C... Tony, dix ans, entré salle Saint-Pierre, le 19 décembre
Rien à noter dans les antécédents héréditaires.
L'enfant a recu, il y a trois ans, un traumatisme ; il s’est fait une entorse avec gonflement et douleurs vives. Cette entorse sembla guérir intégralement. |
Le début de l'affection actuelle date de quelques mois. La claudication et les douleurs sont très marquées. Depuis deux mois l'enfant ne peut plus marcher sans béquilles. Il y a quinze jours, un abcès est apparu au niveau du tendon d'Achille.
Actuellèment, on note une atrophie considérable du membre, sens différence de longueur. Les mouvements sont complètement abolis dans la tibio-tarsienne.
On trouve un gros abcès fluctuant au niveau du tendon d'Achille. Le reste de l'articulation est le siège d'une tuméfaction légère.
A la radiographie on constate que l'astragale est augmentée de volume et moins transparente.
20 décembre. — On fait la ponction de l’abcès, d’où sort un pus épais, verdâtre, avec des grumeaux ; on fait une injection de glycérine iodoformée (3 c.c.) dans sa cavité, et cinq injections de 2 c.c. chacune dans le pourtour de l'articulation.
8 janvier 1909. — Deux petites ulcérations se sont formées à la face interne, correspondant à l’orifice de la ponction ; la peau est emincie et bleuâtre. On sent des fongosités immédiatement au-dessous. La tuméfaction s'étend sur la face externe du ten-
don d'Achille, mais se limite à la partie postérieure de l’articulation. Il n’y a presque rien en avant.
On fait une injection de glycérine iodoformée (7 c.c.).
19 janvier. — Amélioration. Les ulcérations ont pris bon aspect. La tuméfaction a diminué. On fait une nouvelle injection (6 c.c.).
1% juin. — La tuméfaction a entièrement disparu. Il y a des mouvements de flexion et d'extension d'une amplitude de 15° environ. Derrière la malléole interne, il y a une petite ulcération en voie de guérison. Il persiste à ce niveau une petite tuméfaction dure, non fluctuante.
30 juin. — L'enfant marche depuis un mois sans appareil. Pas de douleur. Le pourtour de l'articulation est absolument sec. Les mouvements, faciles, non douloureux, ont une amplitude de 15° environ.
17 mars 1903. — L'enfant est revu, Il marche facilement, sans claudication vraie. La démarche est un peu défectueuse, à cause de la déformation en talus. La région tibio-tarsienne ne présente aucune tuméfaction. On trouve une cicatrice linéaire sur le bord interne du tendon d'Achille. Le talon est volumineux et abaissé ; il y a un peu de pied creux. Une flexion s’est produite dans la médio-tarsienne, et se traduit par le relief, sur le dos du pied, de la rangée antérieure du tarse. Das son ensemble, le pied exécute des mouvements d'extension et de flexion d'une amplitude de 15° environ. Ces mouvements paraissent se passer en grande partie dans l'articulation médio-tarsienne et un peu dans la sous-astragalienne ; mais la tibio-tarsienne paraît complètement ankylosée. Le pied est sensiblement plus court (2 centimètres et demi). Il existe un certain degré d’atrophie.
OBSERVATION LVI (inédite).
Ostéo-arthrite tuberculeuse suppurée de la tibio-tarsienne qauche. — Abcès sous-cutané. — Guérison. — Forme fistuleuse.
P... Marius, deux ans et demi, entré salle Saint-Pierre, Je 8 décembre 1899.
À noter dans les antécédents une sœur morte de bronchite. Personnellement, l'enfant a eu la rougeole. Coqueluche il y a six semaines.
L'affection actuelle à débuté, il y a quelques mois, à la suite d'une fracture de la cheville. A la sortie du plâtre, en septembre dernier, l'enfant ne peut appuyer sur sa jambe.
Actuellement on note une tuméfaction cylindrique du cou-depied, avec rougeur et amincissement de la peau. Fluctuation à la face antérieure et sur les côtés de l'articulation avec prédominance en avant de la malléole interne.
Limitation des mouvements, sans grande douleur. Quelques craquements articulaires. Douleur peu marquée, sauf par la pression simultanée sur les deux malléoles.
Abcès sous-cutané à cinq centimètres au-dessus de la malléole interne.
12 décembre. — Ponction de l'abcès, d'où sort du pus séreux, avec des grumeaux ; on fait une injection de glycérine iodoformée (1 c.c.) dans sa cavité.
Ponction de l'articulation ; issue d'un pus analogue. Injection intra-articulaire (3 c.c.).
8 janvier 1900. — Issue de pus clair par la fistule ; tuméfaction diffuse tout autour. Injection de glycérine iodoformée (7 «.c.), au pourtour de l'articulation.
19 janvier. — Bon état local. Epanchement intra-articulaire assez abondant, semblant surtout formé de glycérine. Nouvelle injection (4 c.c.).
1% février. — Diminution considérable de la tuméfaction. L'enfant part pour deux mois avec une botte plâtrée. Mai 1903. — L'enfant n'est pas revenu, mais nous en avons
des nouvelles par les parents.
L'état local n’a cessé de s'améliorer, au point qu'actuellement la guérison semble parfaite. Le malade aurait, au dire des parents, l'intégrité de ses mouvements, marche facilement et ne se plaint d'aucune douleur.
Il s’est développé il y a quelques mois un mal de Pott dorsolombaire, à marche très lente,
OBSERVATION LVII (inédite).
Ostéo-arthrite suppurée tuberculeuse de l'articulation tibiotarsienne droite. —Septicémie. — Mort, — Forme fistuleuse.
B... Jeanne, sept ans, entrée salle Sainte-Amélie, le 19 février
Rien à noter dans les antécédents.
L’affection actuelle a débuté, il y a cinq mois, par une entorse. Légère claudication. L'enfant marche sur le pied gauche. Pas de douleur.
Actuellement on note une tuméfaction légère en avant de l'articulation. Empâtement léger dans les deux gouttières rétromalléolaires.
19 février. — Injection de glycérine iodoformée en deux points, l’un en avant, l'autre en arrière de la malléole externe.
26 février. — A la suite de l'injection, fièvre, anorexie pendant trois jours. Botte plâtrée.
2 avril. — On enlève le plâtre. Autour de la malléole externe, on trouve une tuméfaction nettement fluctuante ; la peau est rouge à ce niveau.
2 mai. — Fistule sur la malléole externe.
9 mai. — La tuméfaction a bien diminué en avant de la malléole externe ; en arrière, elle s’est prolongée jusqu’au bord interne du tendon d'Achille. On fait à ce niveau une injection de glycérine iodoformée (4 c.c.).
Ultérieurement il s’est fait à ce niveau une ulcération. L’enfant a pris successivement la rougeole, la scarlatine. Il est survenu de l'infection articulaire. Mort par septicémie.
OBSERVATION LVIII (inédite).
Ostéo-arthrite suppurée de l'articulation tibio-tarsienne. — Astragalectomie secondaire. — Forme non fistuleuse.
P... René, six ans et demi, entré salle Saint-Pierre, le 10 juin 1900,
Rien à noter dans les antécédents.
Le début de l'affection actuelle ne peut pas être précisé. Il a été insidieux et c'est petit à petit que l'enfant n’a pu se servir de son pied.
A l'entrée. — On note une grosse tuméfaction de toute la région tibio-tarsienne, surtout au niveau de la malléole externe. À ce niveau il existe un gros abcès qui pointe et menace de s'ouvrir.
Les mouvements sont à peu près nuls.
13 juin 1900. — Ponction. Il s'écoule une assez grande quantité de pus. Après cette évacuation, il persiste une tuméfaction notable de la région tibio-tarsienne. On fait des injections interstitielles de glycérine iodoformée, et une injection dans la cavité de l’abcès.
27 juin. — Pas d'amélioration considérable à la suite de l’injection. On pratique l’ablation de l’astragale. Il y a beaucoup de fongosités ; l’'astragale est profondément envahi. Rien du côté du calcanéum. Le plateau tibial est atteint ; l'épiphyse est presque complètement évidée. Rien du côté du péroné, ni de l’articulation péronéo-tibiale inférieure.
OBSERVATION LIX (inédite).
Ostéo-arthrite tuberculeuse suppurée de la tibio-tarsienne droite. — Astragalectomie. — Forme fistuleuse.
C... Ben., huit ans et demi, entrée salle Sainte-Amélie, le 21 mai 1901.
Rien à noter dans les antécédents. Santé délicate.
L’affection actuelle a débuté il y a deux mois par une entorse. Depuis ce moment le pied a enflé. L'enfant boite, mais ne souffre pas.
Actuellement on note une tuméfaction de la région tibio-tarsienne, plus marquée en dedans, où l’on sent un empâtement pseudo-fluctuant dans la gouttière rétro-malléolaire, à un tra-
vers de doigt au-dessus de la pointe de la malléole. En avant de la malléole, tuméfaction assez limitée, légère rougeur de la peau, fluctuation.
Sur le dos du pied, en dehors, légère tuméfaction diffuse, qui ne manque que dans la gouttière rétro-malléolaire externe, laquelle paraît tout à fait libre.
Les mouvements sont conservés, mais un peu limités ; ils ne sont pas douloureux. .
25 mai. — On fait deux injections de glycérine iodoformée, une dans la tuméfaction qui siège en dedans du tendon d'Achille, l'autre dans la tuméfaction qui siège en avant de la malléole interne, cette dernière pénétrant dans l'articulation d'environ 6 centimètres. L'enfant part avec un plâtre.
7 septembre. — On découvre une petite fistule au-dessus et en arrière de la malléole interne ; elle donne très peu. L'empâtement a beaucoup diminué autour de l'articulation. La flexion est légèrement limitée.
16 décembre. — L'empâtement persiste. Une seconde ulcération s’est faite en arrière de la malléole interne. Autre foyer fluctuant en avant d'elle. En arrière du péroné, on trouve un véritable abcès, qui menace d’ulcérer la peau, et remonte jusœu’au milieu de la jambe.
18 décembre. — Ablation de l’astragale. Le revêtement cartilagineux est presque intact, aminci cependant par des tubercules sous-chondriques sur la face supérieure de la poulie et la face antérieure de la tête. Le cartilage inférieur se décolle facilement. On trouve du pus autour du col et dans l’abcès externe.
A la coupe, l’astragale présente un gros tubercule du volume d'une noisette, qui a détruit le col dans plus de la moitié de son volume. Infiltration graisseuse du reste de l'os.
12 novembre 1902. — Etat général plus mauvais. Ablation secondaire du calcanéum, grattage du scaphoïde, du cuboïde, du plateau tibial, dans lequel on trouve un tubercule qui traverse le cartilage de conjugaison.
OBSERVATION LX (inédite).
Arthrite suppurée tibio-tarsienne. — Guérison. — Forme non fistuleuse.
H.. Emile, dix ans et demi, ëntré salle Saint-Pierre, le 27 janvier 1902.
A noter dans les antécédents un frère mort de méningite à cinq ans. Personnellement rougeole à trois ans. Un séjour à Giens à six ans, pour adénite.
- L'affection actuelle a débuté, il y a trois mois, par de la douleur survenant le soir. Depuis un mois est apparue de la tuméfaction, et les douleurs ont augmenté.
À l'entrée. — On note une tuméfaction assez considérable, tout autour de l'articulation tibio-tarsienne, surtout autour de la malléole externe et en arrière de la malléole interne, tuméfaction pseudo-fluctuante, nettement due à des fongosités.
La flexion dépasse légèrement l'angle droit. L'extension atteint à peu près la moitié de son amplitude normale.
6 février. — On fait une double injection de glycérine iodoformée, dans la partie interne et dans la partie externe de l'articulation. Gouttière plâtrée.
30 juin. — La tuméfaction paraît avoir un peu diminué en arrière de la malléole interne, et en avant de la malléole externe. En dessous et en arrière de la malléole externe, masse pseudo-fluctuante qui se prolonge en haut et en arrière, le long du péronier latéral. Mouvements assez étendus.
2 juillet. — Injection intra-articulaire. Ponction de la collection péronière ; issue de pus grumeleux ; injection de glycérine iodoformée dans l’abcès, Ponction de l'articulation en arrière de la malléole externe, qui ne ramène rien.
8 septembre. — Le plâtre est enlevé depuis quatre jours. La tuméfaction a disparu ; il n'y a plus trace de la collection péronière. Au-dessous de la malléole externe, on trouve encore
une petite masse assez dure, qui ne donne pas la sensation de fongosités. La flexion dépasse l'angle droit. L'extension est limitée à la moitié. On fait une simple botte plâtrée.
5 décembre. — La botte a été enlevée il y a cinq jours. Audessous de la malléole externe, on trouve une masse pseudofluctuante, du volume d'une noisette, donnant la sensation de fongosités.
Tout le reste va très bien. L'articulation a sa mobilité presque complète.
22 décembre. — Ponction qui retire un peu de liquide clair, sans grumeaux, Injection de glycérine iodoformée. Plâtre. 31 mars 1903. — Le plâtre est enlevé depuis huit jours. La
flexion est à peu près complète, l'extension un peu limitée. Ou laisse marcher l'enfant pendant quinze jours.
21 avril. — L'enfant a marché, se plaignant seulement d'être un peu las le soir. La périphérie de l'articulation est encore très légèrement empâtée : on sent, au-dessous de la malléole externe, un épaississement synovial, qui est de consistance dure, fibreuse.
La flexion dorsale est complète ; la flexion plantaire est réduite de moitié. Il existe un certain degré d’atrophie du mollet.
OBSERVATION LXI (inédite).
Ostéo-arthrite tuberculeuse suppurée de la tibio-tarsienne. — Guérison. — Forme fistuleuse.
B..., treize ans, entré salle Saint-Pierre, le 12 juillet 1902.
L’affection actuelle a débuté il y a cinq mois.
A l'entrée on note l'existence d'un orifice fistuleux sous la pointe de la malléole externe. Effacement de la dépression rétro-malléolaire ; l'empâtement se poursuit, moins accentué, sur le côté interne. Le relief de la malléole interne est moins visible que du côté sain ; la gouttière rétro-malléolaire est également effacée. :
La flexion dorsale est complète ; l'adduction et l’abduction sont légèrement limitées.
16 juillet. — On fait une injection de glycérine iodoformée, suivie d'un plâtre.
25 octobre. — La fistule est tarie. L’empâtement a presque disparu, aussi bien en dedans qu’en dehors. Les mouvements sont réduits à une amplitude de 10°. Plâtre.
28 février 1903. — I1 n'y a plus de tuméfaction péri-articulaire. La fistule est presque entièrement fermée. Les mouvements ont une amplitude qui ne dépasse pas 10°. On essaye de laisser marcher l'enfant.
17 mars. — L'enfant marche depuis quinze jours, et ne présente aucun signe de récidive ; mais les mouvements restent limités à une amplitude de 10 à 15 degrés.
OBSERVATION LXII (inédite).
Ostéo-arthrile suppurée du tarse antérieur. — Abcès au niveau du genou droit. — Tarsectomie. — Secondairement apparition d'une coxalgie. — Forme non fistuleuse.
L... Francisque, sept ans, entré salle Saint-Pierre, le 10 janvier 1902.
Le début de l'affection actuelle remonte à six mois ; l'enfant se plaignait de douleurs. Ce n’est que depuis trois mois que la tuméfaction s'est formée ; depuis deux mois l'enfant souffre beaucoup, et n’a pas quitté le lit.
A l'entrée, on note une tuméfaction en collier, étendue régulièrement à tout le dos du pied, et correspondant à la première rangée du tarse. Pas d'attitude vicieuse du pied.
Il existe un point nettement fluctuant sur la face dorsale du premier cunéiforme.
L'extension et la flexion sont conservées, l’adduftion et l’abduction à peu près intactes aussi, et seuls les mouvements de rotation paraissent être réellement douloureux.
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