‹ Du Traitement des Arthrites Tuberculeuses par les Injections de Glycérine IodoforméeChapitre 9 sur 40 · SAS · texte numérisé non relu

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pédiques, et surtout l’immobilisation, laquelle doit, de l'avis de tous, rester la base du traitement de la tuberculose articulaire.

Dans ces dernières années quelques auteurs, Lucas- Championnière, Calot, entre autres, ont conseillé la mobilisation précoce des tumeurs blanches, au bout dé quatre à huit semaines seulement de traitement, dans le but de prévenir l’ankylose et d'obtenir la guérison avec des mouvements plus ou moins étendus. C’est, nous semble-t-il, une réaction vraiment excessive contre les idées d’immobilisation à outrance qui prévalaient à une époque où l'on recherchait systématiquement l’ankylose. Il est certainement dangereux de faire ainsi exécuter des mouvements à une articulation où le processus tuberculeux est encore en activité, au risque de le voir se diffuser, et prendre parfois une allure aiguë capable de déterminer les plus graves accidents.

Assurément il est logique et plausible de ne pas maintenir une immobilisation trop prolongée, et de commencer progressivement les mouvements dès que la tuberculose paraît guérie; mais il faut savoir être patient.

D'ailleurs l’immobilisation, telle qu’elle doit être comprise, est loin d’être une première étape vers l'ankylose, Hoffa dit mème qu'on obtient d'autant plus vite une articulation mobile qu on a mieux dirigé, dès le début, le traitement conservateur, dans lequel il fait une place prépondérante à l’immobilisation. Il ne faut pas oublier du reste que, même dans les cas

où on aboutit à l'ankylose, celle-ci, obtenue en bonne

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position, doit être tenue déjà pour un bon résultat.

Donc il faut immobiliser, mais il faut immobiliser en bonne position; et ici se pose une importante question. Que ferons-nous en présence d'une arthrite tuberculeuse compliquée d'une attitude vicieuse ?

Calot et Dulac (1), dans sa thèse, recommandent de ne pas faire de suite le redressement des attitudes vicieuses. Mikuliez et Henle.au contraire les redressent d'abord, et ne commencent les injections qu’une fois la correction obtenue.

Hoffa rejette le redressement brusque et forcé, et conseille de procéder par étapes.

. D'après M. Nové-Josserand on doit envisager deux cas, celui d’une attitude vicieuse encore peu prononcée, une légère flexion du genou, par exemple, et celui d'une véritable déformation, telle qu'on en rencontre chez des malades dont le genou est fléchi à angle droit ou même à angle aigu.

Dans le premier cas, il est simple et sans danger de combiner dans la même séance l'injection iodoformée et le redressement.

Si, au contraire, ona affaire à une déformation très accentuée, on devra, avant toute chose, commencer par traiter cette déformation, les injections devant être remises à plus tard, même si l'articulation est le siège d’un processus en activité ; on doit craindre, en effet, que le traumatisme produit par le redressement, joint à la réaction due à l'injection, ne suffise

(1) Duzac: th. de Paris 1898.

à provoquer une poussée d’inflammation aiguë dont on ne peut prévoir la gravité.

On mettra donc le membre en traction continue pendant plusieurs jours, ce qui a le double avantage d'immobiliser la Jointure tout en la redressant et, au bout de ce temps, lorsque la correction est à peu près obtenue, on se comporte comme dans le cas d’une arthrite avec faible déformation, ou bien, si l'on préfère le redressement en un temps, sous anesthésie, on pratique d’abord le redressement et on commence les injections quinze jours après seulement, lorsque la réaction due au traumatisme a cessé.

Nons ninsisterons pas plus longuement sur le traitement orthopédique qui devra accompagner et suivre les injections iodoformées, ceci étant en dehors de notre sujet. Nous terminerons ce chapitre en rappelant l'avantage extrème qu'il y a à placer les Jeunes malades dans les meilleures conditions hvgiéniques, alimentation substantielle, séjour à la campagne, dans l’air des forêts, enfin et surtout au bord de la mer.

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