CAUSES DE LA PERFORATION
1° Cause anatomique. — La perforation intestinale est due essentiellement à la nécrose de l'intestin. Celle-ci est le résultat de la thrombose des vaisseaux sanguins ‘des follicules lymphatiques isolés ou agminés ; plus l’infiltration leucocytaire est intense, plus la lumière des petits vaisseaux s'’infarcit de globules blancs qui stagnent, s'organisent, forment un thrombus, partiel d’abord, total ensuite, dont la nécrose est la conséquence. Lorsque cette nécrose n’intéresse pas la séreuse péritonéale, la chute de l’escarre se fait sans amener de perforation, s'accompagnant seulement parfois d'hémorragie ; si cette élimination ouvre la cavité péritonéale, la perforation intestinale est constituée. C’est là la vraie cause de la perforation.
2° Causes occasionnelles. — Il est évident cependant que la chute de l’escarre peut être influencée par des causes multiples.
Harte signale l'influence du tympanisme. Une diarrhée profuse, rebelle à toule médication, les hémorragies intestinales, qui, d'après M. Chantemesse, précèdent dans la moitié des cas l'apparition de la perforation, indiquent seulement l'intensité du processus ulcératif. Nous aurons d’ailleurs à en étudier plus loin la valeur, comme facteur du pronostic opératoire.
Nous ne passerons pas en revue toutes les raisons qu'on à pu incriminer comme causes occasionnelles de la perioration. Nous en trouvons noté quelques-unes dans un certain nombre de cas de notre statistique ; c’est à leur suite qu'apparaît brusquemeut le début clinique de la perforation.
La douleur de perforation survient après :
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19 Alimentation :
a) Alimentation au début de la convalescence : Bell (39; Bichat (42), Elsberg (164) ;
b) Après un repas copieux, dans fièvre typhoïde ambulatoire : Fix. (185), Deaver (137) ;
c) Après avoir bu du café: O’Hara (506) ;
d) Après avoir pris un médicament : Mitchell (457) ;
29 Efforts :
a) En. jouant au tennis : Allen (5) ;
b) En soulevant un seau : Mower-White (482) ;
c) Après un travail dur : Delore (147) ;
d) Effort de défécation: Courtney (98), Dubujadoux (1514), Gerster (190), Hays (272), Loison (382), Sieur (576) ;
e) Après une miction : Thomas (611).
30 Lavement : Neff (499)
4° Purgatif : Kadjan (316), Quénu (532).
5o Bain : Cholzoff (93), Dubujadoux (152 et 155), Gosset (213), Mitchell (456).
On a incriminé ainsi l'exploration trop brutale de l'abdomen, les mouvements violents, la présence de vers intestinaux. Une recherche méthodique des œufs de bothriocéphales portant sar 100 malades avait permis à MM. Chantemesse et Rodriguez de conclure qu'il n'y avait aucune relation entre la présence dans l’imtestin de ces parasites et la forme de la maladie, l'apparition de perforations, etc. Nous trouvons cependant dans notre statistique le cas d’Escher (169), où on retira de la portion d'intestin perforée deux ascaris et un petit morceau d'orange.
De tous ces faits, nous pouvons conclure en somme que les seules causes eccasionnelles importantes sont celles qui agissent mécaniquement sur l'intestin, de quelque façon que ce soit.
Vincent, dans la discussion de la Société médicale des Hôpitaux du 8 février 1901, insistait pour qu'on preserivif à ceux qui entourent les malades atteints de fièvre typhoïde les précautions les plus sévères, afin d'empêcher tout ce qui pourrait
amener la rupture de l'intestin par un effort intempestif ou par une contraction violente des muscles abdominaux. « J'aila conviction, disait il, que c’est là une cause fréquente de cette redoutable complication. » Et Rendu était du même avis.