‹ Du traitement des cancersChapitre 35 sur 36 · Revue Médicale de l’Est , 1er juillet · texte numérisé non relu

Revue Médicale de l’Est , 1er juillet

2. Isch-Wall. Contribution à l’étude du traitement des tumeurs malignes. Revue des maladies cancéreuses, 20 janvier 1896.

H. Bishop 1 ont essayé l’extrait thyroïdien qui leur aurait donné un succès dans un carcinome du sein récidivé trois mois après une première opération el trois semaines après une seconde, et dont l’examen histologique avait confirmé le diagnostic.

Une heureuse modification de l’état général n’entre pas pour une faible part dans les chances de guérison du cancer et la chirurgie compte avec elle. Quand, longtemps après une récidive ou deux récidives opérées, rien de nouveau ne se produit, les chances de survie sont très grandes ; mais est-ce parce que l’opération de la récidive a été plus complète, ou ne serait-ce pas plutôt parce qu’il ne s’est pas produit une réaction générale contre la diathèse, à qui on a enlevé seulement un foyer de dissémination ?

Nectrianine

Le nectria ditissima, pyrénomycète longtemps considéré comme un saprophyte inoffensif avait été décrit par les frères Tulasne et R. Artig. L’un des premiers, Armand Gautier, présenta, à la séance de l’Académie des Sciences du 10 juillet 1900, une note du Dr Bra sur les cultures de nectria ditissima, en montrant leur analogie avec celles du champignon parasite qu’il avait isolé du cancer humain.

Dans la forêt de Meudon, il avait inoculé des arbres avec ces dernières, et frênes, mérisiers, érables-sycomores, ormes présentaient, six mois après, des chancres produisant de

1. The Lancet, 28 mars 1898. p. 1460 et Presse médicale , 3 septembre.

nouvelles cultures qui, ingérées par des lapins, leur donnaient au bout de trois mois des ulcères ronds de l’estomac, comme l’ingestion des cultures humaines. Ces faits apportent un appui aux hypothèses de Fiessinger, Mathieu, Léon Noël, relavives à l’origine végétale du cancer humain.

Partant de ces données, Bra et Mongour expérimentèrent un produit, extrait de cultures méthodiques du nectria obtenu par Bra et Chaussé, de la manière suivante : ils évaporent, au bain marie, jusqu’à réduction au 1/3, des cultures datant de deux mois de ce champignon sur bouillon de raisin. Ils filtrent sur porcelaine et portent le filtratuin à l’autoclave à 120°, pour détruire les spores ; on obtient un liquide limpide, jaune brun, la nectrianine conservée dans des tubes scellés, d’une contenance de 3 centimètres cubes environ.

Les premiers résultats obtenus furent présentés en 1900 à la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux. Mongour et (lentes continuèrent leurs essais et en firent l’objet d’un article dans le Bulletin Médical du 10 juillet

L’injection se fait dans le tissu cellulaire lâche ; elle est assez douloureuse et produit, au niveau de la piqûre, une boule d’œdème souvent longue à se résorber, avec érythème périphérique disparaissant au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures. La quantité injectée est de 5 centimètres cubes à la fois, à plusieurs reprises dans la semaine, ne produisant, d’après Bra, aucune réaction appréciable chez les animaux sains. Chez les cancéreux, hommes ou animaux, au contraire, au bout de trois ou quatre heures,

la température s’élève de 1°5. Elle peut parfois être accompagnée de frissons, accélération du pouls, battements cardiaques et céphalée. La crise se terminerait, après quelques

heures, par des sueurs, de la polyurie et un profond sommeil.

I. — Jeanne B. Cancer inopérable de l’utérus et du vagin. On commence les injections de nectrianine en juin 1899. Diminution des douleurs abdominales et lombaires. Point douloureux du radius droit. Suspension du traitement jusqu’au 17 octobre. Les douleurs reparaissent aussi intenses. Tumeur dure du radius faisant corps avec l’os. Reprise du traitement. D’abord diminitution des douleurs qui reparaissent ensuite, pour persister aussi violentes jusqu’à la mort. Auc une influence favorable du traitement sur les pertes fétides, tantôt milles, tantôt abondantes. La généralisation à distance s'est faite.

II. — Marthe V., 40 ans. Cancer utérin, hémorragies, douleurs lombaires et sciatiques vives. Injections de nectrianine en février 1900. Soulagement réel.

III. — Louis R., 56 ans. Epithélioma lingual, douleurs spontanées par crises. Gène mécanique de la déglutition. Piqûres le 10 décembre 1899, jusqu’au 16 février 1900. Le malade avale plus facilement, les douleurs ont diminué. Les souffrances recommencent après la cessation du traitement. La tumeur prend une

• marche rapidement progressive.

IV. — 60 ans. Tumeur de la vessie. Après le traitement, le nombre des mictions diminue de moitié. Suppression des douleurs et des hémorragies qui recommencent aussitôt après la cessation des injections.

Dans une première communication à la Société de Médecine et de Chirurgie de Bordeaux , le 5 janvier 1900,

MM. Bra et Mongour avaient déjà donné les résultats obtenus sur dix-sept cancéreux (14 cancers utérins, 1 épi- Ihélioma de la face, 2 cancers de l’estomac).

On a évidemment affaire à des malades désespérés et abandonnés des chirurgiens, mais, malgré tout, les résultats ne sont pas précisément encourageants : les injections n’ont jamais arrêté l’évolution du néoplasme , n’ont jamais empêché la généralisation à distance, c’eut été trop beau ; mais elles n’ont même pas modifié l’engorgement ganglionnaire, n’ont troublé en rien l’évolution cancéreuse et de plus, leur suppression a toujours coïncidé avec une évolution suraiguë du processus. Elles sont douloureuses, au point que les malades les redoutent. Comme compensation, elles diminuent momentanément les douleurs, sans doute en agissant sur la névrite concomittante et arrêtent quelquefois d’une façon passagère les hémorragies et les pertes fétides. Les conclusions de ceux mêmes qui inventèrent et

expérimentèrent la méthode, peuvent se passer de com-

mentaires, étant assez éloquentes par elles-mêmes.

Cancroïne

Nous ne ferons guère que signaler la cancroïne d’Adamkievickz sur laquelle nous n’avons pas de renseignements bien précis. Dans une de ses premières communications 4, l’auteur parle de la guérison d’un cancroïde du visage par des injections sous-cutanées d’un liquide qu’il appelle cancroïne et sur lequel il ne peut rien dire de cer-

1. Wiener med. Presse , 1891, n° 50 et Revue Hayem, 1892, t. 40, page 298.

tain. On en sait que c’est un extrait de tumeur cancéreuse, employé, en applications ou en injections sous-cutanées de 50 centigrammes à 1 gramme. Des observations, il résulte que les injections étaient suivies d’oligurie et que le pouls pouvait montera 120; au bout de quatre jours, il se produit une vive inflammation des bords de la plaie et, au cinquième jour, une abondante suppuration verdâtre, puis la rougeur diminue et la tumeur entre en régression en débutant par la périphérie ; la cicatrisation des ulcères

commence également par les bords. En même temps, l’état général se relève. Aussitôt après l’arrêt du traitement, la suppuration se rétablit et l’envahissement continue.

Sérum de Vlaëff et Hotman de Villiers

A la séance de l’Académie de Médecine du 12 juin 1900, le docteur Vlaëfï, privat-docent de l’Académie de Saint- Pétersbourg, lit, en son nom et à celui du docteur Hotman de Villiers, un mémoire sur le traitement des tumeurs malignes par un sérum qu’il a inventé. Il présente en même temps deux malades en traitement.

Ayant constaté dans les tumeurs la présence de blastomycètes, il isole et cultive ces parasites dont les inoculations, dit-il, reproduisent chez les animaux le cancer et l’infection générale cancéreuse, ou plutôt une septicémie d’un genre un peu spécial et des tumeurs adéniformes.

Il a tenté d’immuniser de nombreux animaux, mais il n’a obtenu de sérum actif que chez les oiseaux. C’est celui des pigeons, des poules et surtout des oies, inoculés à plusieurs reprises avec des levures pathogènes isolées de

tumeurs cancéreuses, qu’il emploie pour ses expériences et ses malades.

Ses premiers essais ont été laits sur des rats à qui on avait inoculé des blastomycètes ; a une partie dentie eux, on faisait des injections de un demi a un centimètre cube de ce sérum immunisant. Ceux qui n en avaient pas eu mouraient tous dans le délai de un à deux mois, présentant

les symptômes : tumeur, cachexie, infection. Les autres, au contraire, restaient bien portants. Pour quelques-uns, on attendait l’apparition des tumeurs pour commencer les injections, sous l’influence desquelles, si l’envahissement n’était pas trop avancé, et s’il n’y avait pas de généralisation, on voyait la tumeur s’isoler, se nécroser, s éliminer et la cicatrisation se faire.

Sur les coupes microscopiques des animaux sacrifiés, on pouvait voir, au bout de quelques jours, au niveau des points inoculés, les blastomycètes entourés les uns de cellules polynucléaires en voie de prolifération, les autres désagrégés et entourés de leucocytes. Les tumeurs des animaux non immunisés présentent beaucoup de blastomycètes et peu de leucocytes et l’on constate le contraire chez les autres. Vlaëff croit avoir observé le développement de tissu fibreux dans les tumeurs enlevées.

Le sérum est inoffensif à la dose de deux centimètres cubes chez le singe et le rat ; on peut en injecter sans crainte, dix centimètres cubes chez l’homme.

Quoique sans danger, il n’est pas cependant inactit et l’injection produit tout d’abord une réaction locale et générale assez vive, mais passagère. La tumeur s’accroît, les

ganglions correspondants se tuméfient davantage et le nombre des leucocytes du sang augmente, en même temps qu’une fièvre légère s’allume. Au bout de quarante-huit heures, tout rentre peu à peu dans l’ordre, la réaction tombe, la tumeur et les ganglions diminuent et la fièvre disparaît.

Les résultats n’ont pas été complets, mais les essais sont encore peu nombreux et les sujets expérimentés étaient tous inopérables.

Les deux malades présentés sont atteints d’épitbélioma lingual.

Le premier présentait, avant le traitement, un engorgement ganglionnaire considérable ; après six injections en un mois, il fut assez amélioré pour permettre à Reynier de tenter une opération jusque-là impossible. Une ulcération de la cicatrice disparut par la reprise des injections. Le malade a engraissé et est resté guéri du côté de la tumeur, bien que les ganglions fussent pris. Son état a paru depuis assez satisfaisant pour autoriser une nouvelle intervention

au cours de laquelle on fit l’ablation d’un ganglion sousmaxillaire.

Le second malade parait avoir été réellement amélioré. Les douleurs sont devenues très supportables, mais il n’a pu être suivi.

Dans un rapport à l’Académie de Médecine, le 20 novembre 1900, sur la communication précédente, Lucas-Championnière ajoute deux autres cas : un épithélioma lingual avec engorgement ganglionnaire énorme. Au bout de six mois de traitement, le soulagement est considérable, les

douleurs oui diminué, ainsi que les ganglions, la salivation s’est modifiée, le malade a cessé de maigrir et il a même augmenté de poids.

L’autre cas est un cancer du sein droit chez une femme ; l’amélioration est certainement moins manifeste ; la malade affirme cependant que les douleurs ont diminué et que les mouvements du bras sont plus libres.

Dans la même séance, Paul Berger rapporte les résultats qu’il a obtenus du traitement chez différents malades:

L’un atteint d’épithéliome du rectum, au bout de neuf injections a été amélioré. Il présentait une occlusion intestinale presque complète. Dès les premières piqûres, le cours des matières s’est rétabli, les douleurs ont diminué, le ballonnement a disparu, l’appétit a repris et le poids a augmenté. 11 faut ajouter cependant, qu’une fois déjà, ce malade avait présenté les mêmes symptômes qui s’étaient dissipés spontanément.

Un autre malade opéré d’un épithéliome du rectum, trois ans auparavant, présentait une récidive inopérable. L’envahissement de la prostate amenait une rétention d’urine et des hémorragies graves, qui cédèrent aux injections. Le mieux se maintint pendant « quelques mois », l’appétit était revenu et le malade avait meilleur aspect. Mais la néoplasie reprit peu à peu son accroissement graduel et sa marche envahissante, que la reprise du traitement « enraya de nouveau ».

Un malade atteint d’épitliélioma de la langue et du plancher de la bouche, avec stomatite et ulcérations, souffrait horriblement ; la déglutition était impossible. Par les

injections, la plaie se nettoie, les douleurs diminuent, les forces reviennent. Mais, après ce temps d’arrêt, l’envahissement recommence. Cependant, le moignon de la langue tend à se cicatriser.

Un autre épithélioma de la base de la langue, avec adhérence au plancher de la bouche, gros comme une noix, avec engorgement ganglionnaire des deux côtés, est notablement amélioré après deux injections. Au bout de la dixième, le malade a augmenté de poids, il peut manger, parler. Les douleurs sont supprimées ; la tumeur et les ganglions ont diminué. Mais le traitement a été interrompu et la rechute depuis est complète.

Un cancer du sein avec engorgement ganglionnaire fut très amélioré. La tumeur entra en régression et diminua tellement, que l’on ne pouvait croire à sa malignité. Pourtant l’examen histologique, après l’opération, examen de Vlaëff, contrôlé par Josué, Cornil, Ranvier et Brault, montra qu’il s’agissait d’un épithéliome cylindrique. Avant l’intervention, les ganglions de l’aisselle avaient diminué de manière à rendre relativement faciles les mouvements du bras.

Nous ne croyons pas utile de continuer celte énumération, car toutes les observations, comme les précédentes, semblent pour leurs grandes lignes, copiées les unes sur les autres : diminution de douleurs, modification des écoulements, arrêt des hémorragies, reprise de l’appétit, augmentation de poids, ralentissement de l’évolution, puis, reprise insidieuse ou rechute brusque qui peuvent être interrompues de nouveau momentanément par de nou-

velles injections. Si nous mettons en regard ces résultats avec les résultats obtenus par les méthodes précédentes, nous remarquons que la seule différence n’est que dans leur constance peut-être un peu plus grande, niciis ils ne sont, hélas ! pas plus durables.

On peut faire un sérieux reproche à ce mode de traitement : c’est de 11e reposer sur rien de précis. Il pèche en effet par la base, puisqu’il admet comme prouvée l’origine blastomycétienne du cancer, et, à ce point de vue, le sérum de Richet et Héricourt inspirerait encore plus de confiance, parce qu’ils ne préjugent en rien de l’élément pathogène. Nous irons plus loin et nous dirons que, même en admettant que ce soit un sporozoaire qui produise le cancer, il n’est pas prouvé que c’est toujours le même qu’on doive incriminer. O11 ne peut guère soutenir l’unicité de la cause des épithéliomes et des sarcomes, en présence de la différence de constitution et de mode d’extension de ces tumeurs, et, dans chacune de ces deux classes mêmes, ne voit-on pas des néoplasmes de marche absolument dissemblable ? Les uns évoluent lentement, sans tendance à la généralisation, donnant, quel que soit le traitement employé, des guérisons, ou, tout au moins, seulement des récidives locales ; les autres ont un envahissement foudroyant. • C’est peut-être précisément la multiplicité des causes qui crée la difficulté des recherches et l’insuffisance des résultats. Les partisans du parasitisme eux-mêmes ont trouvé les formes les plus différentes, et le professeur Vuillemin, par exemple, signalait, le 15 février 1900, à l’Académie des sciences de Nancy, un blastomycète d’un ordre plus élevé

que ceux de San-Felicé, Bussi, Roncali, Léopold, etc., qu’il avait trouvé en examinant les cultures du Dr Bra. En tous cas, la question reste bien obscure, puisqu’on a pu soutenir, comme Fabre-Domergue, que tous les stades de sporulation observés, pourraient bien n’ctre que des inclusions cellulaires, produits d’excrétion ou de désintégration.

A plus forte raison, ne peut-on faire aucun fond sur le traitement par la nectrianine, ni concevoir aucune espérance de cette direction imprimée aux recherches. La constatation de nectria ditissima produisant, chez les plantes, des tumeurs analogues à celles des hommes, nous prouve qu’il est rationnel de chercher semblable cause à nos néo¬

plasies ; mais lorsqu’on voit à quelles difficultés on se heurte dans les recherches étiologiques, c est vouloir compliquer encore la situation que d’user d’un sérum obtenu par l’injection d’un parasite végétal, alors que l’inoculation d’homme à homme et surtout celle de l’homme aux ani¬

maux ou réciproquement reste encore si douteuse. C est une preuve que le parasite, s’il existe, ne s acclimate dans un organisme, que par une tolérance spéciale ou un terrain favorable dû peut-être à l’hérédité, à l’habitat ou à l’alimentation, réunion de causes intérieures et d actions

ambiantes.

S’il est déjà hasardeux de faire des tentatives contre un parasite non prouvé, combien n’est-il pas plus hasardeux encore d’aller chercher un élément de lutte dans un autre règne de l’univers? A quoi bon étendre ainsi le cadre des recherches, qui même restreint offre déjà tant de chances d’erreur ?

Il y a toutefois une action produite par tous les sérums ; mais sur quoi porte belle? Sur l’agent pathogène ou sur le terrain, sur l’attaque ou sur la défense?

Les partisans du parasitisme opinent pour la première et expliquent par une sorte de vaccination de l’élément pathogène le peu de durée de l’action produite. Mais il semblerait plutôt que ce soit sur la défense, lorsqu’on voit le processus, un instant ralenti ou arrêté, reprendre sa marche progressive, comme si l’excitant avait usé son action, de même que la digitale ou la caféine soutiennent un instant l’organe épuisé des cardiaques et lui donnent une énergie factice et passagère.

Cette excitation peut être due à un sérum ou à un suc organique et une heureuse modification de la nutrition peut même être obtenue avec des sels minéraux : Lucas Championnière, avec de faibles doses longtemps continuées de magnésie anglaise, médication en apparence anodine, n’a-t-il pas enrayé des cancers du sein et de la langue, en suivant le traitement que Fonssagrives avait tenté contre les verrues et les papillomes ? Le glycérophosphate de chaux, dont l’acte physiologique n’est guère connu, n’estil pas employé empiriquement et, longtemps continué, n’agit-il pas d’une façon analogue, en la ralentissant, sur l’évolution tuberculeuse, dont il n’est certes pas le spécifique ?

11 résulte de tout cela que, pas plus que les autres, le sérum de Vlaëffne peut avoir de prétention à la spécificité ; néanmoins, s’il est inoffensif; on doit reconnaître qu’il n’est pas inactif et que ses effets semblent plus constants

que les effets obtenus jusqu’à ce jour. Il n’a pas qu’une action générale, car localement la tumeur est favorablement impressionnée et elle tend à la sclérose et à la cicatrisation.

11 ne produit pas comme le sérum de Richet des éruptions polymorphes, après les injections, et, étant donné son mode de fabrication, on ne peut lui objecter que l’amélioration qu’il provoque n’est due qu’à l’immunisation de l’organisme contre les infections surajoutées.

Enfin, quel que soit le mode d’action, dans une affection si terrible, un mieux ou un moins mal sont déjà un succès ; le malade soulagé reprend espoir et perd un instant de vue la mort qui s’avance. C’est pourquoi il faut encourager les tentatives, même les plus hasardeuses, surtout si on les voit donner un semblant de résultat, en regrettant que les notions pathogéniques ne leur assurent pas une base plus précise et plus solide.

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