TROISIEME SERIE
Tumeus's scropliulesases «alcéréese
J'ai formé cette série de vingt faits; j'aurais pu la rendre plus nombreuse, mais je tenais surtout à n'y comprendre que des sujets que j'avais pu suivre un long espace de temps.
17' FAIT. — Auguste Davy, huit ans, enfant de l'hospice, petite taille, poitrine peu développée, yeux larmoyants, paupières habituellement gonflées et rouges.
Cet enfant est atteint depuis deux ans d'un engorgement de tous les ganglions cervicaux, tant sous-occipitaux que sous-maxillaires. La tuméfaction est considérable des deux côtés, volume du poing; il existe sur la tumeur du côté droit, cinq ulcératiens à bords décollés et violacés ; il n^y a que deux plaies au côté gauche. L'enfant mange peu, il est triste et apathique.
Le traitement par le noyer a commencé le 20 juin 1837: infusions , sirop, lotions. Sur les plaies, charpie imbibée
de la décoction de noyer; quelquefois une pommade d'axonge et de poudre de feuilles de noyer.
Après deux mois, les ulcérations ont un meilleur aspect; elles ont diminué d'étendue, leur nombre est resté le même , la tun^éfaction des côtés du cou a très sensiblement diminué, l'enfant est mieux portant, il a de l'appétit, il est plus gai , bruyant.
Au 1" janvier 1836 (six mois de traitement), l'état du cou a peu changé, l'appétit s'est soutenu.
Le traitement a été plusieurs fois suspendu pendant l'année 1838, de sorte qu'on peut estimer à dix mois le temps du traitement réel qui n'a produit que fort peu de chose. Tout à coup, au mois de février 1839, on vit des signes nombreux et évidents d'une amélioration : les plaies marchèrent dès lors vers la cicatrisation qui fut complète le 25 mars suivant. Ainsi le traitement a exigé plus de deux ans.
Depuis ce temps, la santé de Davy s'est soutenue et , pour prévenir des rechutes , j'ai mis l'enfant à l'usage du noyer, pendant les deux hivers de 1839 et 1840: il est encore à l'hospice général.
18' fa.it. — Auguste Neau, dix ans, enfant du dépôt. Développement général en rapport avec l'âge. Cet enfant est atteint, depuis six mois seulement, d'un gonflement ganghonnaire sous le menton ; il y existe une ulcération de deux centimètres de diamètre.
Le traitement par le noyer a commencé le 20 juin 1837: pilules, infusions, lotions. Après deux mois, amélioration très sensible, la suppuration est de meilleure nature; quelques ganglions voisins de la plaie ont disparu. Le petit malade est turbulent.
Après six mois, qui comprennent l'automne et la pre-
nnére partie de l'hiver, l'cnfanl n'a rien gagné; le 1" mai 1839, Auguste est entièrement guéri, il a pris de la force et jusqu'à ce jour la guérison ne s'est plus démentie. Le traitement, comme celui du fait précédent, a duré deux ans-, l'appétit et la gaité ont été constants.
19* FAIT. — Modeste Oger, quinze ans, des Ponts-de- Cé, petite taille, teint pâle, chairs molles, sans appétit, non encore menstruée, engorgement considérable des ganglions sous-auriculaires à droite , avec une ulcération de trois centimètres.
Cet état de situation date d'une année; il existe au côté gauche du cou une tumeur moins volumineuse, surmontée également d'une ulcération.
Le traitement par le noyer a commencé le 1 5 avril 1 839. D'abord infusions seules , plus tard sirop et pilules, quelques bains salés , deux ou trois purgations avec l'eau de Sedlitz. Après quarante cinq jours de traitement, gaité, appétit, fermeté des chairs, coloration de la peau qui devient naturelle , diminution considérable des engorgements du cou. La guérison était complète le 10 septembre suivant, cinq mois de traitement. La menstruation s'est établie franchement dès le mois d'août et continua régulièrement jusqu'au mois de mai 1840.
A cette époque les règles se supprimèrent ; en même temps les ganglions du cou se tuméfièrent de nouveau. Nouveau traitement : saignée du bras, émolhents, bains tièdes; les ganglions se sont abcédés rapidement, trois foyers ont été ouverts avec la lancette; pus crémeux et de bonne nature, retour aux préparations de noyer, guérison complète et solide le 18 juin.
^O'^ FAIT. — Louis Gazeau, vingt-deux ans, fermier à
Saint-Martin-de-Beaupreau. Ganglions strumeux abcédés, au cou et sous la mâchoire à droite ; affection datant de trois années; guérison complète par les seules infusions de noyer continuées pendant deux ans.
21* FAIT. — Chalumeau, Célanie, maison des dames Augustines. Ganglion à la nuque, ulcère large à l'épaule droite. Traitement par le noyer, à partir du 10 juin 1830. Guérison complète après trois mois; elle ne s'est pas démentie.
22* FAIT. — Berloquin, Sidonie, onze ans, maison des sœurs Augustines. Tumeur volumineuse avec ulcération, sous le menton, ophthalmie chronique à l'œil droit. La première affection date de deux ans , la seconde de trois mois. Guérison après trois mois et demi de traitement par le noyer. Rechute pendant l'hiver de 1840. Tumeurs nouvelles promptement abcédées, bon état général, appétit; l'enfant en partant pour Nantes ne portait que trois petites plaies de peu d'importance.
23* FAIT. — Joubert, Rosahe, dix-sept ans, enfant de l'hospice. Teigneuse, teint blafard, tumeur sous-auriculaire, à droite, abcédée depuis trois ans.
Le traitement par le noyer a commencé le 1" juillet 1839. La guérison de la scrophule était complète à la fin d'octobre. Rosalie est restée guérie jusqu'à ce jour (7 février 1841) ; elle n'est pas encore menstruée.
34* FAIT. — Delaunay Louise, onze ans, enfant du dépôt. Tumeurs ganglionnaires abcédées, sous l'angle de la mâchoire à droite; les ulcérations datent de six mois. Le traitement par le noyer a duré du 22 décembre 1839 au 1" juillet 1840. Guérison soutenue et complète.
25" FAIT. — Pasquicr, Agathe, douze ans, enfant du dépôt. Développement en rapport avec l'âge, peau blanche, lèvres épaisses. Engorgement sous-occipital volumineux, tumeur ganglionnaire ulcérée sous le menton et sous l'oreille gauche. Guérison soutenue après six mois de traitement.
26*= FAIT. — Henriette Henriade, enfant de l'hospice, seize ans. Rachitique depuis son extrême enfance, non menstruée, ganglions sous-occipitaux et tumeurs claviculaire abcédées, fièvre habituelle, toux sèche le soir. Traitement par le noyer du 20 juin 1837 au 24 août.
Guérison des plaies, les engorgements sous-occipitaux ont persisté. Mort de phthisie tuberculeuse le 4 août 1838.
27'' FAIT. — Berthier, Marie , treize ans , enfant de l'hospice , guérie de la teigne depuis un an. GangHons strumeux suppures sous l'oreille gauche; cette affection date de trois ans. Traitement par le noyer, le 20 juin 1837; rinfluence du traitement a été rapide. La guérison était obtenue après quarante deux jours ; elle s'est soutenue. -
28' FAIT. — Noyer, Désirée, neuf ans, enfant de l'hospice. Engorgements strumeux sous-occipitaux et sous- auriculaires avec trois ulcérations à droite.
Cet enfant est assez robuste, teigne guérie depuis quelques mois. Traitement parle noyer, le 20 juin 1837. Cicatrisation solide après six mois; les ganglions se sont lentement effacés. La guérison s'est soutenue.
29' FAIT. — Anne Priou, douze ans, enfant de l'hospice. Engorgement gangUonnaire sous-occipital, tumeurs ulcérées sous la branche droite de la mâchoire. Traite-
ment par le noyer le 20 juin 1837. La cicatrisation des plaies était parfaite après deux mois; rechute le 2 décembre, reprise du traitement; guérison complète et durable le 1" janvier 1838. La totalité du traitement a exigé six mois; aujourd'hui les cicatrices sont blanches et solides.
30^ FAIT. — Marguerite Trieul, douze ans, maison des dames Augustines. Cet enfant est atteint de la scrophule depuis l'âge de deux ans. Sa mère a succombé à une affection cancéreuse, sa sœur aînée est morte d'affections scrophuleuses , deux frères ne sont pas entachés.
Marguerite , dont les traits sont carrés , la voix nazillarde, porte sous le menton une tumeur surmontée de deux ulcérations qui datent de dix-huit mois; des ganglions engorgés. L'enfant a été longtemps soumise infructueusement aux traitements par les amers simples , gentiane , houblon , etc. Le traitement par le noyer a commencé le 2 juillet 1840. Pendant les premiers mois il a sensiblement amélioré la santé générale et l'état des plaies, qui se sont même cicatrisées pendant quelques jours. Rechute presqu'immédiate , déterminée par les premiers froids de novembre. Aujourd'hui , 10 janvier 1841, la malade est chélive; elle porte de nouvelles plaies sous le menton ; elle continuera le traitement.
31' FAIT. — M. Fil., sous-diacre, à Cholet, porte un ulcère scrophuleux sur l'avant-bras gauche qu'on a longtemps traité en vain par les moyens ordinaires. La sœur de ce jeune homme est atteinte de tumeurs ganglionnaires abcédées, au cou. M. F. est faible, maigre, sans appétit, ses extrémités sont froides et deviennent violettes et marbrées au moindre froid ; il est atteint d'engelures chaque hiver.
Traitement par le noyer le G octobre 1840; ses eil'ets sur la santé générale se manifestèrent favorablement après vingt jours, f^a plaie prit bientôt un meilleur aspect, mais comme ses bords étaient minces et profondément décotes, je les détruisis avec la potasse. La cicatrisa-lion ne se fit point attendre.
Dans ce fait, l'action favorable des préparations de noyer fut particulièrement remarquable sur la santé générale. Le malade acquit de la force, de l'activité, <f C'est une nouvelle vie pour înoi, m'écrivait-il. »
La sœur de M. Fil a suivi, sans que je l'aie vue, le même traitement; elle s'est entièrement guérie dans l'espace de six mois.
32' FAIT. — Paimot, Emilie, quinze ans, enfant de l'hospice. Peu d'intelligence , non menstruée ; engorgements strumeux couverts de quatre ulcérations, sous l'oreille droite. Traitement par le noyer le 20 juin 1837. Au 1" août, cicatrisation des plaies et diminution très sensible de l'engorgement. Cette fille, épileptique, guérie de la scrophule, a été transférée à l'hospice des Incurables.
33' FAIT. — Neveu, Louise , huit ans, enfant de l'hospice. Idiote, tête singulièrement prolongée en arrière, quoique le front soit très saillant. Guérie de la teigne depuis un an. Gonflement strumeux ulcéré sous l'oreille droite.
Traitement par le noyer le 20 juin 1837. Aucune action pendant les trois premiers mois; les bords minces de la plaie ont été ébarbés, la cicatrisation était achevée et solide le 20 février 1838. Ici la guérison eut lieu pendant Thiver; rechute au mois d'août; nouveau gonflement qui s'abcéda promptement; reprise du traitement pendant
lequel l'enfant a succombé à une encéphalite aiguë , le 8 octobre 1830. Le cadavre a été soustrait à l'autopsie. Le développement brusque d'un état inflammatoire dans les parties affectées ;, qu'on voit ici au milieu des détails de l'histoire incomplète de ce sujet, s'est offert plusieurs fois à mon observation et ce mémoire en offre quelques autres exemples. .Je pense que le traitement par le noyer a été cause de ce phénomène qui, dans ce cas, n'eut rien de grave. Cette turgescence inflammatoire n'estelle pas une preuve de l'influence énergique et spéciale du médicament?
34^ FAIT. — Toulon, Théodore, vingt-huit ans, laboureur à Savennières-, enfance exempte de scrophules; jamais de syphihs; TafTection actuelle date de quinze mois.
Engorgement considérable de tous les ganglions de la circonférence du cou; il existe sur cette région dix plaies suppurantes \ leur pourtour est dur, coupé à pic. Au bas du cou, près le sternum, on voit une plaie plus large que les autres , dont les bords sont profondément décollés et frangés. La santé générale du sujet est assez bonne. Un traitement régulier a longtemps été suivi dans les salles de l'hôpital d'Angers; il n'a produit aucun bien. Le traitement par le noyer a commencé le 25 avril 1840. Après vingt jours , amélioration très sensible ; meilleur aspect des plaies, suppuration moins abondante; le malade, qui jusque là ne pouvait mouvoir le cou, exécutait facilement des mouvements de rotation. Le 1" juin, gonflement inflammatoire de tous les ganglions ,- il se forme rapidement une vaste collection purulente sous la branche droite de la mâchoire ; de cet abcès incisé , il s'écoula un pus lié et de bonne nature. Le 3 juillet, le malade qui a toujours suivi le traitement avec régularité, n'a plus que
trois petites plaies insigniQantcs qui fournissent très peu de suppuration. Se trouvant à peu près guéri, Toulon ne s'est plus présenté à ma consultation; je ne sais ce qu'il est devenu.
35' FAIT. — Britteau, Anne, quinze ans, des Pontsde-Cé. Elle n'est point encore menstruée, cheveux châtains, crépus, yeux gris; quelques cicatrices anciennes des deux côtés du cou. Un foyer purulent existe près de l'angle de la mâchoire à gauche ; il peut contenir trois cuillerées de liquide.
Un second foyer, plus considérable, occupe la face palmaire de l'avant bras gauche. Ce dépôt fut ouvert le 10 septembre 1839. Il s'en écoula un demi verre de matière grumeleuse avec débris de nature tuberculeuse.
Un troisième foyer, plus vaste que les précédents, est situé à la partie interne et supérieure du mollet droit. La peau, sur toutes ces tumeurs, n'a pas changé de coloration. Deux autres collections purulentes soulèvent encore le cuir chevelu et causent une tension fort douloureuse; ils ont le volume d'un demi œuf. Il existe encore un autre foyer au-dessous de la paupière inférieure de l'œil droit. Toutes ces collections de pus ont été précédées de tuméfactions dures et non douloureuses , sauf celles de la tête qui le sont devenues à mesure de leur développement. Toutes les suppurations se sont formées lentement.
Il n'y eut pour moi aucun doute sur la nature scrophuleuse de la maladie , et je vis dans chaque abcès autant de foyers de matière tuberculeuse ramollie. Je soumis la malade au traitement par le noyer, le 10 septembre 1839. Les dépôts furent successivement ouverts avec l'instrument. Après trois mois et demi la santé de la ma-
lade se trouva singulièrement améliorée, son appétit et sa gaîté revinrent complètement; tous les foyers purulents se vidèrent et se cicatrisèrent, à l'exception de ceux du mollet et de la tête qui suintaient encore.
Le 21 janvier 1840, Anne Britteau fut atteinte d'une double pneumonie à laquelle elle a succombé le 28. Je ne pus obtenir l'autopsie pour constater l'état des poumons.
36° FAIT. — Landrin, René, 10 ans, de Morannes. La mère de cet enfant est morte de phthisie tuberculeuse ; un de ses frères de scrophules en bas âge. René est affecté depuis six années. Son cou est énormément gonflé et couvert d'ulcérations, au nombre de vingt-deux. Le volume du cou égale celui de la tête qui ne peut exécuter aucun mouvement de rotation. L'enfant porte à la cuisse droite deux larges cicatrices, suites d'anciennes suppuralions. Il a été traité infructueusement pendant plusieurs années par le houblon , la gentiane , la préparation d'iode, etc.
Le traitement par le noyer a commencé le 13 décembre 1839. Les premiers signes d'amélioration sont apparus vers le milieu du mois de mars 1840. Le cou est devenu plus libre, la tête a pu exécuter des mouvements de rotation. Après dix mois de traitement régulier le cou avait repris son volume normal, il n'existait plus que neuf plaies dont la suppuration était peu abondante. L'enfant est gai, il a bon appétit. En outre des préparations de. noyer, le traitement a nécessité quelques applications de sangsues-, il a fallu faire quelques résections de brides et de portions de peau décollée et amincie. Les cautérisations avec le nitrate d'argent ont été fréquemment répétées.
Tout ce que je viens de dire de la sitiialion meilleure de Lnndrin ne donne qu'une idée imparfaite des eflbls favorables oblenus par le traitement sur cet enfant, dont Félat afTreux devait faire craindre qu'il succombât, ou faire croire à une incurabilité; cependant tout porte à penser aujourd'hui, que sa guérison sera complète vers l'automne de 1841.
Je ferai remarquer que les nombreuses plaies de Landrin n'étaient pas douloureuses, circonstance de bon augure, quelles que soient l'étendue de la perte de substance et l'abondance de la suppuration, car les douleurs incessantes épuisent plus rapidement les malades que les écoulements sanieux.
Remarques sur les faits de cette troisième série.
Je viens de rapporter vingt observations d'ulcérations consécutives à un travail inflammatoire développé, soit dans les ganglions, soit dans le tissu cellulaire environnant. Quelques-uns des malades avaient été traités infructueusement par des médecins connus et dans les hôpitaux.
Les préparations de feuilles de noyer, dans ces cas, ont agi avec une efficacité aussi marquée que pour les autres formes de la scrophule; on peut remarquer même que l'action a été généralement plus prompte que dans les engorgements simples ; on se rappellera qu'il en avait été de même pour les ophtalmies.
Sur les vingt sujets de cette dernière série, quatorze ont été complètement guéris et leur guérison s'est soutenue. Deux des enfants dont l'état était considérablement amélioré, ont succombé à des affections autres et bien appréciées-, les cinq autres, bien qu'ils n'aient pas
été guéris, et que leur traitement paraisse devoir exiger beaucoup de temps encore, sont aussi des exemples de l'action favorable du traitement.
11 a fallu, le plus ordinairement, de deux à six mois pour amener la guérison des tumeurs strumeuses ulcérées. Pour les cas graves, le traitement a dû être prolongé deux années et plus, en donnant au malade un ou deux repos de quelques semaines. Dans ces cas réfraclaires on trouve le plus ordinairement des noyaux de matière tuberculeuse ayant la dureté du fibro-cartilage.
Tous les malades de la série n'ont pas moins bien supporté le traitement que ceux des autres séries.
Relativement aux pansements, j'ai remarqué que les plumaceaux de charpie fine, imbibés de décoction de noyer, avaient plus d'efficacité que les onguents digestifs ,, et même la poudre de feuilles de noyer répandue sur des cataplasmes. Cette poudre sèche sur les plaies de mauvais^ aspect, est préférable aux digestifs, elle donne promptement de la vie aux chairs, et les granulations de la cicatrice n'ont pas tardé à se montrer à leur surface.
Dans les cas de profond décollement des bords, j'ai été obligé de les enlever avec l'instrument ou de les détruire avec la potasse. Les pansements ont eu lieu matin et soir; une compression légère, régulièrement exercée sur les parties malades ^ et un peu de chaleur entretenue par quelques enveloppes de laine, ont été utiles.
J'ai quelquefois prescrit des bains alcalins ou salés sans craindre pour les plaies le contact du liquide.
Les enfants de l'hospice, et ce sont ceux-là qui m'ont fourni la majorité des cas de ce mémoire, n'ont en rien changé leur genre de vie ; même régime alimentaire ; un seul repas de viande par jour, presque toujours bouillie ou en ragoût; mêmes vêtements, même habitation , vast©
salle ordinairement très froide en hiver, mais sans aucune humidité. L'enseignement dans les classes a continué pour tous les malades qui ont pu assister aux leçons. Les jeux au grand air, môme en hiver, n'ont pas été défendus. On voit que sous plusieurs rapports, les soins hygiéniques avaient à gagner, et c'est ce que j'ai facilement obtenu. Les vêtements de laine furent distribués phis tôt et retirés plus tard qu'aux autres enfants de Thospice; on donna aux malades affectés de gonflements de ganglions au cou , des bonnets de laine avec oreillères s'attachant sous le menton. La viande fut plus fréquemment rôtie et du vin rouge fut donné aux petits malades.