MORTALITÉ
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Amputation partielle du sein sans aisselle ... 6 0/0
totale du sein sans aisselle . 9 0/0
totale avec aisselle . 13 0/0
D’autre part, Korteweg (1) empruntant les éléments de sa statistique au mémoire de Winiwarter, conclut à une mortalité de 20 0/0 pour les amputations du sein avec nettoyage du creux de l’aisselle.
C’est donc une opération qui semble grave et qui paraît ne devoir être faite que quand, et seulement lorsque cela est nécessaire.
Nous dirons d’abord que les statistiques allemandes ont porté sur des cas dans lesquels les ganglions axil-
(1) Korteweg. (Loc. cit.)
laires étaient tous apparents, que dans bon nombre de ces faits évidemment il y avait des ganglions placés très haut dans le creux axillaire, adhérents aux vaisseaux, toutes conditions très défavorables et qui ne se rencontrent guère dans h opération de prudence que nous conseillons.
De plus, il n’est pas douteux, pour nous du moins, que la manière de terminer l’opération et de pratiquer les pansements ne soit pour beaucoup dans 1 élévation de la mortalité et dans la production des accidents postopératoires.
La réunion par première intention de plaies aussi étendues et anfractueuses n est pas favorable.
Avec la non réunion et les pansements ouverts on prut dire que nous avons en mains de quoi être maître des accidents, quels qu’ils soient, sauf ceux qui relèvent de 1 était général de la malade. Ce qui nous confirme, plus que tous les raisonnements, dans cette opinion, c’est l’heureux résultat de toutes les opérations que nous avons vu pratiquer avec ou sans exploration de l’aisselle. Une seule malade est morte quelques jours
après r opération.
La gravité n’est donc pas en rapport direct avec l’étendue de l’opération et on ne doit hésiter dans aucun cas à prolonger l’exploration jusqu’à 1 intérieur de la cavité axillaire.
Nous dirons donc pour finir que, dans toutes les tumeurs malignes du sein il faut enlever largement au delà des limites du mal à la mamelle (enveloppes, aponévrose du grand pectoral, muscle lui-même) 5 et de plus
prolonger l’incision jusqu’à l’aisselle, reconnaître et extirper avec la même libéralité tout ce qui s’y trouve de suspect, à quelque hauteur qu’il faille aller et quels que soient les délabrements qu’il soit nécessaire de pratiquer, dans les limites du raisonnable toutefois. Telle est d’ailleurs l'opinion de M. Yerneuil et de divers membres de la Société de chirurgie qui prirent part à la discussion soulevée à propos du mémoire de M. Kirmisson (1) dont les conclusions s’exprimaient aussi dans ce sens.
Nous rappellerons ici, à cause de l’importance que nous y attachons, qu’il est indispensable d’extirper avec le plus grand soin le tissu cellulaire intermédiaire aux ganglions et à la tumeur. C’est là que se trouvent les lymphatiques qui ont servi de conducteurs à l’infection propagée aux ganglions et on comprend quel rôle ils joueraient dans la récidive qui ne manquerait pas de se faire s’ils étaient laissés en place.
Les obs. XI et XII sont un exemple des plus frappants de ce que nous venons de dire. La tumeur et les ganglions avaient bien été extirpés, mais au moyen de deux incisions isolées qui laissaient entre elles un pont de peau renfermant des lymphatiques altérés.
Donc les enveloppes de la glande, l’aponévrose du grand pectoral, quelquefois le muscle; puis, les lymphatiques allant à l’aisselle, les ganglions de cette région avec tout le tissu cellulaire qui environne ces diverses parties, sans oublier la peau qui les recouvre, consti-
(1) Rapport de Th. Anger. Sur mémoire de Kirmisson. Bull. Soc. chirurg., 1er février 1882.
tuent une zone suspecte qu’il sera nécessaire d’extirper en totalité dans les tumeurs malignes de la mamelle.
On peut concevoir qu’il soit possible de pratiquer des opérations plus étendues encore , mais celles-ci n’ont véritablement plus de règles précises, et d’ailleurs nous ne saurions les conseiller qu’avec une très grande réserve. Cependant parfois quand la peau est envahie sur une cer taine étendue sans dissémination ganglionnaire trop grande, on pourra être amené à enlever tout le mal et à pratiquer ainsi une véritable décortication de la poitrine. D’autres fois ce sont des malades chez lesquelles les ganglions axillaires et sus-claviculaires sont envahis, et auxquelles on ne peut refuser une opération qui équivaudraitpour elles aune condamnation à courte échéance. Toutes ces opérations sont suivies exceptionnellement de résultats satisfaisants, nous n’en parlerons pas davantage, laissant à chacun le soin de se déterminer suivant le cas particulier.
Ainsi, nous avons examiné successivement la nature, l’étendue des néoplasmes mammaires communément observés, dans tous les cas possibles; nous avons appris à décider de l’abstention ou de l’intervention suivant chacun de ces cas, et dans un dernier chapitre nous avons vu que l’ablation de ces diverses variétés de tumeurs devait être faite au bistouri et avec une étendue variable, que nous avons fixée pour chacune d’elles. Il nous reste à décrire cette opération, et pour ne pas répéter notre description pour chacune des variétés opératoires que nous venons de passer en revue, nous nrendrons pour type la plus commune, comme aussi la plus difficile,
celle qui, s’adressant aux tumeurs malignes, a pour objectif d’enlever complètement et ia région mammaire et le contenu de l’aisselle. Gà et là nous relèverons ce qui sera important à connaître pour les opérations qui diffèrent un peu de ce type général.