‹ Du Traitement Des Fractures Transversales De La RotuleChapitre 31 sur 33 · OBSERVATION XLII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLII

Lister. British med, Journal, 3 nov. 1883. Communication faite à la Société médicale de Londres.)

En octobre 1877 on admit à « King’s collège hospital» un homme de 40 ans environ, qui, en tombant de cheval, s'était fait une fracture transversale de la rotule droite.

On essaya d’abord d'attirer en bas le fragment supérieur pour le mettre en contact avec l’inférieur. Four cela on se servit d’un appareil qui abaïissait ce fragment à l’aide de poulies et de poids.

Quatre jours après il existait encore un intervalle d’un quart de puce, on proposa au malade de faire la suture, il préféra rentrer chez lui et se faire soigner par son médecin. Mais huit jours plus tard il revint à l'hôpital demandant à être guéri.

26 Octobre. Quatorze jours après l’accident, incision verticale d’en viron deux pouces de long sur la rotule ; en arrivant sur le siège de Ja fracture, on trouva, entre les fragments, un magma très solide composé de caillots sanguins et de débris de tissu aponévrotique et périostique qui avait rendu impossible le rapprochement des fragments. Après avoir nettoyé l'articulation, les fragments furet obliquement perforés, de façon à faire ressortir le foret sur la surface fracturée un peu au-dessus du cartilage Un fil d'argent suffisamment gros fut placé dans ces trous, et les fragments, ainsi enfilés, furent soigneusement unis. Cependant, avant de les unir, Lister assura le drainage par le procédé que nous avons cité (Chapitre II, p. 16). Sauf un léger trouble immédiatement après l'opération, il n’y eut ni fièvre ni suppuration. »

Huit semaines après l’opération on fit une nouvelle incision à travers la cicatrice pour enlever les fils métalliques; cette nouvelle plaie guérit en quelques jours.

Dix semaines après on permit au malade de se lever, et, bien qu'il u’y-ait eu aucun mouvement provoqué, il pouvait mouvoir librement son membre sous un anole d'environ 80°, Il fut renvoyé deux jours

plus tard, et depuis il a été malheureusement perdu de vue.

Obs, XLIII. (Lister. Loco citato.)

Le 9 décembre 1859, Willam T..., commissionnaire, 37 ans, glissa en portant un sac de charbon et sentit céder quelque chose dans Son genou, il tomba sans pouvoir se relever.

À son entrée à l'hôpital on constata un fracture transversale de la rotule droite, avec écartement d'un pouce entre les fragments ; l'articulation était le siège d’un épanchement considérable,

Six jours après, incision longitudinale d'environ deux pouces sur a rotule; les lèvres de l'incision sont mainténues à l’aide d’un écarteur. Dans le trou pratiqué sur chaque fragment on passa un fil d’argent qui fut assujetti par quatre demi-torsions, et ses extrémités furent laissées en saillie à travers les lèvres de la plaie. Même drainage que dans le cas précédent.

Il est inutile d'entrer dans les détails, la courbe de la température montre qu’il y eut, pendant la première quinzaine, ce qu’on peut appeler un état absolument apyrétique. Pendant le reste de son séjour à l'hôpital il y eut deux ascensions accidentelles à 100°5, mais 1] n'y eut rien de sérieux, La plaie guérit, comme dans le cas précédent, sans suppuration.

Six semaines après l'opération le malade peut se lever,

Après huit semaines, incision à travers la cicatrice pour enlever le fil métallique.

Le 23 février 1875, c'est-à-dire quinze jours plus tard, on enleva jes bandes que, par précaution, on avait appliquées sur la jambe, Le malade marchait, fléchissait la jambe à angle droit et pouvait donner un coup de pied.

Le 22 février 1883 le malade fut revu. La rotule parait parfaitement normale, sauf une légère irrégularité sur le bord externe; il y a évidemment union osseuse, les mouvements de l'articulation sont parfaits depuis la flexion complète jusqu'à la complète extension :; il peut donner un vigoureux coup de pied. Il déclare que son genou est tout à fait comparable à ce qu’il était autrefois, il porte fréquemment un poids de 220 livres pendant 100 yarts. Il marche sans la plus légère claudication. Sans la présence de la cicatrice linéaire personne ne pourrait dire que cet homme a eu un traumatisme du

genou,

Obs, XLIV, (Lister, Loc, cit.)

Le 21 juin 1881, William G..., âgé de 62 ans, glissa pendant qu'il marchait ; ayant voulu placer sa jambe droite en dehors pour se maintenir, il tomba, la jambe fléchie sous lui, il lui fut impossible de se relever. A son entrée à l'hôpital on constate une fracture de la rotule, il y a un peu d'écartement entre les fragments que l'on peut cependant rapprocher sans difficulté ; le genou est très gonflé.

Le 24%, Trois jours après l'accident, opération comme dans les cas précédents ; on enleva les caillots et le liquide qui était dans l’articulation. Chez ce malade, pour la première fois, Lister coupa les fils très court et aplatit sur l'os Îa partie tordue, qui fut recouverte par les lambeaux, Quelques heures après l'opération le malade eu du délire, on craignait un accès de délirium. fl fut calmé par une potion opiacée, il ne présenta pas d’autres accidents. La feuille de température montre qu’il n’y eut pas un instant de fièvre, Le malade se leva six semaines après et il fut montré aux membres du Congrès international, 11 fléchissait la jambe à angle droit ; l'extension était complète.

Depuis, M. Lister a appris par l’un de ses amis que cet homme travaillait dans une usine de Birmingham; il a seulement une cicatrice linésire sur le genou, il le fléchit aussi bien que l’autre. Il y a union osseuse de la rotule avec une petite dépression. On ne sen pas les fils par le toucher. Comme imprimeur il fait marcher toute la journée, avec sa jambe malade, une pédale qui soulève un poids de 60 livres. Dans la saison humide il ressent une douleur à la place de son ancienne fracture.

Obs, XLV.(Lister, Loc. cit.)

Le 21 octobre 1881, Elisabeth C..., âgée de 67 ans, tombe dans un escalier, la jambe gauche fléchit sous elle et le genou toucha le sol, Portée à l'hôpital, on constate qu’elle a une fracture de la rotule gauche avec un écartement d'un quart de pouce, le genou est chaud etdistendu par l’épauchement. On attendit pour opérer que l’inflammation résultant du traumatisme fut calmée, et au bout d’une semaine l'opération fut faite absolument comme dans le cas précédent, Les bouts du fil furent coupés courts et avec uu petit marteau

ns “PS Lis

on les aplatit sur la rotule. On voit sur la feuille de température que, comme dans les cas antiseptiques, le premier effet de l'opération fut une dépression de la température. Le jour suivant il y eut une petite élévation qui ne dépassa pas 1049, après cela il n'y eut plus aucune trace de fièvre.

Quinze jours après on commençales mouvements passifs, La blessure était alors à peu près fermée, on continua à la panser avec une solution phéniquée.

Trois semaines après l'opération on pouvait fléchir la jambe sans écarter les fragments, mais la malade souffrait un peu.

Un mois après nouveaux mouvements passifs: la blessure est complètement guérie.

Six semaines après la malade se lève et peut se promener facilement: trois jours après elle quitte l'hôpital.

Le 23 février 1883, la malade est revue : la rotule parait normale, le fil forme sous la peau une proéminence assez aiguë, mais la peau est mobile sous lui. Les mouvements de l'articulation sont parfaits, depuis la flexion à angle aigu jusqu'à l'extension complète. Elle peut s’agenouiller comme avant, mais alors le fil en soulevant la peau cause un peu de sensibilité ; elle marche comme autrefois et sans boiter.

Obs. XI. VI. (Lister. Loc, cit.)

Le 6, janvier 4883, John P..., en descendant d'omnibus. est tombé, son genou portant sur le sol. Reçu le lendemain à King's collège hospital, on constate qu'il a une fracture transversale de la rotule, l'articulation était gonflée. Lister l'opéra le sixième jour, mais il dit que s’il avait cru trouver ce qu'il découvrit, une fois qu'il eut ouvert l'articulation, il se serait abstenu. C'était une fracture comminutive avec un fragment inférieur très petit ; il y avait un fragment de la grosseur d'une noisette, qui était complétement indépendant, et un autre plus petit de moitié qui fut extrait, ce qui, joint à l'âge avancé du malade, ne permettait guère d'espérer la consolidation. Les fragments furent perforés mais, à cause du peu de volume du fragment inférieur, le fil fut passé dans le ligament rotulien et ses extrémités aplaties sur la rotule; on fit le drainage. Il n'yeut ni fièvre ni suppuration,

Vingt-cinq jours après l'opération le malade était presque guéri, la flexion se fait à 30e, l'extension est complète, Un mois après l'opé-

ration la plaie est guérie; la flexion atteint 40° Au bout de deux mois le malade qui marchait, et qui marchait bien, quitta le service. Depuis il se sent plus fort chaque semaine, on pourrait même dire chaque jour. Il est surprenant de voir que cet homme ait une rotule complète, car le fragment inférieur était très petit. Il y a eu sans doute une régénération osseuse considérable aux dépens du périoste, car, entre le fil et le bord inférieur, on sent un fragment très consistant uni au fragment supérieur de façon à constituer une ‘ bonne rotule.

Page 1