SES CE
après une longue immobilisation. Le résultat est jugé bon si l'impotence n’est pas plus considérable qu'avant, et on cherche à la maintenir dans ses limites à l’aide d'appareils prothétiques toujours embarrassants,
Mais lorsqu'il s’agit de combattre l’impotence, quels moyens peut-on employer si l’on repousse la suture? Nous les trouvons indiqués par Bonnet (Revue médicochirurgicale de 1851, t. X, p. 339). Dieffenbach fait la section sous-cutanée du triceps et il essaye d’aviver les fragments en les frottants l'un contre l’autre. A l’aide d’un ténotome, Malgaigne essaye de pratiquer cet avivement, il combine ce moyen avec la section du triceps. Pendant les quatre premiers jours le genou fut douloureux et tuméfié par une hydarthrose; le septième jour elle était assez diminuée pour que l’on pût appliquer les vis ; légère inflammation. On obtint une grande amélioration dans l’état du malade, l’écartement qui était de 6 centimètres fut réduit à 3 centimètres. Pour ces deux chirurgiens la cause première de l’impotence était bien l’écartement des fragments, leur désir était d’atteindre le but auquel on arrive par la suture; et ils cherchaient à y arriver par les moyens qu'ils avaient alors,
On a proposé d’électriser le triceps. Rien ne s'oppose à ce que l’on emploie ce moyen après la suture. Mais lorsqu'il a été employé seul il n’a pas donné de résultats bien satisfaisants. M. Petit, qui préconise ce moyen, a eu occasion de l’employer dans le cas suivant de fracture ancienne sans obtenir d'amélioration notable :
Le 12 octobre 1880. Delbecq est admis à l'hôpital de la Pitié, salle Saint-Louis, pour une faiblese du membre inférieur gauche qui le gène beaucoup pour marcher. Ecartement de deux travers de doigt entre les fragments réunis par un cal fibreux peu épais: impossibilité de soulever le membre dans l'extension, le malade était couché ; marche facile, mouvements libres, mais chutes fréquentes ; le membre se fléchit involontairement, sans que le malade puisse s’y
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opposer ; diminution évidente du volume du membre malade, comparé au membre sain, à la vue, à la palpation : cuisse flasque, on sent à peine la contraction du vaste externe, point celle du droit antérieur.
Mensuration Membre malade. Membre sain, Cuisse, 20 cent. au-dessus de la rotule 44 cent, 0 47 cent. 5 Jambe, 10 cent. au-dessous 36 — 5 39 — 5
Le malade reste dans le service jusqu’au 20 novembre, On fait tous les deux jours un séance de faradisation.
Mensuration Membre malade, Membre sain.
Cuisse, 20 cent. au-dessus de la rotule 45 cent. 4725 Jambe, 10 cent. au-dessous 32 — 39 5
Le membre malade ne peut encore se soulever seul au-dessus du lit, mais il y reste dans l'extension lorsqu'on l’a mis dans cette position.
Un peu plus de solidité de la masse musculaire, D, se sent plus solide sur ses jambes,
Il ne faut pas oublier toutefois que si la suture donne de meilleurs résultats que les autres procédés, l'opération n’est pas sans quelques difficultés dans les fractures anciennes. Ce serait même dans les cas anciens surtout que l’on aurait quelques obstacles à surmonter. Nous ne pourrions mieux faire que de reproduire ce que dit Lister : « Les cas anciens sont à tous égards plus mauvais que les cas récents, comme sujet d'opération. Dans les fractures anciennes ce sont des fragments déjà diminués par absorption qu'il faut encore rogner. Parfois ils sont assez éloignés l’un de l’autre pour qu’en les mettent en contact. on produise une tension ({\considérable, qui peut être la cause à travers le système nerveux de troubles inflammatoires. Causes qui affaiblissent et diminuent le pouvoir de résistance des tissus contre les agents septiques. Pour. affronter les fragments, il faut
(1) Voir l'influence de la tension sur la suppuration, Lucas-Championnière, Chirurgie antiseptique, 1880,
parfois diviser le triceps, qui est une partie assez vasculaire. En augmentant ainsi la longueur de l'opération, le chirurgien peut oublier quelquès précautions antiseptiques importantes. »
Pfeil-Schneider (Archives, t. XXVI, p. 287, 1881), signale aussi ces difficultés pour les cas anciens. Il ajoute que souvent le temps de l'opération, qui consiste à détacher les brides fibreuses des bords de la fracture, est quelquefois laborieux.
Pour nous, nous croyons que, si un malade atteint d'une fracture de la rotule vient après plusieurs mois demander à ce qu’on lui rende la marche possible, ou tout au moins plus facile, un chirurgien, quelque peu expérimenté et pratiquant rigoureusement la méthode antiseptique, à le droit d'ouvrir l'articulation et de faire la suture. Réservant les procédés ordinaires et les appareils de prothèse pour ceux qui refusent l'opération, n'ayant pas besoin de l'intégrité et du jeu régulier de tous leurs membres pour soutenir la lutte de l’existence.
Diverneresse. 8