MODE D'EMPLOI
L’iode est employé sous diverses préparations. Lœwy et Zondeck utilisaient une solution d’iodure de potassium à 5 %, Fraser une solution d’iode à 5 pour 95 d'alcool sans adjonction d’iode de potassium, Dautrebande emploie la solution de Lugol, mais à concentration double que celle utilisée d'ordinaire. La forme sous laquelle la médication iodée est le plus souvent donnée
Pr
est la solution de Lugol Suivant la formule américaine : iode,5 ; iodure de potassium, 10 ; eau, 100. Labbé S'y est rallié. C'est également la seule préparation employée dans le service de M. le Professeur Bérard,
Il faut reconnaître que la posologie du Lugol dans ie Basedow n'est pas encore fixée de façon absolue, car s'il est reconnu qu'une certaine quantité est nécessaire pour atteindre le maximum d'amélioration, nous ne sommes pas capables de juger à quel moment cette quantité suffisante a été atteinte. Cependant la tendance actuelle semble être de donner des doses plus fortes ‘qu'au début de la méthode, et alors que, par prudence, l'iode était administré par périodes interrompues, on l'emploie actuellement sans discontinuité et à doses progressivement croissantes (Labbé). Mais on ne saurait prolonger indéfiniment cette médication, car i! arrive un moment où l'iode cesse d'agir et devient nuisible. L'idéal esl de juger le moment où la rémission des symplômes est maxima el d'opérer à cette période. avant l'apparition des lroubles provoqués par liodothérapie trop prolonguée. Malheureusement aucun cri- {érium ne nous permet de juger cet instant de façon exacte. La conduite la plus prudente est de ne pas trop prolonger le traitement dans l'espoir d'une amélioration plus complète el d'intervenir quand, au bout de quelques jours, les troubles semblent apaisés de façon suffisante. C’est le procédé utilisé dans le service de M. le Professeur Bérard où le Lugol est donné à doses progressivement croissnales, afin de tâter la susceptibilité du sujet : X gouttes par jour, pendant les deux premiers jours ; puis XX gouttes pendant les 3 où 4 jour-
nées saivantes ; enfin XXX goulles. Nous avons rarement dépassé ce chiffre ayant toujours obtenu une amélioration suffisante et n'ayant pas jugé utile de recourir aux doses massives (L et LX gouttes) que préconisent certains.
La durée du traitement préopératoire varie suivant: l'intensité des troubles, Dans les formes légères, la médicalion iodée a relativement pen d'intérêt et de tels malades sont susceptibles d'être opérés dans d’excellentes conditions après quelques jours de simple repos. Mais dans les formes moyennes el graves, l’iode est actuellement indispensable et doit être donné jusqu’à sédation appréciable des troubles. Nous Futilisons en général durant une période variant entre 6 et 12 jours. Cette durée nous a loujours paru suffisante et nous n'avons jamais prolongé le traitement pendans plu-
sieurs semaines.
LES RÉSULTATS IMMÉDIATS DE LA MÉDICATION IODÉE : : LA’ RÉMISSION IODIQUE
Nous n'avons pas l'intention de reproduire ici toutes les statistiques très nombreuses publiées à ce sujel (Plummer, Boothby, Jackson, Fraser, Starr, Labbé, etc.) De la lecture de ces travaux et des constatations que nous avons pu faire, nous dégagerons seulement les propositions suivantes
1° L'iode amène une amélioration manifeste, mais qui ne purte pas au même degré sur tous les troubles. Certains symptômes sont amenñdés de façon parfois complète, alors que d’autres sont à peine influencés.
Le fait le plus frappant est l'amélioration subjective qu'accusent presque toujours les malades. L'état général se relève ; le sommeil redevient calme, la nervosité s'apaise et ils reconnaissent eux-mêmes, au bout - de quelques jours, une sensation de bien-être inconnue jusqu'alors. Cette action temporairement frénatrice sur les troubles nerveux esl parfois vraiment remarquable. Très souvent la médication entraîne une reprise de poids rapide et Lœwy et Zondeck rapportent des observations de sujets ayant engraissé de 40 kgs en deux mois de traitement. La lachycardie est un symptôme qui est modifié de façon presque constante mais dans une mesure variable. En général le pouls s'abaisse audessous de 100, mais revient rarement à sa fréquence normale et garde son instabilité, la lachycardie reparaissant à la moindre émotion. Selon les Américains, l’action la plus remarquable est sur les crises gastrointestinales : les accidents aigus s’accompagnant de diarrhée el de vomissements, qu'ils ont si souvent l'occasion d'observer, cèdent en 48 heures, alors ‘qu'ils résistent aux autres médicalions. « L'iode, dans ces cas, donne de véritables résurreclions « (Jackson).
Comme le fait remarquer Labbé, ce sont au premier chef les symtômes proprement (hyroïdiens qui sont influencés, mais les signes relevant d’une hyperexcitation du sympathique ne sont guère modifiés. C'est surtout le cas de l'exophtalmie qui, en général, persiste sans changement ou seulement avec des variations très légères. De même le goitre ne semble pas modifié dans son volume el sa vascularisation.
> L'iode amène presque régulièrement une chute du