C. — ACCIDENTS DÉTERMINÉS AU NIVEAU DE L'APPAREIL URINAIRE
L’albuminurie observée, au début, par quelques auteurs, en particulier par MM. Hudelo, Lévy-Bing, Clément- Simon, Lacapère, etc, a pu donner une note défavorable
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au nouveau traitement; mais la contre-partie de ces constatations est venue détruire cette mauvaise impression.
Aüïnsi, MM. Milian et Perrin n’ont pas eu f’occasion d'observer de troubles rénaux chez leurs malades. M. L. Fournier signale aussi cette absence de lésions rénales chez cent-dix malades traités.
MM. Démelin et Smilyanitch n’ont eu l’occasion d’ob-
server que de rares cas d’albuminurie légère. M. Blum, qui s’est attaché particulièrement à l'étude des phénomènes d’intoxication par le bismuth et de l’albuminurie déterminée par ce produit, signale un cas seulement avec 0 gr. 40 d’albumine et note avec les auteurs précédents que l’élimination rénale d’autre part est normale.
Nous nous rallions à l’opinion de ces derniers auteurs, car dans le petit nombre de faits que nous avons observés nous n’avons rien noté d’anormal du côté du rein.
Cependant, dans les expériences faites pour mesurer les doses toxiques de bismuth, les accidents rénaux ne sont pas exceptionnels. Signalés par Dalché et Villejean, ils sont particulièrement décrits par Pissenti, Mayser, Van Haecke.
Ils se manifestent, comme chez l’homme, par de l’albuminurie et de la eylindrurie et anatomiquement par des lésions de néphrite épithéliale avec plus ou moins de dégénérescence graisseuse.
Un autre point a paru constant: c’est que. chez l’animal comme chez l’homme, les accidents rénaux observés coexistent habituellement avec des troubles buccaux et intestinaux.
D’après M. Blum, MM. Emery et Morin, M. Clément- Simon, les lésions rénales seraient déterminées:
En petite partie par sureroit de bismuth à éliminer
CR, : ETS
(Sidérose bismuthique), lorsque l'élimination par l’intestin! ou les glandes salivaires se fait mal:
En majeure partie par infections secondaires, à la faveur des lésions ulcéreuses du tube digestif.
Aïnsi, la néphrite serait secondaire à la stomatite, et pour éviter celle-là il suffirait done de prévenir celle-ci, ce qui est d’ailleurs assez facile.
D. — AGCIDENTS GÉNÉRAUX
Les injections de sels de bismuth ont été marquées au début par un retentissement assez intense sur l’état général: fatigue, anorexie, pesanteur gastrique, amaigrissement.
Dans certains cas, M. Milian a observé des coliques, la pâleur du teint, de la fièvre, température de 38° à 38°5, tous symptômes attribués à une posologie erronée.
Actuellement, quoique la posologie et le mode d’admi- “istration du bismuth soient mieux définis, un certain nombre de ces symptômes, consécutifs aux injections bismuthiques, persistent et sont notés par la plupart des auteurs.
Pour notre part, nous avons remarqué surtout de la fatigue, de la dépression avec somnolence légère dans l’observation I, mêmes symptômes, mais plus accentués dans l’observation II. Dans l’observation V, nous avons noté de la fièvre 38°: température axillaire.
D'ailleurs, MM. Emery et Morin classent aïnsi les faits d’après leur ordre de fréquence:
1° La simple fatigue.
90 Un état de dépression légère eb fugace. Plus exceptionnellement, une sensation d’anéantissement avec sen-
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sation de tête vide, obnubilation. Dans deux cas, forme hypochondriaque avec idées noires. Les malades qui présentent ces troubles sont des anémiés et des hypotendus.
3° La céphalée à type occipital, qui s’aggravant par la poursuite du traitement peut embarrasser le médecin, celui-ci se demandant s’il se trouve en face d’une céphalée bismuthique ou syphilitique, mais l’évolution en détermine l’origine.
4° La fièvre apparaissant le soir même de l’injection ou deux à trois jours après et disparaissant rapidement: température de 38° à 38°5. Une température de 40° est exceptionnelle et doit être attribuée à la pénétration du bismuth dans une veine.
Cet ensemble de symptômes a été comparé au syndrome grippal. Aussi, lui a-t-on donné le nom de grippe bismuthique, par analogie avec la grippe mercurielle, qui se manifeste lors d’une médication mereurielle intensive par sels insolubles.
Tous ces symptômes sont en somme sans gravité. Si les premiers essais de la médication bismuthique, à la suite d’une posologie et d’un rythme mal déterminés, furent marqués par quelques accidents, assez sérieux pour refroidir l'initiative de quelques auteurs et l’enthousiasme de quelques néophytes, les expériences ultérieures ont racheté cette mauvaise impression.
Aujourd’hui que les doses et le mode d’administration sont à peu près mis au point, les accidents constatés ne sont ni plus nombreux, ni plus graves que ceux occasionnés par le mercure ou l’arsenic, et même la plupart, tels que les accidents locaux et la stomatite, peuvent être évités par une application prudente et bien conduite.
Ces accidents sont d’ailleurs dans l’ordre de ceux inhérents à toute médication tant soit peu active, et le plus souvent la manifestation de tempéraments particuliers réagissant à leur façon sous l'influence du médicament,