OBSERVATION III
Publiée dans le Zyon Méd., par M. Mouisset
C..., 57 ans, ancien employé de chemin de fer. Pas d’antécédents héréditaires, ni maladie antérieure. Excès alcooliques pendant 25 ans. Aucune maladie vénérienne. Il y a deux ans et demie, commença à perdre ses urines la nuit. Six mois plus tard, apparition de douleurs en ceinture. Depuis un an, incontinence constante d'urine nécessitant le port d’un appareil en caoutchouc. Fatigue précoce à la marche. Difficulté pour monter les escaliers. Quelques vertiges. Depuis deux ou trois mois, crampes dans la jambe gauche, surtout la nuit.
A l’entrée dans le service :
Abolition des reflexes rotuliens ; signe de Romberg peu accusé ; pas de troubles de la marche, d’incoordination motrice. Légère diminution de la force musculaire et anesthésie plantaire. Pas de troubles de la vue; myosis considérable. Constipation grande. Incontinence constante d'urine.
Traitement par suspension
Du 12 au 25 mai 1889, séances quotidiennes et le plus souvent deux fois par jour, de 3 à 5 minutes.
Du 25 mai au 10 juin, séances irrégulières; quelques jours d'interruption.
Du 10 juin au 1° juillet, le malade est suspendu plusieurs jours de suite, puis reste quelques jours sans traitement.
Le malade, après avoir subi la suspension presque quotidienne et parfois deux séances en un jour, présente une amélioration notable le 12 juillet. Les désirs génésiques ont réapparu, la constipation a cessé; le nombre des mictions a diminué, l’incontinence n’existe plus dans la journée.
OBSERVATION IV Publiée dans le Zyon Médical, par M. Mouisset
B..., 45 ans, dévideuse, entrée à la salle Sainte-Marie n° 39.
Pas d’antécédents héréditaires. Syphilis contractée en
En 1888, apparition des douleurs fulgurantes. Premiers symptômes de la maladie actuelle, qui a eu une évolution rapide.
En 1887, marche impossible, incoordination ; amélioration légère par le traitement antisyphilitique.
En 1880, elle entre dans le service de M. Lépine et présente les symptômes suivants :
Douleurs fulgurantes dans les membres inférieurs ; crises gastralgiques; diminution de la sensibilité à la piqûre au niveau des membres inférieurs ; anesthésie plantaire : légère incontinence d'urine ; signes de Romberg, Westphal ; un peu de strabisme interne.
Traitement par la suspension
Pendant trois mois et demi, du 21 février 1889 au 6 juin.
Durée de chaque séance : une, deux, trois minutes au début.
A été régulièrement suspendue tous les jours, sauf pendant la menstruation.
À partir du 8 avril, suspendue deux fois par jour.
Le 1° juillet, légère diminution des douleurs lancinantes : mais rachialgie qui n’existait pas avant. Incontinence plus rare. Augmentation de la force des membres inférieurs. Incoordination moindre. Amélioration mieux marquée pendant l’heure qui suivait chaque séance.
Deux fois, pendant la suspension, fourmillement des pieds, sensation qui a disparu avec l'interruption de la suspension.
(Cecin’a pasété dû à la suspension trop longue, puisque : ce phénomène a été observé chez des individus suspendus trois à quatre minutes et que souvent la suspension avait duré cinq minutes).
Amélioration persiste aujourd’hui, malgré une interruption de trois semaines.
OBSERVATION V Personnelle
P.., Samuel, 46 ans, chauffeur. Entré à la salle Saint- Augustin, le 18 août 1895 (Service de M. le Professeur Bondet). |
Ataxie locomotrice (aiguë).
Attaques multiples, toujours très améliorées par la pendaison.
Parents morts âgés. Frères et sœurs en bonne santé. Sa femme n’a pas eu de fausses couches. Nie la syphilis. N’est pas alcoolique. Aucune maladie antérieure.
Ilya sept mois, douleur subite dans la fosse iliaque gauche accompagnée de constipation, elle cède à l’emploi de l’huile de ricin.
L'incoordination a débuté il y a cinq mois. Successivement troubles vésicaux et rectaux, miction et défécation involontaires. Douleurs en ceinture, douleurs fulgurantes.
Depuis deux mois, incoordination et maladresse des membres supérieurs. Embarras de la parole. Diplopie depuis trois jours.
Signe de Romberg et de Westphal.
Un peu de diminution des forces aux membres inférieurs.
Pas de troubles trophiques.
Troubles de sensibilité consistant en hypoesthésie au contact, retard et localisation défectueuse des sensations ; ces troubles prédominent aux membres inférieurs, mais sont généralisés à tout le tronc, aux membres supérieurs et à la face.
Réflexes rotuliens abolis.
Aux membres supérieurs, incoordination très marquée avec conservation complète des forces.
La diplopie, qui a paru il y a trois jours, persiste. L’exploration des mouvements oculaires montre une paralysie du droit interne gauche. Aucun trouble pupillaire. Pas d'inégalités. Pas de signe d’Argyll-Robertson. Acuité visuelle a diminué un peu des deux côtés.
L’embarras de la parole n’a rien de caractéristique ; elle est traînante et bredouillée.
9 décembre 1895. — Le malade a été traité par la pendaison : il a chaque jour une séance de deux minutes.
Il part, aujourd’hui, très amélioré par le traitement. Disparition des douleurs, de l’incoordination, de la diplopie, des troubles urinaires et de la sensibilité.
9 mars 1896. — Il revient aujourd’hui dans le service ; car, depuis quinze jours, il a repris des troubles de la marche et des douleurs abdominales.
Il présente tous les signes du tabes :
Douleurs fulgurantes, incoordination, abolition des réflexes, diminution de la force musculaire, sensibilité non altérée, pas de maux perforants, rien à l’examen ophtalmoscopique.
Le malade est pendu chaque jour durant deux minutes,
Il sort le 28 mars, très amélioré.
Des CRE