‹ Du Traitement des Calculs de l'Uretère: par les Méthodes EndoscopiquesChapitre 21 sur 32 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Docteur VERRIÈRE (Congrès A. F. U. 1923)

M. C.., 35 ans, est un ancien client que j’ai soigné à diverses reprises pour de l’uréthro-prostatite avec léger rétrécissement de l’urètre, admettant seulement un n° 17 de la Filière Charrière : la dernière séance de dilatation eut lieu fin décembre 1920. Fin janvier 1921, pour la première fois de sa vie, il faisait une assez vive colique néphrétique droite avec hématurie ; il fit un traitement chez lui sans sans venir me voir ; reste tranquille jusqu’en juin et vient me consulter alors pour quelques douleurs prostatiques. Au toucher, je constate une induration légère du lobe droit de la prostate dont le massage amène un peu de pus ; quelques vagues douleurs dans le rein droit surviennent alors et le malade revient me voir en août de la même année ; je le décide à se faire examiner au cystoscope et je constate un orifice uretéral droit très petit, punctiforme sur un petit monticule flétri ; impossibilité de passer la sonde uretérale n° 5 à cause de l’étroitesse de l’orifice. Arcelin me fait une radio de ce mal et constate la présence d’une ombre arrondie sur le trajet de l’uretère droit, à son extrémité inférieure.

Je refais une nouvelle tentative de cathétérisme et puis passer d’abord la sonde n° 5, puis ensuite un n° 6 qui s’engage très nettement entre le gravier et la paroi ; je perçois très nettement le frottement en retirant ma sonde ; je pense

ALORS EEE

qu'à ce moment j'ai déplacé légèrement le calcul qui se présenta alors dans un meilleur axe; il était éliminé par le malade peu de jours après. Depuis, le malade que je revois de temps en temps ne souffre plus et a des urines limpides.

OBSERVATION IX Docteur VERRIÈRE (Congrès A. F. U. 1923)

M. F..., 46 ans, a été traité par moi, avant la guerre, pour de la prostatite, par massage et instillations ; après un long séjour aux colonies il revient en mars 1919 avec une nouvelle poussée de prostatite avec urines troubles à staphylocoques.

Le traitement institué ne soulage pas le malade comme antérieurement ; les urines restent troubles et le malade accuse une douleur persistante dans la région lombaire gauche avec sensation de gonflement : je le cystoscope alors et trouve dans la vessie quelques gravats phosphatiques que j’évacue par un vigoureux lavage; mais je constate que l’orifice urétéral gauche ne donne pas d’éjaculation régulière ; l’urine coule en bavant ; j'essaie un cathétérisme, la sonde butte à un centimètre. Je fais plusieurs tentatives et arrive à passer avec une sonde conique olivaire n° 5 ; il coule alors par la sonde près de 50 centimètres cubes d’urines troubles, très peu purulentes, mais très bactériennes. Le lendemain le malade éprouvait une vive colique néphrétique (j'avais fait une instillation urétérale d’une vingtaine de gouttes de solution de nitrate d'argent à 1) et émettait ensuite un calcul gros comme un pois. Depuis, ce malade n’a jamais fait de calculs, mais j’ai dû le soigner pour une rétention rénale de 150 centimètres cubes. Des radiographies faites depuis ont toutes été négatives.

OBSERVATION X Docteur VERRIÈRE (Congrès A. F. U. 1923)

En mars 1920, Mme G..., âgée de 40 ans, m'est envoyée par un de mes confrères avec le diagnostic de pyélo-néphrite droite à collibacille (examen bactériologique des urines prises aseptiquement). Cette malade se plaint d’avoir des urines troubles depuis plusieurs mois déjà avec quelques douleurs dans le rein droit, mais sans troubles vésicaux bien caractérisés. Pensant avoir quelques lavages du bassinet à pratiquer à cette malade, je la fais venir à la Clinique et lui fais une cystoscopie. Je constate un orifice“ punctiforme au sommet d’un monticule faisant fortement saillie dans la vessie. Je fis diverses tentatives pour passer des sondes ; à cause de la saillie et de la position particulière de l’orifice, je n’arrivais que tangentiellement sur l’orifice qui fuyait devant la sonde. Ne voulant pas trop prolonger la séance, je renvoya la malade au lendemain pour une nouvelle tentative ; à peine arrivée chez elle, elle prenait une violente colique néphratique du côté droit, comme elle n’en avait jamais eu, et émettait une masse de boue uratique, partie d’un bloc de plus de plus d’un centimètre cube. Ses douleurs de rein disparurent depuis et ses urines redevinrent très rapidement limpides. Une nouvelle cystoscopie me fit constater la disparition presque complète de la saillie urétérale vue antérieurement, remplacée par un simple froncement de la région.

OBSERVATION XI Docteur Vernière (Congrès A. F. U. 1923)

Mme P.., 45 ans, bonne santé habituelle, vient me voir pour des malaises vésicaux en juin 1921 ; elle a des besoins fréquents d’uriner qui tremontent à un indigestion datant d'une huitaine de jours ; ses urines ont été fortement uratiques. Elle a eu, il y a trois ans, une colique néphrétique avec élimination d’un calcul. À l’examen je constate simplement

PAbre

des urines un peu colorées, mais ne présentant ni sang, ni pus ; un utérus un peu gros en rétroversion me paraît être surtout la cause des malaises actuels : d’ailleurs, une réduction manuelle et la mise en place d’un bon pessaire soulagent la malade. Elle revient, en octobre de la même année, pour de nouveaux malaises qui sont survenus après de la fatigue et surtout un long voyage en chemin de fer ; les urines, cette fois, sont troubles et purulentes ; les mictions ont augmenté de fréquence et sont parfois un peu douloureuses; enfin, depuis quelques jours la malade a une sensation de lourdeur dans la région rénale gauche, sensation qui lui rappelle, en moins violent, ce qu’elle eut au moment de sa première expulsion de calcul.

La vessie n’a qu’une capacité de 125 grammes ; elle est absolument normale à droite mais, à gauche, dans la région urétérale, je constate un orifice urétéral arrondi au sommet d'un petit monticule ; à travers cet orifice je vois une masse noire brillante que je puis comparer à une tête à la vulve ; de part et d’autre, deux plaques ovalaires légèrement ecchymotiques. J'essaye de passer une sonde urétérale qui butte sur cette masse qui s'enfonce légèrement sous la pression que j'exerce ; à un moment je crois pourvoir glisser ma sonde entre cette masse et les lèvres de l’orifice, mais je suis vite arrêté ; je fais à ce niveau une légère instillation au nitrate d'argent : le lendemain matin la malade faisait une colique néphrétique de courte durée, terminée par l'expulsion d’un gravier noir ovoïde d’un centimètre cube à peine. Une nouvelle cystoscopie me fit voir que c'était bien là le calcul vu la veille dans l’uretère qui se présentait alors sous la forme d'un cratère ecchymotique. Les urines de ma malade redevinrent rapidement limpides ; je la revois de temps à autre ; elle n’a pas encore eu d’autres crises et ses urines sont restées

normales.

OBSERVATION XII Docteur VERRIÈRE (Congrès A. F. U. 1923)

Un matin on me téléphone à la Clinique pour un malade de mon maître, le docteur Rafin, qui souffrait d’une violente colique uretérale droite, et qui avait subi antérieurement une première urétérotomie basse pour calcul. Je le fis venir immédiatement et lui fis un cathétérisme de l’uretère ;: la sonde buta à peu près à 5 centimètres du méat urétéral ; je recommençai la tentative avec une autre sonde n° 6 conique olivaire, je pus passer entre le calcul et la paroi et retirai 300 grammes d’urines troubles. Plusieurs autres tentatives furent faites par le docteur Rafin et moi-même, mais le calcul fut récalcitrant et dut finalement être enlevé par urétérotomie.

OBSERVATION XIII Docteur VERRIÈRE (Congrès A. F. U. 1923)

En mars 1922, mon ami le docteur Arcelin me téléphonait pour me demander si je pouvais recevoir chez moi une malade qu'il venait de radiographier et qui avait à l'extrémité inférieure de l’uretère gauche, un calcul allongé qui provoquait une violente crise. Se souvenant des deux malades cités plus haut qu'il avait radiographié et qui avaient tous deux, semblet-il, bénéficié de l’exploration, il m'’adressait cette malade pour que j'essaie chez elle la même thérapeutique.

Je trouvai, comme d'habitude, un orifice uretéral sur un petit monticule, mais cet orifice assez serré n’admit que difficilement une sonde n° 5 qui, avec quelque hésitation, glissa brusquement et put remonter dans l’uretère sans difficulté appréciable ; je fis une instillation d'huile goménolée à 20 °. La crise douloureuse cessa immédiatement et la malade put rentrer à la Clinique, persuadée que le gravier allait sortir facilement ; je partageais moi-même cet espoir. Deux jours après, ne voyant rien venir, je fis une nouvelle tentative ; je

Page 1