‹ Du traitement des cancersChapitre 31 sur 36 · Lannelongue. Acad, de Médecine, 7 juillet · texte numérisé non relu

Lannelongue. Acad, de Médecine, 7 juillet

fibreuse complète, on laisserait là une porte de sortie pour l’extension néoplasique.

Néanmoins, sous l’influence de ce traitement, la tumeur diminue et les douleurs sont atténuées. Les résultats obtenus ne sont pas sensiblement supérieurs à ceux de l’alcool absolu, de l’alcool salicylé ou de la solution créosotée.

Coudray et Morau continuent des recherches pour établir exactement ce qui se passe entre les caustiques et les éléments cancéreux, ce qui permettrait de préciser la pratique de la méthode.

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SÉROTHÉRAPIES

Nous grouperons, dans un même chapitre, les diverses sérothérapies, qu’elles viennent d’une méthode empirique, comme les sérums dérivés de l’érysipèle, ou qu’elles prétendent à la spécificité, comme les sérums de Richet, de Vlaëff et la nectrianine. Nous ne croyons pas non plus devoir en distraire l’érysipèle qui fut le point de départ de ce mode de traitement, car il est intimement lié aux injections de toxines de Coley ou au sérum d’Emmerich et Scholl, qui n’en sont qu’une modification plus en rapport avec les idées modernes, sinon plus heureuse, du moins plus inoffensive. L’érysipèle curateur et ses sérums n’ont plus guère qu’un intérêt historique et sont aujourd’hui généralement abandonnés, aussi les passerons-nous rapidement en revue, pour comparer simplement leurs résultats avec les résultats obtenus par les sérums nouveaux anticellulaires, qu’ils s’attaquent au parasite ou à la cellule cancéreuse.

Avant de commencer cette étude, nous jugeons utile de dire quelques mots du mode d’action des sérums, qui permet d’expliquer comment des méthodes différentes peuvent avoir une action semblable et comment le sérum

d’Emmerich et Scholl, par exemple, sans aucune raison apparente, peut avoir une influence quelconque contre le cancer.

C’est de la méthode de la transfusion du sang, déjà pratiquée au XVe siècle, puis tombée dans l’oubli et reprise au XIXe siècle, que naquit la sérothérapie. En cherchant de quelles espèces le sang pouvait régénérer celui de l’homme, on constata le pouvoir globulicide, coagulant et toxique du sang d’un animal d’une certaine espèce, sur un animal d’une espèce différente. De crainte de coagulation et d’embolie, on injecta ensuite du sang défibriné, puis débarrassé de tous ses matériaux insolubles et l’on constata que le sérum simple jouissait des mêmes propriétés que le sang complet. Richet et Héricourt ouvrirent définitivement la voie en transfusant au lapin, animal très sensible au staphylococcus pyosepticus, du sang de chien, naturellement réfractaire à ce microbe, et en retardant ainsi l’évolution de la maladie h

Le sérum neuf, nous entendons celui d’un animal qui n’a subi aucune manipulation, est doué, par rapport à certains animaux d’une espèce différente, d’un pouvoir cytolitique ou cytotoxique; c’est-à-dire qu’il est capable de détruire énergiquement les cellules qu’il peut atteindre, qu’elles appartiennent à l’organisme, comme les globules sanguins, ou qu’elles y soient étrangères, comme les microbes et les bactéries.

Cette action est due à l’alexine, qui est la matière globu-

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