‹ Du traitement des cancersChapitre 34 sur 36 · Annales de VInst. Pasteur · texte numérisé non relu

Annales de VInst. Pasteur

res de streptocoques dont elle n’est qu’une modification. Ce n’est plus la culture filtrée ou stérilisée dont on se sert, mais du sérum de mouton inoculé par elle.

Des érysipélocoques sont cultivés dans un mélange à parties égales de bouillon de bœuf et de cheval, additionné de 20/100 de peptone deWitte. On porte à l’étuve à 30°, pendant trois jours, et on en injecte quinze centimètres cubes dans le péritoine d’un lapin qui meurt. On extrait le sang du cœur, on le cultive et on injecte la culture au mouton ; après six ou huit semaines d’injection, on le saigne, on filtre le sérum obtenu qu’on additionne de tricrésol à 0,04 centimètres cubes pour 100. On tue ainsi les coccus qui auraient pu survivre et échapper à la filtration.

Les auteurs ne parlent pas de guérisons complètes, mais ils ont obtenu le ramollissement des tumeurs. La méthode ne s’est pas répandue et on ne dut pas en tirer grand résultat, car Emmerich paraît l’avoir remaniée et en être revenu, en certains cas, à l’emploi de cultures pures et virulentes de streptocoques dans du bouillon, mais après injections préalables de son sérum. Il aurait ainsi obtenu, dans un épithéliome lingual, un érysipèle atténué, mais gardant cependant toute son efficacité.

Sérum de Richet et Héricourt.

La thérapeutique dérivée de l’érysipèle curateur n’avait pas donné les résultats qu’on eii attendait ; les découvertes modernes sur l’immunité acquise devaient conduire les chercheurs sur un terrain plus scientifique. Emmerich et Scholl avaient commencé à sortir de l’ornière en modifiant

dans ce sens un traitement qui avait semblé donner quelques résultats; Richet et Héricourt, les premiers, quittent franchement le domaine de l'empirisme pour entrer dans la nouvelle voie qui leur était ouverte.

C’est en < étudiant les propriétés toxiques du suc des tumeurs, au cours de leurs expériences sur la toxicité des sérums, quils turent amenés à tenter leur méthode sérothérapique contre les néoplasmes.

Ils commencèrent leurs essais au début de l’année 1895 et, dès le 29 avril, ils communiquaient leurs premiers résultats à l’Académie des Sciences.

Le 9 février 1895, Reclus enlevait un ostéosarcome de la jambe, lequel devait servir aux essais et nous empruntons a la thèse de M. Beretta le niodus facicudi de la préparation du sérum.

Pour éviter toute chance de souillure ou d’infection, on recueille la tumeur sur la table d’opération aussi aseptiquement que possible. Elle est immédiatement enveloppée dans une large pièce d’étoffe imperméable, préalablement lavée au sublimé et employée encore humide. D’avance, tout a été préparé au laboratoire pour les opérations ultérieures.

Avant tout, on prélève d’abord des échantillons pour l’analyse bactériologique et microscopique.

Puis on procède au broiement de la tumeur, après l’avoir débai lassée de la peau, du tissu cellulaire, de la graisse et des ulcérations qui peuvent avoir été le siège d’infections secondaires. On la débite en petits fragments qui sont pilés au mortier. Pour faciliter la trituration, on peut ajouter

du verre pilé. Autant pour éviter la projection du suc, cpie pour prévenir l’introduction des impuretés de l’air, on couvre le mortier d’une toile imperméable, percée d’un trou pour laisser passer le manche du pilon.

Le suc recueilli doit contenir le plus possible de protoplasma, de matière nucléaire, de blastème et de paiasites inter ou intracellulaires, si tant est qu’il en existe dans le cancer. Suivant la consistance, on le délaie dans une quantité d’eau variable et on exprime fortement à travers un linge fin. Richet a même imaginé pour celte opération un

filtre métallique, mais le linge sulfit.

On peut faire subir au liquide ainsi obtenu un second filtrage sur papier, pour retirer les matières grasses, mais un temps assez long est nécessaire et, pour arriver à ce résultat, on employait la centrifugation, au laboratoiie de

physiologie.

Le produit de ces manipulations est un liquide opaque, «ris rougeâtre, contenant des cellules désorganisées, des globules sanguins et des micro-organismes ; avec ce liquide on injecte des chevaux, des ânes, des chiens. La quantité à employer est variable suivant l’espèce choisie et suivant la toxicité, variable d’une tumeur à 1 autre.

Les injections de suc sarcomateux et carcinomateux sont en général bien tolérées ; quelques épithéliomes , au contraire, présentent une toxicité exceptionnelle, produisant des effets analogues à ceux des venins, qui sont, on le sait, des poisons épithéliaux : coagulations sanguines du cœur et du cerveau, embolies dans les pédoncules céiébraux et le cervelet.

L'injection est intraveineuse, à la dose de 20 à 40 centimètres cubes, dans la veine nasale du cheval, de 10 à 20 centimètres cubes, dans la marginale de l’oreille de l’âne, de 5 à 10 centimètres cubes, dans la veine d’une patte postérieure du chien.

Elle doit être poussée lentement et renouvelée tous les mois ; elle est de mieux en mieux supportée. On peut lui adjoindre sans inconvénients, pour renforcer et hâter son action, l’injection sous-cutanée d’une quantité égale de suc cancéreux.

L’animal sérumifère peut être saigné au bout de six à sept jours; on retire deux litres de sang du cheval; pour l’àne, la quantité est proportionnée à la taille ; on sacrifie le chien.

La dose de sérum injecté aux malades en traitement est quotidiennement de 3 centimètres cubes environ, dose qui est loin d’être toxique.

La réaction est très variable suivant les sujets, même avec un sérum provenant du même animal et l’intolérance est parfois absolue. Les inconvénients sont ceux de tous les sérums injectés : prurit dans la région de la piqûre, rougeur diffuse de quelques heures, quelquefois même, malaise, agitation, œdème douloureux au niveau de l’injection. Il peut se produire aussi des phénomènes lluxionnaires a distance, des vomissements, de la diarrhée, de la céphalalgie, des douleurs lombaires, des éruptions polymorphes : ortiées, scarlatiniformes, morbilleuses, purpuriques y érysipélateuses, presque toujours prurigineuses, mais rarement œdématiées.

Ces accidents peuvent apparaître après chaque injection, mais, en général, ils s’atténuent de plus en plus, comme par une sorte d’accoutumance. Chez beaucoup de malades, il ne se produit qu’une réaction fugace, disparaissant pai la diète lactée. En tous cas, il ne s’est jamais produit d’abcès : d’ailleurs, administré parla voie buccale, le sérum semble donner exactement les mêmes résultats que par la voie hypodermique ; on ne doit pas faire d’injections dans la tumeur elle-même, pas plus qu’employer la voie veineuse.

On n’a trouvé aucune différence apparente entre cet immunsérum et le sérum neuf du même animal, autrement que dans les propriétés thérapeutiques et toxiques qui sont sensiblement accrues. La réaction provoquée est plus intense. Certainement, ce n’est pas une simple solution de sels et d’albumine, comme on a pu le dire; c est un liquide organique doué de propriétés spéciales, qui, comme les sérums, perd son action cytolitique pai la chaleur. Il est chargé de ferments nombreux, dont quelquesuns très toxiques, ce qui se comprend étant donné son mode d’obtention. 11 produit une vive excitation nerveuse.

Nous nous contenterons de résumer les observations des deux premiers malades soumis au traitement, parce quelles contiennent toutes les autres. Il nous faut ajouter que leur publication était prématurée, puisque pour le premier cas, le diagnostic est discutable, même après examen histologique et que, dans le second, on ne pouvait

pas le poser d’une façon catégorique.

Les suivantes ne parlent guère que d’amélioration, de

régression des tumeurs et pas de guérison ; pour celle-ci, on ne pourrait même pas l’affirmer, car on ne peut lui demander un délai moindre qu’à la chirurgie. Mais cette amélioration n’est elle-même que passagère et la maladie un instant ralentie ne tarde pas à reprendre son cours. Il faut dire que Richet et Héricourt ne concluaient qu’à l’espoir que leur méthode pourrait quelquefois être efficace.

Dans le premier cas, il s’agit d’une femme, opérée en octobre 1894 d’une tumeur remontant à huit mois, de la grosseur d’une orange, adhérente aux 6e, 7e et 8e côtes. A son entrée dans le service du professeur Terrier, cinq mois après, elle présentait une récidive en avant de la cicatrice. Le 7 mars 1895, la nouvelle tumeur avait la grosseur d’une petite orange, très adhérente, sans engorgement ganglionnaire, mais causant un amaigrissement notable. Le diagnostic microscopique avait été fibrosarcome, en certains points globo-cellulaire avec tendance téléangiectasique. A partir du 12 mars, on pratique une injection quotidienne de trois centimètres cubes de sérum autour de la tumeur. Le quatrième jour, les contours s’œdématient, la peau rougit, la région est douloureuse. Après la treizième injection, les ganglions de l’aisselle et de l’aine s’engorgent et la tumeur diminue. A la quarantième, elle est réduite des 2/3 ; les ganglions inguinaux ont disparu, ceux de l’aisselle entrent en régression. L’état général s’améliore.

Le professeur Cornil, ayant de nouveau examiné les coupes de la tumeur et y ayant trouvé du bacille de

Kock, rejeta l’hypothèse d’une infection secondaire pour conclure à une tuberculose fibreuse.

Le second malade est un homme de 44 ans, du service du professeur Reclus. Il présente une tumeur dure, irrégulière, du volume d’une orange, dans la région épigastrique inférieure. Douleurs vives à ce niveau, vomissements rebelles depuis six mois, amaigrissement général, teint jaune cachectique. On avait porté le diagnostic de cancer inopérable de l’estomac. Le 6 avril, on commence des injections quotidiennes de quatre centimètres cubes de sérum. Dès la cinquième, la tumeur diminue: vers la vingtième, elle a disparu et l’on ne trouve plus qu’un empâtement profond, impossible à délimiter. L’état général s’améliore p r o ni p t e m eut.

A côté de ces deux observations dont les cas semblent fort beaux, mais qui sont incomplètes, il en existe une foule d’autres, que l’on dirait calquées sur elles dans les grandes lignes et dont un grand nombre sont relatées par Reretta. Toutes ne font et ne peuvent faire, il est vrai, mention que de résultats immédiats et qui même alors sont incomplets.

Richet donne communication à la Société de Biologie (séance du 27 juillet 1895) d’un mémoire de M. Boureau, de Tours, concernant sept cas de cancers traités par le sérum d’âne et où il n’a obtenu que l’amélioration de quelques symptômes.

A la séance de l’Académie des Sciences du 27 octobre 1895, après de nombreuses expériences, plus longuement suivies, Richet et Héricourt mettent définitivement les

choses au point et montrent ce qu’on doit réellement espérer de la méthode.

Toutes les observations, dont la plupart sont recueillies par des médecins jouissant d’une véritable autorité, donnent des résultats semblables et constants et, faut-il le dire, se rapprochent sur bien des points de la plupart des observations de cas traités non seulement par les sérums à érysipélocoques, mais aussi par tous les agents modificateurs de l’état général qui sont employés aujourd’hui. On n’a jamais obtenu de succès complet, mais il est vrai que l’on sfe trouvait dans de mauvaises conditions et qu’il s’agissait toujours de malades abandonnés par la chirurgie. Nous avons déjà signalé les inconvénients, voyons maintenant les avantages.

D’abord, ce qui était complètement inattendu, la douleur

cesse rapidement et le* sommeil redevient possible ; les hémorragies s’arrêtent, les fonctions digestives se rétablissent, les vomissements cessent, l'état général se relève, l’amaigrissement s’arrête et on peut remarquer une légère augmentation de poids. En somme, il se produit un effet stimulant, tonique et antispasmodique qui supprime les épreintes intestinales, vésicales et rectales.

Localement, la tumeur entre en régression; elle s’assouplit, se ramollit, les ulcérations se détergent, des bourgeons charnus de bonne nature apparaissent et l’on note une tendance marquée à la cicatrisation qui peut être partielle ou même se compléter. La partie de la tumeur qui se résorbe porte surtout sur la zone d’infiltration cancéreuse périphérique, qui subit une atrophie manifeste. La partie

adulte est le siège d’une action analogue, mais moins importante. Les oedèmes disparaissent avec les compressions vasculaires et nerveuses ; enfin les ganglions diminuent.

Selon Fabre-Domergue, la tumeur 11e serait pas constituée que de tissu néoplasique, mais encore d’abondants amas leucocytaires migrateurs pouvant se déplacer rapidement. C’est une action chimiotaxique qui produirait la diminution apparente du néoplasme ; il y aurait amélioration locale, mais nullement curative, seulement mécanique, comme celle qui peut se produire avec les cultures de Coley ou d’Emmerich.

Malgré tout, on est en présence d’une amélioration générale et locale telle, qu’elle a pu permettre une intervention sanglante, jusque là impossible.

Les forces reviennent ainsi pendant quelques semaines,

puis le progrès s’arrête, on s’aperçoit que l’on perd du terrain et, de nouveau, le cancer reprend sa marche envahissante, peut-être un peu ralentie.

Parfois, il arrive qu’un traitement étant interrompu trop tôt, les tumeurs reprennent leur extension; la reprise du traitement arrête tout de nouveau, mais d’une façon temporaire, et la généralisation ne tarde pas à se faire.

On ne peut nier cependant que ce sérum ne soit doué de propriétés antinéoplasiques surprenantes, pas plus qu’on 11e peut lui refuser un effet général presque merveilleux, car les améliorations locales ne peuvent à elles seules produire un tel retentissement sur l’organisme tout entier.

On a objecté qu’il ne pouvait pas avoir la moindre spéci-

ficité, parce qu’il agissait également sur les sarcomes et les épithéliomes, et n’influençait, par conséquent, que les éléments peut-être accessoires communs aux deux formes. Mais, outre que nous ne connaissons pas la cause étiologique par laquelle ils diffèrent, si même ils diffèrent sur ce point, des toxines qui influencent des cellules normales ne peuvent-elles agir sur des cellules pathologiques cancéreuses ? L’évolution de celle-ci est déviée, leur prolifération

folle et exagérée, leur activité surexcitée, mais tout cela ne les rend pas intangibles et ce n’est pas la première fois que l’on verrait une petite troupe régulière disperser et vaincre des hordes indisciplinées. Rien n’empêche deux cellules différentes d’être influencées dans le même sens par un même agent.

On peut aussi bien attribuer l’échec du sérum à l’affaiblissement de l’organisme qui s’use dans la lutte. Chacun de ses éléments qui devient la proie du cancer est un de ses soldats qui se tourne contre lui. La stimulation produite ne peut que reculer la fatale échéance.

Et pourtant, si l’on arrête le cancer, ne fut-ce qu’un instant, c’est qu’il peut être touché; si on peut le loucher, c’est qu’on peut le vaincre.

Des essais analogues ont été repris dans le courant de l’année 1899, à Lyon, sous la direction de Poucet, et les premiers résultats en ont été publiés en février 1901, dans la Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie , par le Docteur Louis d’Or, chef des travaux delà clinique chirurgicale de l’Hôtel-Dieu de Lyon. Cette fois-ci, les travaux

ont un but bien déterminé et c’est au pouvoir cytolitique qu’on s’adresse, contre la cellule cancéreuse.

On avait commencé par introduire aseptiquement dans le péritoine d’un lapin un fragment, gros comme un œuf, d’un chondro- sarcome de l’épaule. Pendant une année, la

petit noyau. A ce moment, on introduisit un nouveau fragment, de la même taille que le premier, d’une tumeur semblable qui, cette fois, se résorba en deux mois. On avait donc exagéré la cytolise du sérum du lapin, par rapport à certaines cellules cancéreuses de l’homme, puisque le second fragment fondit cinq fois plus vite que le précédent.

En mars 1900, un volumineux cancer mélanique fut haché, réduit en une bouillie grise et, suspendu dans un peu d’eau, injecté en totalité sous la peau d’une chèvre. Elle fut très malade pendant trois jours, mais ne présentait plus, au bout de ce temps, qu’une boule d’œdème, sans

menace de suppuration. Deux semaines après, il n’existait plus de saillie locale.

Le sérum de cette chèvre servit à traiter deux malades atteints de sarcome mélanique.

Le premier, présentant une récidive opératoire après quelques mois, reçut cinq injections de 10 à 20 centimètres cubes chacune. Le huitième jour, la tumeur avait évidemment diminué ; le douzième, la tumeur, primitivement du volume d’une grosse noix, se réduisait à un noyau dermique de la taille d’une petite olive, sans adhérence avec les plans profonds. Les ganglions en paquet du creux de

l’aisselle et du creux sus-claviculaire, avaient diminué et roulaient les uns sur les autres. Le malade sortit de l’hôpital et malheureusement ne put être suivi.

Dans le second cas, il s’agit d’une femme de 60 ans, jadis opérée d’un sarcome mélanique de la jambe récidivé sur place, sous forme d’un gâteau néoplasique de 0,13 a 0,15 centimètres de diamètre, généralement circulaire ; après l’injection de 100 grammes de sérum en trois semaines, la malade put marcher, ce qu’elle n’avait pas fait depuis plusieurs mois, après avoir souffert le lendemain de la première injection seulement. Le centre de la tumeur présentait alors de larges et profondes eschares, comme si elle devait s’éliminer ; les bords étaient entourés d une zone d’inflammation et d’œdème considérable. Faute de sérum, le traitement dut être interrompu.

On ne peut encore discuter et apprécier, à sa juste valeur, cette méthode qui èst trop récente et dont les observations ne sont pas assez nombreuses ; elle ne diffère pas sensiblement de celle de Richet et Héricourt, ce qui fait craindre qu’elle n’ait le même sort. Nous remarquerons toutefois, avec l’auteur, qu’elle a donné des résultats très appréciables et que pourtant une injection unique remontant a plusieurs mois n’était pas suffisante pour exalter au plus haut point les propriétés cytolitiques du sérum expérimenté.

C’est assurément une bonne explication de l’insuffisance de l’effet produit ; mais, à la rigueur, cela pourrait amener à penser que le sérum de la chèvre étant peu modifié, s’il ne l’était pas du tout, il agirait peut-être aussi bien.

C’est ce que prétendent Arloing et Courmont qui, expérimentant parallèlement le sérum d’âne neuf et le sérum d’âne inoculé selon la méthode de Richet, auraient tout juste retiré le même avantage de l’un et de l’autre.

C’est pourquoi Magnant 1 a pu proposer avec raison les injections de lymphe humaine, dans le seul but d’exciter l’organisme à la défense et de le fortifier en régénérant l’élément où ses leucocytes viennent puiser une nouvelle force pour la lutte.

C’est le principe de l’apothérapie qui avait déjà été proposée contre le cancer : la nature tend à la guérison, il faut lui rendre les moyens qu’elle a perdus.

Brown-Séquard et d’Arsonval avaient déjà tenté la médication orchitique, dont nous ne décrirons pas ici les procédés, et, suivant eux, sur 103 malades atteints de cancer superficiel, les améliorations suivantes auraient presque toujours été observées : « disparition de la teinte jaune » paille et de l’état cachectique, augmentation des forces,

» cessation des douleurs, des ulcères et des hémorragies » chez les malades qui en avaient ; c’est-à-dire, un retour » à l’état normal dans la plupart des cas, à part l’existence i) des tumeurs qui persistent, mais n’étant plus que ce que » serait un simple corps étranger chez un individu sain. » Ce jugement a paru depuis trop optimiste ; cependant Iscli-Wall 2 a repris l’emploi du liquide testiculaire et, plus récemment encore, Frederick Page et William

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