OBSERVATION II
Publiée par M. Mouisset (Zyon Méd.)
B... âgé de 38 ans, cultivateur, salle Sainte-Elisabeth. Pas d’antécédents héréditaires, ni syphilis.
En 1884, douleurs laneinantes dans les membres supérieurs et inférieurs.
En 1885, céphalalgie frontale, diminution de la vue, surtout de l’œil gauche.
En 1886, il entre dans le service de M. Lépine et présente : douleurs gastralgiques, douleurs lancinantes surtout accusées dans la sphère du nerf cubital droit; accès d’angor pectoris. Pas de troubles de sensibilité aux membres inférieurs. Zône d’anesthésie sur la pommette gauche avec sensation de fourmillement. Démarche normale. Pas de signe de Romberg. Réflexes conservés; le réflexe rotulien gauche est diminué. Pupilles un peu rétrécies.
En 1887, on note :
Réflexes rotuliens égaux des deux côtés. Disparition des douleurs fulgurantes à l’œil gauche, défaut d’accommodation notable : le malade ne voit pas une épingle de près ; de loin, il la voit énorme.
. Pas d’incoordination motrice aux membres inférieurs.
Sensibilité parfaite à la plante des pieds.
Anesthésie de la cornée et moitié supérieure de la face à gauche. Strabisme divergent de l’œil gauche. Incoordination légère des membres supérieurs.
En 1889, retour des crises gastralgiques, des douleurs fulgurantes dans les membres. Sensibilité parfaite sur les membres et le tronc; à la tête, diminution considérable de la sensibilité en forme de masque. Au niveau des deux pommettes, sur le nez, les paupières, le front, le crâne, à peu près jusqu’au bregma, le malade sent à peine la piqûre qui ne lui donne qu’une sensation de contact. Le simple
frôlement de l’épingle n’est pas perçu. Anesthésie des conjectives et muqueuse nasale. Pas d’anesthésie pharyngienne.
Pupilles égales et légèrement rétrécies; réagissent mal à la lumière.
Pas d’incoordination motrice, ni signe de Romberg.
Réfiexes rotuliens conservés des deux côtes.
Erections ne sont pas complètement abolies.
Chutes différentes sans perte de connaissance ; chaque fois, il a la sensation d'un brouillard devant les yeux ; il pâlit, tombe sans perte de connaissance et se relève aussitôt.
Traitement par la suspension
Pendant un mois, séances quotidiennes.
Pendant un mois et demi, séances irrégulières de 4 à 5 minutes.
Après, on constate la disparition des douleurs fulgurantes, puis elles réapparaissent pour devenir moins fortes et moins fréquentes.
Depuis quelques jours, pendant chaque séance, le malade éprouve une douleur en ceinture au niveau des dernières côtes droites. Cette douleur disparaît dès que la suspension cesse.
Le 3 juin, c’est-à-dire environ deux mois et demi après le début du traitement, la douleur signalée à la base droite du thorax se produit pendant chaque séance, mais n’augmente pas d'intensité.
Le 4 juillet, le malade a cessé de se faire suspendre; les
douleurs fulgurantes, qui avaient disparu, sont revenues et persistent encore après quelques suspensions.