‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 90 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les résultats éloignés

Les statistiques

La lecture des statistiques ne peut que donner des renseignements approximatifs car elles sont difficiles à comparer et n’établissent pas les résultats suivant chaque variété de Basedow et suivant la gravité des cas. Portant surtout sur les résultats immédiats et le taux de la mortalité, elles contiennent souvent des cas trop récents ou une grande proportion de malades non revus et il est exceptionnel d'en trouver où les résultats éloignés soient analysés de façon sévère ; à ce point de vue surtout les grosses statistiques américaines sont défectueuses. Elles indiquent d'autre part avec trop d'imprécision l'opération pratiquée et la largeur de l'exérèse. Enfin on ne saurait nier que l’élément personnel intervient pour une trop grande parl dans le

AO O 1ues

jugement des résultats par chaque opérateur : ce que ies uns appellent guérison n’est qu'une amélioration pour d'autres, suivant que l’on se base sur les modifications subjectives ou sur les modifications des symplômes physiques.

Sans vouloir donner aux chiffres une valeur absolue, la comparaison des statistiques permet cependant un jugement d'ensemble. Aussi es rapporlterons-nous

En 1910, ALAMARTINE citait les statistiques de : RimpeL (1906) : 50 cas avec: 72 % de guérison.

142 % d'amélioration. 2 % d'insuccès.

12 % de morts.

KoCHER (1907): 97 cas avec: 56 guérisons.

10 améliorations.

9 morts.

Soit 72 % de résultats favorables.

BERG et ACKERMAN (1907): 65 % de bons résultats.

En 1911, ALAMARTINE et PERRIN relèvent les principales statistiques d'opérations pour Basedow (presque exclusivement des hémithyyroïdectomies). et totalisent

120 cas datant de trois ans :

SIPBRUCLISONS DENIS TERRE soit 70 % RIRAIMÉLIOTAONSE RENE soit 22 SÉNSHÉCEME NL UE Due ‘soit 7 %

Mais cette statistique englobe des opérations diverses ct des cas mal sélectionnés de goitres exophtalmiques et basedowifiés.

Dans la littérature d'après guerre, de très nombreuses

En

statistiques ont été publiées à ‘létranger. Nous ne cite- -rons que les plus importantes : | FRAZIER : 80 % de malade sguéris définitiviment JUDD (1920) : Résultats de 90 cas de goitres exophtalmi= ques opérés par (hyroïdectomie subtotale. Ce sont des cas opérés en 1914, donc des résultats datant de six

ans.

SOMAUÉPISONS 2 Ad ne, soit 65,8 % PRO MÉMONALONS, %.5...2-0,8011119:602% D états stationnaires ..... soit 9,6 % ÆOITOrISA tardives 7... , SOI 10 07

HoLsr (1921) : réunit ses opérés de 1912 à 1920 et trouve: 10,3 % de guérisons complètes.

79,4 % de grandes améliorations.

7,7 % d'états slationnaires.

HILDEBRAND (1923): publie 284 cas datant de cinq ans.

He FSUCTISONS M AE er soit 54 % 79 grandes améliorations .. soit 34 % 25 améliorations légères ... soit 10 % 5 états stationnaires ...... soit 2 %

Soit un total de 87 % de bons résultats.

PEMBERTON (1923) : apporte une statistique de la Mayoclinic très intéressante parce que complète et détaillée, donnant le taux de la mortalité tardive et portant uniquement sur des opérés avant 1916. Ce sont donc des résultats éloignés datant de 5 ans.

Sur 482 malades, il n'obtient que 345 réponses. Sur 345, il y a 84 morts tardives. Il reste 311 cas qui donnent :

188 guérisons complètes avec retour inté- . gral à la santé ..,....,..,.,.... soit 04 %

88 grandes améliorations avec capacité de travail normale APE ee soit 25%

28 améliorations mais avec persistance de‘ {roublés ie RE e soit 8 % 9rmalades mon gUÉrISS EURE soit 3 % LreBiG (1924): de la statistique de Küttner englobe les opérés des trente dernières années (ce sont surtout des hémithyroïdectomies) : sur 238 malades, il retient

finalement 133 cas qui donnent :

DPFQUÉTIPONS IE Pr een soit 69 22 grandes améliorations ... soil 1 10 ‘améliroations : 2e rene soit 7 % JINSHCCÉS MERS soit 7 %

Sur ses malades: 85 % ont repris leur vie normale. 145 % ne l’ont pas pu.

Suivant le temps, Liebig trouve :

Après 1 à 5 ans: 40 guérisons, 13 grandes améliorations, # améliorations légères, 5 états stationnaires. Après 5 à 10 ans: 22 guérisons, 5 grandes améliorations, 3 améliorations, 4 états slationnaires. Après 10 à 15 ans: 23 guérisons, 1 grande amélioration, 4 améliorations. | Après 15 à 20 ans: 4 guérisons, 8 grandes améliorations.

Après 20 à 30 ans: 3 guérisons, 3 grandes améliorations.

I0ETSCH (1925): remarque qu'il est rare de trouver un cas qui n'ait pas bénéficié de l’opération et trouve : 80 % de guérisons.

15 % d'améliorations.

JACKSON (1927): 120 cas de thyroïdectomie subtotales

d'emblée lui donnent 92 % de guérisons ou améliorations considérables.

LANDAU (1927): rapporte les cas. opérés à la Clinique d'Hildebrand de 1919 à 1925 (hémithyroïdectomies ei thyroïdectomies sublotales) : 97 cas avce:

21,6 de guérisons.

402 % de grandes améliorations.

1 % stationnaires, 21,6 % d’amélioralions. Soit 61,9 % de très bons résultals et de malades à capacité de travail intégrale.

ELLior (1927): 100 cas de thyroïdectomies subtotales suivies de 6 ans à 6 mois:

70 guérisons complètes: 23 au bout: de 3 mois 21 au bout de 6 mois.

14 au bout de À à 3 ans.

30 souffrent encore de troubles.

BRODERSEN el HARBITZ (1927): rapportent la statistique intégrale de Lied. C'est la plus parfaite qui ail été publiée, car elle englobe lLous les cas opérés aussi bien les cas bénins que les graves; les résultats sont anciens et datent de 3 ans, car seuls sont envisagés les opérés de 4921 à 1924 et les suites éloignées sont analysées d’après l'examen personnel du chirurgien d’une façon très sévère et avec un grand luxe de détails quant aux modifications de tous les symptômes; enfin une discrimination minutieuse est faite entre les goitres exophtalmiques vrais el les adénomes toxiques. ;

Presque tous ont été opérés par la thyroïdectomie

SANDOT ES

subtotale d'emblée. « Je fais, dit Lied, l'opération la plus radicale du monde. »

Sur 101 cas de goitres exophtalmiques, il y a:

85 guérisons complètes .... soit 842 % .45 améliorations. . . ..... soit 149 À aggravation. 0109870

Lip 1927): reprend cette statistique de Brodersen et Harbitz en l’augmentant de ses opérés de 1924 à 1926. Total des 187 cas avec: 153 guérisons.. soit 81,8 %

34 améliorations soit 182 %

FRazier el BLaitr Mosser (1928) : 100 cas de thyroïdec-

tomies subtotales avec: | 75 % de guérisons complètes.

15 % d'améliorations.

WALTON (1928): 189 cas de thyroïdectomies subtotales avec:

55 % de guérisons complètes après 2 et 5 ans. 25 % de guérisons partiennes.

20 % sans résultats notables,

SMITH, CLUTE, STRIEDER (1928): 100 cas opérés à la elnique Lahey et suivis pendant un an:

9 % disparition complète des symptômes.

8 % persistance des troubles.

WELTI (1928): 6 cas de thyroïdectomies subtotales: 6

bons résultats.

La statistique de M. le Professeur BéRARD comporte 45 cas de résection (hyroïdienne, dont les résultats se décomposent de la façon suivante:

1° 4 morts soit 9 %:

3 morts immédiates (Obs. 24, 39, 51).

1 mort tardive (Obs. 17).

2° 10 guérisons totales, soit 22 %:

1 depuis 12 ans (Obs. 23).

o depuis 4 ans (Obs. 14, 27, 28, 40, 41).

2 depuis plus de { an (Obs. 20 et 46).

2 depuis moins de 1 an (Obs. 96 et 49).

3° 16 grandes améliorations (c'est-à-dire équivalent souvent à une guérison fonctionnelle et générale, mais avec persistance de quelques signes physiques), sait

1 depuis plus de 5 ans (Obs. 26).

3 depuis plus de 2 ans (Obs. 18, 19, 29).

3 depuis plus de 18 mois (Obs. 21, 43, 44).

9 depuis moins de 4 an (Obs. 22, 31, 32, 34, 35,

4° 12 améliorations simples, soit 265 %:

3 depuis 10 ans (Obs. 9, 10, 30).

2 depuis 5 ans (Obs. 12 et 13).

2 depuis 3 ans (Obs. 15 et 16).

1 depuis 2 ans (Obs. 42).

4 depuis ! an (Obs. 33, 50, 52 et 53).

5° 3 aggravations ou récidives (Obs. 11, 25, 45).

Dans l’ensemble, cela fait un total de 85 % de bons résultats et de 50 ‘ de résultats excellents qui égalent pratiquemnet un étal de guérison complète.

Si ces chiffres sont moins brillants que ceux des statistiques américaines, peut-être faut-il en chercher la raison dans ce que nous opérons en France des malades vus plus tardivement (beaucoup souffraient de troubles basedowiens depuis cinq ans et plus) et dans ce que nous avons élé sévères dans la critique des résultats

éloignés.

L'amélioration de résultats éloignés. Ses causes

Ces chiffres permettent un jugement général et indiquent un fait certain, l'amélioration des résultats éloi-

gnés. Ce progrès est dû surtout à deux causes :

Page 1