II. — ProDUITS SOLUBLES
Tartrobismuthate de K et Na
Corps blanc, cristallisé, contenant:
35 p. 100 de bismuth (Smilyanitch, thèse) ;
48 p. 100 de bismuth (Wallon, thèse).
Doses de 0 gr. 10 tous les deux jours ou 0 gr. 20 tous les quatre jours, en série de quinze à vingt eo
Dans sa thèse, M. Smilyanitch rapporte de bons résul-
Ar IAE.
tats obtenus avec k solution aqueuse de ce sel, en injection intra-musculaire. Il a obs2rvé rarement une douleur locale vive; les stomatites seraient exceptionnelles.
D’après M. Démelin, au contraire, les injections de solution aqueuse ayant été très douloureuses, l’on fut conduit à se servir de ce sel en suspension huileuse à 10 p. 100. Dans ces conditions, dit-il, les injections sont mieux tolérées, surtout par les malades qui peuvent rester étendus pendant un certain temps après la piqûre.
Cette manière de voir serait confirmée, d’ailleurs, par la présentation du produit en diverses solutions: solution hypertonique sucrée, solution glucosée phéniquée, justement destinées à atténuer la douleur provoquée par la - solution aqueuse simple.
Citrate de bismuth en solution aqueuse
MM. Fournier et Guénot ont essayé ce sel en injection intra-musculaire de 0 gr. 20 tous les deux jours. Ils auraient observé parfois de la douleur, une réaction inflammatoire locale, et souvent de la stomatite.
Les injections sous-cutanées seraient douloureuses.
Bismuth colloïidal ou ionoïde de bismuth
Avec ce produit, étudié et fabriqué par M. Fouard, et dosé à 3 milligr. 3 par centimètre cube, il faut d’abord tâter la susceptibilité du sujet et n’injecter d’abord que 4 cc. ou tout au plus 8 ce., pour arriver ensuite aux doses de 12 ec. et 15 cc. en cas de bonne tolérance. Ce produit s’administre par voie intra-veineuse.
M. Wallon rapporte dans sa thèse les résultats obtenus avec ce produit: |
AROTES
Tolérance locale parfaite sous condition d'injection intra-veineuse bien faite. Jamais il n’aurait constaté d’accidents sérieux après les injections. La stomatite serait peu fréquente et retardée dans son apparition. Il note seulement, mais assez souvent, une douleur dans toute l’étendue des gencives, s’irradiant parfois le long des maxillaires et durant de dix minutes à une heure. Elle serait due à la diffusion rapide du bismuth. Jamais de choc hémoclasique déterminé par l’état colloïdal.
En somme, l'intolérance du bismuth colloïdal, dit-il, est exceptionnielle.
Le seul inconvénient est de répéter l’injection trois fois par semaine.
De ces produits insolubles et solubles, lesquels sont 4 préférer ?
Pour MM. Milan et Fournier, les sels solubles seraient à rejeter à cause de leur grande toxicité démontrée par. les expériences faites sur les animaux.
D’après les recherches récentes de M. Pomaret, les sels solubles seraient plus actifs que les sels insolubles, sans avoir à redouter la toxicité que craignent d’autres auteurs.
Quant à la voie d’administration du produit, la voie intra-musculaire, la plus employée jusqu'alors, semble préférable, d’après M. Pomaret et la plupart des auteurs, parce que déterminant une activité plus grande et plus durable du médicament, en permettant d'introduire des doses plus fortes que par la voie intra-veineuse.
MoD£ DE TRAITEMENT
Le mode de traitement par le bismuth découle de l’étude précédente des produits employés.
Ve CPR
Nous n’avons pas à nous attarder sur la technique de l'injection intra-musculaïre ou intra-veineuse, que tout médecin est censé connaître, et qui se trouve dans tous les traités ad hoc.
Quant au nombre de séries à faire au malade, au moment opportun pour commencer le traitement, nous ne pouvons qu’adopter les préceptes généraux qui sont les guides de tout bon traitement de la la syphilis:
1° Commencer le traitement de la syphilis le plus tôt possible, dès le diagnostic posé;
2° Tendre à la cicatrisation rapide des lésions en évolution ;
3° Continuer le traitement jusqu’à la guérison clinique de la syphilis en se guidant sur la séro-réaction.