DS RE
reste un (erme excellent. D'ailleurs la théorie de la résorption toxique au niveau du foyer opératoire est la plus vraisemblable malgré quelques expériences con- {raires, et tout récemment encore, Holst, recueillant les sécrétions dans la plaie de ses opérés durant les premiers jours qui suivent l'intervention, en a vérifié expérimentalement la toxicité sur l'animal. Et cela commande le drainage systématique après les thyroïdectomies et justifie même la pratique de certains qui laissent la plaie béante pour ne faire qu'une suture secondaire.
Il nous échappe encore beaucoup de la nature de ces complications et un caractère effrayant est l’impossibilité où l’on est de prévoir quelle sera l'intensité de la réaction postopératoire. Ce sont parfois des cas bénins qui donnent les accidents les plus graves et nous avons insisté sur l'absence de parallélisme entre le degré d’élévation du métabolisme et la nature de ces manifestations toxiques. De même elles atteignent parlais une grande intensité après une intervention courte, alors qu’une thyroïdectomie longue et pénible est parfaitement supportée.
Ces accidents ont d’ailleurs aujourd'hui perdu beau coup de leur gravité première. Nous ne notons plus guère que des réactions moyennes beaucoup plus rarement mortelle. Le traitement préopératoire, le Lugol, le choix du moment de l'intervention sont surtout responsables de ces progrès, et notre Maître M. le Professeur Bérard insiste souvent sur la simplicité plus grande des suites opératoires depuis leur utilisation. Cependant, même l'iodothérapie ne saurait mettre abso-
lument à l'abri de cette redoutable complication. Dans l'obs. 51, la malade avait été très améliorée par le Lugol, ce qui avait poussé à pratiquer une résection subtotale d'emblée et malgré cela la mort survint en 86 heures ,jau milieu d'accidents toxiques.
Le traitement curatif de ces manifestations est difficile et reste le plus souvent symptomatique (digitale, calmants, sérum restal et sous-eutané, huile camphrée). L’iode cependant serait un médicament héroïque, capable de juguler ces crises d'hyperthyoïdisme postopératoire. Nous avouons que dans le cas de mort que nous venons de signaler il n'avait pas été continué après l'intervention ; depuis cet accident nous le prolongeons à doses décroissantes pendant les huit jours qui la suivent. Crile insiste beaucoup sur les enveloppements froids ; eroyant ces accidents causés par l’augmentation exagérée des combustions organiques, il recouvre ses opérés de toile imperméable sur laquelle il entasse des morceaux de glace (icepacking) et cette ‘réfrigération intense lui aurait permis de sauver des malades qu’il jugeait perdus.