thyphoïde en 1907 et intection puerpérale en 1909. Le début date de 1916 et s’est fait
brusquement en quelques semaines à la suite d’une émotion violente. D’emblée, après ce traumatisme psychique s’installent tous les symptômes basedowiens qui atteinrent rapidement leur maximum pour ne plus rétrocéder. Palpitations continues exagérées par les contrariétés. Sensation de constriction cervicale allant jusqu’à la dyspnée et à de véritables crises de suffocation lors des efforts. Perpétuelle sensation de chaleur avec crises vaso-motrices et sudorales de la face. Arrêt des règles presque complet. A plusieurs reprises la malade a présenté des crises abdominales s’accompagnant de vomissements. Malade extrêmement nerveuse. Amaigrissement de 15 kilos au cours de ces dernières années. Asthénie progressive rendant actuellement tout effort impossible. Examen : On est en présence d’une malade agitée avec réactions motrices très vives. Le corps thyroïde est hypertrophié en masse avec prédominance sur le lobe droit ; sa pression en est un peu douloureuse, il est lisse, très vasculaire avec thrill et souffle et subit des variations de volume suivant
les périodes menstruelles, les émotions.
Yeux saillants avec éclat brillant du regard. Tremblement vibratoire gênant beaucoup la malade. Eréthisme cardiaque
sans signes valvulaires avec tachycardie à 140.
Le métabolisme basal à ce moment est de + 47 pour 100
| au-dessus de la normale.
Traitement préopératoire : pendant sept jours, repos absolu au lit avec deux comprimés de quinicardine par jour, et doses progressives de Lugol (X, puis XXX gouttes). Le pouls tombe à 105, la malade est beaucoup plus calme et accuse une sensation d’euphorie. :
Intervention le 11 février 1928 (Professeur Bérard) : Ligature préliminaire des deux artères thyroïdiennes inférieures par le procédé de De Quervain. Puis on dégage le corps thyroïde ; ce temps est rendu délicat par suite des adhérences de la glande aux tissus voisins. De gauche à droite on pratique une thyroïdectomie subtotale en ne laissant qu’une lame
parenchymateuse postérieure au niveau de chaque lobe, On
estime avoir enlevé les 3/4 de la glande,
Suture hémostatique. Drain.
Examen de la pièce : Chaque lobe enlevé a le volume d’un œuf et est formé de tissu rouge sombre, sans formation kystique ou nodulaire.
Examen histologique : «tissu thyroïdien hyperplasique très pauvre en colloïde avec boyaux cellulaires pleins et présence de points inflammatoires. .
Suites opératoires : Réactions assez violentes avec ascen-
sion thermique à 39°, agitation, dyspnée et palpitations. Le pouls est à 150. Au bout de 48 heures ces phénomènes s’amendent.
, La malade quitte la clinique le quatorzième jour. À ce moment il y a déjà une amélioration marquée avec sensation de calme et de bien être, pouls à 88 et diminution du tremblement. Le métabolise basal n’est plus que de + 13 pour 100 au-dessus de la normale.
Le 6 décembre 1928 : Son médecin nous répond au questionnaire adressé. |
Grosse amélioration fonctionnelle caractérisée par la disparition complète des palpitations et de la dyspnée. Les règles sont redevenues régulières. Le sommeil est normal. La. malade a engraissé de 5 kilos. Cependant il persiste encore un état de nervosité assez marqué et la malade se plaint de céphalées et de sensation de constriction pharyngée.
À l'examen : Pas de marque de récidive de l’hypertrophie thyroïdienne : Le pouls est à 80. L’exophtalmie persiste, de même qu’un léger tremblement.
En somme: Malade très améliorée par pas de guérison complète. Cependant la malade a retrouvé une capacité de
travail presque intégrale et tient actuellement un commerce.
Os. 49. — « Maladie de Basedow datant d’un an. Thyroidectomie subfotale d'emblée. Guérison ».
Mme R..., 34 ans.
Histoire de la maladie : Début de l'affection daté de un an et s’est fait par l'apparition de palpitations, d’une sensation
d’asthénie continue qui oblige la malade à abandonner son travail. Amaïigrissement progressif, Malgré un traitement médical à lhémato-thyroïdine puis au Lugol, l’aggravation est progressive.
Examen : Tachycardie à 125. Tremblement marqué. Exophtalmie symétrique et bilatérale de moyenne intensité. Hypertrophie thyroïdienne, égale sur les deux lobes, de surface lisse, élastique et surtout très vasculaire, animée de battements et présentant d'importantes variations de volume suivant les circonstances.
Intervention le 7 juin 1928 (Professeur Bérard) : Ligature
préalable des deux artères thyroïdiennes inférieures. Puis on pratique la résection subtotale de chaque lobe, en ne laissant qu’une lame postérieure de tissu glandulaire ; suture hémostatique.
La masse enlevée représente le volume d’une pêche et est formée de tissu grenu, rouge chair, sans formation nodulaire.
Examen histologique : tissu thyroïdien hyperplasique avec nombreux points inflammatoires mais sans hypertrophie du
tissu conjonctif.
Suites opératoires : localement très simples. Quand la ma-
lade quitte le service ; le pouls est à 90 et la malade accuse une grosse amélioration subjective. Mais à la suite de l’intervention la malade présente une aphonie complète due vraisemblablement au tiraillement bilatéral des récurrents. Cet état persiste pendant trois semaines puis va en s’améliorant et au bout de deux mois la voix est redevenue normale.
Revue le 5 décembre 1928 : La malade se déclare complètement guérie.
On ne note la persistance d’aucun trouble fonctionnel. Plus de palpitations. Disparition de la dyspnée d’effort ct des troubles vaso-moteurs. La malade a engraissé de 7 kilos, a repris ses forces et exécute actucllement un travail pénible dans son petit commerce. À
À l'examen : l’'exophtalmie a rétrocédé et les yeux conservent simplement un éclat brillant. Plus de tremblement. Le pouls est à 80 au moment de l'examen et très stable. Cicatrice
Lu D 7.52
cervicale à peine visible et pas de trace de récidive de lhypertrophie thyroïdienne.
En somme : résultat ne datant que de six mois, mais équivalent à une guérison complète. D’ailleurs le métabolisme (12 décembre 1928) est normal et même à 5 pour 100 au-dessous
de son taux normal.
Os. 50. —— « Maladie de Basedow datant de deux ans. Traitement iodé préopératoire. Thyroïdectomie subtotale d'emblée ».
Mile C..., 54 ans. Institutrice.
Histoire de la Maladie : ancienne bacillose soignée en 1910 à Hauteville. C’est il y a deux ans, à la suite de la mémopause qu’apparurent les premiers signes basedowiens. Palpitations, tremplement, asthénie, amaigrissement progressif ; peu après la malade remarque l’apparition de l’exophtalmie et du goitre. Ces troubles évoluent progressivement avec des périodes d’accalmie et d’exacerbation.
Au moment de l’examen : La malade se plaint de troubles fonctionnels intenses ; crises de palpitations survenant au moindre effort; phénomènes spasmodiques avec sensation de constriction laryngée et d’étouffement qui empêchent tout sommeil, troubles vaso-moteurs intenses avec sueurs, bouffées de chaleur, crises congestives, perpétuelle sensation de chaleur. En deux ans, la malade a maigri de 15 kilos. Asthénie empêchant tout travail ;: nervosité extrême.
A l'examen : Exophtalmie et tremblement de moyenne intensité. Pouls à 130. Hypertrophie thyroïdienne diffuse et vasculaire, surtout localisée sur le lobe droit.
Traitement préopératoire ::Les conditions semblant peu favorables on institue pendant 45 jours un traitement médical sévère : repos, quinicardine et pendant les deux dernières semaines, XV gouttes de Lugol par jour. Ce traitement amène une grosse amélioration. La malade souffre beaucoup moins
de palpitations, se trouve plus calme et envisage avec confiance l’opération. |
Intervention le 21 juin 1928 (Professeur Bérard) : Sur la demande de la malade. A. G. éther. Incision en cravate ; le lobe droit étant le plus hypertrophié on en pratique la résection totale après ligature préalable de l'artère thyroïdienne inférieure. Suture hémostatique de la lame postérieure laissée en place du lobe reséqué. Le lobe gauche ne semble pas augmenté de volume, on se contente de faire son excision partielle. Sutures musculaires. Un drain,
Suites opératoires : Très simples ; légère ascension thermique à 38°5 pendant 48 heures ; quitte la clinique le 12° jour après cicatrisation parfaite. Ér
Examen histologique : Lésions typiques d’hyperplasie thyroïdienne avec diminution de volume des acini, raréfaction de la colloïde et présence de boyaux cellulaires pleins. De plus en différents points, de la préparation on trouve des
formations tuberculeuses typiques avec cellules géantes.
Revue le 25 octobre 1928 : De suite après l’intervention, la
malade a ressenti une amélioration qui continue à s’accentuer
progressivement.
Actuellement, elle ne souffre presque plus de palpitations, se sent beaucoup plus calme, a engraissé ; la sensation d’asthénie a cessé et la malade a repris son travail.
À l'examen : Le pouls est à 85 ; le tremblement est à peine perceptible. L’exophtalmie par contre n’a pas été influencée. Au niveau de la région thyroïdienne, pas de trace de récidive.
Os. 51. -— Maladie de Basedoiw datant de 3 ans. Traitement préopératoire sévère. Thyroïdectomie subtotale d'emblée. Décés post-opératoire ».
Mlle J..., 34 ans, institutrice.
Histoire de la maladie‘: Rhumatisme articulaire aigu dans l’adolescence. Début de l’affection en 1925 par des palpitations survenant lors des fatigues et spontanément la nuit et empêchant le sommeil. Six mois plus tard, la malade s’apercoit de l'apparition d’un goitre qui augmente rapidement dans la suite. Peu après s’instalient les autres symptômes basedo-
wiens. Un traitement médical à l’hémato-éthyroïdine et à la quinine donne une amélioration sensible avec reprise de poids de 10 kilos, réduction de la tachycardie à 90, amélioration de la nervosité. Pour compléter la guérison, on essaye un traitement radiothérapique sans succès, on décide l’intervention.
Examen : Quand la malade entre à la clinique, on est en présence d’un syndrome basedowien typique. Palpitations, sudation, poussées congestives de la face et perpétuelle sensation de chaleur. Nervosité très marquée, insomnie la règle. Amaigrissement progressif, si bien que malgré la reprise de poids qui a suivi le traitement médical la malade a perdu 12 kilos depuis le début de sa maladie. Exophtalmie nette, symétrique, sans paralysie oculaire, tremblement modéré. Pouls à 100, goitre symétrique et bilatéral, lisse, uniforme.
Traitement préopératoire : Fut très sévère pendant les 15 jours qui précèdent l’intervention. Repos absolu au lit. Deux comprimés de quinicardine par jour. Pendant douze jours, on donne XX gouttes de Lugol par jour. Ce traitement provoque une amélioration très nette. Pouls à 80, tremblement insignifiant, la malade beaucoup plus calme, déclare ne souffrir que fort peu de palpitations. L’amélioration étant jugée satisfaisante, on décide l’intervention.
Intervention le 25 août 1928 (Professeur Bérard) :
1° On aborde d’abord le lobe droit et après ligature préalable de la thyroïdienne inférieure par la technique de De Quervain on fait la résection large subtotale de ce lobe, en conservant une lame parenchymateuse postérieure.
2° À gauche, suivant la même technique, on pratique une lobectomie subtotale.
L'opération est très hémorragique et l’on a des difficultés à faire l’hémostase.
Examen de la pièce : On estime aux 3/4 de la glande la masse enlevée qui est formée de tissu rouge chair, à surface granuleuse, sans formation kystiqué ou adénomateuse.
Examen microscopique (Docteur Barbier) : « Tumeur lobulée formée de vésicules thyroïdiennes, mais présentant en
certains points une structure plus compacte avec cordons épithéliaux pleins ».
‘ Suites opératoires : Le soir de l'intervention : La malade est agitée, accuse une sensation de chaleur et d’étouffement. La température n’est que de 37°8, mais le pouls qui depuis huit jours oscillait vers 80, monte rapidement à 130. La malade reçoit 500 gr. de sérum adrénaliné et des tonicardiaques.
Le lendemain matin : L’agitation a augmenté et l’état d’anxiété de la malade est considérable. La température à 39° le matin, monte à 40° à midi et à 41° le soir. Tachyarythmie avec pouls incomptable,
Malgré le traitement (glace, sérum, caféine, huile camphrée) la malade meurt dans la nuit.
OBs. 52. — « Maladie de Basedoiw datant de six ans. Thyroidectomie subtotale. Amélioration ».
Mile D... 26 ans.
Histoire de la maladie : La malade a toujours été très nerveuse mais c’est il y a cinq ans que sont apparus les symptômes basedowiens qui sont allés en se complètant et s’accentuant progressivement. Divers traitements médicaux (hémato-éthyroïdine, quinine, balnéothérapie) n’ont donné que des rémissions temporaires.
Actuellement, palpitations douloureuses, sudation facile et
poussées congestives de la face ; amaigrissement progressif
et asthénie Ôtant à la malade toute capacité de travail.
A l'examen : On est en présence d’une malade très agitée, en perpétuel mouvement. Les globes oculaires sont exorbités avec prédominance nette de l’exophtalmie à droite. Tremblement de grande amplitude. Tachycardie à 115. Le corps thyroïde est relativement peu augmenté de volume mais toute la région thyroïdienne est le siège de phénomènes vasculaires intenses.
Le métabolisme basal est de 35 pour 100 au-dessus de la
normale.
Traitement préopératoire : pendant huit jours, repos en
LEA s— 150 —
décubitus et XX gouttes de Lugol par jour. Au bout de cette semaine, l’agitation est modérée, l’insomnie a disparu et Île pouls est rarement à 85. ,
Intervention le 6 septembre 1928 (Professeur Bérard) :
1° Ligature de l’artère thyroïdienne inférieure droite qui est énorme et angio-neurectomie du pédicule supérieur. Puis résection large du lobe droit.
2° À gauche, ligature de l'artère thyroïdienne inférieure. On enlève ensuite la moitié de ce lobe, mais sans faire la ligature du pôle supérieur.
Suites opératoires : Le lendemain de l’intervention, la température monte à 39°5 et le pouls à 130. Mais tous ces phénomènes cessent au quatrième jour. |
Au douzième jour, quand elle quitte la clinique, la malade accuse une véritable sensation de bien être et le pouls est à 80. L’exophtalmie a subi une diminution rapide et en parliculier elle est actuellement symétrique et ne prédomine plus du côté droit.
Revue le 8 novembre 1928 : Depuis deux mois, grosse amélioration subjective en général ; diminution de l’état de nervosité ; reprise des forces et reprise de poids (9 kilos en deux mois) mais la malade accuse encore des palpitations et des troubles vaso-moteurs de la face :
A l'examen : Etat stationnaire de l’exophtalmie. Le tremblement a disparu ; le pouls est à 85 est stable et ne s’exagère que fort peu après la marche.
La malade a l’impression que cette amélioration va en s’accentuant progressivement.
OBs. 53. — « Maladie de Basedow datant de deux ans. TRyroidectomie subtotale d'emblée. Amélioration ».
Mlle J..., 31 ans.
Histoire de la maladie : Début il y a deux ans et d’emblée le syndrome basedowien s’est installé au complet. Un traite-
ment médical n’ayant pas produit d'amélioration, la malade se décide à l’intervention.
AS bee
À l'examen : On est en présence d’une malade se plaignant de palpitations très douloureuses, de vertiges, bouffées de chaleur, sudation abondante, diarrhée intermittente; la malade à perdu 10 kilos, se plaint de dysménorrhée, est de caractère irritable.
Tremblement vibratoire des extrêmités. Exophtalmie très prononcée avec saillie énorme mais symétrique des deux globes oculaires et difficulté de l’occlusion complète des paupières. Pouls à 108. Corps thyroïde volumineux, lisse, régulier, très vasculaire.
Le métabolisme est de + 14 pour 100 au-dessus de la normale.
Traitement préopératoire : repos au lit. Pendant sept jours, Lugol à doses croissantes (XV, XX, XXX gouttes). Ce traitement donne une amélioration nette avec sensation de calme et de bien être, réduction de la tachycardie à 85.
‘Intervention le 15 septembre 1928 (Professeur Bérard). Sous anesthésie régionale, on aborde d’abord le lobe droit et malgré les précautions prises en le luxant, le récurrent est tiraillé ce qui provoque une respiration bruyante et des troubles vocaux. En vérifiant les pinces, on constate qu’une veine a été saisie au contact du nerf sans que celui-ci ait été intéressé ; on le dégage. Résection très large du lobe droit en ne gardant qu’une mince lame postérieure.
A gauche, résection cunéiforme du lobe après ligature première de l’artère thyroïdicnne inférieure.
Examen histologique : Hyperplasie thyroïdienne avec végétations épithéliales intra-acineuses et présence d’ilots inflammatoires nombreux.
Suites opératoires : Parfaites au point de vue local et général. La malade quitte le service le neuvième jour.
A ce moment, le métabolisme est redescendu à la normale. Mais la malade garde une voix rauque et l’examen laryngoscopique montre une parésie de la corde vocale droite.
Revue le 20 octobre 1928 : La malade se déclare améliorée, accuse une diminution des palpitations, une sensation de
calme. Mais elle se plaint encore de sudation facile, de bouffées de chaleur et d’asthénie.
L’exophtalmie est peu modifiée, le pouls est à 90. La voix reste altérée j
Revue le 15 décembre 1928 : L’état s’est bien amélioré depuis la dernière visite. Actuellement presque tous les troubles fonctionnels ont cessé; la malade a engraissé de 6 kilos, et surtout a récupéré ses forces ce qui lui a permis de reprendre son travail. L’état de nervosité subsiste cependant en partie.
La saillie des globes oculaires est moindre. Plus de tremblement. Pouls à 80 et régulier. Cicatrice cervicale normale sans trace de récidive,
En somme : Pas de guérison complète ; mais énorme amélioration fonctionnelle qui va d’ailleurs en progressant.
La voix reste encore un peu rauque.