‹ Du Traitement des Différentes Formes du Paludisme et en Particulier de la Forme Bilieuse Hémoglobinurique par le Bleu de MéthylèneChapitre 10 sur 35 · DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

De l’hémoglobinurie quinique et de la fièvre bilieuse hémoglobinurique palustre. |

Le diagnostic de l’hémoglobinurie est si difficile à établir que l’on confond souvent l’hémoglobinurie quinique avec la palustre.

L’hémoglobinurie quinique se présente presque toujours sous un des types, bénin ou malin, de lempoisonnement palustre. 7

Comme la quinine est le médicament spécifique du paludisme, ceux qui en souffrent étant obligés de prendre de la quinine, contractent l’hémoglobinurie quinique lorsque leur organisme est prédisposé à l’empoisonnement quinique, ce qui explique la coïncidence de l’hémoglobinurie chronique avec la palustre. Il arrive dans les organismes qui sont très accessibles à l’empoisonnement quinique, de constater en même temps qu’une hémoglobinurie quinique, une forme de fièvre pernicieuse ou même d’hémoglobinurie palustre.

Le fait qu'il existe une hémoglobinurie quinique qu'il faut distinguer de la palustre est clairement démontré par le traitement.

Si chez un malade souffrant d’hémoglobinurie quinique

on administre de la quinine même à faible dose, la vie du

SA malade est en danger. Si on répète la dose, la malade succombe. Mais si elle provient du germe palustre et qu'il soit administré de la quinine, l’hémoglobinurie et les symptômes du type palustre se dissipent bientôt et le malade guérit.

De là la nécessité de savoir d’emblée reconnaître Ja cause palustre ou quinique de l’hémoglobinurie et quoique ce diagnostic soit assez délicat nous allons essayer d’en faire voir les principales différences.

1° L’hémoglobinurie quinique peut se confondre avec celle de la fièvre palustre lors des premiers accès decette dernière, pendant lesquels les symptômes généraux du type pernicieux ne se sont pas encore manifestés.

Durant cette période, si le malade présente de la cyanose sur les ongles, le visage, le nez et les oreilles, 80 fois sur 100, l’hémoglobinurie est due à l’effet de la quinine.

La cyanose sur les extrémités des doigts et le visage peut aussi avoir lieu pendant la période de l’accès paludéen mais elle est passagère et dure autant que le frisson tandis que dans l’hémoglobinurie quinique elle dure plusieurs heures après le frisson.

2° L’hémoglobinurie quinique se produit toujours de deux à quatre heures après la prise de la quinine. Elle se manifeste par un frisson, une pesanteur de la région . lombaire ; malaise, évanouissements, éblouissements, urines noires et abondantes dès linvasion du frisson. Ces symptômes disparaissent peu à peu et lesurines prennent au bout de 18 à 24 heures leur couleur.

Pendant ce temps le malade recouvre la santé. Il arri-

ve tout le contraire dans la fièvre hémoglobinurique palustre.

Les symptômes généraux, à mesure que le t&mps passe, augmentent d'intensité ou restent stationnaires; les urines se décolorent lentement, mais dans les 24 heures qui suivent, une nouvelle attaque apparaît inévitablement, aggravant les symptômes généraux et les urines se colorent de nouveau en noir. Si ce n’est qu'une fièvre intermittente hémoglobinurique l'accès réapparaîtra inévitablement au bout de 24 heures, bien plus intense que le premier quand même elle ne présenterait aucun des symptômes généraux et connus.

9° Enfin :il existe un moyen de contrôle différentiel très important par l’emploi du bleu de méthylène.

Lorqu’on se trouve en présence d’une hémoglobinurie dont le diagnostic est difficile à établir" on administre le bleu de méthylène. Si dans 18 ou 24 heures l’hémoglobinurie ne se répète pas et que la fièvre disparaisse avec les symptômes, on a la certitude que lhémoglobinurie est due à la quinine et l’on continue l'emploi du bleu de méthylène.

Si au contraire dans cet espace de 18 ou 24 heures, les symplômes généraux ne cessent pas et qu'un nouveau frisson suivi d’hémoglobinurie se produit; on procède alors aux injections de quinine.

Mais si pendant que les symptômes se continuent un ñouvel accès se reproduit non suivi d’hémoglobinurie,on voit qu’il s’agit de fièvre pernicieuse avec hémoglobinurie quinique puisqu’avec le traitement par le bleu Phé-

moglobinurie a disparu quoique les accès aient continué.

Dans toute fièvre pernicieuse le premier soin du médecin est de rassasier de quinine l’organisme du malade.

Dans ces cas en retardant l’emploi pendant 24 heures pour se convaincre de la cause produisant lhémoglobine et en commençant le traitement par l’emploi du bleu de méthylène on n’expose pas la vie du malade et on ne risque pas de laisser évoluer sans obstacle le germe palustre puisqu'on a démontré par de nombreuses observations que le bleu de méthylène employé à l’état pur était presque aussi efficace et dans certains cas plus efficace

même contre le paludisme que les sels de quinine.

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