‹ Du Traitement des Calculs de l'Uretère: par les Méthodes EndoscopiquesChapitre 18 sur 32 · OBSERVATION TI · texte numérisé non relu

OBSERVATION TI

Professeur agrégé THevenorT Société de Chirurgie de Lyon, 30 juin 1921)

Mme F.., après avoir joui d’une santé excellente, a présenté, il y a huit ans, une colique néphrétique gauche qui ne s'accompagna ni d'hématuries, ni d’expulsion de graviers. Elle a conservé, depuis cette époque, des douleurs sourdes avec coliques néphrétiques tous les deux ou six mois. Il y a deux ans et demi, à la suite d’une colique néphrétique, elle expulsa un gravier de la grosseur d’une tête d’épingle ; c’est le seul qu'elle ait jamais remarqué dans ses urines. Depuis cette époque, elle n’eut plus de coliques jusqu’à la dernière crise, qui date de trois semaines. La malade souffre du rein plus ou moins violemment. Les urines sont troubles, elles renferment depuis un an du sang de façon presque continue. Mictions fréquentes, impérieuses.

Les reins ne sont pas perceptibles à la palpation, mais Île rein gauche est douloureux à la pression, tant sur le rein luimême que sur la moitié supérieure de l’uretère gauche.

La capacité vésicale est de 150 grammes.

La radiographie montre dans le rein gauche deux calculs : un, plus volumineux, de dimensions d'une grosse noisette, occupe le bassinet ; un autre, plus petit, du volume d'un pois, se projette sur la onzième côte et paraît situé dans un calicé au moment de la radiographie.

Le 13 août 1920, on pratique un cathétérisme urétéral bilatéral : les orifices urétéraux sont sensiblement normaux ; par contre, le rein droit secrète trois fois plus d’urine que le rein

Ab

gruche, Les urines à gauche sont d’ailleurs très inférieures au point de vue qualitatif : elles renferment 9 gr. 36 de NaC] et 13 gr. 5l d’urée, alors qu’à droite on a 12 gr. 87 de NaCI et 19 gr. 25 d'’urée. Avant de retirer la sonde urétérale, on injecte dans le bassinet gauche, d’abord 5 centimètres cubes de novocaïne (soit 5 centigr. de cette substance), puis, cinq minutes après, 10 cc. d’huile stérilisée.

Les douleurs cessèrent immédiatement et la malade put se croire guérie. Elle alla même jusqu’à danser dans la journée du 15, sans ressentir quoi que ce soit du côté du rein malade. Cependant, il n’y avait pas eu d’émission de gravier. La présence de ce dernier dans la vessie est constatée le 16 à l’explorateur de Thompson. Lorsqu'on veut le saisir, le 17, dans les mors d’un lithotriteur, on ne le retrouve plus dans la vessie (examen vérifié par la cystoscopie) ; il a dû être expulsé pendant la nuit par la malade, qui n’a recueilli ses urines que d’une façon. irrégulière.

La radiographie du rein confirme que la malade a expulsé le petit calcul placé sous la XI° côte, mais que le calcul le plus volumineux persiste. Ce dernier reste indolore, est gardé par la malade jusqu'au 16 avril 1921 ; il est enlevé à cette date par pyélotomie.

Cette dernière observation paraît intéressante à plusieurs points de vue. D'abord, c’est un cas nouveau d'expulsion provoquée d’un calcul du bassinet. En second lieu, c’est une preuve de plus que, dans le bassinet, un calcul arrondi, volumineux, peut être fort bien toléré et ne s'accompagner d’aucun phénomène douloureux, tandis que les réactions violentes sont plus souvent le fait de calculs petits, mobiles, qui viennent s'enclaver dans l’uretère et bloquent le rein en même temps qu'ils exposent à une dilatation progressive du bassinet.

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