‹ Du Traitement de l'Hypertension ArtérielleChapitre 10 sur 26 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

L’ail a été employée de tous temps, dès la plus haute antiquité et on retrouve même mention en mythologie. GUILLON, qui en fait l’historique dans sa thèse, mentionne ses diverses applications, non seulement comme condiment ou aliment, mais aussi comme médicament, particulièrement dans les troubles digestifs, contre les nausées, les maladies de la peau, notamment la gale, comme vermifuge. Il est considéré tantôt comme stimulant apéritif, digestif, tantôt diurétique, fébrifuge. De notre temps, on l’a surtout utilisé pour ses propriétés anti-infectieuses sur le tube digestif (diarrhées, entérites). C’est ainsi qu’au cours de la guerre des Balkans, on a observé que les populations indigènes se nourrissant d'ail, restaient indemnes de toute infection intestinale, alors que les armées d’invasion, dans des conditions de vie identique, ont cruellement souffert d'accidents intestinaux graves. MARKOVICI avait déjà attiré l’attention sur la résistance de ces populations, mangeuses d’ail, à la dysenterie et à d’autres infections

intestinales (choléra). De mênre, Ross confirme la va-

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leur de l’ail dans toute une série d’affections intestinales. Depuis divers auteurs l’ont employé dans de nombreuses maladies du tube digestif, observant une

notable diminution de la putréfaction intestinale.

Du côté de l’appareil pulmonaire, on l’a utilisé pour faciliter l’expectoration et combattre dans certains cas sa fétidité, comme dans la bronchite fétide,

la gangrène et l’abcès pulmonaire.

Comme bactéricide, Mac KNIGHT et SINDEGREEN insistent sur les effets bactéricides des vapeurs de l’ail écrasé sur le mycobacterium leprae (1936); KLEE- BERG et MiILLERSTEIN sur la chimie du sang et la flore intestinale (1936); CourmMonT, Morer, PERROT et SANLAVILLE étudient le pouvoir infertilisant des essences d’ail sur les cultures homogènes du bacille de Koch (1937). Huss (R.), puis GLASSER, s’en servent comme prophylactique dans une épidémie de poliomyélite (1938-39).

Enfin KRAEMER, en 1936, observe des effets favorables de l’alliatine (préparation alliacée), comme traitement des dépressions de la période post-ménopausique.

Il faut arriver à 1921, aux travaux de LOEPER, DE- BRAY, CHAILLEY-BERT et POUILLARD en France, puis à ceux de MAY (1926) SCHLESINGER (1926) et à d’autres,

pour reconnaître une des propriétés les plus intéres-

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santes et longtemps méconnues de l’ail, c’est son action hypotensive. En 1930, STRECKER entre autres a observé des améliorations remarquables dans un certain nombre de cas de troubles subjectifs au cours de l’artério-sclérose, une nette amélioration de l’activité fonctionnelle dans l’hypertonie du vieillard ainsi que des sujets plus jeunes, avec chûte de la pression artérielle. Ayant subi divers perfectionnements, on peut considérer l’ail à l’heure actuelle comme un des hypotenseurs, à effet sinon constant, du moins efficace et

durable (GuILLON).

Dans l’allium sativum (Liliacée) on emploie le bulbe frais dont on extrait Le suc d’ail, que se présente

sous l’aspect d’un lait à odeur très accentuée.

En 1884, WERTNEIM considérait ce suc comme un mélange de sulfure et d’oxyde d’allyl (radical représenté par C6 H°). BECKETT et WRYGHT y ont trouvé le sesquiterpène, SEMLER un bisulfure d’allyl-propyl et un disulfure de diallyl. WHEIMER y a décelé un disulfure d’allyl-propyl et JARMESTED de la scillaine. En 1925, VINCENT pense pouvoir attribuer l’action de l’ail à son contenu en $, c’est-à-dire aux diéthylsulfides, qui se trouvent décomposés dans l’organisme en Hs. Quoiqu'il en soit, l’extrait d’ail reste un mélange assez complexe de sulfures, d’oxyde d’allyl et de com-

posés soufrés encore mal définis.

ee ee

On a d’abord conseillé comme mode d’administration l’infusion en lavement, la teinture en ingestion, l’essence en injection intra-musculaire (solution huileuse de LOEPER).

On a vite renoncé à la teinture d’ail à cause de la fétidité de l’haleine et les rapides phénomènes d’intolérance. La préparation utilisée par nous, (comprimés glutinisés) traverse l’estomac sans être attaquée par HCI; et elle ne libère ses principes actifs de l’ail que

dans le milieu intestinal, d’où aucune intolérance.

L’odeur alliacée de l’haleine chez ceux ayant absorbé l’ail, a engagé certains auteurs à en rechercher le mécanisme. C’est ainsi qu’en 1930, LEHMANN, à la suite de ses expériences, conclut qu'après avoir passé dans le tube digestif puis dans le sang, les essences alliacées passaient dans les poumons, et de là dans l’air expiré. Par contre HABBARD et GREENBERN soutenaient que l’odeur de l'ail provenait de ses particules retenues dans les structures de la cavité buccale. Sur un malade, BLAKENHORN et RICHARDS ont pu prouver l’inexactitude de cette dernière affirmation. Il s’agissait d’un cancer de l’œsophage, dont le porteur était alimenté par une fistule gastrique. L’introduction d’ail par cette fistule, provoquait chaque fois une odeur alliacée. Ces auteurs déduirent que l’odeur de l’haleine provenait, après passage par le sang, par la

voie pulmonaire. Ils renouvelèrent leurs expériences

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