‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 86 sur 110 · I. — LES COMPLICATIONS COMMUNES A TOUTE THYROI- DECTOMIE · texte numérisé non relu

I. — LES COMPLICATIONS COMMUNES A TOUTE THYROI- DECTOMIE

Ces accidents relèvent de la technique même de lintervention ou des modifications anatomiques qui caractérisent la glande basedowienne.

Les lésions du récurrent : Ce nerf peut être lésé aux différents temps de l'opération : au moment de la ligature de la thyroïdienne inférieure, de la résection lobaire, de la mise en place de pinces sur la tranche de section et même à la fin de l'intervention lors du surjet hémostatique.

Ses lésions n’ont pas toutes la même gravité. Les paralysies totales el durables relevant en général d’une section sont rares actuellement. Par contre, les paralysies transitoires par tiraillement sont fréquentes, car il s’agit d’un nerf très sensible. M. le Professeur Bérard y a insisté en 1922 et dans la statistique que nous rapportions on en trouve deux exemples (Obs. 49 et 53). Les troubles vocaux durent en général deux à trois mois et se réduisent progressivement, mais pendant la première période il est souvent difficile de porter un pronostic et de savoir si la paralysie sera durable ou régressera.

Les paralysies bilatérales se voient peut-être plus

volontiers depuis qu'on résèque les deux lobes. Nous

en avons observé deux exemples où elle ne fut qué transitoire.

Si les sections nerveuses sont facilement évitables par une technique précise (ligature de la thyroïdienne inférieure au large de la glande, conservation d’une lame glandulaire postérieure au cours de la lobectomie, soins

dans la mise en place de pinces el du surjet hémostatique), il est souvent difficile d'éviter le liraillement du nerf dans le dégagement du corps thyroïde, et c'est pour cela qu’actuellement les paralysies transitoires sont la règle et les {otales l'exception.

Les hémorragies : Le danger hémorragique est plus redouté dans le Basedow que dans le goitre banal du fait du volume des vaisseaux et de la friabilité particulière des artères qui peuvent couper sous le fil. Mais au cours de l'intervention le danger vasculaire est grand et, pour le réduire, M. le Professeur Bérard pratique systématiquement la ligature préalable des troncs artériels afin de réduire l'écoulement veineux et de faciliter la résection. Dans un cas (obs. 32), il y eut dérapage de la ligature de la thyroïdienne supérieure qui obligea à brancher une incision verticale pour placer un fil à son origine sur la carotide externe. L'aiguillage du pédicule et la conservation du pôle supérieur de la glande évite en général cet incident.

La tétanie : La tétanie est devenue un accident rare depuis que la technique évite les parathyroïdes en liant l'artère inférieure loin de la glande et en pratiquant une résection sous-capsulaire au niveau de la face postérieure de chaque lobe. Cependant on a prétendu que le Basedow prédispose à la tétanie et on ne saurait nier

d'autre part que, rare avec l'hémilhyroïdectomie, celle complication soit devenue moins exceptionnelle depuis l'emploi de lobectomies bilatérales (Jackson, Richter, Lahey). Certaines causes d’ailleurs semblent y prédisposer et elle apparaît plus volontiers dans des cas où on a pratiqué déjà des ligatures multiples ou un traitement radiothérapique prolongé el dans les résections ilératives pour récidives où les adhérences obligent. à des manœuvres pénible sde dégagement des lobes thyroïdiens. +

On n’a plus l’occasion de voir des télanies aiguës mortelles relevant de l’ablation totale des glandes. Il s’agit uniquement de tétanie chronique, le plus souven* légère et transitoire, relevant de traumatisme part'ei ou d'hypovascularisation el où la récupération fonctionnelle ultérieure par rétablissement circulatoire ou hypertrophie compensalrice entraîne la disparition du syndrome. Nous avons rapporté un cas (obs. 45) où les phénomènes spasmodiques nés après l'intervention oni été aggravés momentanément par une grossesse ultérieure puis ont régressé après l’accouchement. Suivant certains auteurs américains il existerait plus souvent qu'on ne le pense, après une large thyroïdectomie, un état spasmophilique insoupçonné qu'il faut rechercher et qui serait la cause de ces télanies apparaissant secondairement à la suite de grossesse ou d'infection. (Jackson, Richter.) :

Le traitement de base est la médication calcique depuis qu'il est étäbli que ces phénomènes d’hyperexcitabilité neuro-musculaire sont liés à la déperdition du calcium de l'organisme. Le chlorure de calcium en

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