CAUSTIQUES
Nous ne pouvons omettre de citer ici la chélidoine et le phytolacca decandra qui ont joui d’une certaine vogue et sont encore employés aujourd’hui, par quelques auteurs.
Chélidoine. — La chélidoine fut préconisée par Denisensko ; Freudenberg s’en sert, pure ou mélangée à des antiseptiques faibles en applications locales et elle a, en effet, une action destructive sur les végétations cancéreuses.
Dans le cancer de l’estomac, Cuony administre 20 gouttes par jour, de l’extrait fluide de la plante mêlé à de l’extrait fluide de condurango. Le docteur Spivak la donne intus et extra : à l’intérieur, de 1 gramme 50 à 5 grammes d’extrait aqueux par jour ; à l’extérieur, il fait des applications de gaze imbibée d’extrait additionné de 1/3 d’eau. Sous son influence, il aurait observé l’augmentation de l’appétit, la diminution des douleurs, la disparition de la teinte cachectique de la peau et la régression des tumeurs, au bout de deux ou trois semaines de traitement.
Pour obtenir des progrès plus rapides, il fait, dans le voisinage de la tumeur qui s’isolerait ainsi et pourrait être ensuite énucléée, des injections d’extrait étendu d’eau en parties égales.
Inutile de dire qu’on n’obtient aucun effet sur la généralisation et la métastase, mais que le grand avantage du traitement, c’est son innocuité et la facilité de son emploi; les cancers de l’estomac guéris ne seraient que des ulcères compliqués de péritônite localisée.
Phytolacca decandra. — Depuis longtemps, les applications de feuilles de phytolacca decandra (herbe à la laque) réduites en pulpe seraient un remède populaire aux Etats- Unis. Le docteur Goodman 4 en fait de nombreux essais et aurait constaté une action destructive élective sur les tissus épithéliomateux, dont on obtiendrait ainsi la fonte et l’élimination, tout en stimulant le processus de cicatrisation des plaies qui résultent de la destruction des néoplasmes.
On concasse les feuilles dans son mortier, on en exprime le suc, on évapore à consistance pâteuse et l’on met cette pâte sur un linge que l’on applique sur la tumeur deux fois par jour, après un lavage pour entraîner les parties déjà nécrosées. Les douleurs seraient intenses.
L’action est sans doute due à ce que la plante contient beaucoup d’acide oxalique et de potasse.
Nous avons déjà dit que nous ne nous occuperions pas du caustique électrique; nous ne ferons que mentionner le thermo-cautère qui tient d’ailleurs une large place dans les traitement médicaux, comme adjuvant. Disons-en seulement que pour ne pas épuiser son action dans des tissus spongieux et œdématiés, il est préférable de faire d’abord