‹ Du traitement des affections scrophuleuses par les préparations de noyerChapitre 7 sur 12 · QUATRIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SÉRIE

GonOement des os, nécroses et caries scrophnienses.

37*^ FAIT. — Charles Nau, 9 ans, enfant de l'hospice. Peu développé, atteint depuis deux ans d'un gonflement du premier métatarsien du pied droit. La pression sur ce point est fort douloureuse. Il existe à quelques millimètres plus haut, un trajet fistuleux qui laisse cjpuler de la sanie peu colorée , sans odeur fétide. Un stylet porté dans la plaie, pénètre dans la direction du gonflement, sans qu'on puisse toucher l'os immédiatement. — Traitement par le noyer le 20 juin 1837. — La cicatrisation de la plaie était opérée le 24 août; à cette époque, l'os avait déjà sensiblement diminué de volume; le 28, la guérison était complète. Le traitement général a été continué pendant le reste de l'hiver; depuis lors la guérison s'est soutenue.

38' FAIT. Charles Aufray, 10 ans, enfant de l'hospice. Chélif, tête volummeuse, tumeur considérable sur le dos du pied droit avec plaie fisluleuse qui laisse pénétrer le stylet jusqu'au premier os métatarsien qui est gonflé et ramolli. Cette affection remonte à dix-huit mois. Traitement par le noyer le 20 juin 1837.

Deux mois de traitement n'apportèrent aucune amélioration. Application de sangsues autour de la plaie. Au 1" janvier 1838, diminution sensible du gonflement. Apparition d'une tumeur au côté gauche de la poitrine , abcès dans le tissu cellulaire sus-costal; il fut ouvert de bonne heure. Le 1" décembre 1839, après quatorze mois de traitement par le noyer, guérison complète et soutenue.

39' FAIT. — Joseph Mercier, onze ans, enfant de l'hospice. Gonflement des ganglions cervicaux , faiblesse générale , appétit nul , carie du deuxième os du métatarse du pied droit. La plaie fistuleuse permet de pénétrer dans la substance ramollie de l'os, la phalange correspondante est malade ; cet os a triplé de volume. Il existe en outre à la face plantaire du même pied un foyer purulent sur le point de se faire jour au dehors. Ces divers maux remontent à cinq mois; le traitement a exigé onze mois (de juillet 1838 à février 1839). La guérison s'est soutenue. L'enfant a été placé en ville.

40' FAIT. — Vincent Nau, dix ans, enfant de l'hospice, frère de deux autres scrophuleux appartenant à la même maison. Ganglions strumeux au cou, les deux premiers os du métacarpe de la main gauche sont gonflés et ramollis, il y a plaie fistuleuse et possibihté de pénétrer dans la substance des os. Traitement par le noyer le 20 juillet 1838; il a duré six mois. Pendant ce temps

la plaie s'est plusieurs fois cicalrisëe et rouverte, il en est sorti plusieurs parcelles osseuses. Guérison le 1" février 1839; elle s'est soutenue parfaitement.

Ai" FAIT. — Coûtant, Florence, huit ans, maison des dames Augustines, atteinte depuis deux ans. Tumeurs sous-auriculaires des deux côtés , régions carpienne et métatarsienne des mains et des pieds gonflées, rouges et douloureuses; elles sont surmontées , toutes , de trajets fîstuleux qui pénètrent jusqu'aux os ramollis. Traitement par le noyer le 1" juin 1839; il a duré huit mois. Les plaies sont entièrement guéries et les os revenus à leur volume ;9re,?^i/e normal. L'enfant n'a point encore repris ses couleurs et son embonpoint ordinaire ; il porte quelques ganglions slrumeux au cou , le traitement sera continué.

42' FAIT. — Charlotte-Françoise, seize ans, enfant de l'hospice. Constitution lympathique très prononcée, faiblesse, gonflement considérable des os malaire et de Fapophyle zygomatique à droite, avec plaie suppurante depuis une année. Articulation du coude gauche gonflée; trajet fistuleux en avant de l'épicondyle, sanie abondante, le stylet pénètre dans l'os. Gonflement du cubitus gauche au tiers inférieur de sa longueur; l'os est ramolli, le stylet pénètre aussi dans sa substance. Genou droit triplé de volume, portant trois petites plaies suppurant abondamment. Tibia gauche exostosé avec plaie suppurante ; il est sorti par cette ouverture un grand nombre de lamelles osseuses.

Traitement par le noyer commencé le 4 août 1837. Vers la fin de ce même mois la santé générale semble gagner quelque chose; en septembre l'enfant s'est affaibh

rapidement; il est mort le 14 de ce mois. Un état fébrile était habituel chez lui depuis fort longtemps.

43' FAIT. — Avril, Marie, dix ans, enfant de l'hospice malade depuis deux années. Gonflement strumeux des ganglions cervicaux, tumeur sous-mentale abcédée, articulation du coude gauche doublée de volume et ankylosée. Il existe en dedans et en dehors de ce coude des plaies suppurant beaucoup. Marie vomit souvent ses aliments; elle éprouve une fièvre habituelle depuis plusieurs mois.

Traitement par le noyer le 20 juin 1837. Au 20 août suivant, amélioration très remarquable de la santé générale, la fièvre hectique a complètement cessé, les digestions sont bonnes, les plaies sont les mêmes. Au 1" janvier 1838, modifications avantageuses dans l'état de ces dernières; leur cicatrisation était achevée le 1" septembre 1 839. Le traitement a exigé plus de deux années; depuis quatre ans l'enfant n'a point éprouvé de rechutes.

44e FAIT. — Goupil, 8 ans, hospice général. Enfant petit, chétif, chairs pâles et flasques, et atteint depuis un an; ganglions cervicaux engorgés; genou gauche considérablement gonflé , les extrémités articulaires du fémur et du tibia sont presque doublées de volume, la capsule articulaire renferme plusieurs cuillerées de sérosité ; il existe sur l'épine du tibia , à la même jambe , une plaie fisluleuse d'où s'écoule beaucoup de sanie ; ce membre est très amaigri ; l'enfant souffre ; il est atteint d'une fièvre continue. Traitement par le noyer le 4 juin 1838; il n'a pas été régulièrement suivi. L'enfant toussait beaucoup ; l'auscultation de la poitrine avait fait reconnaître une excavation tuberculeuse vers le sommet du poumon gauche. Goupil est mort le 4 décembre suivant.

45' FAIT. — Delaiinay, Anne, neuf ans, enfant de l'hospice. Engorgement slrnmeux des ganglions du cou , tumeurs abcédées à la paroi externe des deux orbites avec nécrose et exfoliations; gonflement de l'articulation du coude gauche avec plaie fistuleuse laissant pénétrer le stylet jusqu'à l'épicondyle.

Traitement par le noyer, le 1" janvier 1838. Après dix-huit mois (deux hivers et un été) on obtint la guérison des plaies aux orbites; les cicatrices qui leur succédèrent, profondément adhérentes, ont causé nonseulement un éraillement des paupières, mais encore elles ont entraîné sensiblement le globe de l'œil en dehors. L'affection du coude a bien guéri, l'articulation peut se fléchir un peu et s'étendre complètement. L'enfant a pu travailler.

Rechute pendant Thiver de 1839 à 1840. Alors, tuméfaction des ganglions cervicaux, suppuration rapide, gonflement des os métatarsiens du pied gauche avec abcès, autre collection purulente considérable en dedans et au-dessus du genou du même côté. Reprise du traitement ; après sept mois de son usage régulier, le cou était guéri; à l'articulation du cou il ne reste qu'une petite plaie superficielle; le genou est guéri, mais en revanche, la plaie du pied laisse écouler beaucoup de sanie. La santé générale est encore mauvaise ; l'enfant manque de toute énergie. Mis à l'usage de l'huile de foie de morue , il n'a jamais pu , vaincre sa répugnance ; il n'en a pris que quelques cuillerées. On revient aux préparations du noyer.

46' FAIT. — Lislavoie, Euphrasie, treize ans. Santé chétive. Elle est sœur de deux enfants scrophuleux. Euphrasie est malade depuis trois ans; engorgements sous

maxillaires abcédés, carie delà première phalange du gros orteil du pied droit. Traitements ordinaires longs et sans résultats; emploi du noyer le 11 septembre 1840. La guérison a été obtenue en quatre mois.

47* FAIT. — Partenaire, Pierre, dix-neuf ans, enfant de l'hospice : affecté de scrophules depuis l'âge de sept ans. Sa taille est peu développée, son teint est étiolé; il porte depuis plusieurs années un gonflement considérable au genou gauche. Cette articulation est presque ankylosée. On voit sur la surface du genou huit ulcérations fîstuleuses suppurant beaucoup ; la jambe, relativement à la cuisse, est fortement déviée en dehors; les muscles du mollet sont atrophiés^; à la cuisse, en dedans, on voit deux larges cicatrices rayonnées adhérentes au fémur. Ce sont les traces des premières irruptions de la maladie.

Partenaire a été soumis au traitement par le noyer le 20 juin 1837. Antérieurement, il avait fait usage de tous les moyens ordinairement prescrits. Les préparations de noyer ont été administrées pendant deux années sans aucune amélioration dans l'état du genou, dont les plaies ont toujours suppuré. La santé générale, au contraire, fut améliorée beaucoup; l'estomac a toujours bien supporté les médicaments; l'extrait de feuilles de noyer a quelquefois été porté jusqu'à quatre-vingts centigrammes par jour. Le malade avait pris de l'embonpoint, la jambe affectée y participait, Partenaire avait repris de sa gaîté.

Le 10 mai 1840, je soumis le malade au traitement par l'huile de foie de morue, à la dose de deux fortes cuillerées par jour. Le genou a été lotionné avec de l'eau iodurée ; un mieux-être très sensible et rapide s'est ma-

nifeslé et ne s'est pas démenti. Aiijonrd'luii (mars 1844) Partenaire, qui pouvait à peine se traîner avec des béquilles, marche sans appui. Une seule petite plaie reste au genou; le volume de l'articulation est considérablement diminué ; la santé générale est bonne. Partenaire travaille dans la maison comme tailleur.

48' FAIT. — Barthelmot, Maria, cinq ans. Son frère est scrophuleux, et dans un tel état qu'il a été admis dans la section des incurables. L'affection de la petite Marie remonte à un an ; elle a débuté à la suite d'une fièvre urticaire. Il se déclara alors des engorgements strumeux au cou , aux jambes, aux cuisses et au coude gauche, lequel se gonfla considérablement. Tous ces points s'abcédèrent successivement et fournirent une suppuration abondante. L'enfant avait une fièvre constante, le plus léger mouvement lui arrachait des cris de douleur.

Le traitement par le noyer commença le 24 juin 1840. Sirop, infusions, bains de bras avec la décoction de feuilles et le son de froment.

Une amélioration très sensible s'est promptement manifestée. Le 15 juillet la fièvre n'existait plus ; le 10 août il se déclara une ophtalmie des plus intenses, avec photophobie très douloureuse : collyre avec décoction et laudanum de Rousseau ; vésicatoire à la nuque (il fut supprimé bientôt) ; guérison de l'affection des yeux en vingt-cinq jours.

Le 12 octobre, après trois mois du traitement général, l'enfant est venu seul, et à pied, h ma consultation.

Les yeux étaient encore sensibles à la lumière. Le coude a beaucoup diminué , les plaies donnent peu. Au mois d'août , il s'était formé des abcès dans les deux mollets; ces foyers se sont ouverts spontanément et se

sont bientôt cicatrisés; il existe encore une petite plaie au mollet de la jambe gauche. Je n'hésite pas à croire que l'enfant guérira avec le retour du printemps.

49' FAIT. — Julie Gourdon , dix-neuf ans, maison des dames Augustines. Engorgement des ganglions sousmaxillaires, gonflement du corps de la clavicule droite avec ulcère fistuleux. L'affection date de six mois seulement.

Traitement par le noyer à partir du 2 novembre 1839. Guérison complète au mois de mai 1840; elle s'est maintenue.

50' FAIT. — Sophie ■^'"**, onze ans, enfant chétif; gonflement de l'articulation du pied droit qui existe depuis l'âge de quatre ans. Deux ulcérations se sont formées dès la première année sous les malléoles , il sortit , par une de ces plaies , des parcelles osseuses pendant la deuxième année et les suivantes. La suppuration fut toujours abondante. Les fléchisseurs du pied se rétractèrent et maintinrent le pied dans une extension forcée. L'enfant souffrait continuellement, il avait de la fièvre chaque jour.

La petite malade fut soumise au traitement amer ordinaire: houblon, gentiane, sirop antiscorbutique, bains de mer qui irritèrent les plaies et rendirent la santé générale moins bonne.

Le traitement par le noyer a commencé en novembre 1837; il fut continué pendant huit mois. Il produisit d'abord une amélioration remarquable sur les plaies et le gonflement des os. La santé générale se fortifia. Deux mois après la suspension du traitement les plaies se cicatrisèrent complètement, l'articulation s'ankylosa solide-

ment, la giiérison s'est maintenue. La jeune Hlle marche aujourd'hui le pied tendu, elle boite peu, les cicatrices sont blanches et solides.

51' FAIT. — Desp. , rue Sainl-Evroult, enfant de dix ans, bien développé, chairs blanches; carie du troisième os du métatarse du pied droit. Cette affection remonte à deux années; quelques parcelles osseuses sont sorties en 1838, il avait été traité jusque là par les amers ordinaires.

L'administration des préparations de feuilles de noyer a commencé le 10 juin 1840.

Après un mois, cicatrisation de la plaie fîstuleuse; elle se rouvre le 4 septembre, nouvelle cicatrisation le 30 du même mois. Nouvelle- ulcération en octobre, elle ne dura que vingt jours. Tumeur synoviale au devant de l'articulation du pied qui s'étend jusqu'au voisinage de la cicatrice, ponction et évacuation du liquide.

Le nouveau traitement a été suivi pendant six mois , il a plusieurs fois favorisé la cicatrisation de la plaie , mais n'a pas influé sensiblement sur le gonflement osseux, dont les exfoliations successives deviennent la cause de nouvelles ulcérations. Je ne sais pas si l'extravasation de la synovie provient d'une altération de la capsule. Les surfaces articulaires ne sont pas malades, car l'enfant marche et saute sans éprouver aucune douleur. L'enfant a quitté Angers pour Rennes, Je n'en ai plus entendu parler.

52' FAIT. — Leseur, Louise, âgée de dix-neuf ans, est atteinte depuis cinq ans d'une carie de l'articulation du pied droit. Vers l'âge de seize ans, Louise , dont la maladie était loin d'être aussi grave qu'elle l'est aujourd'hui,

vit ses règles ; elles apparurent périodiquement pendant huit mois, puis elles cessèrent lorsque sa santé fut plus profondément altérée. Il se manifesta au début de l'affection plusieurs tumeurs qui s'abcédèrent , il en existait au pied droit, au coude et à l'aisselle du même côté. Tous ces foyers furent ouverts avec la lancette. Deux autres collections formées dans les ganglions du cou, s'ouvrirent spontanément. La malade fut traitée par les amers ordinaires.

Le 1" avril 1840, lorsqu'on me confia le traitement de Louise , elle était dans l'état suivant .

Tous les os du pied droit sont gonflés et ramollis, il existe autour du coude-pied trois plaies fisluleuses d'où s'écoule beaucoup de sanie très fétide. En introduisant un stylet, on sentait que son extrémité s'enfonçait dans la substance des os. Les ulcères du cou donnaient beaucoup de suppuration, il y avait fièvre habituelle; la malade soufl'rait, elle se plaignait de douleurs profondes vers l'épine dorsale entre les épaules. L'auscultation de la poitrine fît reconnaître que l'air ne pénétrait pas dans la partie supérieure du poumon droit ; la malade avait conservé un peu d'appétit, elle n'avait pas de diarrhée.

Le traitement par les feuilles de noyer a commencé le 1" avril 1840: sirop, infusions, lotions, injections, cataplasmes avec eau de noyer, etc.

Une amélioration très remarquable s'est promptement manifestée tant dans l'état général que dans celui des plaies. Celles du cou se cicatrisèrent dans l'espace de vingt jours et ne se sont pas ouvertes depuis ; les plaies du pied donnèrent moins de sanie, leur aspect devint meilleur; la fièvre cessa complètement, la malade ne toussa plus. Cette tendance si favorable ne persista pas malheureusement au-delà du troisième mois, le pied se

gonfla de nouveau , la suppuration fut plus abondante , les parois de larticulation s'ulcérèrent et toute la circonférence de la poulie de l'astragale put être parcourue par la pointe du stylet. Je désespérai du mal et je proposai l'amputation qui fut rejettée.

Le traitement par le noyer, qui avait été suspendu pendant une vingtaine de jours, fut repris avec activité et aux mêmes doses : deux cuillerées de sirop par jour, trois tasses d'infusions, bains et lotions, plumaceaux imbibés de la décoction de feuilles de noyer.

Aujourd'hui, 25 janvier 1841 , tous les accidents dûs à cette recrudescence ont depuis longtemps disparu, l'articulation est très peu mobile maintenant, la sanie qui s'en écoulait a diminué de moitié ; la malade n'y ressent plus de douleurs comme par le passé , Tappétit est très vif, les digestions sont bonnes, Louise reprend un peu d'embonpoint. Voilà pour 'es avantages obtenus, mais un nouvel accident semble menacer la malade ; une douleur profonde s'est manifestée dans les lombes, le côté gauche de cette région est douloureux à la pression. La malade ne marche que courbée en avant; surviendra-t-il un ramolHssement vertébral? J'ai prescrit une application de sangsues sur le point douloureux ; le traitement général sera continué.

Cette histoire sera reprise plus tard.

53' FAIT. — Ferruau , Frédéric , neuf ans, enfant délicat. 11 a un frère atteint du même mal que lui. Les accidents actuels datent d'une année.

Gonflement des os de l'articulation du pied gauche, avec deux plaies fistuleuses sur le coude-pied et six ulcérations autour des deux malléoles. Le stylet passé dans la plaie antérieure ne touche pas les os immédiatement.

Le traitement par le noyer a commencé le 42 novembre 1838, il a duré dix-huit mois ; une guérison complète et soutenue en a été la suite. ï/enfant ne boite pas en marchant.

54* FAIT. -/f^epFêtre, Jean , sei?0 ens, de Brain-surl'Authion , atteint de scromreâ^^epyisl un an seulement , présente rétai^ivant,4-4éM»é£action'j0onsidérable de l'articulation du pieB^-gâ^i^igxa^^^^i^uvertures fistuleuses, par lesquelles il est sorti un grand nombre de fragments osseux.

Traitement par le noyer. Commencé le 10 octobre 1839, il a été continué jusqu'au 1" avril 1840, époque où toutes les plaies étaient entièrement cicatrisées. La guérison s'est parfaitement soutenue , l'articulation a repris sa mobilité naturelle, quoique les os aient gardé plus de volume que ceux de l'autre pied.

55' FAIT. — Frémond, dix ans, rachitique depuis plusieurs années, atteint de courbure latérale de l'épine dorsale, ganglions cervicaux nombreux; il présente, en outre, un gonflement de la clavicule gauche avec plaie, une carie de l'articulation coxo-fémorale droite avec luxation en haut et en arrière et plaie fistuleuse. Des dépôts par congestion se sont ouverts en dehors et en dedans de la cuisse. Cette abondante suppuration épuise l'enfant qui est sous l'influence d'une fièvre hectique continue; le petit malade n'a pas dormi depuis quinze jours, le moindre mouvement lui cause des douleurs atroces , il ne peut se tenir qu'assis sur le bord d'un fauteuil , la tête appuyée sur le dossier d'une chaise garni d'un oreiller. Le pauvre enfant a été traité longtemps par les médicaments ordinaires.

Le traitement par le noyer a commencé le 8 avril 1 840 : sirop, 40 grammes par jour, trois verres d'infusions, bains généraux dans l'eau de noyer et de son , lotions et injections des plaies avec la décoction de ces mômes feuilles. Dès le 15 avril, l'enfant a pu se coucher horizontalement et dormir, les douleurs avaient diminué. A la fin de juillet le malade put se soutenir et marcher avec des béquilles ; la suppuration était toujours considérable ; au mois d'août il fut obligé de garder le lit.

Aujourd'hui, 24 octobre 1 840 et depuis le 1 " septembre, l'enfant a repris ses béquilles et peut se promener à quelques centaines de pas de sa maison ; la fièvre a disparu , la suppuration est toujours abondante , l'appétit et les forces ont augmenté.

Aux faits déjà nombreux de cette série j'en ajouterai quelques-uns remarquables par leur gravité et les beaux résultats du traitement par le noyer; ils sont à la connaissance de plusieurs de mes confrères.

56' FAIT. — Gidouin, Joséphine, de la Bohalle , treize ans, développement suffisant. Ganglions strumeux cervicaux, datant de quatre années; gonflement douloureux et considérable du genou droit.

Il y a deux ans (en 1840) , de nombreux foyers purulents formés autour de Tarticulation, furent ouverts avec l'inslrument; d'autres foyers s'ouvrirent spontanément et suppurèrent comme les précédents pendant dix mois; alors de violentes douleurs privaient la malade de tout sommeil.

Au mois de septembre 1841, le genou, très volumineux , portait trois ouvertures fistuleuses fournissant une abondante suppuration ; la malade était affaiblie par une fièvre permanente , elle gardait le lit et tout mouvement

était insupportable -, amaigrissement , perte complète et depuis longtemps de l'appétit.

Les traitements ordinaires ne produisant aucune amélioration , on amena la malade à Angers et je lui prescrivis le traitement parle noyer; il consista en infusions, sirop, bains , injections d'eau de feuilles de noyer.

Sous l'influence de cette médication, la malade trouva bientôt le repos, le sommeil et l'appétit. Cinq mois suffirent pour amener la guérisou. L'articulation , dont les os avaient été atteints au point de s'exfolier à plusieurs fois, gagna un peu pour la mobilité. La marche a lieu aujourd'hui sans aide , le genou tendu.

57^ FAIT. — Bélanger Louise, vingt-sept ans, de Segré, réglée à quinze ans ; à dix-sept ans , carie sur plusieurs points du coude gauche, demi ankylose de l'articulation ; à vingt ans, même accident à l'articulation du poignet du même côté , la main et le bras acquirent trois fois le volume du bras droit; suppuration et ankylose du poignet. Une année après, carie de l'os malaire à droite. Cette partie de la figure fut bientôt sillonnée de nombreuses cicatrices imitant les traces du lupus herpès. Le pouce de la main droite fut envahi à l'âge de vingt-cinq ans; les articulations suppurèrent et s'ankylosèrent ; il en était sorti de nombreuses parcelles osseuses.

La menstruation n'a jamais été supprimée ; elle a été amoindrie sans cesser d'être régulière. Traitée à Segré et à Angers, pendant quinze mois sans guérison, je l'ai soumise au traitement par le noyer.

Le 23 juin 1840, le poignet, sur l'articulation, mesurait dix pouces de circonférence; celle du coude a douze pouces, elle est ankylosée : quatre pilules d'extrait de feuilles de noyer de 20 centigrammes par jour, infusions,

bains prolongés d'eau de noyer; bandage roulé avec bande de flanelle.

Le 24 juillet, le poignet a dinninué de quinze lignes, la face est dans le môme état ; pansements de cette partie avec plumaceaux de charpie imbibés de décoction de noyer. La santé générale a gagné, l'appétit est revenu.

3 octobre: bonne santé générale, poignet réduit à sept pouces un quart, c'est-à-dire deux pouces de diminution depuis le 24 juillet; coude réduit à huit pouces; boursouflement de la face étendu aux paupières. Continuation du traitement.

J'ai perdu de vue la malade en octobre 1840; je suppose, par les précédents détails, qu'elle a continué à gagner par le traitement heureux qu'elle a suivi pendant cinq mois.

58' FAIT. — Jeanne Fiacre, seize ans, de la Bohalle, non menstruée. Gonflement de l'articulation du pied droit, avec ulcération pénétrante, exfoliation de lamelles osseuses (12 juillet 1843). Guérison complète dans l'espace de quatre mois. Jeanne peut marcher sans béquilles.

Remarques générales sur les faits de la quatrième série.

L'action du traitement par les préparations de feuilles de noyer sur la carie scrophuleuse est très lente, mais elle est évidente et à la longue très efficace , surtout si les os ne sont pas largement dénudés de leur périoste. Ainsi, on a vu des ulcères fistuleux pénétrant dans les articulations dont les os étaient évidemment altérés puisqu'il y avait eu expulsion de parcelles osseuses, se terminer par une guérison solide dans l'espace de six mois. Je doute qu'aucun autre traitement soit aussi favorable dans des circonstances semblables.

Les dix-neuf faits de la quatrième série , peuvent se diviser en deux groupes à peu près égaux en nombre, le premier se composera des faits qui n'offrent que des affections de moindre gravité, c'est-à-dire celles qui n'ont atteint les os que dans la continuité de leur corps ou les articulations des os courts, sans perte étendue du périoste; dans le second groupe sont rangées les maladies des os composant les grandes articulations.

Sur les neuf faits du premier groupe, huit offrent des exemples de caries des os des pieds et des mains et le neuvième une nécrose de la clavicule.

Dans les dix cas graves qui forment le second groupe, on retrouve bien encore quatre caries des os du pied , mais elles appartiennent à l'articulation tibio-tarsienne; trois aux os du coude, deux à ceux formant le genou, et enfin une carie de l'articulation coxo-fémorale , avec ulcères fistuleux et luxation complète du fémur. Tous les enfants qui ont succombé appartenaient à cette série. Avant le traitement par les préparations de noyer, tous les malades avaient été longtemps soumis aux méthodes ordinaires, et infructueusement.

Sur les dix-neuf sujets de la série, huit ont obtenu une guérison aussi complète que possible; tous ceux-là sont restés guéris jusqu'à ce jour. Parmi les dix autres , deux ont été cicatrisés momentanément, ils ont éprouvé des rechutes; quatre avaient obtenu une amélioration suffisante pour autoriser à penser qu'ils obtiendraient une guérison définitive. Le mal, chez trois enfants, a été rebelle au traitement; enfin deux enfants sont morts de tubercules pulmonaires ramollis.

En continuant l'examen des résultats obtenus pour les malades de cette quatrième série, je vois que tous ceux du premier groupe, moins deux, ont été guéris, et que

les gnérisons pour ceux du second, sont au nombre de qualre seulement, jusqu'à présent.

La durée du traitement le moins long dans la quatrième série, a été de six mois; quatre guérisons ont été obtenues dans cet espace de temps. Pour six malades, il a fallu continuer le traitement de dix à dix-huit mois consécutifs. Quelques-uns des enfants ont continué l'usage des feuilles de noyer pendant vingt-six mois, presque sans interruption; aucun de ces sujets n'en a soutTert, ils ont pu, au contraire, supporter sans inconvénient les influences si fâcheuses de la saison froide.

Comme dans les traitements des sujets des autres séries, les bains généraux salés et de décoction de feuilles de noyer, assez multipliés, ont été salutaires. Les malades ne doivent entrer dans les bains salés que lorsque leurs plaies sont bien enveloppés, c'est le contraire pour les bains de feuilles de noyer.

Il n'y a aucun avantage à couvrir les articulations malades de cataplasmes émollients; on ne devra se servir de ce topique que dans les cas d'inflammations douloureuses des téguments, et lors des rechutes; il faut les discontinuer aussitôt que l'état douloureux est dissipé.

Les injections avec la décoction de feuilles de noyer dans les trajets fistuleux, sont extrêmement utiles. Elles modifient l'état des surfaces ulcérées et la suppuration ne tarde pas à prendre les caractères de celle que produisent les bourgeons de cicatrisation.

Quelqnes-uns des malades de la quatrième série , ont éprouvé des rechutes. Les plaies , d'abord cicatrisées , se sont rapidement ulcérées. Cette récidive n'a pas toujours eu le froid pour cause ; mais, quelle qu'ait été l'influence déterminante de la nouvelle inflammation, elle a marché avec rapidité et la suppuration, de bonne nature, s'est

manifestée promptement. Ce fait s'est présenté chez quelques sujets des autres séries.

Dans le trente-troisième fait , on remarque une recrudescence inflammatoire que je n'attribue pas à l'action excitante du traitement, tandis que chez le sujet du trente-quatrième fait, Théodore Toulon, je suis persuadé que c'est à l'influence spéciale de la médication qu'il faut attribuer la brusque phlegmasie de tous les ganghons cervicaux, et en grande partie aussi, à ce que le sujet était vigoureux et sanguin. Quoique le plus souvent , lors de ces rechutes apparentes , j'aie continué le traitement général du noyer, peut-être vaudrait-il mieux le discontinuer et n'employer que les antiphlogistiques, à moins que les sujets soient très affaiblis.

J'ai encore deux faits à rapporter qui offrent une variété plus rare de l'affection scrophuleuse ; ils étaient trop peu nombreux pour que j'en formasse une cinquième série.

58" FAIT. — M"'= Labatte, âgée de vingt-deux ans, d'Angers ; peau blanche diaphane ; visage taché de nombreuses éphélides , cheveux noirs ; p,eu et mal réglée. Le bras gauche est deux fois plus volumineux que le bras droit ; la peau en est rugueuse , chagrinée et profondément sillonnée , surtout vers le coude et autour du poignet. Cette articulation en paraît comme luxée en dehors. Tous les doigts sont énormément tuméfiés et écartés les lins des autres.

Il existe près du coude et au poignet, plusieurs plaies fistuleuses qui se dirigent vers les têtes articulaires des os. Le coude est ankylosé, le poignet ne conserve plus que des mouvements bornés de flexion, de même que les doigts ; les os des phalanges du pouce sont cariés. Il

est sorti un grand nombre de parcelles osseuses et du coude et du poignet; en résumé, l'aspect de l'avant-bras rappelle celui que peut produire l'éléphantiasis. M"' Labatle est atteinte de cette affection depuis sept ans. Elle avait suivi sans succès plusieurs traitements quand elle me fut adressée par mon frère, M. le docteur Mirault.

La malade fut soumise au traitement par les préparations de feuilles de noyer; sirop, infusions, bains de décoctions de feuilles fraîches; compression régulière sur tout le membre au moyen de bandes de flanelle. J'obtins, dans trois mois, pour la santé générale, plus d'énergie , de l'activité ; l'appétit et les forces revinrent , la menstruation se régularisa et fut plus abondante. Pour le bras, on obtint une diminution de cinq centimètres sur la circonférence ; les plaies furent réduites de nombre et d'étendue. La malade prit des bains de mer; ils fortifièrent encore la santé.

La malade continua le traitement général pendant l'hiver suivant et presque toute l'année 1840. Le 27 octobre 1840 : M"' Labatte jouit d'une bonne santé, son bras gauche est à peine plus volumineux que le droit, la peau est restée rugueuse et sèche, les articulations du poignet et des doigts ont "repris assez de mobihté pour permettre tous les ouvrages à l'aiguille ; le coude est à peu près immobile.

59' FAIT. — Bélanger, Louise, 27 ans, de Segré; réglée depuis l'âge de quinze ans. Elle fut affectée, vers l'âge de treize ans, d'un gonflement considérable du coude gauche ; il s'y forma un premier abcès. A dix-sept ans tout l'avant-bras participait de l'affection slrumeuse; à vingt ans, l'articulation radio-carpienne fut atteinte du

même mal Plusieurs ouvertures fistuleuses se formèrent autour du poignet. Depuis l'établissement de cette suppuration l'avant-bras et le bras grossirent considérablement, le membre tripla de volume; les deux articulations malades s'ankylosèrent; celle du poignet se déforma et fut rejetée latéralement vers le radius. La peau de tout le bras devint rugueuse , sillonnée de rides épaisses; c'était l'aspect de i'éléphantiasis. A vingt-un ans, la joue droite devint le siège d'un lupus ; à vingt-cinq ans , le pouce de la main droite fut atteint, il doubla de volume et toutes ses articulations se soudèrent après de longues suppurations qui entraînèrent plusieurs fragments des phalanges.

La malade a été longtemps traitée à Segré, elle a passé quinze mois consécutifs dans les salles de l'Hôtel-Dieu, à Angers, sans qu'aucun des traitements auxquels elle fut soumise produisît une amélioration sensible. En 1833, elle prit trente bains de mer qui suspendirent les progrès de l'affection pour quelques mois seulement, puis elle reprit sa marche.

Etat de la malade au 22 juin 1840 : menstruation peu abondante, mais réguhère; absence d'appétit, fièvre chaque soir ; la circonférence du coude est de trente-trois centimètres, celle du poignet de vingt-deux centimètres. Il y a un découragement profond.

Le traitement par le noyer a commencé le 25 juin 1840 ; il consista en quatre pilules d'extrait chaque jour, trois verres d'infusion et de deux bains de bras dans la décoction, également chaque jour; purgations salines chaque semaine ; pour les pansements, plumaceaux imbibés de décoction de feuilles de noyer et compression régulière avec une bande de flanelle; les doigts furent comprimés séparément.

Etat de la malade au 3 octobre 1840, après trois mois et dix jours de traitement :

Santé générale bonne, menstruation plus abondante; la circonférence du poignet est réduite de cinq centimètres, elle n'est plus que de dix-huit centimètres, le coude est plus réduit encore, son pourtour n'est plus que de vingt -quatre centimètres. La tuméfaction de la joue s'est étendue vers l'œil en diminuant dans le sens opposé.

Suspension du traitement pendant quinze jours.

Le 5 décembre 1840, six mois de traitement, le poignet est à seize centimètres, le coude est resté le même ; la santé générale se soutient bien, le traitement sera continué.

€0]\'CLlISIOI%S.

Soixante malades, affectés de la scrophule sous diverses formes, ont été traités par les préparations de feuilles de noyer.

Sur ce nombre on compte plus de trente guérisons qui ne se sont pas démenties; je puis ajouter aujourd'hui que plusieurs jeunes filles alors, devenues mère de fcimille, sont accouchées d'enfants qui jusqu'à présent n'ont présenté aucune trace de l'affection maternelle ; plusieurs d'entr'eux ont de dix à quinze ans.

Dix-huit des sujets traités, bien que non guéris, ont éprouvé une amélioration très remarquable à leur état; le plus grand nombre d'entre eux pouvait espérer la guérison; quatre malades n'ont rien obtenu du traitement, pom' l'affection locale.

Quatre enfants sont morts pendant le traitement, deux ont succombé à la phthisie tuberculeuse, qui est aussi de la scrophule,' un troisième à une encéphalite et le quatrième à une pneumonie double.

Ce traitement fournit des résultats assez remarquables pour qu'il soit sérieusement examiné et soumis au contrôle des médecins des hôpitaux qui, mieux que les autres, peuvent le faire administrer exactement et comparativement.

L'usage longtemps continué des préparations de feuilles de noyer n'a jamais déterminé d'effets fâcheux sur l'économie. Ce médicament , la feuille de noyer, qu'on peut ranger dans la classe des amers légèrement aromatiques, jouit d'une efficacité à peu près constante dans les affections scrophuleuses.

Les préparations de noyer activent d'abord la digestion et la circulation ; elles donnent une énergie remarquable à toutes les fonctions. Ont-elles une action spéciale sur le système lymphatique? Les faits rapportés dans ce mémoire autorisent à le penser. Sous leur influence les chairs deviennent plus fermes, la peau acquiert une teinte rosée et perd promptement sa pâleur chlorotique. Existerait-il dans la feuille de noyer un autre principe que le tannin, lequel n'est sans doute pas étranger à l'action tonique du végétal?

Je ne ferai point ici un examen comparatif du traitement que je préconise et de ceux qui sont généralement employés ; les conditions dans lesquelles se trouvaient les malades dont j'ai cité les exemples, ont assez prouvé que ces divers traitements avaient été sans efficacité quand j'ai eu recours aux préparations de noyer. Je terminerai donc ici ce mémoire, en donnnant le formulaire des préparations dont je fais usage; les praticiens qui voudront

expérimenter le traitement pourront l'appliquer exactement à leurs malades et en apprécier les eiï'ets avec précision.

1° Les infusions de feuilles de noyer sont faites en jetant une forte pincée de feuilles de noyer, fraîches ou sèclies, dans 550 grammes d'eau bouillante. On édulcore avec du sucre ou avec le sirop dont je vais donner la préparation. J'ai toujours fait prendre deux ou trois tasses de cette infusion cliaque jour; on peut en donner jusqu'à cinq, dans les vingt-quatre heures.

2" La décoction des feuilles de noyer qui agit si avantageusement en lotions, en injections dans les trajets fistuleux, dans les pansements des ulcères en général, en imbibant la charpie, doit être plus chargée que l'infusion. J'emploie une demi poignée de feuilles coupées pour un litre d'eau, et l'ébullition est prolongée de dix à quinze minutes. Cette décoction est également fort utile en bains locaux et généraux et pour fomenter les croûtes faveuses de la face , le cuir chevelu des enfants teigneux et les engelures des pieds et des mains.

3° L'extrait de noyer est préparé par la méthode de déplacement. En employant les feuilles séchées , on a le moyen de renouveler cette préparation autant qn'on en a besoin pendant toutes les saisons.

4° On prépare le sirop avec l'extrait en en mettant 40 centigrammes par 32 grammes de sirop simple. Le sirop sera toujours plus agréable, s'il est fait avec la décoction de feuilles fraîches, et, fussent-elles sèches. Quand les feuilles sont fraîches, on peut en composer un sirop sans y ajouter d'extrait; il est ainsi suffisamment énergique pour les enfants.

5° Aux petits enfants je donne deux ou trois cuillerées à café de sirop dans les vingt-quatre heures; pour les

adultes, je n'ai jamais dépassé 64 grammes. La dose ordinaire est de 36 à 40 grammes.

6° Les pilules d'extrait de feuilles de noyer, contiennent chacune ^0 centigrammes d'extrait rendu solide par une quantité suffisante de poudre de feuilles de noyer ; j'en fais prendre de deux à quatre par jour.

7° Enfin , dans quelques cas où il est utile de frictionner une région malade, j'emploie la pommade suivante :

Ext. de noyer, 30 grammes.

Axonge fraîche, 50 grammes.

Huill. ess. de Lavande, 15 centigrammes.

Les frictions doivent être faites avec douceur et pendant dix minutes, deux fois par jour.

Quoique chacun puisse bien comprendre que les effets du traitement doivent être lents à se manifester, je ne puis trop répéter que le médecin doit user de persévérance.

Si les préparations de feuilles de noyer ont été sans efficacité dans les mains de quelques praticiens, c'est que le malade ou le médecin lui-même se sont fatigués d'un remède trop simple. Il faut savoir attendre pour obtenir une guérison durable, il n'y a pas seulement à combattre le mal local, mais encore à modifier profondément la constitution du sujet.

DEMlIlE MÉMOIRE.

Ce second mémoire fut inséré dans les archives générales de médecine en février 1844, c'est-à dire trois années après la première publication sur le traitement des scrophules par les fauilles de noyer.

Il avait pour but d'apporter des faits nouveaux en assez bon nombre, très propres à corroborer les résultats favorables que j'avais annoncés, et, de plus, de compléter l'histoire des malades laissés en voie de traitement, comme, aussi, d'apprendre ce qu'il était advenu de ceux que j'avais présentés comme guéris. C'est surtout quand il s'agit de maladies chroniques affectant l'économie tout entière, qu'il est indispensable de suivre les faits avec persévérance, puisque ce n'est qu'après un long espace de temps qu'il est permis de compter sur une guérison durable.

En laissant s'écouler ces trois années, j'avais l'espoir que ce nouveau "mode de traitement serait contrôlé, surtout par les médecins attachés aux services hospitaliers pour les enfants, dans lesquels les comparaisons peuvent être nombreuses et faciles.

Rien, pendant ce laps de temps, n'a été publié en France sur ce sujet, cependant l'emploi des préparations des feuilles de noyer devint usuel dans la pratique d'un certain nombre de médecins à Paris, surtout dans la pratique particulière, ce qui m'autorise à penser qu'on en a retiré dès lors de bons effets.

Pendant ce temps, à l'étranger, un seul médecin de l'université de Bonn, en Prusse, le docteur Kerentzwald, a publié six faits de guérison de la scrophule par les feuilles de noyer. M. le docteur Cunier, de Bruxelles , en a dit quelques mots dans sa revue ophthalmologique, mais sans avoir expérimenté le nouveau traitement; je reviendrai plus tard sur l'opinion de cet habile oculiste.

Dans le mémoire de 1841, les faits sont groupés dans quatre séries.

La première série comprenait dix faits, sous la dénomination d'engorgements strumeux non ulcérés.

A cette époque, je n'avais obtenu dans ce groupe que quatre guérisons; mais je disais que le traitement avait été favorable a tous les malades, particulièrement pour leur santé en général.

Voici les renseignements que j'ai pu recueillir sur chacun des sujets cités dans le premier mémoire :

1° Joséphine Giraull est restée guérie.

2° Anne Trufïier habite encore l'hospice général ; elle est restée guérie.

3° Ménard est entièrement guéri depuis deux ans, et depuis ce temps , il n'a pas éprouvé la plus légère indisposition ayant rapport à son affection scrophuleuse.

4° Constance est guérie, elle a vu reparaître quelques nouveaux ganglions; aujourd'hui il ne reste que deux petits noyaux indurés et indolents.

t)" Jenny Toulon me semblait guérie , je l'ai entièrement perdue de vue.

& Jaquet Louis est resté parfaitement guéri. Sa vigueur actuelle répond de son avenir; il habile les Pontsde-Cé.

7° Louise Bausset ne s'est plus représentée h ma consultation.

8" Bourgeonneau est maintenant domestique, il est parfaitement guéri. Il fut atteint d'un nouvel engorgement pendant l'hiver de 1840 à 1841 , un nouveau traitement eut du succès.

9° Boulay Maria est restée guérie depuis le mois de juin 1841 ; elle habite à Angers, de même que le sujet précédent.

10° Davineau est resté parfaitement et solidement guéri depuis le mois d'avril 1841.

En résumé, Tétat actuel des sujets de la première série, traités avant 1841, est celui-ci : huit des dix malades habitent à Angers et sont guéris depuis longtemps; j'ignore l'état des deux absents.

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