‹ Du Traitement de la Cataracte Molle Par La Méthode De L'AspirationChapitre 24 sur 29 · I. APPRÉCIATION DU PROCÉDÉ DE L'ASPIRATION. LES RÉSULTATS · texte numérisé non relu

I. APPRÉCIATION DU PROCÉDÉ DE L'ASPIRATION. LES RÉSULTATS

De la lecture des observations que nous venons de rapporter, il nous semble ressortir assez clairement que la méthode de l'aspiration donne de bons résultats, puisque

sur 97 yeux opérés nous trouvons :

SUCCESS PRE 90 Demi-succès. . 4 FRSUECÉS AE, 3

Voyons maintenant quels sont les cas que nous notons comme insuccès ou comme demi-succès.

Parmi les t'ois insuccès, nous citons un cas que rapporte Teale et sur lequel nous n’avons pas de renseignements; aussi le marquons-nous comme étant dû à l’aspiration elle-même. Quant aux deux autres, ce sont les cas de Carter et celui de Mlle G... A... O.G. (obs. X!IT), sur lesquels nous avons dejà assez insisté pour ne pas y revenir de nous veau et pour croire que l’on nous accordera que ces deux insuccès ne doivent pas être mis sur le compte de la méthode que nous préconisons.

Nous avons marqué comme demi-siccès deux cas de Teaie (obs. Il et VI) et un de Samuel Hey (obs. VIII) où toute la substance cristallinienne n'ayant pas été enlevée après l’opératio à la vision ne fut pas très bonne. Il est à noter que deux fois ils avaient eu affaire à des cataractes

EE = incomplètes. Enfin, quoique le résultat définitif ait été bon, nous n'avons noté que come demi-succès Mile M... M... 0. D. (obs. X[), car à la suite &e l'opération nous avons eu une légère iritis et la guérison n’est pas arrivée aussi rapidement que chez les autres malades. Mais nous d:vons aussi ajouter que dans cette circonstance l’iritis doit être attribuée bien plutôt à la discision qu’à l’aspiratiou, car elle s'est marifestée après la deuxième d'scision, et nous pouvons dire qu’elle n’a pas ét: provoquée par l'aspiration, mais n'a fait que suivre sa marche, qui a eté du reste assez facilement enrayée.

Aussi je crois qu’au lieu de donner les chiffres précédents nous pourrions dire que sur 95 cas il y a eu :

SUÉCES EE 91 Demi-succès. , 3 Insuéces rs "# 4

Or quel est le procédé opératoire qui dans des cas de cataracce molle donne de meilleurs résultats et même pourrions-nous dire des résultats aussi satisfaisants?

Il résulte pour nous que l'aspiration est une opération relativement inoffensive, les accidents qui peuvent arriver pendant l'opération elle-même sont très peu fréquents; la guérison est rapide, puisque d'après les observations nous voyons qu’en moyenne la guérison est complète au bout d’une huitaine de jours. Les accidents inflammatoires consécutifs sont rares. Reste la question delar cidive; ilnous est difficiie de la résoudie d'une façon catégorique, car malheureusement on perd les malad s de vueet il est assez rare dans un hôpital, où dans une cliaique,de les revoir plusieurs mois après l’opérat on. Tout ce que nous pouvons dire,c’est que sur 28 opérations pratiquées à l'hôpital]

ponte

Saint-Georges à Londres pour récidive de cataractes, une seule fois, elle a été faite pour récidive d’une cataracte opérée quelque temps avant par la succion. De plus, en nous appuyant sur les trois malades opérés à la clinique des Quinze-Vingts et qu’il nous a été donné de revo:r quelques mois après l'opération (obs. X, XI, XIII), nous sommes très porté à croire que les récidives doivent, être rares.

Nous trouvons encore dans l'aspiration un heureux moyen de porter un prompt remède aux dangers qui pourraient résulter du gonflement de la substance cristallinienne, survenu à la suite d’une opération à l’aiguille dans le but d'obtenir une résorption sur place.

Tels sont les résultats donnés par l'aspiration : voyons maintenant rapidement quels sont ceux que fournissent les deux procédés opératoires le plus habituellement employés dans ie traitement des cataractes molles, je veux parler de la discision simple et de l’extraction linéaire.

$ IL. Discision.

Le premier reproche que nous ferons àcette opération, c'est la durée trop longue qu’elle exige pour conduire l’opéré à une guérison définitive. On est en effet obligé pour arriver à un bon résultat de faire ordinairement plusieurs opérations successives, chacune d’elles demande un temps qui ne peut être moindre de dix jours environ et le plus souvent de deux ou trois semaines, de sorte que le traitement entier durera deux ou trois mois et même davantage. Pendant tout ce temps le malade reste incertain sur le résultat définitif, car 1l ne peut juger de l'amélioration que vers les dernières semaines et on renouvelle ses craintes

toutes les fois que l’on répète la discision. Voici en effet ce qui arrive dans les cas les plus heureux.

Ernest B... (1), 21 ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 14 septembre 1865, service de M. Broca. Début de l’affection, 12 ans. Cataractes molles complètes.

O. D., opéré à 16 ans par abaissement; résultat très médiocre:

O. G. Cataracte d'un blanc légèrement bleuâtre, d’un: teinte à peu près uniforme, masque entièrement le cham: pupillaire. La cornée et la pupille sont parfaitement nettes et régulières. La pupille de l’œil gauche ayant été dilaté-. M. Broca fait une discision: une petite quantité de masses corticales passe dans la chambre antérieure. Quinze jour après, nouvelle discision; le lendemain, les masses se bou: soufflent et un flocon volumineux blanchâtre et brillan: remplit peu à peu l’ouverture pupillaire et vint faire saillie dans la chambre antérieure.

Dans les semaines suivantes on put voir cette masse floconneuse se résorber et de tempsen temps il s’en détachait de petits fragments qui allaient se déposer à la partie inférieure de la chambre antérieure.

Le travail de résorption marcha ainsi sans qu'il survint la moindre irritation, et le malade jouissait d’une parfaite santé. Au bout de deux mois il y avait des points et des espaces noirs à travers lesquels on apercevait le fond de l'œil. Le malade commence à se promener seul et à distinguer les objets qu'on lui présente.

A sa sortie, 45 janvier 1866, il ne lui reste plus de l’opacité qu’une très petite portion qui occupe la partie inférieure du champ de la pupille. Il peut lire de petits carac-

(1) Obs. empruntée à la thèse de M. Vitrac. Thèse de Paris, 1860,

Ausset, 9

Mer

tères ct distinguer de fins objets tels que cheveu, fil de sole.

Mais mlheureusement les choses ne se passent pas toujours aussi bien. Nous passerions aisément sur la lenteur de la gu rison si elleétait à peu près certaine et si l’œil ne devait courir aucun danger. Mais la discision est loin de mettre à l'abri des inflammations secondaires, et nous avons trouvé tant dansles publications françaises quedans les publications etrangères un nombre assez considérable d’abs-rvations à la lecture desquelles il est facile de se convaincre des suites fâcheuses que présente souvent l’opération par la discision. La matière du cristallin en se précipitant à travers la déchirure de la capsule pénètre dans la chambre antérieure et ces masses corticales venant à se gonfler par it bibition exposent l'œil à une irido-choroïdite q 1 peut se terminer par la phthisie du globe de l'œil: nous n en voulons pour preuve que l’observation de l'enfant P... L...(0. D.,obs. X,. Enfin, comme M. Fabre l’a écrit dans sa thèse inaugurale. « 1l ne faut pas perdre de vue que ja cure de la cataracte par la discision est assez souvent suivie même chez les sujets jeunes, d’un état atrophique de | œil peu favorable au rétablissement complet de la vision. Le travail de résorption indispensable pour faire disparaître le cristallin parait souvent nuisible à l’œ1i. L, humeur vitrée s’affaisse, l'iris devient tremblotant, et la pu,ille se contracte sans qu'il se f,rme des ad-— hérenc:s ; enfin la rétine perd plus ou moins de sa sensibilité.

(1) Fabre. Thèse de doctorat. Paris, 1865.

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