‹ Du Traitement Des Fractures Transversales De La RotuleChapitre 12 sur 33 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Whyeth. The medical Record de New-York, t. XXI, n° 22, 1882).

Le 11 septembre 1882, on admit à l'hôpital du Mont-Sinai, à New- York, une jeune Allemande âgée de 20 ans, Dix jours avant, elle avait été violemment projetée par une vague contre le bastingage du navire sur lequel elle faisait une traversée, et dans sa chute elle s’était fracturée la rotule, Le médecin du bord avait placé la jambe dans une gouttière, et mis des compresses d’eau froide en attendant le jour du débarquement.

Lorsque Whyeth la vit, il constata un énorme gonflementdes articulations tibio-tarsienne et fémoro-tibiale; deux larges plaies siégeaient à la partie postérieure du genou et de la jambe. Il y avait en avant et sur les côtés de la jambe plusieurs ecchymoses et des phlyctènes noirâtres. Les fragments étaient écartés. Il était impossible de mettre aucun appareil, à cause des plaies; il aurait fallu attendre plusieurs semaines avant de les employer.

Encouragé par les succès obtenus dans les cinq cas qu'il connaissait et par l’état de son malade (appétit satisfaisant, rien dans les urines), Whyeth, après avoir attendu que la jambe füt revenue à son volume normal, se décida à tenter l’opération le 21 septembre, Quoique beaucoup moins volumineux le genou était encore gonflé, et les plaies du creux poplité dans le même état,

On se servit pour l’opération de deux pulvérisateurs, afin qu'il y en eût toujours un fonctionnant, dans le cas où l’autre viendrait à se déranger. Les éponges étaient neuves et phéniquées, les instruments trempés dans l’acide phénique et les assistants désinfectés ; les plaies furent lavées avec du chlorure de zinc et la jambe avec une solution phéniquée au 1/20. On fit une incision courbe, et sur le lambeau supérieur on pratiqua deux petites incisions par où devaient s'échapper les fils,

23 septembre, Douleurs dans le genou, le pied et le ventre; la nuit, une selle sanglante,

Le 24, On change le pansement en faisant le spray; les plaies ont

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mauvais aspect et les drains laissent écouler quelques gouttes de pus. Lavage de l'articulation avec une solution phéniquée au 1/30, LOS

Le 26. Meilleur aspect.

Le 27. Ténesme constant, diarrhée abondante, T. 102. Quinine, opium,

9 octobre. Le pus est plus abondant que les jours précédents. La solution injectée par les tubes sort par les plaies du creux poplité. Larges incisions latérales et postérieures, gros tubes passés d'avant en arrière, et un transversalement sous la rotule, Une heure et demie après la température monte à 1040, P. 130,

Du 12 octobre au 1° novembre la température oscille entre 99,5 et 102, avec exacerbation vespérale; diarrhée abondante, de 4 à 10 selles par jour. On donne sans discontinuer la quinine et le fer.

Dans le courant de novembre, le pus étant toujours fétide, on fait plusieurs incisions.

4er décembre. Il est évident que l'articulation est complètement désorganisée. Whyeth se décide à pratiquer l’amputation de la cuisse; un érysipèle de la jambe retarde cette opiration, qui se fait le 16 décembre.

fa malade guérit.

Dans cette opération, la méthode antiseptique a été rigoureusement suivie, aucune précaution n’a été omise; mais la fracture présentait un caractère de gravité particulier. Il y avait eu un traumatisme violent qui avait porté non seulement sur le genou, mais sur toute la jambe, et l'articulation tibio-tarsienne avait souffert. Les plaies du creux poplité, qui laissaient échapper plus tard le liquide que l’on injectait dans l’articulation, devalent certainement communiquer avec elle. Si l'on me s’est pas assuré immédiatement de ce fait, c’est pour éviter le danger de pareilles investigations ; mais la malade n’en resta pas moins dix jours sans pansement antiseptique, avec une plaie du creux poplité.

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