I. — ETUDE CRITIQUE
1° Incision circonférentielle de l'ulcère.
Cette intervention peut tout d’abord sembler irrationnelle et le fait de créer tout autour d’une plaie rebelle, sur des tissus à vitalité amoindrie une nouvelle plaie, plus étendue encore que la première sous le prétexte de la guérir, parait tout du moins paradoxal. Et cependant les succès de Dolbeau, alors même que l’antisepsie était encore inconnue sont indéniables.
On reprocha ensuite à cette méthode d’être une opération sanglante, douloureuse, exposant aux complications des plaies et à la phlébite. M. le professeur Berger répondit à ceci (France médicale 1875, p. 323): « Je n'ai jamais observé de phlébites
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à la suite des incisions circonférentielles. Ne sait-on point d’ailleurs, combien est peu dangereuse, la section des veines variqueuses. De plus opération est peu douloureuse, car la peau qui entoure les ulcères variqueux vrésente d'ordinaire une sorte d’assoupissement de la sensibilité ».
Uneobjection plus importante est celle de Fhémorrhagie qu'elle détermine. Dans nombre d'observations, en effet, nous l'avons vue rapportée,
20 Scarifications.
L'objection principale qui a été faite à cette méthode e’est qu'elle ne diminue pas notablement la durée d’un ulcère variqueux. La thèse de Chaussat faite d’après les indications de Vidal contient cinq observations; sur cinq cas publiés dans cette thèse, deux malades étaient syphilitiques et étaient traités en même temps par liodure de potassium. Dans
un autre cas la guérison se fit attendre quatre mois,
3 Méthode des greffes.
La greffe épidermique ne parait pas avoir donné de résultats bien salisfaisants : Ia récidive s'est montrée (rés souvent, car là peau qui recouvre la cicatrice est mince, peu résistante, peu souple et comme parcheminée. Dès lors le plus petit trauma-
lisme, un frottement un peu rude suflira à produire
une solution de continuité dont les limites auront une extension rapide ce qui ramènera l'ulcère à ses dimensions printives.
Les grefles dermo-épidermique et cutanée ne paraissent pas non plus donner de bons résultats : car toutes ces méthodes s'adressent à l’ulcère luimême et non à la cause de cet ulcère.
4" L'autoplastie estun procédé qui peut réussir dans de petites pertes de substance mais ne saurait
convenir aux ulcères étendus.
o° Jiesection de la saphène.
C’est une idée pathogénique qui fit naitre cette intervention ; elle était donc justifiée, mais les résultats n’ont pas toujours répondu aux espérances.
Il est cependant des cas ou cette intervention peut rendre des services ; d'abord lorsque lulcère est accompagné de dilatations variqueuses énormes et douloureuses, ensuite lorsqu'il est le siège d’hémorrhagies. Mais l'opération a-t-elle une influence directe sur la marche de l’ulcère? Il devrait, sans doute, en être ainsi, si l'ulcère dit variqueux reconnaissait cette seule pathogénie.
Les accidents déterminés par ce procédé sont rares. On a cependant cité la rétention d'urime et on l’a expliquée par l’exagération des varices de la vessie à la suite de l’ablation des varices des
membres.