‹ Du Traitement des Furoncles du Conduit AuditifChapitre 7 sur 16 · B. — APPLICATIONS A L'INTÉRIEUR DU CONDUIT · texte numérisé non relu

B. — APPLICATIONS A L'INTÉRIEUR DU CONDUIT

L'introduction de substances médicamenteuses dans le conduit auditif a été de tous temps employée dans les affections douloureuses de l'oreille. D’abord simplement

PAUCHET : 4

= 0 Æ destinées à combattre la douleur, elles ont été appelées, en outre, depuis l’avènement de la chirurgie antiseptique, à combattre l'infection.

Pour le cas particulier qui nous occupe, il y a difiérentes manières de les appliquer et nous passerons successivement en revue :

4° Les instillations ;

2° Les badigeonnages ;

3 L'introduction de tampons d’ouale imbibès de solutions médicamenteuses ; |

4 Les injections dans le conduit ;

5° Les injections de solutions phéniquées dans le furonele même. ; |

Instillalions. — L’instillation, autrement dit le bain d'oreille, constitue une excellente médication. Pour les furoncles, comme pour toute affection de l'oreille en général, les liquides introduits dans le conduit auriculaire cs ne doivent jamais être froids.

Une seule exception peut être faite à cette règle : pour Palcool.

Donc quelle que soit la solution, on la fera chauffer, soit dans un tube à essai, soit dans une cuiller à café. Le malade inclinera la tête, de façon que le pavillon soit bien horizontal. Le moyen le plus simple de réaliser cette position est de faire asseoir le malade, un coude posé à plat sur une table, et la tête couchée sur le bras ainsi placè. On verse le liquide, non point directement dans la lumière du conduit, mais dans la conque de l'oreille, de façon qu’il s’écoule le long des parois jusque dans le conduit auditif. Cette manière de procèder épargne au malade

27.992 une Sensation désagréable, elle évite aussi l’emprisonnement à l'intérieur du conduit de quelques bulles d’air. On versera le liquide jusqu’à ce que son niveau affleure les surfaces du tragus et de l’anti-tragus, en recommandant au malade d'éviter tout mouvement qui pourrait vider en partie le conduit. Comme dans le cas particulier du furoncle, les bains d’oreille doivent être chauds et non tièdes, il faudra renouveler le liquide dès qu'il sera refroidi. Pratiquement on réalise cette condition en faisant relever la tête du malade toutes les une ou deux minutes : le conduit se vide, on le remplit à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce que le bain ait duré dix minutes ou un quart d'heure.

Les effets thérapeutiques que l’on peut demander au bain d'oreille, exécuté suivant ces règles, sont de divers ordres. Mais il en est un qui se retrouve quel que soit le

liquide employé, pourvu que ce liquide ne soit pas irri-

tant : c’est la sédation de la douleur.

Tout liquide chaud, non irritant, introduit dans le conduit auriculaire, calme la douleur immédiatement. Elle reparaît ensuite, il est vrai, mais moins violente. Lorsqwelle est redevenue trop vive, on recommence le bain.

On a pensé augmenter les propriétés sédatives du bain d'oreille, en se servant d’une décoction de têtes de pavots : On fait bouillir, dit Bonnafont, cinq têtes de pavot pendant une demi-heure dans de l’eau que l’on réduit à 50 ou à 30 grammes. On peut y ajouter 0 gramme 01 centigramme de chlorhydrate de cocaïne. On remplit le conduit, on prolongé le bain dix minutes et on le renouvelle aussi longtemps qu’on le juge nécessaire, M. Tillaux

MOTTE recommande aussi la décoction de têtes de pavots. D’autres incorporent au bain d’oreille du laudanum ou de la teinture d’opium. | |

Gruber donne les bains d'oreille avec une décoction de têtes de pavots additionnée de 1/100 de son poids de teinture d’opium.

On peut reprocher à toutes ces substances narcotiques de ne point entraver le développement des bactéries; ainsi que la montré Martha. Aussi préférons-nous pour notre part l'usage de substances antiseptiques. Mais il faut, nous le répétons, que la substance employée ne soit pas irritante : on doit rejeter par conséquent le chloroforme qu’on aurait tendance à employer, ainsi que les solutions trop concentrées d’acide phènique et de sublimé.

Les substances les plus recommandables sont : l’alcool rectifié, additionné de très peu de sublimè. Ce mélange employé par Weber-Liel depuis 1870 convient principalement au début. Il déshydrate les tissus, anesthésie, jouit d'un pouvoir microbicide assez énergique et peut au début faire avorter le furoncle. Employë plus tard il tempère les symptômes et empêche le développement de nouveaux furoncles. On le donne en bains d’oreilles, de cinq minutes de durée toutes les heures ou toutes les demi-heures. L’alcool boriquè saturè jouit des mêmes propriètès. On l’emploie dès le début et on continue jus= qu’à ce que le furoncle avorte; et alors même qu'il n’y a plus ni douleur spontanée ni douleur à la pression du stylet, il est bon d’en continuer l'usage pendant quelques Jours. Lœwenberg, qui a surtout insisté sur les avantages de cette substance, a montré que les tons alcoo:

One, liques en général pénétrant par capillarité dans les follicules pileux dont elles dissolvent la graisse, suivent la même voie que les staphylocoques et vont les atteindre jusque dans le foyer de suppuration. Dès que le furonele s’est ouvert, il emploie la solution sursaturée qu’il formule ainsi :

AC bONQUE.. EL er TPE, AlcooabDSOM ee aT ue AD0'gr.

Et dont l’avantage est de laisser un excès d’acide borique qui sera dissous par les secrètions à l’intérieur du conduit.

La teinture d’iode (Gingeot), Palcool camphré, etc., jouissent de propriétés analogues, mais sont moins employées. Suivant Cozzolo, la microcidine à 3 ou 4 pour 100 serait très supérieure aux solutions boriquées. Elle viendrait comme antiseptique après le sublimé et le naphtol. Il l’emploie du reste avec avantage contre toutes les suppurations d’oreille.

Les instillations de glycèrine phèniquée au 1/30 trouvent leur principale application après l’incision. Urbantschitsch les recommande vivement.

On peut aussi à l'exemple de Politzer employer le lysol en solution à 1/2 pour 100.

Badigeonnages. — Ils sont principalement employés dans deux circonstances : soit pour faire avorter le faroncle, soit pour calmer la douleur.

Comme abortif, Wilde conseillait les badigeonnages au nitrate d'argent. Trœltsch employait la solution de sul-

Co.

fate de zinc à 2 ou 4 grammes pour 30 grammes d’eau, Politzer emploie la glycérine phèniquée au huitième dont il répète fréquemment l’application.

De son côté M. Hermet a retiré de grands avantages du nitrate d'argent. Il se sert d’une solution au dixième, introduit dans l'oreille un tampon d’ouate trempé dans cette solution et l’y laisse vingt-quatre heures, Il dit n’avoir pas vu un seul furoncle de l'oreille se terminer par suppuration depuis qu’il emploie ce traitement ; et ce n’est que dans l'infime minorité des cas qu’il constate une récidive. Pour arriver au résultat abortif une seule application est nécessaire en général ; dans quelques cas il a dû renouveler l’application. Il suppose que le nitrate d’argent agit en pénétrant à l’intérieur des follicules pileux. L'emploi de cette mêthode à la période de suppuration ne donnerait aucun résultat, |

Pour combattre la douleur, Urbantschitsch recommande des badigeonnages du conduit à la glycérine morphinée, ou l’emploi d’une pommade.

Chlorhydrate de morphine... 0 gr. 01 à 2 centig. Vassline sisi cet gr,

Ou encore des instillations dans le conduit de la solution suivante :

Chlorhydrate de morphine... 0 gr. O1 à 2 centig. Eau de lâurier-cerise.....,. 5gr

On instille cinq à dix gouttes qu’on laisse de cinq à dix minutes,

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