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3 Les solutions médicamenteuses peuvent aussi être portées dans le conduit auditif, soit incorporées à des substances solides, soit à l'aide de tampons de ouate qui en auront êté imbibès. Sans nous arrêter plus que de raison aux remèdes populaires, tels que les grains de riz bouillis, les raisins secs cuits dans du lait et les bardes de lard, dont Trœltsch dit grand bien, mais qui ne doivent figurer ici qu’à titre de document purement historique, nous devons reconnaître que la méthode, dont nous allons dire quelque mots, présente des applications plus nombreuses que la prècèdente. |
Pour combattre la douleur, la pratique de Gruber nous offre d’abord ce qu’il appelle des amygdalæ aurium. Ce sont de petits ovules de gélatine contenant chacuñ un demi-centigramme de chlorhydrate de morphine. On les enfonce profondèment dans le conduit et l'on applique par dessus un tampon d’ouate. Gomperr donne une formule analogue, quand il conseille des bougies de gélatine additionnées de morphine, de cocaïne, ou d'extrait d’opium. En outre, il les ordonne assez grosses pour qu’elles exercent une certaine compression sur les parois du conduit auditif.
L'emploi de la cocaïne est rarement ici suivi d'effets thérapeutiques apprèciables, car, ainsi que le fait remarquer Hobbs, la eocaïne n'étant pas absorbée par la peau, ne sera d’aucune utilité dans le conduit auditif. La conseiller dans un cas de furoncle de l'oreille, dit-il, c’est comme si on l’appliquait sur la peau d’un doigt pour calmer les douleurs d’une carie osseuse, La cocaïne et la brucine, dit à son tour Burnetf, ne servent à rien dans
les affections de l'oreille externe, telles que les furoncles.: M. Lœvenberg croit cependant à l’action analgésique de la cocaïne dans le cas particulier, mais l’application en doit être prolongée, et il faut se servir de solution à 5 ou 10 pour 100. Politzer conseille l'emploi de tampons d’ouate trempés dans la solution suivante :
Acétate de morphine..... 0 gr. 20 centigr.
Acide borique........... 1 gr.
Vaseline blanche........ 20 gr.
Si maintenant nous voulons obtenir non plus une action analgèsique, mais une action antiseptique les solutions médicamenteuses sont également variées. |
Lorsqu'on veut avant ou après l’incision désinfecter le conduit, Hartmann conseille un tampon imbibé d'huile phèniquée ou mentholèe faisant une pression légère, et il ajoute que « une solution de sublimé, ou d’acèto-tartrate d’alumine à 10 pour 100 offre.aussi des avantages. » Cholewa, qui introduisit le menthol dans le traitement de l'otite externe, après avoir remarqué que le staphylocoque ne se développait pas dans les milieux nutritifs auxquels il avait ajouté une petite quantitè de menthol, employa d’abord l’huile mentholée à 20 pour 100 dont il imbibait de petits tampons d’ouate un peu volumineux, de manière à exercer une pression légère sur les parois du conduit. Il renouvelait le pansement toutes les 24 heures. Après une légère cuisson qui disparaissait promptement, les douleurs du furoncle cessaient et le sommeil redevenait possible. Plus tard, remarquant que des solutions plus étendues étaient aussi efficaces, il abaissa le titre de 20
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à 15 et même à 10 pour 100. Il en prolongea l'application pendant plusieurs jours pour éviter les récidives. Nous devons dire que tous les otologistes n’ont pas retiré du menthol les bons effets indiquès par Choïewa.
Grünwald conseille de bien nettoyer le conduit, puis d'y introduire un bourdonnet d’ouate ou de gaze imbibé d’une solution d’acètate d’alumine à 1 pour 20. Il bouche ensuite hermêtiquement le conduit à l’aide d’un tampon d’ouate enveloppè dans la gutta laminée. Ce traitement calmerait rapidement les douleurs, diminue le gonflement et n’entraîne point d’eczéma.
Kretschmann, après avoir rejeté l’acide borique et l’alcool comme insuffisamment antiseptiques d’une manière absolue, l’acide phénique comme trop irritant aux doses où il serait efficace, le permanganate comme donnant lieu à des dépôts brunâtres qui empêchent tout contrôle, s'arrête à l’iodoforme et au sublimê, qu’il prescrit sous forme de gaze : la formation d’un albuminate de mercure insoluble pourrait être évitée si l’on à soin d’acidifier la solution de sublimé. Le sublimé est excellent, nous en convenons, mais nous devons nous rappeler qu'Urbantschitsch accuse l’iodoforme en poudre de provoquer l’èclosion de nouveaux furoncles.
Enfin, en otiatrie comme en chirurgie générale, le salol a tenté de détrôner l’iodoforme, et M. Hermet a proposé, dans le but d’éviter l’auto-inoculation, de laisser dans le conduit un tampon d’ouate imbibé d'alcool salolè à 4 pour 100, après l’incision du furoncle.
Ce traitement doit être renouvelé aussi souvent qu'il est nécessaire jusqu’à cicatrisation complète,
PAUCHET , 5
4 Injections. — D'une façon générale, les injections sont peu utiles dans le furoncle de l'oreille. Avant l’êre antiseptique Politzer les condamnait, et Gruber disait qu’il fallait s’en abstenir autant que possible.
Depuis qu’elles peuvent être faites avec des solutions antiseptiques, les injections n’ont guère gagné de ter— rain,
À la première période, en effet, c’est-à-dire lorsque le furoncle n’est pas ouvert, elles sont plutôt nuisibles, parce qu’elles congestionnent le conduit auditif.
Quand la collection purulente s’est fait jour, elles peuvent être utiles, mais à condition de laver tout le conduit. Or, pratiquées comme elles le sont par les malades euxmêmes, elles ne nettoient que la partie située en dehors du furoncle, c’est-à-dire précisément celle qui a le moins besoin d’être lavée. Le rétrécissement qui résulte de la présence même du furoncle, empêche le liquide d’enlever les débris épidermiques et les sécrétions amassées derrière lui. Le liquide de l'injection ne pénètre pas en arrière du furoncle ou n’y pénètre qu’avec une force insuflisante à nettoyer cette partie. Il en résulte que, entre le furoncle et la membrane du tympan, se trouve une région injectée où les microbes pullulent, envahissent les appareils pilo-sébacès indemnes jusque-H, pour y déterminer de nouveaux furoncles, moins gros que le premier, situês plus profondèment et par conséquent plus difficiles à traiter, pouvant envahir d’autre part la membrane tympanique et y provoquer une myringite secondaire, et même une otite moyenne.
L’injection, si elle devient nécessaire, devra done être
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pratiquée par le médecin lui-même ou tout au moins par une personne intelligente, et faite avec un instrument muni d’une canule fine qui, protègée par un tube de caoutchouc eftilè, pourra franchir sans grande douleur l’obstacle, et balayer les sécrétions accumulées derrière lui.
Ces injections seront faites soit à l’eau boriquée, soit à la liqueur de Van Swieten coupée de son poids d’eau bouillie. Nr
5° Tubage du conduit auditif. — En 1876, M. Guyon relatait deux cas où il avait employé le drainage du conduit auditif pour une suppuration de l'oreille. Dans le premier de ces cas, qui était, dit-il, une otite externe,
remarquant que la disposition normale du conduit (incur-
vê, rétréci dans sa partie moyenne, et évasé à ses deux extrémités) se prête mal à l’évacuation du pus qui y est déposé ou qui s’y forme, M. Guyon eut l’idée de placer un drain dans le conduit, « en ayant soin de ne pas l’appuyer sur le tympan et de le laisser faire dans la conque une saillie suffisante. » Il en obtint, dit-il, de bons effets:
En réalité, il ne s’agissait là que d’un drainage. Depuis lors, le tube de caoutchouc a été employé dans les furoncles du conduit dans des buts différents. |
On a d’abord utilisè là pression qu’il exerce sur les parois du conduit, et il nous semble qu’on retrouve les premiers vestiges de cé qui devait devenir une méthode de traitement dans le livre d’Urbantschitsch. Cet auteur recommande en effet comme abortif, les massages, qu’on réalise, ditil, « eh frottant légèrement le point malade, ou en exerçant sur lui des pressions à l’aide d’un tampon
introduit dans le conduit. » À ce tampon primitif Urbantschitsch substitua plus tard un petit tube de caoutchouc aseptique, qu'il introduisit dans l'oreille. A moins de douleur vive, le malade doit le garder vingt-quatre heures; et au bout de ce temps il n’est point rare que le conduit ait repris son aspect normal. Par mesure de précaution le malade devra garder son tube de caoutchouc deux ou trois jours. Grâce à ce procédé le furoncle avorte souvent. S'il passe au stade de suppuration, on enlève le tube.
En 1893, dans les Annales des maladies du larynx et des oreilles, M. Courtade signale les bons effets du tubage dans le traitement des furoncles du conduit auditif. Nous rapportons les deux observations qu’il cite dans son travail, et nous y joignons une observation personnelle. Dans notre observation l'application du tube fut suivie de l'apparition d’un nouveau furoncle. Faut-il incriminer l’irritation déterminée par le présence de ce corps étranger ? Nous ne saurions nous prononcer sur ce cas isolé; cependant nous ferons remarquer que les injections boriquées avaient êté faites avec soin, et que le siège du nouveau furoncle correspondait à l'extrémité interne du tube de caoutchouc.
Dans son travail, M. Courtade posait les indications et énumérait les avantages du tubage. Le tubage, dit-il, appliqué avant l’ouverture du furoncle, parait pouvoir le
faire rétrocéder, et il dit que les malades auxquels il avait appliquè sa méthode à cette période ne sont point revenus, bien qu’ils eussent promis de le faire s'ils conti-
nuajent à souffrir.