CHAPITRE IT
Techniques endoscopiques.
Le traitement endoscopique des calculs de l’uretère comporte de nombreux procédés. Nous étudierons d’abord les plus simples, puis ceux qui utilisent une instrumentation spéciale. ;
La plus simple des techniques est certainement la DISTENTION VÉSICALE, préconisée par PASTEAU, pour le traitement des pyélites. Les contractions du bassinet et de l’uretère qu'elle provoque par voie réflexe peuvent expulser aussi bien des calculs mobiles et de petit calibre, que le pus épais de certaines pyélites. On signale, en effet, que la simple distension vésicale aurait provoqué la chute dans la vessie de deux calculs dont l’un avait les dimensions d’un noyau de datte, et dont l’autre, quoique plus petit, provoquait des hématuries et des douleurs. Nous ne pensons pas cependant qu'il faille beaucoup compter sur l'efficacité de cette méthode. Elle n’est pas d’ailleurs toujours anodine : peu accentuée, elle
n’agit pas ; forcée, elle peut s'accompagner d’hématuries,
de poussées de cystite avec intolérance vésicale et gêner ou empêcher ainsi la mise en œuvre des autres procédés. Nous rapportons un cas (observation n° X) où le calcul a été expulsé bien que le cathétérisme n'ait pas été
possible, C’est la distension vésicale qui paraît avoir agi.
Cathétérisme urétéral.
Le cathétérisme est un moyen autrement sérieux. C’est la manœuvre endoscopique type et c’est sur son emploi
que nous insisterons surtout.
Nous avons vu aux chapitres précédents qu'il était presque indispensable pour préciser la symptomatologie de la lithiase urétérale.
Il est généralement facilité par la tolérance vésicale. Nous n'avons pas affaire alors à ces vessies de capacité très diminuée, irritables, ulcérées que l’on rencontre si souvent dans les explorations pour tuberculose ou pour néoplasmes. L’œdème à peu près seul peut gêner. Il sera
réprimé par diathermie.
Pour parer aux difficultés que l’on peu rencontrer dans l’uretère calculeux, il nous paraît bon de se munir d’un matériel très complet et, en particulier, de tout un assortiment de sondes urétérales de forme, de calibre, de rigidité variés.
La sonde habituelle à extrémité taillée en biseau paraît devoir, ici, céder le pas à la sonde à bout olivaire. Des sondes neuves, rigides, pouvant si possible être stérilisées par ébullition sans trop se ramollir, conviendront
très bien, La sonde à bout olivaire déprime parfois trop
slt
facilement la muqueuse. Dans ces cas, la sonde à bout rond peut rendre des services.
Un autre instrument, déjà ancien, pourra être utile ; c'est le mandrin d’'ALBARRAN. On le choisira fre mince, à corps ou tout au moins à extrémité en gomme. Noues recommande l'emploi de modèles où l'extrémité est coudée en baïonnette comme les bougies filiformes uréthrales. On pourrait franchir ainsi assez facilement les rétrécissements de l’uretère si fréquents au-dessous des calculs. On glisse ensuite sur le mandrin une sonde urétérale à bout coupé que l’on choisira à extrémité conique comme le recommande ErTrzBicnorr, ou bien on cathétérisera l’uretère avec le mandrin et la sonde montés l’un sur l'autre, l'extrémité filiforme dépassant au moment voulu le bout coupé de la sonde et la guidant.
Cependant nous pensons qu’une sonde à bout olivaire, bien choisie, « au col souple, pas trop long, à extrémité bien formée » (Guyon) constitue encore l'instrument le plus simple, le plus commode et présente surtout l’avantage de permettre des injections adjuvantes. On emploiera tout d’abord une sonde de calibre moyen, plutôt faible (n° 12, par exemple), tout en se tenant prêt à utiliser une sonde d’un calibre différent, moindre généralement.
Il faudra, en cas d’arrêt de la sonde, savoir insister avec patience et sans nervosité, et employer successivement tous les petits moyens que nous avons à notre disposition, car la progression au-dessus du calcul, si elle n’est pas indispensable, est très désirable. Les observations rapportées ci-après montrent qu'elle est généralement possible, à la longue. Nous commencerons donc
par injecter dans la sonde un peu d'huile ou un peu de