‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 60 sur 110 · PARU · texte numérisé non relu

PARU

inélabolisme basal et en cela il prouve son action frenalrice sur la sécrétion thyroïdienne,

Lœwy et Zondeck, les premiers, ont, mis en évidence la diminution rapide des échanges respiratoires. Depuis, tous les auteurs ont confirmé cette action. Plummet el Boothby y ont insisté dans leurs communications successives, En 1924, Holmes, Means, Portes, Richardson et Starr, qui ont publié une étude spéciale sur l'influence de l’iode sur le métabolisme, concluent qu'il y à une chute rapide dans 80 p. 100 des cas ; dans 50 p. 100 le métabolisme alleint son taux normal en une moyenne de onze jours ; dans 20 p. 100, l’iode reste sans effet notable. Jackson a vu le métabolisme moyen s’abaisser de -E 50 p. 100 à + 8 p. 100. Labbé a toujours remarqué qu’il est nettement influencé par riode et que souvent il revient à la normale. Personnellement, sur un nombre de cas, d’ailleurs restreint, nous avons vu le métabolisme s’abaisser toujours, revenir parfois aux environs de son taux normal, mais sans jamais l'atteindre (l’abaissement le plus marqué que nous ayons noté est à + 8 p. 100).

Les modifications des échanges respiratoires sont donc le meilleur signe pour juger de l'effet de l’iode. On peut en général compter sur leur amélioration, mais rarement sur leur retour complet à la normale et il semble y avoir parallélisme entre la chute du métabolisme et Pintensité de l’amélioration clinique.

3° L’amélioration produite est rapide et se fait dans les quinze jours qui suivent le début du traitement.

Presque toujours l’iode a un effet immédiat, constatable déjà au bout de quarante-huit heures et l’amélio-

ration maxima est obtenue au bout d'une semaine à quinze jours le plus souvent. C'est cette période de rémission qu’il faut utiliser, étant donné que l'iode esl sans bénéfice final durable et ne peut être continué indéfiniment.,

4° La rémission iodique n’est jamais complète et équivalente à une guérison. Elle n’est pas d’autre part indéfinie, d’où l'inutilité de prolonger le traitement et la nécessité d'opérer au moment de la stabilisation des résultats, sans interrompre cependant la médication iodée.

9° L'amélioration donnée par l’iode n’est pas égale chez tous les sujets et peut parfois manquer.

Il ÿ a des malades qui ne sont pas influencés. Fraser a insisté sur les formes rebelles et a vu parfois la médication rester sans effet. Bield et Redisch, employant des doses analogues à celles préconisées par Plummer, enregistrent des échecs dans la proportion de 1 sur 8. Labbé rapporte des cas malheureux où les symptômes ne s’amendent pas et où le métabolisme ne diminue pas malgré la prolongation du traitement; mais il pense que ces cas rebelles doivent être interprétés moins comme une action nocive de l’iode que comme son insuffisance, car si on le supprime à ce moment, on voil le Basedow subir une poussée évolutive plus active encore. Rien au point de vue clinique ne permet de distinguer les cas qui résistent à l'iode et de prévoir le résultat. Cependant ce sont surtout les formes légères qui réagissent peu et l'amélioration obtenue ici n'est pas supérieure à la simple cure de repos. Par contre, plus

Ise phénomènes d'intoxication et d'excitation nerveuse

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sont accusés, plus est marquée l’action bienfaisante de ce médicament, Il semble y avoir relation certaine entre la gravité des troubles cliniques et le degré d'action de

thérapeutique iodée.

RÉSULTATS SECONDAIRES DE LA MÉDICATION IODÉE. PEUT- ELLE PRÉTENDRE A ÊTRE UNE MÉDICATION CURATRICE ?

Une question devait forcément se poser dès la constalation des bons effets du traitement iodé, celle de savoir s’il était possible de substituer cette forme nouvelle du traitement médical à la thérapeutique sanglante.

Or, les conclusions apportées de façon très ferme dès le début de la méthode par Plummer et Boôthby semblent rester vraies actuellement: l’action bienfaisante de l’iode n’est que passagère et ne fait qu'amener le malade à une phase plus favorable, mais sa prolongation n’est pas suivie d’une amélioration progressive des symptômes; bien plus, elle entraîne leur aggravation secondaire, La médication iodique, excellente si on l’envisage comme adjuvant préopératoire, ne peut avoir la prétention d’être un traitement curaleur, et ce serait courir des dangers que de la prolonger indéfiniment en voulant l’envisager comme telle.

Cette façon de voir a été confirmée par les éonstatations d’un grand nombre de cliniciens qui ont vu que la continuation indéfinie du remède est suivie d’une reprise de l'hyperthyroïdisme. Ce traitement n'a qu’une valeur palliative et il importe de choisir avce soin le moment propice pour intervenir, car si l’on ne profite pas de la rémission iodique on se retrouve plus tard

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dans les mêmes conditions que primitivement. Starr, d'abord en 1924, en Collaboration avec Walcott, Segall et Means, puis en 1927, à éludié plus spécialement l'évolution de l'hyperthyroïdisme au cours de la médi- Gation iodée et pense qu'il ne faut utiliser cette thérapeulique qu'avec circonspection et uniquement en vue d'une action préparatrice à l'intervention, car si elle donne une première phase de rémission, ses résultats secondaires, par contre, sont défectueux de quelque façon que l’on dirige ce traitement: si on continue l’ad- .ministration de l'iode sans intervenir, on assiste à un retour graduel des troubles cliniques, et le métabolisme basal remonte à son taux primitif; de même si on cesse Piode brusquement, on assisie à un ensemble de phénomènes auxquels Starr donne le nom de « réaction post-iodique »; dès la cessation du médicament, il se fait une exacerbation rapide des symptômes, le mélabo- Jisme remonte à un taux qu'il n'avait jamais atteint jusqu'alors et les troubles réapparaissent souvent plus graves qu'auparavant. Starr en rapporte plusieurs ohservations et conclut que la crainte de cette réaction post-iodique doit être un argument pour continuer l'iode après l'intervention et ne le cesser que lorsque les effets de la {hyroïdectomie seront assurés el que fout danger sera écarté. Identiques sont les conclusions de Jackson qui réserve cette médication aux malades qui doivent être opérés, considérant qu'elle n’a d'intérêt que parce que réduisant les risques d'hyperthyroiïdisme post-opératoire, mais qu'elle est incapable de donner un résultat durable. Cowell et Mellamby, Cole, Wolberg, Siosse pensent également qu'en cas de prolongation de

l’iodothérapie les signes primitifs d'amélioration disparaissent et les symptômes reprennent leur courbe ascendante. |

La conclusion semble évidente. L'iode ne peut arrêter indéfiniment l'hyperthyroïdisme et être considéré comme une thérapeutique de longue haleine. Il ne fait que freiner temporairement les symptômes et a une efficacité immédiate, mais limitée. Il ne faut s’en servir que comme préparation de courte durée dans le but d'assurer la bénignité du traitement chirurgical.

A celte opinion, on a voulu donner un démenti et certains pensent que l’iode à doses prolongées peut guérir les malades, Marion Read en a ainsi usé avec bénéfice. Bield et Redisch, employant l’iode de façon discontinue, ont obtenu des guérisons se maintenant au bout de 2 ans, Mac Guire, des guérisons spontanées sans intervention. Labbé, en 1926, était enclin à lui reconnaître un véritable pouvoir curateur et il en rapportait trois cas, en particulier l'observation d’une malade gravement atteinte qui s'était remise sous l'influence de l'iode et qui, au bout de six mois, avait un métabolisme normal; mais en 1928, n'ayant plus eu l’occasion de voir un seul cas de guérison complète, Labbé semble moins affirmatif sur la valeur curatrice de l’iode.

Par contre, Lahey dit n'avoir jamais vu de guérison chez les malades où il a continué le Lugol pendant longtemps; Dautrebande n’en cite pas un seul cas. Aussi. malgré les quelques cas heureux rapportés et qui sont exception, il ne semble pas justifié de considérer l’iode comme traitement de base du goitre exophtalmique, sauf peut-être dans les formes de début, L’iode a une

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action qui n’est pas progressive et définitive et ne guéril pas. Si l’on ajoute à cela les dangers de son administralion prolongée, on comprendra qu'il faille le consi-. dérer uniquement comme un moyen permettant au malade de supporter plus facilement l'opération, C’est dans ce sens uniquement que ce médicament a été utilisé à ia clinique de M. le Professeur Bérard,

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