‹ Du traitement de la syphilis par le bismuth: Quelques Observations et Résumé de l'État actuel de la QuestionChapitre 21 sur 31 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TRAITEMENT PAR LE BISMUTH COMPARE AUX TRAITEMENTS PAR LE MERCURE ET PAR L’ARSENIC

Ce sujet demanderait un volume et de plus une expérence plus longue de l’action du bismuth sur la syphilis, afin de pouvoir en juger plus sûrement.

Nous ne voulons donner ici qu’un aperçu de ce parailèle, en somme utile, pour faire comprendre les indications du traitement.

Nous envisagerons d’abord l’action des trois médicaments aux différentes périodes de la syphilis, ensuite leurs inconvénients respectifs.

1° Action du mercure, de l’arsenic, du bismuth sur la syphilis primaire. — Dans la période primaire, on obtient la cicatrisation du chancre en une moyenne:

De trois à quatre semaines avec le mercure;

De quinze jours environ avec l’arsenic;

De huit à quinze jours avec le bismuth, d’après ce que nous avons vu antérieurement.

20 Action du mercure, de l’arsenic, du bismuth sur la syphilis secondaire. — Le mercure infinence les accidents secondaires d’une facon variable, selon la nature du pro-

duit employé et son mode d’administration: ingestion, injection intra-musculaire, injection intra-veineuse. Quoi qu’il en soit, rapidement ou lentement disparus, ces accidents récidivent assez fréquemment.

D'autre part, l’action du mercure sur la séro-réaction est plutôt lente et parfois infidèle.

L’arsenic fait disparaître rapidement les accidents secondaires, mais l’on note aussi avec ce médicament quelques récidives. Ses effets favorables sur la séro-réaction également rapides paraissent assez souvent temporaires.

Le bismuth aurait une action analogue à celle de l’arsenie sur les accidents secondaires, peut-être un peu moins rapide, mais plus tenace. Ses effets sur la séro-réaction seraient également moins rapides que ceux de l’arsenic, mais plus persistants.

3° Action du mercure, de l’arsenic, du bismuth sur la syphilis tertiaire. — Quant à la période tertiaire de la syphilis, le bismuth agit assez favorablement sur ses diverses manifestations : gommes, lésions osseuses, lésions artérielles, etc.; il ne paraît pas être alors au-dessous de l’arsenic et se montre certainement, dans ce cas, supérieur au mercure, dont l’action est tout à fait inconstante

à cette période.

Les manifestations de la syphilis quaternaire sont variablement influencées par les divers traitements.

4° Inconvénients du mercure, de l’arsenic, du bismuth. — Ki, maintenant, nous envisageons les accidents déterminés par les trois médications en cause, nous remar--

quons que:

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Le mercure donne à redouter, surtout, la’ stomatite, qui est plus intense, plus grave que celle provoquée par le bismuth, des troubles gastro-intestinaux: entérite avec diarrhée abondante, des éruptions cutanées ;

L’arsenic doit toujours faire penser aux complications, plus ou moins graves, possibles, déterminées par le traitement, car si les accidents mortels des premiers essais ne se sont plus reproduits, l’albuminurie, l’ictère, les troubles cardiaques et les fameuses erises nitritoïdes si désagréables peuvent être un obstacle à la continuation du traitement; | |

Le bismuth ne donne, en somme, à redouter que la stomatite, qui dans sa forme moyenne est bien moins grave que celle déterminée par le mercure.

IL résulte de ce bref parallèle, appuyé sur les faits cités antérieurement et l’opinion des auteurs, que la valeur du bismuth comme médicament antisyphilitique est incontestable. Cette valeur est au moins égale à celle du mercure dans la plupart des manifestations de la syphilis, et supérieure, semble-t-il, dans les effets du nouveau médicament sur la séro-réaction et la disparition des tréponèmies.

Le bismuth supporte très bien la comparaison avec l’arsenie ; aussi, peut-il parfois servir de traitement d'attaque. aussi bien que de traitement d’entretien.

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