OBSERVATION XVI
Dr GauTmEer (présentée au Congrès d’Urologie d’octobre 1912)
M°° C..., âgée de 37 ans, entre à l’Hôtel-Dieu de Lyon dans le service du docteur Tixier, le 20 avril 1912.
Antécédents héréditaires : rien.
Personnellement, souffre depuis trois ans de douleurs lombaires gauche et iliaques droites. Les premières sont les plus violentes. Ce sont de véritables coliques néphrétiques survenant dans les derniers mois presque toutes les semaines. Les douleurs droites sont continues avec exacerbation de temps à autre. Irradiation vers la cuisse. Un peu de cystalgie.
Jamais d'émission de calcul ou de sable. Quelques hématuries au début.
Urines louches, contient des leucocytes et des cellules épithéliales urinaires, quelques hématies. Un gros disque d’albumine.
Points douloureux à droite : costo-lombaire, urétéral supérieur, moyen ; à gauche costo-lombaire, urétéral moyen. On sent le pôle inférieur du rein droit qui est sensible. On ne sent pas le rein gauche.
Au toucher vaginal, on sent dans le cul-de-sac latéral gauche un noyau dur de la dimension d’un petit haricot qui se prolonge en haut par un gros cordon élastique et résistant de la dimension d’une sonde en gomme n° 18.
La radiographie montre un gros calcul rénal droit. À gauche, l’uretère pelvien est occupé par trois ombres qui le jalonnent, la plus basse correspondant au noyau perçu par
le toucher.
Die
La cystoscopie montre une vessie normale. L'orifice urétéral gauche n'est pas plus large que le droit, il est un peu rouge. Pas de cathétérisme urétéral.
On décide d'opérer d’abord le rein droit : intervention le G mai (Docteur Trxrer). On sent très nettement le calcul dans le bassinet, il est extrait par pyélotomie. Son poids est de 16 grammes, son aspect uratique. Suites normales.
Le onzième jour, violentes coliques néphrétiques gauches avec 40° et oligurie. Pendant quatre jours, température entre 39° et 40°, douleurs lancinantes lombo-iliaques, urines rares, puis défervescence.
Le 22 mai, après quarante-huit heures d’apyrexie, cathétérisme uretéral gauche pour reconnaître l’emplacement du calcul : obstacle à 4 cm. environ du méat uretéro-vésical. On peut le dépasser et enfoncer une sonde n° 13 jusqu’à 15 cm. de profondeur. Elle évacue 250 centimètres cubes de rétention urinaire rénale à peine louche, non purulente.
Le lendemain, coliques néphrétiques violentes sans émission du calcul. On décide d'intervenir.
Avant de pratiquér l’urétérotomie externe, on tentera l’extraction du calcul inférieur par les voies naturelles. On essayera de fendre le méat uretéro-vésical dans sa traversée vésicale endoscopiquement. Puis des tractions vésicales faites par la vessie et le vagin amèneront le calcul dans la vessie.
25 mai. — Opération endoscopique (Docteur GAUTHIER). — Anesthésie à l’éther, dilatation de l’urèthre ; introduction dans la vessie d’un tube cystoscopique de Luys, n° 45. On repère vite le méat gauche, on le cathétérise avec un conducteur en gomme n° 4, de Maisonneuve, de 5 centimètres de long, vissé sur le conducteur métallique canelé, rectiligne du Maisonneuve. On engage le conducteur métallique dans l’uretère sur 3 centimètres environ. Le couteau de Maisonneuve n° ? est alors glissé vers le méat. On tranche la vessie sous le contrôle exact de l'œil qui ne perd rien de l'opération grâce au gros diamètre du tube endoscopique. Le couteau est poussé jusqu'à ce que son sommet disparaisse dans la muqueuse vésicale. L'hémorragie est modérée. On introduit alors, après avoir retiré les instruments, l’index gauche dans la vessie, l'index droit dans le vagin, les deux doigts sentent très bien entre les deux pulpes terminales, le calcul urétéral.
Is l’accrochent, l’attirent en bas. Il se mobilise et tombe facilement dans la vessie d’où il est attiré en dehors. L’ opération est terminée, elle à duré un quart d'heure. Le calcul, de la forme d'un noyau de datte, pèse 0 gr. 80.
Le lendemain 26, un second calcul de 0 gr. 35 est éliminé spontanément ; le surlendemain, le 3° calcul, de 0 gr. 15, est rejeté de même. Disparition de l’oligurie, de la fièvre, puis de l’albumine.
Le 8 juin, cystoscopie. On constate que l’orifice urétéral gauche à 5 à 6 */® de longueur. Il n’y a pas de traces nettes de la section vésicale. La vessie est intacte, nullement enflammée. On cathétérise très facilement l’uretère gauche sur une longueur de 25 centimètres avec une sonde n° 14. Il n’y a pas de résidu pyélique.
Amélioration de l’état général. Disparition des douleurs lombaires. L’urine est claire, sans albumine. (Revue le 27 août et le 27 septembre 1912).
Suites éloignées (inédites).
Le 8 janvier 1921, la malade revient pour un polype Disc qui provoque des pertes très abondantes. A ce moment, le docteur Gauthier pratique un examen complet des voies urinaires.
Cystoscopie et cathétérisme urétéral négatifs des deux côtés, au point de vue récidive ou suppuration. Urines claires. Le méat urétéral gauche, examiné avec soin, est absolument normal, on ne trouve pas de traces de l'intervention.
Le cathétérisme montre qu'il n’y a pas traces de sténoses.
Radiographie (Docteur Baryon) : Négative pour tout l’arbre urinaire. Hystérectomie ultérieure pour le polype dont la nature paraît suspecte.
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