MODE OPÉRATOIRE
Il va sans dire que l’on donne le chloroforme, le malade en retire le bénéfice de l’anesthésie et le chirurgien celui de la résolution musculaire, dont il a grand besoin pour rapprocher les fragments, que la rétraction du droit antérieur a surtout contribués à séparer en attirant en haut le fragment supérieur. L'opération peut être divisée en trois temps.
Le premier comprend l’ouverture de l’articulation, le dénudement des fragments et le nettoyage de l’article. L'incision qui divise à la fois les téguments et les tissus sous-jacents se font toujours à la face antérieure du genou ; mais on l’a pratiquée de différentes façons.
Les uns, comme Dicken et Kœnig, la font transversalement, au niveau de l'intervalle des fragments. La cicatrice qui en résulte peut être déchirée dans les mouvements de flexion du genou; de plus, il peut arriver que la cicatrice cutanée s'unisse à la cicatrice osseuse (1), puis, s’il survient une seconde fracture, les téguments se déchirent en même temps que les fragments osseux se séparent, et on voit alors se produire cette grave complication d’une fracture ouverte.
D'autres, avec Lister, Carneron, font une incision longitudinale et médiane d'environ 2 pouces de long; mais on est obligé de faire deux autres petites incisions latérales pour le passage dés drains.
L’incision curviliogne semblable à celle que l'on fait pour la résection du genou, allant d’un condyle à l’autre, et passant dans l'intervalle des fragments, ne néces-
site pas d’autres incisions pour le passage des drains, que l’on place alors à chaque angle de la plaie; elle paraît plus avantageuse dans les cas de grand écartement des fragments, et elle facilite toujours le lavage de l’ar ticulation. On la fait soit à convexité inférieure, comme M. Lucas-Championnière, soit à convexité supérieure, comme Trendelenburg. |
En relevant les lambeaux, ou en écartant les lèvres de la plaie à l’aide d’écarteur, dans le cas d’incision verticale, on dénude alors les fragments et on procède au nettoyage de l'articulation dans les fractures récentes; il consiste seulement à enlever les caillots sanguins qui, mélangés avec des lambeaux d’aponévroses et de périoste, forment parfois un magma assez solide remplissant l’articulation et interposé entre les fragments.
Mais, dans les fractures anciennes, ce temps de l’opération est toujours plus compliqué et quelquefois assez laborieux. Il faut, en effet, couper le col fibreux et les brides qui se sont formées, aviver les surfaces osseuses à l’aide d’une gouge ou d’uue engine; parfois même, il faut faire des incisions dans les aponévroses et diviser le triceps, ce qui se fait à 7 centimètres environ au-dessus de l'articulation. Toutefois, avant d'employer ce dernier moyen, il est bon de se rappeler que, dans un cas où le rapprochement des fragments était difficile, Lister arriva cependant à les réunir, en faisant placer la jambe et la cuisse dans l'élévation.
Le deuxième temps consiste dans la perforation des fragmeuts, le placement et la torsion des fils; suivant que l’on veut placer un ou deux fils, on fait dans chaque fragment un ou deux trous à l’aide du drill. En général, on ne dirige pas l'instrument dans une direction absolument perpendiculaire à la face antérieure des fragments, mais on l’oblique un peu, de façon à la faire sortir dans la surface fracturée, un peu au-dessus du cartilage; si l’on pratique de la sorte sur les deux fragments, on a