Société de Chirurgie, Paris, mai
dose de 1 gramme 50 ou 2 grammes a la fois par vingtquatre heures ; par la voie stomacale en cachets de 50 centigrammes, au nombre de deux à quatie pai joui , en applications locales, s il est possible.
Pour ne pas fatiguer le malade, on peut alterner, de deux jours en deux jours, cachets et injections.
Il s’en était également servi en solutions au l/10e pour des lavages de l’utérus qui était aussi bourré de tampons imbibés de la même solution et placés à demeure, mais ce mode d’action dut être abandonné à cause des accidents ; pourtant, les solutions à l/10e ne sont caustiques ni pour
la peau, ni pour les muqueuses.
Les injections ne se font jamais dans la tumeur, pour éviter une irritation locale qui favoriserait l’extension du néoplasme ; elles sont douloureuses, mais leur effet est
plus certain que par l’ingestion.
Les douleurs sont atténuées ou supprimées dès le début du traitement, l’odeur fétide des suintements disparaît, les hémorragies deviennent sanguinolentes, puis se transfoi ment en un simple écoulement de sérosité. Avec de nouvelles poussées néoplasiques, les pertes recommencent, mais elles sont inodores.
Quant à la tumeur, elle entre en régression ; le tissu cancéreux se déterge, les tongosités se nécrosent, les bouigeons charnus ne prolifèrent plus, mais s affaissent et durcissent. Dans les cancers utérins, le col envahi qui a parfois l’aspect d’un chou-fleur, prend une apparence mamelonnée. Il y a, en définitive, dégénérescence scléreuse par développement du tissu conjonctil interstitiel et peut-
être, organisation adulte des tissus embryonnaires. Enfin, la plaie devient rouge vif, les bords semblent se constituer par un bourrelet épais et sinueux de plus en plus dur, marquant la limite de l’envahissement. Des applications de quinine en poudre aident à la désorganisation et à l’escharification de la plaie cancéreuse.
Les œdèmes disparaissent et les ganglions diminuent. L’état général correspond à l’amélioration locale ; les malades accusent un mieux sensible, l’abattement et le dégoût cessent, les forces augmentent.
Le traitement est très différemment supporté ; on doit le supprimer si l’amaigrissement s’accentue. En tous cas, pour produire de véritables résultats, Jaboulay croit qu’il doit être précoce et longtemps continué, comme celui des paludiques et des syphilitiques, pour éviter les rechutes et qu’on ne devrait jamais opérer sans l’administration régulière de quinine, longtemps avant et après l’intervention.
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