‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 88 sur 110 · A ER · texte numérisé non relu

A ER

lo Les accidents immédiats : Les morts brusques.

Ces accidents dramatiques se déroulent soit au cours de lintervention et de l’anesthésie, soit dans les premières heures qui suivent le réveil. IIS sont effrayants par leur brutalité. Le malade brusquement pâlit, la pupile se dilate, le pouls devient filant, la respiration s'espace et en quelques minutes la mort à fait son œuvre. |

Ces accidents, dont on retrouve des observations dans la littérature, sont heureusement rares. Il n’en figure aucun Cas dans notre statistique.

C'est pour eux surtout que le problème pathogénique est obscur. [1 semble impossible d’incriminer une de: charge thyrotoxique, car la mort survient parfois brusquement et avant toute manœuvre sur la glande. Aus«i est-ce pour eux qu'on a invoqué l'origine thymique et pendant longtemps, à la suite des chirurgiens allemands (Krænlin, Eiselsberg, Riedel, Capelle), on les interpréta comme des syncopes par persistance d’un thymus hyperirophié comprimant les nerfs ou les vaisseaux au cours de l’anesthésie et de l'opération. Cette pathogénie, à l'heure actuelle, perd du terrain (Melchior) : le thymus ne présente pas dans le Basedow un état d'hypertrophie aussi fréquent qu'on le croyait autrefois et le mécanisme de son action ne laisse pas que d’être très obscur ; de plus, il est certain que, relativement fréquents il a 15 ans, ces accidents deviennent de plus en plus rares. I] semble plus plausible de reconnaître à ces svncopes brutales une cause cardiaque. Le basedowien est un intoxiqué dont le myocarde est le premier lissu lésé. La prétendue mort thymique est.

surtout une mort cardiaque, car la diminution de résistance du cœur basedowien est plus certaine et moins problématique que l'état thymo-lymphatique. Si ces accidents se font plus rares c’est qu'on opère des cas plus précoces et qu’on fait précéder l'intervention d'une médication toni-cardiaque.

2° Les accidents secondaires ou « hyperthyroïdisme postopératoire »

Par contre, les accidents secondaires sont la règle et tout basedowien opéré présente dans les premiers jours. un ensemble de phénomènes constituant « la réaction postopératoire ‘».

Mais il v a des différences considérables dans l'intensité de cette réaction, aussi peut-on décrire divers types entre lesquels d’ailleurs se trouvent une série de cas intermédiaires.

Les formes bénignes sont celles que l’on wbserve aujourd’hui dans la majorité des cas et qui sont marquées surtout par la « fièvre thyroïdienne postopératoire » (Poncet, Jaboulay, Bérard). Qu'il s'agisse de ligature ou de thyroïdectomie, le tracé thermique de tout basedowien accuse une ascension commençant le soir de l'intervention, atteignant 38° à 39°5 durant deux ou trois jours, et tombant parfois brusquement, le plus souvent en lysis. Cette fièvre reste un symptôme isolé, accompagnée seulement d’une accélération du pouls, mais l’état général de l'opéré est satisfaisant. Cet inci-

dent banal est sans lendemain et la guérison s'effectue

normalement.

Dans les formes moyennes, la réaction, beaucoup

plus marquée, s’accuse le soir-même de l'intervention :

la température monte à 39° ou 40° et s’y maintient le pouls augmente de fréquence, devient irrégulier, le malade couvert de sueurs est dans un état d’agilation extrême : les yeux exorbités, la respiration angoissée, il°se débat dans son lit, et est parfois en proie à des troubles psychiques allant jusqu'au délire et aux hollucinations (deux observations concernent de tels cas avec troubles mentaux). Puis ces accidents alarmants pendant deux à trois jours s’apaisent et se prolongent rarement au delà du quatrième ou cinquième. Le pouls se régularise, le malade redevient calme. La convalescence n'est pas troublée.

Les formes mortelles concernent les cas où la mort vient terminer de façon brusque en général ces aceidents aigus: elle se produit entre le second et le quatrième jour. Mais on a décrit des formes traînantes où elle ne survient que vers le quinzième jour, après une période de diarrhée et de vomissements incoercibles s’accompagnant d'ædèmes et d’un amaigrissement cachectique.

Ces formes, d'intensité différente, réalisent un groupe dont il est difficile de fixer la pathogénie et peut-être est-il un peu disparate, englobant des cas où l’intoxication thyroïdienne, l’état d'irritabilité psychique intense, le collapsus cardiaque, les accidents postanesthésiques sont autant de facteurs qui entrent en cause. Néanmoins, quel que soit le rôle de ces éléments multiples, ces accidents se manifestent cliniquement comm» une exacerbation momentanée de tous les symptômes de la maladie ef la dénomination de « basedowisme aigu poslopératoire », sans préjuger de la pathogénie,

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