‹ Du traitement des affections scrophuleuses par les préparations de noyerChapitre 9 sur 12 · QUATRIÈME SEME · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SEME

SoiBfleEineBits et carie scropEsiileuses des os;

AU mois d'avril 1841, huit des dix-neuf malades de cette série, étaient guéris ; tous les autres avaient éprouvé une amélioration marquée dans leur état.

Deux des sujets appartenant au deuxième groupe de la série , avaient succombé à la phlhisie tuberculeuse. Je

vais donner des renseignements sur les dix-sept sujets encore vivants en 1844.

1° Charles Nau est actuellement à Paris; on m'a assuré qu'il était resté guéri.

2° Charles Aufray est sorti guéri de l'hospice ; ses maux sont revenus depuis. Il est aujourd'hui chez son père qui est dans une profonde indigence ; je suppose que son état a dû s'aggraver.

3" Joseph Mercier habite Angers ; il est resté guéri.

4° Vincent Nau est , actuellement , un enfant svelte , actif et très intelligent; il habite l'hospice général ; sa santé ne s'est jamais démentie depuis trois ans. Cependant, il existe toujours un petit trajet fistuleux sur le dos de la main gauche, dont les os ne sont pas gonflés. Sans doute, une nécrose très circonscrite entretient la plaie.

5** Coûtant Florent n'a pas reparu.

6° Avril, Marie, du deuxième groupe, est actuellement guérie. Elle habite l'hospice des Incurables comme fille de service. Son coude est ankylosé.

7° Lislavoie est restée guérie; elle habite à Angers, chez sa mère , rue Boisnet.

8° Parthenaire, Pierre, deuxième groupe, complètement guéri et marchant sans béquilles, a été condamné, en 1841, pour vol dans l'hospice; il est mort en 1842, dans la maison de détention de Fontevrault, de phthisie tuberculeuse.

9" Berlhelmot, Maria, deuxième groupe, véritable martyre des scrophules, dont l'état déplorable avait été amélioré à ce point, que cet enfant avait pu marcher seul et venir à mon cabinet, après cinq mois de traitement, fut atteinte de nouveau aux premiers froids. Son coude se gonfla beaucoup ; une ophthalmie aussi intense que la première la frappa de nouveau. Les lèvres s'ulcérèrent :

il se forma des abcès dans les deux mollets qui se lirenl jour par onze ouvertures; enfin, la cuisse gauche fut envahie par un vaste abcès. Tous ces symptômes, si terribles, furent combattus pendant l'année 1841. Il n'existait plus, de tant de plaies, que quatre trajets fistuleux, deux à la cuisse et deux au coude gauche.

L'hiver suivant fut encore terrible pour la pauvre enfant que je perdis de vue pendant trois mois; elle conlitinuait, disent les parents, de prendre les infusions de feuilles de noyer.

Le 20 mars 1842 je visitai cet enfant. L'épine rachidienne formait une saillie anguleuse à la douzième vertèbre dorsale ; il y avait tuméfaction des chairs, douleurs à la percussion la plus légère. De nouvelles plaies s'étaient ouvertes au coude et à la cuisse; une fièvre hectique minait la malade; enfin, une toux fréquente, avec crachats purulents, complétaient ce triste tableau.

Au mois d'avril, le corps de la vertèbre parut complètement affaissé, la colonne se couda à angle très prononcé ; un abcès par congestion se fit jour au flanc gauche, au-dessus de l'épine iliaque supérieure. A cette époque, le traitement fut repris avec une nouvelle activité. Il consista particulièrement en bains multipliés, dans la décoction de feuilles de noyer ; le traitement interne ne fut pas moins actif.

Le 8 août 1843, Maria, dont les lombes font une saillie anguleuse de trois à quatre centimètres, porte une plaie fistuleuse qui communique avec la vertèbre altérée. A l'exception de cette plaie, qui fournit peu de matière, toutes les autres sont entièrement cicatrisées depuis trois mois; le coude gauche est complètement ankylosé; toutes les autres articulations sont mobiles.

La malade marche seule depuis le mois de mai 1843,

ce qu'elle n'avait pu faire depuis le mois de septembre 1840. Elle ne tousse plus depuis longtemps; la santé générale paraît bonne; l'appétit est considérable. Est-ce l'annonce d'une guérison complète ?

Je ne hasarderai point de répondre ici , je dirai seulement que le traitement a combattu plusieurs fois, et avec succès, des désordres qui entraînent ordinairement la mort. Cette observation est précieuse en ce qu'elle empêchera de désespérer entièrement du salut des scrophuleux , quelle que soit la gravité de leur état.

10° Gourdon, Julie, affectée d'une carie de la clavicule , est un des sujets pour lesquels le traitement par le noyer a été d'une complète efficacité. Cette jeune fille, chétive, malingre, a grandi, s'est fortifiée, en même temps que la maladie de l'os se guérissait sans aucun retour.

Cette jeune fille habite Saint-Léonard, près Angers.

11° Sophie M^*% habite Angers; elle est restée complètement guérie ; l'articulation du pied est ankylosée ; le talon est relevé. La jeune fille marche néanmoins, facilement, et boite à peine.

12° Despl.... Ce malade a quitté Angers; son état n'offrait pas de gravité.

13° Louise Leseur. Cette pauvre fille, aussi misérable que Maria Bertelmot, avait été guérie en 1840 de quelques plaies au cou et à Taisselle ; la carie de l'articulation du pied donnait moins de suppuration. Cette amélioration ne continua pas. Le pied malade se gonfla de nouveau ; une sanie abondante s'en écoula ; la sonde faisait reconnaître sur l'astragale une grande surface rugueuse.

L'épine dorsale fut plus douloureuse au point qui avait été d'abord malade; l'apophyse épineuse de la huitième vertèbre dorsale /îf une saillie très marquée. Sur la droite

et sur la gauche de ce point, et très profondément, on sentait manifestemcMt une fïuclnalion.

Ce ne fut pas tout encore; l'arcade sourciliùre gauche, vers l'angle externe de l'œil , se gonfla \ il s'y forma une collection purulente. Une autre semblable altération se manifesta sur la branche droite de la mâchoire.. Ces deux abcès s'ouvrirent spontanément et à la même époque.

Pour combattre les progrès de la carie vertébrale, j'ouvris deux larges cautères aux deux côtés de la vertèbre altérée, sur les tumeurs fluctuantes. Le traitement général interne par le noyer, fut continué activement; le pied fut baigné et pansé avec la décoction de ces feuilles.

Ces soins eurent un heureux résultat; la carie vertébrale ^îtmï; les abcès furent résorbés, et' Louise qui , depuis longtemps, ne pouvait se transporter de son lit à sa chaise que courbée en double et avec douleur, put se tenir droite et marcher, ce qu'elle a toujours fait depuis la guérison du ramollissement vertébral. Cette dernière affection ne s'est pas renouvelée.

En 1841, la malade fut atteinte de phthisie tuberculeuse. On reconnut évidemment une matité très prononcée dans les régions sous-claviculaires et vers la partie postérieure et supérieure du poumon droit ; les crachats étaient pMrw/eni^,- fièvre continue; sueurs nocturnes et diarrhée; la malade, contre mon attente, résista à tout.

En 1842, l'astragale fut complètement rejeté du pied. Je possède cet os, ou plutôt le reste de cet os, ayant quatre centimètres dans un sens, et trois sur l'autre diamètre. La surface articulaire lisse de l'os est détruite presque sur tous les points.

Août 1843. L'articulation du pied est en partie ankylosée ; les plaies donnent peu de suppuration ; la malade peut marcher plusieurs centaines de jxis avec l'aide d'un

bâton, ce qu'elle n'avait pu faire depuis cinq ans. Louise a pris de l'embonpoint, elle mange énormément, mais sa voix qui est éteinte depuis plusieurs mois , une toux fréquente avec crachats opaques^ font craindre une recrudescence de l'affection des poumons.

Louise Leseur est morte de phlhisie en 1844.

14° Ferruau, Frédéric, est resté parfaitement guéri depuis 1839.

15'' Leprêtre, Jean, comme le sujet précédent, habite la commune de Brain-sur-FAuthion. Comme Ferruau , il est resté guéri, sans aucune rechute, depuis 1840. Ces deux jeunes gens étaient atteints de carie de l'articulation du pied; plusieurs fragments osseux avaient attesté la gravité du mal.

16° Frémond, sujet du 55* fait du premier mémoire, avait obtenu quelque amélioration dans son état, qui était véritablement affreux. Il marchait déjà avec des béquilles. Le traitement fut abandonné, et je perdis le malade de vue. Il habite à Angers. Sa situation est devenue déplorable. (Ses parents sont dans une misère affreuse. )

47° Charlotte-Françoise, inscrite au premier mémoire sous le n° 42, et Delaunay, Anne, sous le n° 45, sont mortes de phthisie tuberculeuse.

En appréciant l'état actuel des sujets de la quatrième série, on peut voir que deux des sujets qui n'étaient pas guéris en 1841 , le sont aujourd'hui, ce qui porte à dix le nombre des sujets guéris dans cette série.

Parmi les enfants qui ont succombé, je noterai la jeune Delaunay, qui avait d'abord éprouvé une grande amélioration. De nouveaux gonflements osseux, de nouvelles ulcérations se manifestèrent ultérieurement, et quand elle succomba, son corps tout entier en était couvert. Deux

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des sujets do celte série que je croyais perdus, Mnria Berllielmot et Louise Leseur, onî obtenu une grande amélioration. J'osai croire à leur guérison qui eut été due, très évidemment, au mode de traitement et à la persévérance de son emploi.

Il est rare de voir des malades guérir d'une carie vertébrale avec abcès par congestion. 4 l'exemple ci-dessus, je pourrais en ajouter un autre, dans lequel de vastes abcès s'ouvraient dans laine et au pourtour de l'articulation coxo-fémorale , provenant de Tallération du corps d'une des vertèbres lombaires. Ce malade^ traité par M. le docteur Mirault, mon frère, a fait usage, fort longtemps, des préparations de feuilles de noyer. J'aurais rapporté cette observation remarquable, si le traitement par le noyer avait été le seul mis en usage ; dans ce cas, on employa aussi le quinquina, le fer et la geçliane, etc.

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