Sans renseignements
Sur les 22 restants, il y à 12 morts tardives, et 12 étaient vivants de 14 ans à 8 mois après l'intervention et étaient complètement guéris ou améliorés.
Jaboulay et Chalier estimaient que le mode d'intervention sur le sympathique n'a qu'une importance secondaire, les opérations de simple section donnant d'aussi bons résultats que les larges résections. « Ce qui importe, c’est moins de détruire un plus ou moins grand nombre d'éléments constitutifs du sympathique que d’en modifier le fonctionnement. La sympathectomie n'a pas un effet unilatéral et local mais agit sur l’ensemble du système ». Ils concluent d'autre part que
les résullals immédiats de la sympathectomie sont pré-
| coces et incontestables.
L'exophtalmie est le symptôme le plus nettement influencé : parfois sur la table d'opération on note déjà le rétrécissement de la fente palpébrale et le resserrement pupillaire pouvant aller jusqu’au véritable myosis. Par contre, les autres symptômes sont beoucoup moins influencés, le goitre reste stationnaire dans ia moitié des cas ; la tachycardie résiste et n’est diminuée que dans des proportions médiocres ; l'amélioration du tremblement et de l’état subjectif sont variables. Quant aux résultats éloignés, ils s’affirment progressivement pour aboutir à la guérison complète qui est en général longue à se produire.
En 1923, Reinhardt, qui est le seul auteur étranger qui envisage le Basedow comme une maladie primitive
robe
du sympathique, rapporte 6 cas de sympathectomie bilatérale et portant sur les ganglions supérieur et moyen Ce sont 6 bons résultats datant de 3 à 6 ans avec disparition des troubles, atrophie du goitre, amélioration de la tachycardie qui persiste cependant, régression des phénomènes vasculaires. Il conclut que l'opération nerveuse peut donner des guérisons véritables.
En 1924, M. le Professeur Patel, à la Société de chirurgie de Lyon présente une malade opérée il y a 26 ans par Jaboulay qui gardait encore de l’exophtalmie mais qui par ailleurs pouvait être considérée comme guérie.
A la même Société, Chalier, apporte trois observations personnelles de malades guéris après 3, 9 et 10 ans par une sympathectomie.
Dans la statistique que Prat a publiée à la société de chirurgie de Paris en 1927, on trouve également 3 cas d'opération nerveuse : 2 sympathectomies bilatérales avec amélioration marquée, 1 sympathectomie avec ligature des deux artères thyroïdiennes ayant donné une amélioration.
Lemoine à la Société belge de chirurgie en 1927, apporte une observation intéressante en ce qu’elle tend à montrer que la sympathectomie est capable d’abaisser le taux du métabolisme basal ; au bout de un an après cette intervention, le métabolisme est tombé de + 30 à + 5 pour 100 et la malade considérablement améliorée a engraissé de 20 kgs. L
Sans doute ces bons résultats font qu’il ne faut pas condamner systématiquement la sympathectomie en la
déclarant à priori sans action. Néanmoins elle reste passible de graves objections.
Et d'abord il serait faux de croire qu'il s'agit là d'opération sans danger. Si elle n'en a pas par elle même, elle en a parce qu'il s’agit de basedowien. Bien que plus rarement on peut noter à sa suite des accidents d'hyperthyroïdisme comme après une thyroïdectomie ; on trouve ainsi un cas de mort dans la thèsé d’'Herbet et il n’est pas rare de voir une réaction post-opératoire assez violente après une sympathectomie. De plus les taux de mortalité opératoire de 10 à 12% donnés par les statistiques sont au moins aussi élevés que ceux des résections glandulaires.
De plus si Jaboulay n'avail jamais noté de troubles trophiques ou secrétoires dans le domaine du sympa-
thique, plus récemment cependant Reinhardt dit avoir
observé des accidents oculaires avec poussées congestives du côté des conjonctives. La suppression de centres ganglionnaires sympathiques dont nous ignorons encore beaucoup de fonctions n’est peut être pas anodine. Mais l’objection la plus grave est relative à la qualité même de ses résultats. Il s’en faut que les suites immédiates et éloignées en soient toujours aussi brillantes. Et sans parler de ceux qui la condamnent a priori sans en avoir l'expérience, il est certain que la sympathectomie a été de plus en plus abandonnée par ceux même qui l'ont pratiquée. Il y a longtemps que Garré, Kocher, avaient montré son infériorité. Cette notion plus longue à s'établir chez nous est actuellement admise sans conteste. Sebileau qui l’a pratiquée plusieurs fois déclarait récemment n'avoir jamais obtenu de résultats. Le-
riche à la Société de Chirurgie de Lyon en 1924, recornait n'avoir jamais eu d'effets comparables à ceux de la thyroïdectomie, Prat en exposant sa statistique à la Société de chirurgie de Paris, souligne nettement que les résultais de ses sympathectomies sont bien inférieurs à ceux des opérations glandulaires. Telle est aussi l'opinion de notre Maitre, M. le Professeur Bérard. Et à ce point de vue, nous rappelons ici quatre de ses observations très instructives que nous avons rappor- &
tées plus haut :
Ogs. 4. —— Où après une double résection sympathique le syndrome basedowien persiste au complet après deux ans, avec exophtalmie non rétrocédée, tremblement très marqué, tachycardie, à 120, persistance du goitre et des phénomènes vasculaires persistance d’un taux métabolique à 46 pour 100.
Os. 35. — Où une double sympathectomie ne donna qu’une légère amélioration subjective avec persistance des signes cliniques et d’un taux métabolique à + 32 pour 100 au-dessus de la normale et où une thyroïdectomie subtotale pratiquée secondairement donna une cessation rapide des troubles ave retour du taux du métabolisme à la normale une vingtaine de jours après l’intervention.
Os. 2. — Où une section unilatérale du sympathique laissa l’état stationnaire.
OBs. 1. — Où une double sympathectomie associée à une application de radium donna une amélioration notable mais “ .!
survenue très tardivement au bout de 2 ans.
Si là sympathec{omie peut donner des améliorations, elle ne donne pas de guérison absolue. Laissant en place la glande thyroïde hyperplasiée, elle laisse persister